Bonjour,
Je vois de plus en plus de professionnels laisser l’aubier dans leurs créations.
J’ai beaucoup de mal avec ça, et je ne parle pas de l'effet esthétique.
Qu’en pensez-vous ?
(Attention, c’est mon humble avis, sans aucun jugement !)
6 réponses
Pour moi tout est une histoire de contexte.
Pour une porte, un escalier, un volet, un piétement de table ; bref pour une pièce structurelle ou soumise à un environnement non chauffé, pour moi l'aubier doit sauter.
Pour un plateau décoratif, une pièce tournée, un panneau qui sera pris dans un cadre... si la fragilité impliquée est assumée (et signalée) auprès du client et que ça se justifie par un choix esthétique aucun problème. Si c'est pour des raisons financières je rigole un peu parce que le prix du bois est dérisoire sur la facture finale.
D'un point de vue plus "socio de comptoir"
On ne fabrique plus vraiment pour durer des années car les gens changent leur intérieur 'trop) souvent ; et la plupart de ce que l'on fabrique vivra dans un intérieur chauffé à 22° avec VMC... jusqu'à la panne de courant pendant les vacances où la maison complète va moisir et où tout sera remplacé à neuf par l'assurance, peu importe si le meuble aurait mieux vécu s'il n'avait pas comporté d'aubier.
Et puis... cette "règle" de la purge d'aubier... on est vraiment sûrs qu'elle était appliquée dans le temps ? Je viens de participer à la rénovation d'une maison du 18e et de l'aubier il en restait partout ; linteaux, solives, chevrons, limons, marches... les assemblages, nez de marche... étaient purgés, mais le reste point. Des escaliers dans les vieilles bicoques du coin dont il faut refaire une marche parce qu'il y'a de l'aubier qui a été mangé j'en connais ; des armoires, tables ou commodes paysannes avec des noeuds, des gerces et de l'aubier ; les poubelles d'emmaus en débordent. Bref, je finis par croire que cette règle de la purge d'aubier a finalement toujours été une règle d'élite, le "petit plus" qu'on réserve au client suffisamment fortuné pour se le payer. Pour le prolo qui n'osera jamais critiquer la qualité du travail de son prochain, qui fera une réparation lui même ou se contentera d'un truc bancal/cassé tant que sa fonction première est assurée... ça fait longtemps qu'on utilise les fonds de stock. Si "de plus en plus" de professionnels reviennent à ça, c'est peut être que le portefeuille des clients a baissé aussi vite que l'excellence des ouvriers...
J'ai beaucoup de mal aussi, avec cette "tendance" actuelle.
D'une part, parce que formé "à la veille école", l'aubier, on le purge, pour des questions de durabilité.
Même si, dans un souci d'économie, il arrive qu'on en laisse au moment du débit, anticipant le corroyage, les feuillures ou moulures pour l'éliminer.
Ou alors, quelques parties résiduelles qui se retrouveront dans des endroits non vus, et qui ne compromettront pas la solidité.
Et d'autre part, pour une question esthétique, notamment pour le chêne, où cette tendance est la plus visible de nos jours.
Difficile pour moi de voir cet aspect "malade" du chêne, dans beaucoup d'ouvrage aujourd'hui. (Je parle bien et uniquement de l'apparence, et pas du fait que l'aubier serait une maladie. Ses couleurs, du plus blanc, me fait penser à la tête de quelqu'un de livide
. Aux aspects échauffés, qui tranchent particulièrement avec les belles couleurs des parties saines).
Tout ceci dit, l'objectivité m'oblige à ajouter que sur un plan durabilité, son emploi n'est plus autant problématique aujourd'hui, au moins dans nos intérieurs chauffés, isolés, régulés en hygrométrie, que ça pouvait l'être autrefois.
Moins de bois de toutes provenances aussi (et moins de bois tout court, dans les constructions), dans nos maisons actuelles, donc limitant les risques de contagion.
Et enfin du fait des produits de finition appliqués sur les meubles et ouvrages, que les parasites n'aiment pas trop.
Pour autant, je n'ai pas changé mes façons de faire, et j'ai toujours un haut-le-cœur lorsque je vois des ouvrages, des parquets notamment, qui en laissent voir en abondance. Même si ça ne choque plus vraiment certains clients aujourd'hui.... Il y en a même qui trouvent ça beau, que ça apporte beaucoup de "caractère" 

Bonjour
Clairement pas d'aubier car il n'a pas les qualités de durabilités et mécaniques nécessaires à la pérennité des ouvrages sans compter qu'il est propice aux attaques des xylophages car l'aubier est la partie vivante de l'arbre la ou circule la sève brute donc riche en nutriments( amidon/protéines/azote/sucre) un véritable garde manger pour ces petites bêtes.
comme le Le processus de "duraminisation n'est pas encore engagé il est moins dense et contient plus d'humidité.
Le duramen s'auto protège par le tanin ou les résines ou des huiles essentielles pas l'aubier.
Mettez de l'aubier au nez d'une marche et le résultat ne se fera pas attendre.
Pas d'aubier !!!!!
L'aubier était présent sur les meubles anciens que j'en pu observé mais placé dans des endroits non visible (en fond ou intérieur de meuble, en sous face de plateau de table,...)
Je fais pareil lorsque je suis un peu juste sur mon stock de bois ou certaine fois ou je pensais avoir suffisamment de marge pour qu'il soit éliminé sur la pièce fini et finalement il en reste sur la pièce à la cote et pas l'envie d'en refaire une.
Mais, effectivement il serait préférable de s'en passer pour les raisons déjà évoquées.

Et le prochain débat sera:
Préparez vos claviers !!
