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GuBragh

Mon kebiki a moi


Je suis de plus en plus (obsédé) passionné par le travail de menuiserie et de charpente des artisans japonais. Vous allez me dire que pour un architecte qui aime le bois, c'est un peu normal, la menuiserie, la charpente et l'architecture sont intimement liés dans la tradition japonaise, tôt ou tard on tombe toujours sur un Tadao Ando, un Toyo Ito... Mais mon préféré, le monsieur dont la pensée architecturale m'inspire (și jamais à 60 balais passés un vieux con pouvait encore être inspiré) s'appelle Shigeru Ban. Intro finie.
J'ai commencé à utiliser avec plaisir les ciseaux à bois japonais, pour moi quelques Oire Nomi, des ciseaux standard d'établi. Je rêve d'autres modèles, deux beaux Tsuki Nomi pour façonner des pièces de charpente, ou des gouges... Mais faut bien débuter quelque part. J'ai une jolie petite collection de scies, des trois modèles de base, plusieurs Ryoba à double tranchant, une Katana et une petite merveille de scie à dos ultra fine, une Dozuki de chez Z-saw. Que des vieilleries que j'ai restauré avec soin (sauf la Dozuki, qui était neuve).
Le temps est venu de me fabriquer un trusquin japonais. Ça a l'air sympa ce machin, facile comme tout a l'usage et le corps un peu plus large m'a l'air plus stable que le petit trusquin à l'européenne que je me suis fabriqué il y a deux ou trois ans. Donc je mets la main sur deux chutes d'un ensemble de mobilier de terrasse en teck, d'une lichette de dabema pour la clé de blocage et... Comment dit-on au Soleil Levant ? Banzaï !!!

Le corps découpé a la dimension finale (à peu près, c'est surtout une question de confort en main), j'ai apprivoisé ma wastringue pour arrondir la partie supérieure. Ensuite, une mortaise, pour y passer la tige. La tige est déjà a la cote, j'ai juste passé quelques coups de rabot pour une belle surface. La petite clé a été taillée dans une chute de dabema.

J'avais un peu d'inox pour la lame, ça a été plus facile que je le pensais. Coupé a la disqueuse, biseau taillé à la lime, passage sur mes pierres à aiguiser et voilà, l'affaire est dans le sac. Si ça se comporte mal je lui ferai une trempe.
Rentrer la lame dans la tige a été une autre paire de manches, j'ai percé au "bord de fuite" au diamètre 5, et taillé une fente avec une lame de scie à chantourner. Je pense qu'il y a mieux mais je n'avais que ça sous la main qui pouvait rentrer. Quelques coups de marteau et un éclat plus tard, voici tout ça réglé aussi.
J'ai ciré l'ensemble à la cire maison, bien frotté, ça a l'air sympa. J'ai hâte de l'utiliser, j'ai quelques projets en cours, dont mon futur établi "moravian" qui ne va pas tarder à devenir nécessaire, et un coffre à outils.
Mais ça, au prochain numéro.

Voici toute l'équipe qui a participé aux travaux. Si j'ai oublié un protagoniste, je le prie de m'excuser, il n'a qu'à se manifester et son nom sera cité avec les autres.
Je me suis servi des conseils de ce menuisier japonais, il propose même des plans.


Discussions

GuBragh  a publié la création "Mon kebiki a moi".
il y a 4 heures
xyloweb

Quel bel objet et le récit et pas mal aussi 😉.
Merci pour ce partage. On sent la passion dans ta prose.

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1 commentaire

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