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Germain Kerforn

Séchage du bois dans une serre ?

Bonjour,
Je scie des grumes régulièrement et je réfléchis à entreposer différemment le bois.
Aujourd’hui, j’entasse tout ça le long d’un talus avec des tôles sur la bille. Je ne trouve pas ça pratique, j’aimerais une solution autre que faire couper des tôles sur mesure à chaque bille et quand je veux aller voir un bout de bois il faut tout bouger.

J’ai du terrain du coup j’étais partis sur l’idée d’un hangar agricole, beaucoup de hangar à démonter pour pas cher sur lbc mais souvent c’est de l’amiante et il faut être un bon rapace pour essayer d’avoir quelque chose…

Je me disais donc, pourquoi pas installé des serres à légume?
Evidemment en laissant ouvert h24 les deux pignons.

serres-tonneau...m00-x-9m00.html

Est ce que quelqu’un à t-il déjà fait cela?
Bonne ou mauvaise idée?
Des impactes?
Etc?

Merci!

Germain Kerforn

Merci pour vos réponses.

Mais ducoup comment est ce qu'il gère le séchage en séchoir dans les scieries?

Mettre des agrafes anti fente, etc?
La différence de qualité entre un séchage à l'air libre et en séchoir et de quelle hauteur?

Merci !

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4 réponses

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BoisTordu

Salut, je pense que l'idée est moyenne: j'ai stocké pendant 6 mois dans un tunnel agricole dédié a ça (donc en permanence ouvert des deux côté+bandeaux d'aération) du bois d'oeuvre. Le séchage a été trop rapide, avec des températures qui montent très vite au soleil, résultat beaucoup de fentes, de gauchisssements. C'est un peu trop violent je trouve pour le bois, il travail fort.

Erebor
Je suis d'accord

Avec l'effet de serre les températures vont faire du yoyo pas super indiqué !

Roland19

Je suis dans la même situation et j'ai préféré faire un abri ouvert avec une structure bois et une couverture en tôle de 12x3,5m avec un large débord de toit.

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Talbi63

Bonjour, je travaille sur des projets de séchage solaire en bâtiment agricole, donc le sujet me parle.

Le retour de BoisTordu s'explique bien : une serre nue capte très bien l'énergie, mais sans régulation c'est un four à midi et un condenseur la nuit. En journée la température grimpe vite, l'hygrométrie s'effondre, la surface des plateaux sèche beaucoup plus vite que le cœur : tensions, fentes, gauchissement. Et la nuit, l'humidité recondense sur la bâche et retombe sur le bois.

Ce qui change tout, ce n'est pas la surface vitrée, c'est la maîtrise de l'air. Si tu pars sur une serre, trois pistes concrètes :

  1. Bâche opaque ou blanchie côté sud (comme le suggère glaude) : tu gardes l'abri et l'air chaud, tu évites le coup de chalumeau direct sur les billes.

  2. Ventilation pilotée plutôt qu'ouverture passive H24 : un extracteur en pignon sur thermostat/hygrostat qui brasse et renouvelle l'air en continu. C'est exactement le principe des séchoirs solaires : de l'air tiède (25-40 °C maxi pour du bois d'œuvre) qui circule en permanence, jamais de la chaleur stagnante.

  3. Empilage soigné : baguettes de 20-25 mm alignées à l'aplomb, charge sur le dessus de la pile, et au moins 50 cm entre le bois et les parois pour que l'air tourne.

Et pour piloter : un humidimètre sur quelques éprouvettes témoin dans la pile. Tant que tu perds de l'humidité régulièrement sans dépasser ~45 °C dans la serre, tu es dans les clous.

En résumé : bonne idée pour l'abri et la trésorerie (moins cher qu'un hangar), à condition d'y ajouter ombrage + ventilation forcée. En version « tout ouvert passif », le retour de BoisTordu est malheureusement la règle.

Chaluthier

C'est vrai que l'usage de l'énergie solaire pour sécher du bois ou autres tombe sous le sens.

En fait, si l'on réfléchit bien, le bois est de l'énergie solaire, je vous laisse chercher...

Voici un article de Fine Woodworking, issu lui même d'une autre source, à lire si l'on est à l'aise avec l'anglais. Petite précision, 4/4 correspond à une épaisseur d'un pouce, soit 25.4mm.

J'ai stocké du bois déjà ressuyé dans une partie ombragée de ma serre maraîchère : la bâche transparente est recouverte sur quelques travées d'une bâche agricole verte. Le bois n'a pas souffert, et sa siccité parfaite.

Sinon. un séchoir mixte solaire/deshumidification à basse température en mode pirate, assez radical/efficace... Quelques fentes acceptées pour les très grosses sections. Pour les éviter, j'aurais pu les faire ressuyer quelques mois à l'ombre dans un endroit ventilé. J'ai malgré tout tenté l'expérience et en suis plus que satisfait.
Le camion était donc fermé et équipé d'un déshumidificateur basique de gsb, tuyau d'évacuation pour ne pas avoir à intervenir.

Donc voilà, "Ars longa, blablabla..."

Jean

Talbi63
( Modifié )

Merci Jean pour ce retour, ton camion « pirate » est en fait un vrai séchoir à condensation : caisson fermé + déshumidificateur, c'est exactement le principe des séchoirs basse température du commerce, en version maligne. Et ta bâche verte sur les travées, c'est l'ombrage dont on parlait plus haut — la preuve par l'exemple. Petite astuce qui va bien avec ton tuyau d'évacuation : mesurer l'eau extraite par jour (un simple bidon gradué). Tant que le volume quotidien est stable, le séchage travaille ; quand il chute nettement, le bois approche de l'équilibre et tu peux arrêter sans même sortir l'humidimètre. Et comme tu le dis, un ressuyage de quelques mois à l'ombre avant le caisson évite l'essentiel des fentes sur les grosses sections. Ars longa, en effet !

Chaluthier

Condensation + solaire, ça chauffait bien fort à l'intérieur...
Je ferais le coup du bidon, bonne idée.
Merci Talbi63

etiennedesthuilliers

Chaluthier si c 'était si simple je ne vois pas pourquoi je suis aller a l école car je constate que l( on ne parle pas des essences bois et des sections
le coup du bidon me fait sourire mais je ne vous confierai pas mo chêne a sécher
bien amicalement

Chaluthier

etiennedesthuilliers
Ais-je parlé de simplicité ?

Sois rassuré, je suis aussi allé à l'école, et je n'hésite pas à y retourner de temps en temps, pour me mettre à jour et partager...

Je manque de place pour sécher tes chênes, c'est pour cela que je ne te l'ai pas proposé 😉

Bonnes vacances à Saint Gilles croix de Vie," si tu fermes les yeux, c'est la Californie..." jolie chanson

Talbi63

Etienne, tu as raison sur le fond et je te rejoins volontiers : l'essence et la section commandent tout. Un chêne en forte épaisseur n'a rien à voir avec du résineux en plateaux : risque de cœur qui reste vert, de collapse, de gerces si on pousse trop vite. Là, c'est d'abord un long ressuyage à l'air et à l'ombre, avec une descente en humidité très progressive ; le solaire ou la déshu ne viennent qu'ensuite, en douceur.

Le bidon et l'humidimètre ne remplacent pas ce savoir-là : ils servent juste à savoir où on en est pendant l'opération, une fois le bon rythme choisi pour l'essence et la section. Piloter, pas deviner. Sur ton chêne, je serais d'ailleurs le premier à conseiller la patience plutôt qu'un caisson.

Merci Jean pour l'échange, toujours instructif.

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etiennedesthuilliers

bonjour a tous
j ai pris du temps et de l' argent pour écrire et essayer d aider les menuisiers et autres à avoir et conserver du bois de bonne qualité
vous pouvez lire ce chapitre dans un ouvrage mains courante bois rampes débillardées le savoir faire d 'un menuisier
page 184 a 191 l' étude n est pas complète car elle ferait un ouvrage de plusieurs milliers de pages mais c' est un minimum a savoir pour avoir et garder des bois de bonne qualité
etienne desthuilliers maitre menuisier entre autre

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glaude

Bonjour
Pas vraiment d'expérience sur la question des serres mais l'idée me semble recevable.
Ce qu'il faut au bois, c'est une bonne aération. En ouvrant aux deux extrémités et pourquoi pas comme le permette certaines serres, relever le sous bassement des bâches afin que l'air circule.
Certains lieux de stockage sont conçues sur ce principe, la bâche transparente est remplacée par une compacte.
C'est vrai de virer les tôles à chaque besoin tourne vite à la corvée.

glaude

il faudra juste faire attention avec la manipulation des planches a ne pas accrocher la bâche

etiennedesthuilliers

bonjour
le coup de la serre est a mon avis une mauvaise idée et va avec le rayonnement du soleil vous amené a une dessiccation trop rapide du bois
et vous allez être le roi du bois gercé
je travaille autrement et j ai des bois de grande qualité sans problèmes bien amicalement Etienne desthuilliers maitre menuisier

glaude

ok pour la montée en température certainement mal mesurée de ma part, mais en revanche je me serai orienté vers de la bâche noire, opaque

etiennedesthuilliers

la couleur noire n est pas indiqué car les couleurs sombres captent plus de chaleur préférer le blanc

CyrilD

Je suis de l'avis de etiennedesthuilliers et glaude le risque d'un séchage trop rapide est grand si l'effet de serre est important .
A noter aussi qu'une serre maximalise les différences de températures : plus il y a de soleil, plus la température est élevée par rapport a l'extérieur.

Talbi63
( Modifié )

Bonjour a tous,

Je travaille dans le séchage solaire professionnel (bois et produits agricoles), donc ta question me parle directement : une serre, c'est exactement un séchoir solaire… auquel il manque les deux organes qui font tout le résultat.

Les réponses au-dessus ont raison sur le risque : dans une serre fermée en plein été tu peux monter à 50-60 °C avec un air très sec, et sur des grumes ou plateaux frais ça donne de la cémentation (croûte sèche en surface, cœur humide) puis fentes et tuilage. Mais le problème n'est pas la serre, c'est l'absence de régulation.

Ce qui différencie un séchoir solaire d'une serre :

Le renouvellement d'air piloté. L'air chaud se charge en eau au contact du bois ; s'il n'est pas évacué, il condense la nuit et re-humidifie tout — tu perds une partie du travail de la journée. Il faut une entrée d'air basse et une extraction haute (idéalement un petit extracteur sur hygrostat).
La vitesse de séchage bridée au début. Sur du bois frais (>40 % d'humidité), on cherche justement à ralentir : ombrage partiel, ventilation forte, montée en température progressive. C'est contre-intuitif mais c'est ce qui évite les fentes.
Avec tes pignons ouverts en permanence tu limites la surchauffe, c'est déjà mieux qu'une serre fermée — mais tu perds aussi l'intérêt de la serre (la température). Entre les deux, il y a le vrai séchoir solaire : serre + gestion des flux d'air.

Ordres de grandeur pour te situer : séchage à l'air classique ≈ 1 an par cm d'épaisseur pour descendre vers 15-18 % ; en séchoir solaire bien mené on divise ce temps par 3 à 5, en visant 15-18 % pour un usage abrité et 8-12 % pour de la menuiserie intérieure (là il faudra un complément).

J'ai un guide de dimensionnement détaillé (volumes, surfaces de captage, débits d'air) issu de mon boulot, si ça peut t'aider à chiffrer ton cas : sechoir-solaire.fr/dimensionnement

Bon courage pour le projet, c'est très faisable avec ta structure de départ.

etiennedesthuilliers

bonjour
je pense que l approche du séchage du bois est une science et nécessite beaucoup d expérience et qu' 'avant tout il faut comprendre la structure et la composition des bois , non pas en général mais bois par bois épaisseur par épaisseur
ce n est pas un problème de géo trouve tout on commence a bien étudier la question et ensuite il est quelque fois possible d' améliorer le séchage
dans cette discipline les bons sécheurs sont recherchés
mais c est assez souvent un travail d' ingénieur
il y a des solutions simples et sans risques autant les employer
car une fausse manœuvre et votre lot est mort
bien amicalement
etienne dethuilliers un menuisier qui travaille des bois sec sans gerce ni fissure dans des plateaux de chêne de 110 mmm d' épaisseur

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