Matière première: des palettes. Première étape: les démonter (pénible...), retirer soigneusement tous les clous, couper et écarter (vers le bois de chauffage) tous les segments percés, fendus, avec de gros noeuds. Puis je passe le tout à la dégauchisseuse/ raboteuse pour obtenir un gros tas de planchettes pas trop moches, d'épaisseur uniforme. Un passage à la toupie, pour leur donner une rainure d'un côté, et une languette de l'autre. En assemblant tout ça, j'obtiens des planches, de solidité et de rigidité douteuse, mais c'est sans importance pour le résultat final.
Je débite les 4 côtés que j'assemble à queues d'aronde. Tracé au portemine 0.9mm + gabarits Veritas. Découpe à la scie japonaise au au ciseau à bois. La qualité du bois impose du doigté... Surprise ce coup-ci avec un unique trait de scie qui a dépassé la marque d'un bon cm (!) comme si le bois avait à cet endroit la solidité d'une plaquette de beurre... Avec l'habitude et l'expérience, j'arrive cependant à des assemblages propres.
Les poignées sont tracées avec un gabarit préparé depuis longtemps à cet usage (déjà beaucoup de boîtes à mon actif...). Un coup de perceuse des 2 côtés, 2 traits de scie sauteuse pour ouvrir, finition à la défonceuse avec une fraise à copier et le gabarit précédemment cité.
Je passe ensuite le bas des côtés à la toupie pour insérer le fond dans une rainure. Les queues d'arondes sont intentionnellement finies à 45° pour que les rainures ne débouchent pas sur les faces extérieures de la boîte. Reste à découper une dernière planche et à la passer à la toupie pour l'insérer dans la boite.
Etape finale: de la colle, des serre-joints, et un passage à la ponceuse quand c'est sec. S'il reste des jours dans les assemblages, je les bouche à la sciure et à la colle.
La qualité du bois fait objectivement peur quand on est au stade des planches initiales, à manipuler avec précaution quand elles font 500 mm de large. Mais les assemblages rigidifient très efficacement l'ensemble, et le résultat final est objectivement très solide (tant qu'on ne s'en sert pas de marche-pied...)
Dimensions de la boîte présentée: 220 x 220 x 390 mm. Epaisseur 12mm, fonction de ce qui est sorti de la phase de rabotage à partir des planches disparates ramenées à une épaisseur unique. Je suis souvent plus proche de 15mm.

Discussions
Bonjour, j'ai oublié de publier ce que j'avais écrit .
J'aime bien ton récit .
C'est beaucoup de travail avec de la récupération de bois de palette ; mais au final c'est du travail bien fait et propre .
Merci pour ton passage par ici.
Il est certain que l'intérêt économique est discutable. La dépense est négligeable certes (un peu de colle...), mais si je valorisais les heures de travail, les Chinois font de meilleures boîtes à beaucoup moins cher. Mais c'est moi qui les fait et qui m'amuse à relever quelques défis...
Superbe boulot. Je ne travaille que le bois de récupération ( et donc de palette en majorité ), non pas pour une question de prix mais plutôt le besoin de recycler ce bois perdu. Oui c'est dificile, oui c'est souvent moins beau que les bois dits nobles.
Mais bon... ca fait parti du deal !
Souvent on rencontre des personnes sur Internet dénigrant ce bois de palette. Non, faut pa en avoir honte.
Merci pour la visite.
Bon! Il ne faut pas faire n'importe quoi avec non plus. D'abord, faire une inspection rigoureuse pour vérifier qu'il n'y reste pas de clous, ou de morceaux de clous, voire de petits morceaux de graviers quand la palette a séjourné dehors.
Et petite anecdote récente des surprises toujours possibles: j'ai fait 6 boîtes du même type avec ces morceaux de bois pareillement calibrés, et je viens d'en attaquer 2 autres pour terminer le lot. Surprise en débitant tous les côtés: un côté s'est (très proprement) séparé en deux sur la table, à la sortie de la scie circulaire. Le bois était fendu de façon invisible sur une partie de la longueur et ne tenait que par l'autre côté. Après passage de la scie, le côté fendu s'est séparé en deux. Pas grave ! Un peu de colle, un serrage, et c'est au moins aussi solide qu'avant. Ces planches restent fragiles, même sans fente pré-existante: une flexion franche à 2 mains suffirait à casser le bois dans le sens du fil. Mais sur une boîte complète, les assemblages empêchent les flexions et rendent l'objet très solide.
Et puis, c'est inégalement mou. Contrôler sa scie ou son ciseau à bois dans ces planches de beurre réclame un doigté... particulier.