Etienne, tu as raison sur le fond et je te rejoins volontiers : l'essence et la section commandent tout. Un chêne en forte épaisseur n'a rien à voir avec du résineux en plateaux : risque de cœur qui reste vert, de collapse, de gerces si on pousse trop vite. Là, c'est d'abord un long ressuyage à l'air et à l'ombre, avec une descente en humidité très progressive ; le solaire ou la déshu ne viennent qu'ensuite, en douceur.
Le bidon et l'humidimètre ne remplacent pas ce savoir-là : ils servent juste à savoir où on en est pendant l'opération, une fois le bon rythme choisi pour l'essence et la section. Piloter, pas deviner. Sur ton chêne, je serais d'ailleurs le premier à conseiller la patience plutôt qu'un caisson.
Merci Jean pour l'échange, toujours instructif.
Bonjour a tous,
Je travaille dans le séchage solaire professionnel (bois et produits agricoles), donc ta question me parle directement : une serre, c'est exactement un séchoir solaire… auquel il manque les deux organes qui font tout le résultat.
Les réponses au-dessus ont raison sur le risque : dans une serre fermée en plein été tu peux monter à 50-60 °C avec un air très sec, et sur des grumes ou plateaux frais ça donne de la cémentation (croûte sèche en surface, cœur humide) puis fentes et tuilage. Mais le problème n'est pas la serre, c'est l'absence de régulation.
Ce qui différencie un séchoir solaire d'une serre :
Le renouvellement d'air piloté. L'air chaud se charge en eau au contact du bois ; s'il n'est pas évacué, il condense la nuit et re-humidifie tout — tu perds une partie du travail de la journée. Il faut une entrée d'air basse et une extraction haute (idéalement un petit extracteur sur hygrostat).
La vitesse de séchage bridée au début. Sur du bois frais (>40 % d'humidité), on cherche justement à ralentir : ombrage partiel, ventilation forte, montée en température progressive. C'est contre-intuitif mais c'est ce qui évite les fentes.
Avec tes pignons ouverts en permanence tu limites la surchauffe, c'est déjà mieux qu'une serre fermée — mais tu perds aussi l'intérêt de la serre (la température). Entre les deux, il y a le vrai séchoir solaire : serre + gestion des flux d'air.
Ordres de grandeur pour te situer : séchage à l'air classique ≈ 1 an par cm d'épaisseur pour descendre vers 15-18 % ; en séchoir solaire bien mené on divise ce temps par 3 à 5, en visant 15-18 % pour un usage abrité et 8-12 % pour de la menuiserie intérieure (là il faudra un complément).
J'ai un guide de dimensionnement détaillé (volumes, surfaces de captage, débits d'air) issu de mon boulot, si ça peut t'aider à chiffrer ton cas : sechoir-solaire.fr/dimensionnement
Bon courage pour le projet, c'est très faisable avec ta structure de départ.
Merci Jean pour ce retour, ton camion « pirate » est en fait un vrai séchoir à condensation : caisson fermé + déshumidificateur, c'est exactement le principe des séchoirs basse température du commerce, en version maligne. Et ta bâche verte sur les travées, c'est l'ombrage dont on parlait plus haut — la preuve par l'exemple. Petite astuce qui va bien avec ton tuyau d'évacuation : mesurer l'eau extraite par jour (un simple bidon gradué). Tant que le volume quotidien est stable, le séchage travaille ; quand il chute nettement, le bois approche de l'équilibre et tu peux arrêter sans même sortir l'humidimètre. Et comme tu le dis, un ressuyage de quelques mois à l'ombre avant le caisson évite l'essentiel des fentes sur les grosses sections. Ars longa, en effet !