Une amie m'a demandé de lui fabriquer une roue de la chance, ou roue de la fortune, pour réaliser de petites loteries dans son commerce.
Je me suis inspiré des modèles commerciaux en ligne pour élaborer ma version.
Les plus grandes pièces de bois sont tirées d'un plateau de frêne après dégauchissage, rabotage puis collage à plat-joint. J'ai uniquement appliqué un fondur. J'envisageais initialement d'ajouter une cire, mais j'ai eu peur de ne plus pouvoir coller les chiffres.
La roue est découpée à la défonceuse (avec un compas de fortune... un morceau de plinthe quoi...).
Le mécanisme est une plaque rotative à billes, initialement conçue pour des présentoirs ou des fauteuils tournants. J'ai commandé ces modèles en ligne. A la réception les billes sont graissées et la rotation est alors fortement freinée. Après dégraissage à l'acétone et WD40, puis application d'huile multi-fonction, c'est impeccable.
La roue est évidée d'environ 5mm à la défonceuse sur sa face postérieure pour éviter une surépaisseur trop importante liée au mécanisme.
Il a fallu être un peu inventif pour pouvoir visser le mécanisme sur la roue et sur le support. J'ai rusé en perçant le montant en regard du passage des vis. Ainsi il m'a suffit d'aligner chaque trou du mécanisme pour passer la vis.
Les chiffres sont découpés à la scie à chantourner dans du contre-plaqué de 4mm, peints, puis collés. Ça m'a eu l'air de tenir le coup malgré l'application préalable d'un fondur sur la roue.
Les 9 "crans" de la roue sont simplement des tourillons de 6mm.
Il fallait évidemment une aiguille pour obtenir le fameux "tictictictic-tic--tic---tic----tic....", indiquer clairement la case gagnante, mais également ralentir un peu la rotation de la roue.
Le mécanisme est simple : une baguette ronde de 6mm traversant la tête du support, avec l'aiguille collée d'un côté, et un petit "balancier" collé de l'autre côté. J'ai également intercalé en face avant une pièce de bois pour l'esthétique, mais surtout pour avancer un peu l'aiguille (du fait du roulement à bille la roue est un peu avancée par rapport au support).
Ces petites pièces de bois sont en chêne.
En face arrière un élastique est tendu entre le balancier et un tourillon pour permettre le rappel de l'aiguille.
Le montage des différents éléments de soutien est fait par tourillons collés. Les seules vis utilisées sont celles du roulement à bille.
Pour les plus curieux, ou ceux qui seraient éventuellement mal à l'aise avec la géométrie, voici la méthode que j'ai utilisé pour diviser proprement la roue en 9 secteurs :
Premièrement il m'a fallu repérer le centre de la roue. J'ai réalisé la découpe par l'arrière pour justement ne pas avoir à planter le "compas" de la défonceuse en face avant. J'ai donc monté la roue sur son roulement, j'ai lancé la rotation, puis j'ai repéré visuellement le centre (le point qui ne bouge pas et qui ne fait pas se balader la pointe de mon compas).
Ensuite j'ai suivi une méthode trouvée sur internet pour diviser un cercle en 6, puis en 9 :
- Pour la division en 6 c'est facile, on garde le compas réglé au rayon du grand cercle, on pointe le compas sur le bord du cercle, puis on reporte le rayon sur le cercle jusqu'à avoir fait le tour.
- Pour la division en 9 c'est un poil plus velu... : d'abord tracer un triangle isocèle entre 3 points (lignes bleues). Puis tracer les bissectrices de chaque sommet du triangle, c'est à dire simplement relier les points opposés du cercle (lignes oranges).
Ensuite il faut créer la ligne verte (je ne sais pas comment l'appeler), qui part d'une intersection cercle/bissectrice et rejoint une intersection triangle/bissectrice.
On définit ensuite un nouveau cercle, centré sur une pointe du triangle, et passant par l'intersection bissectrice/ligne verte.
Il n'y a plus qu'à reporter ce cercle de proche en proche sur tout le grand cercle pour le segmenter en 9.
Il y a peut-être plus simple, mais c'est la méthode que j'ai utilisé.

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