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MatthieuP

Récit d'une reconversion ratée

Récit d'une reconversion ratée
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Il y a quelques années après de longues hésitations j'ai franchi le pas, je me suis reconverti pour m'installer à mon compte en tant qu'ébéniste. Je n'aime pas trop divulgâcher la fin des polars mais (et les plus perspicaces l'auront deviné au titre de cet article) ça n'a pas fonctionné. Chaque fois que je lisais des questions sur les reconversions, les formations... j'ai hésité à répondre mais je ne me sentais pas forcément pertinent. Alors maintenant que je vais clôturer mon activité et reprendre un emploi salarié je me suis dit que je pouvais partager mon expérience, peut être pourra-t-elle être utile à certain-e-s.
J'espère que vous avez du temps, je suis bavard il se pourrait que j'en fasse une tartine. Il est temps de vous resservir un petit café ou une boisson énergisante si vous voulez arriver au bout de ce marathon.

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Au commencement était le doute

Il était une fois le petit Matthieu, ingénieur dans une grande entreprise du spatial à Toulouse. Après quelques années plutôt épanouissantes j'ai commencé à m'ennuyer et à ne plus prendre aucun plaisir dans mon boulot. Je m'étais toujours dit qu'un jour j'aurais envie de faire autre chose mais je ne savais pas trop quoi. Alors pour m'aider un peu à structurer mes idées j'ai sollicité une psychologue spécialisée dans l'orientation scolaire pour les enfants et les reconversions pour les adultes. Ce furent des séances très enrichissantes avec des questions très pertinentes de sa part. Après quelques semaines elle m'a proposé plusieurs pistes de reconversions assez différents : journaliste scientifique, professeur d'université, attaché de presse ou... ébéniste. Cette dernière idée a fait vibrer une corde chez moi car quand j'étais gamin (vers 5-6 ans je pense) c'est le premier métier que j'ai voulu faire. Je disais à tout le monde que je serai ébéniste, alors que je n'avais sans doute pas une idée très précise de ce qu'était un ébéniste. L'idée était séduisante mais à l'époque j'ai manqué de courage, je n'étais pas prêt à consentir de tels sacrifices financiers. Surtout je n'étais pas particulièrement bricoleur et je n'avais aucune idée si je pourrais effectivement construire des meubles de mes propres mains. Alors j'ai mis ces envies de changement entre parenthèse et j'ai continué mon boulot sans grande conviction.

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Puis vint le drame

Ce qui devait arriver arriva, j'ai fini par faire un burn out. J'avais accepté un poste avec pas mal de responsabilités, je recevais tout un tas d'injonctions contradictoires, des objectifs intenables et une perte de sens complète. Ce fut une période compliquée mais au milieu de ce marasme, bien supporté par ma conjointe et aidé par quelques personnes bienveillantes j'ai pu mettre à profit ces quelques mois d'arrêt de travail pour me reconstruire. Ici je fais court et je suis désolé si je donne l'impression que c'est facile car je ne veux surtout pas adhérer au discours qui dit "ce qui ne te tue pas te rend plus fort". Le burn out c'est une saloperie. On est épuisé, on n'a envie de rien, on n'a plus confiance en soi... alors oui il peut en sortir quelque chose de bon mais ce n'est pas gagné et c'est laborieux.
Dans mon cas j'ai profité de ce temps libre pour m'acheter quelques outils, notamment une défonceuse, lire le Bouvet et regarder des tonnes de vidéos (notamment celles de Copain de Copeaux) pour apprendre les bases et je me suis fixé comme objectif de fabriquer un petit buffet pour chez moi. J'habite un appartement en plein centre de Toulouse mais on a une petite pièce de 9m2 qu'on utilise pas trop et qui devient pendant quelques semaines mon atelier. Je n'ai pas de quoi dégauchir du bois alors j'achète des planches déjà corroyées sur Deboisec et je me lance... Merci à ma chérie qui a supporté le bruit et la poussière ambiante pendant cette nouvelle aventure. Le buffet est là. Il n'est pas forcément très beau, il a ses défauts mais il a un gros avantage, il m'a donné confiance en moi et ça ce n'est pas rien.

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Une parenthèse enchantée

Au bout de quelques mois mon arrêt de travail se termine et je n'ai pas d'autre choix que de retourner sur mon ancien poste. Mais je sais très vite que je n'y arriverai pas et que je dois faire autre chose si je veux préserver ma santé mentale alors je me renseigne et je commence à monter un dossier Transition Pro pour obtenir un financement pour une formation en menuiserie ou ébénisterie.
Deux choix s'offraient théoriquement à moi :

  • une formation de CAP menuiserie chez les compagnons du Devoir à Toulouse
  • une formation de CAP ébénisterie à Revel

Nous sommes juste après COVID et les compagnons m'apprennent qu'ils ne prendront pas de nouveaux élèves en septembre. Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris pourquoi mais j'avais un petit faible pour l'ébénisterie donc la décision est facile.
Je commence à préparer mon dossier. C'est long... il y a quelques documents obligatoires et beaucoup de documents facultatifs mais je sais que je n'ai pas que peu de chances : j'ai un gros salaire, un diplôme d'ingénieur et un emploi stable dans une grosse boîte. Bref je ne remplit aucune des conditions pour être prioritaire alors je blinde mon dossier, je sollicite l'APEC pour un suivi, je construis un business plan, je fais des enquêtes métier, je propose d'auto financer une partie de la formation avec mon CET et mon épargne... et au bout de quelques mois j'apprends que ma candidature a été retenue, je pourrai commencer ma formation en septembre 2021 à Revel 🍾
Jour de rentrée, je rencontre mes petits camarades de promotion, nous serons 15 dont 3 apprentis.
Ce fut une année vraiment magique, pendant 9 mois j'ai pris énormément de plaisir, j'ai appris plein de choses et j'ai rencontré des personnes très différentes que je n'aurais jamais eu l'occasion de côtoyer dans mon précédent boulot.
Pourtant très vite je suis un peu critique : nous sommes trop nombreux, les 3 apprentis sont sur un rythme étrange où ils ne sont là qu'une semaine par mois, quand ils reviennent ils doivent cravacher pour rattraper leur retard à l'atelier et surtout je prends conscience qu'il n'y a eu aucun filtre à l'entrée. Certains n'ont qu'une vague idée de ce que c'est que l'ébénisterie, la plupart n'ont jamais touché un ciseau à bois de leur vie. Je comprends que post covid certains budgets n'ont pas été consommés en 2020 et que tous les dossiers ont été acceptés quels que soient la motivation et le parcours des candidats.
En plus de ça, un des élèves de ma promo sera victime d'un très grave accident qui entrainera une grève et un arrêt des cours pendant quelques semaines.
Le premier objectif pour moi était d'apprendre à utiliser les machines dans de bonnes conditions de sécurité. Cet objectif fut rempli car les profs étaient très pros et très bienveillants.
Néanmoins très vite le rythme et la motivation de la promo ont nettement chuté.
Au bout de neuf mois nous n'avons fait que de tous petits projets et quand je vois ce que produisent les élèves de l'ESEA par exemple il y a un gouffre.
Je reste malgré tout ravi, j'ai fait de très belles rencontres j'ai essayé de tirer le maximum des profs en les abreuvant de questions, j'obtiens mon CAP (comme tous ceux de la promo malgré des niveaux très disparates). Je sais qu'il me reste énormément de choses à apprendre mais je connais les bases et je pense pouvoir travailler en sécurité.

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A la recherche du graal... un atelier

Très vite pendant la formation j'ai senti que j'avais envie de me lancer à mon compte.
Je sais que je veux : fabriquer des meubles en bois massif, et ce que je ne veux pas : fabriquer et poser des agencements en mélaniné.
Attention il n'y aucun jugement de valeur là dedans, seulement le fait que le travail du mélanine ne m'intéresse pas. Alors quitte à se lancer à se compte et diviser son salaire par trois (voire ne pas avoir de salaire du tout au début) autant que ce soit pour faire quelque chose qui me plaise.
Je ne suis pas complètement naïf je sais qu'ils y a des grandes chances que ça ne marche pas et je doive arrêter au bout de quelques années alors je cherche idéalement à partager un atelier avec quelqu'un qui serait déjà équipé en machines afin de réduire l'investissement de base.
Pendant ma formation je réponds à une annonce sur Leboncoin. Un ébéniste déjà installé chercher à monter un atelier aux portes de Toulouse. On se rencontre, je visite le lieu, c'est super bien placé pour moi, je pourrai y aller à vélo, il a acheté des machines neuves, y'a plus qu'à...
Sauf qu'au bout de quelques mois à me balader il finit par m'annoncer qu'il quitte Toulouse a annulé l'achat de ses machines et que l'atelier ne verra jamais le jour. Avec le recul je me dis qu'heureusement que ça ne s'est pas fait sinon je me serai retrouvé à devoir assumer seul un loyer de 1500 euros. J'aurais vite fondu les plombs.
Après avoir obtenu mon diplôme j'ai eu l'opportunité de quitter mon entreprise dans de bonnes conditions.
Mais je commence à végéter et à déprimer un peu car je ne trouve toujours pas d'atelier.
Et un beau jour le miracle a lieu. Par un ancien collègue j'entends parler d'un menuisier qui a monté son atelier et cherche quelqu'un pour partager les frais et en a marre de passer ses journées tout seul.
On se rencontre, l'atelier est plus loin de chez moi mais le courant passe, le type est super gentil, le lieu magnifique et l'atelier super bien équipé.
Ca y est je peux enfin démarrer mon activité...

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Ça démarre doucement

ça y je suis officielement ébéniste.
En quittant mon boulot j'ai organisé un pot de départ et j'ai pris soin de faire imprimer des cartes de visites que je distribue allègrement. Je reçois plein de témoignages de gens qui se disent admiratifs de mon parcours et me confient qu'ils vont faire appel à moi car ils ont plein de projets.
Avec le recul je repense à cette phrase d'un ancien président de la République qui dit que les promesses n'engagent que ceux qui y croient.
Il y a bien quelques exceptions dont cette collègue qui me confiera trois projets dont une petite bibliothèque pour stocker des BDs qui m'aura fait pas mal stresser et m'aura rappelé si besoin était qu'il me restait beaucoup à apprendre. En tout cas merci à elle.
Car à part ces quelques exceptions je ne reçois pas trop de sollicitations.
J'en profite pour mener des projets perso pour faire ce que j'ai envie de faire et accessoirement meubler notre appartement...
J'alimente mon site internet et mon compte Instagram avec tout ça en espérant être un peu plus visible mais tel soeur Anne je ne vois toujours rien venir.
Un jour un magazine m'appelle : ils font faire un article sur les ébénistes de la région toulousaine. Ils ont A-DO-RE mon travail, c'est magnifaï. Ils sont forts en marketing. Je finis par lâcher 2000 euros pour apparaitre dans leur prochain numéro.
Bon je suis naïf mais pas tant que ça. Je crois que j'ai aussi besoin à ce moment là de flatter un peu mon égo et de légitimer mon travail. J'ai pu offrir un exemplaire à ma maman qui était ravie. Quelques mois après je lâcherai de nouveau 1000 euros pour une autre publication mais je vous livre un secret ici : ça ne sert à rien.
Je n'ai pas eu un seul coup de fil, rien...
Entre nous ce n'est pas très surprenant, si quelqu'un qui lit le magazine à Lyon, Paris ou Lille et tombe fou amoureux d'un de mes fauteuils il ne va pas m'appeler pour m'en commander un, il trouvera facilement un artisan près de chez lui pour lui fabriquer le même.

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Un heureux évènement

Je continue bon gré mal gré quand j'apprends que je vais enfin être papa.
Je ne vais peut être pas faire étalage ici de ma vie perso mais ce fut un parcours compliqué et très vite on apprend que notre fille va naitre avec un grave souci de santé et qu'elle devra subir une grosse opération chirurgicale.
Du coup à sa naissance je m'arrête complètement de travailler pour passer du temps avec mes deux chéries (ma fille et sa maman). Le jour de ses 5 mois elle se fait opérer avec succès à Paris mais pendant un an pour préserver son immunité encore fragile on ne pourra pas la mettre en collectivité. On va se relayer avec sa maman pour la garder tous deux puis à tour de rôle à la maison.
Je vous rassure, maintenant elle va bien et quand j'écris ce texte elle s'amuse chez la nounou.
Pour la deuxième fois en peu de temps je me dis qu'on vit quand même dans un beau pays. Après avoir reçu de l'argent pour me reconvertir on a pu bénéficier d'aides de la CAF pour s'occuper de notre fille à la maison. Je suis le premier à râler dans pas mal de cas mais quand quelque chose fonctionne c'est bien de le dire aussi.

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La fin du rêve

Début 2025 je reprends mon activité à mi temps puis à plein temps en septembre de la même année. Mais ça reste morne plaine pour mon activité. Je décroche parfois de beaux projets : une première verrière qui en appellera une deuxième similaire pour une autre cliente, un gros meuble télé, quelques tables... A chaque fois les clients ont l'air content, ils disent qu'ils vont me recommander mais tout ça prend du temps et je commence à en manquer. En mars 2026 j'arrive à la fin de mes aides de Pôle Emploi, je tiens quelques mois de plus en me payant sur mon épargne mais il faut se rendre à l'évidence ça ne décolle pas et même si ça démarrait maintenant il me faudrait trop de temps pour arriver à un point où je peux me verser ne serait cebqu'un petit salaire. Alors je me résous à réactiver mon réseau et je vais reprendre un emploi salarié début octobre, toujours dans le domaine du spatial mais dans une plus petite structure.
Pendant ces quelques années à mon compte je n'ai jamais changé mon statut sur ce site à "pro" car je ne me sentais pas vraiment légitime. Je n'ai jamais réalisé de porte ou de fenêtre, je ne verrais pas trop donner de conseils ou aider quelqu'un qui aurait un problème un peu pointu. J'étais pourtant bien "professionnel", j'ai pris énormément de plaisir, j'espère que je pourrai continuer à faire un peu d'ébénisterie pour mon plaisir un jour ou l'autre.
S'il vous reste un peu de temps je vous livre quelques réflexions en conclusion. Il n'y aura pas de recette magique mais si mon expérience peut servir, j'en serai ravi.

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Quelle(s) conclusion(s) pour tout ça ?

J'ai tenté une aventure, ça n'a pas marché mais je ne le vis pas du tout comme un échec.
Peut être que j'aurais pu me faire embaucher dans une boite de menuiserie mais j'avais envie de gérer mes propres projets et j'ai voulu croire à un rêve. Faire de "beaux" meubles en bois massif.
Pour être honnête je n'y ai peut être pas cru assez fort, je suis parti un peu battu d'avance en me disant "sans doute que ça ne marchera pas mais au moins j'aurai essayé". Il aurait mieux valu être dans le mode "je vais tout faire pour que ça marche" mais ce n'est pas trop mon tempérament je crois.
Comme dit plus tôt je n'aurai pas la prétention de donner des recettes magiques mais voici au moins une liste des choses que j'ai mal faites :

  • globalement je n'ai eu aucune stratégie marketing. Je me disais juste "je vais faire des meubles qui me plaisent, je les publierai et ça va infuser". Ce n'est pas du tout suffisant, je pense qu'il faut matraquer...
  • j'ai fait mon site internet tout seul. Il est épuré, j'ai essayé de faire de jolies photos mais il est super mal référencé et sur Google il faut arriver à la page 148 pour me trouver. Grosse erreur. J'aurais dû payer quelques centaines d'euros pour le faire refaire par un pro ou demander à l'IA de le refaire
  • j'aurais dû faire des salons : là on cible une clientèle locale, on peut montrer ses produits nouer des contacts et peut être (je dis bien peut être) décrocher des projets quelques mois plus tard
  • j'ai souvent sous vendu. Quand un client m'appelait enfin j'avais tellement peur qu'il prenne quelqu'un d'autre qu'après mon premier devis je le baissais deux fois en me disant que ça devait être trop cher. ça n'aurait sans doute rien changé à ma situation financière mais en faisant ça on se dévalue et on ne se rend pas service.

Quand je lis toutes ces questions sur les reconversions j'ai souvent envie de répondre mais je ne le fais pas. Parce que je ne vois pas pourquoi malgré mon parcours je serais légitime pour donner des conseils. Certains ont l'air d'être de dous rêveurs, un peu déconnectés de la réalité, certains ont l'air d'avoir les pieds sur terre mais ce n'est sans doute pas à moi de leur dire.
Alors est qu'il y a de la place en 2026 pour se lancer à son compte. Sans doute oui mais il faut être bien entouré, avoir la confiance de ses proches et avoir les reins solides financièrement.
Est-ce qu'il y a de la place pour ne fabriquer que des meubles en massif. Sans doute : il y en en a quelques uns sur ce site. Moi je n'ai pas réussi mais il y a sans doute une petite niche pour des gens talentueux qui savent faire de belles choses qui sortent de l'ordinaire et savent se vendre. Un artisan m'a dit un jour "il y a le savoir faire et le faire savoir".
Et puis parfois il n'est pas interdit de rêver un peu et de s'écouter.
Ma reconversion n'aura pas été couronnée de succès mais je ne le vis pas du tout comme un échec et paradoxalement j'ai énormément gagné confiance en moi pendant ces quelques années.

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Discussions

MatthieuP a publié le pas à pas "Récit d'une reconversion ratée".
il y a 1 mois
MonsieurBella
( Modifié )

C'est important de lire ce temoignage.

Effectivement les reconversions sont massives et j'en vois beaucoup se casser la binette, pensant trouver du sens et un équilibre derrière ce projet.

J'ai eu la chance de former 12 apprenants en reconversion, j'ai été dur avec eux sur ce sujet, pensant leur transmettre une connaissance des risques et de la réalité en tant qu'artisan, rien à faire, une partie est en auto entreprise, la majorité ne trouve pas ou peu de travail en menuiserie.

2026 est une année économique pourrie, mais il ne faut pas tout mettre dessus.

Un artisan doit affronter et se frayer chemin derrière énormément de paramètres (techniques, comptables ...)
Il est plus facile de ne pas y arriver que l'inverse.
Et ce n'est pas parce qu'un artisan fait de beaux meubles que cela veut dire que son entreprise marche, bien au contraire.

L'artisanat est en train de mourir à petit feu aujourd'hui, c'est économiquement trop dur à tenir.
Que ceux qui donnent la leçon viennent me montrer ou soient transparents sur leurs contextes,

Bien amicalement,
Un menuisier ayant déjà pris son mur

MatthieuP

Merci pour cette réponse. Je pense qu'il est effectivement important d'alerter les étudiants sur les difficultés du métier. Non pas pour empêcher les gens de rêver mais pour les aider notamment à prendre conscience que le succès de l'entreprise ne se joue pas qu'à l'atelier.

Matthieud

Quel dommage que ça n ait pas marché pour toi MonsieurBella..
Tu es la preuve qu'un niveau de technicité élevé et un grand amour de son travail ne sont pas gage de réussite. Même parfois on croirait que quand on aime vraiment ce que l'on fait on finit par ne pas être compétitif par refus de bâcler le travail ou en voulant trop le soigner.
Belle journée à toi

Kentaro
( Modifié )

Je ne sais pas trop quoi dire...

  • Tu fais de belles choses, dans l'air du temps, inspiré du genre Art and Kraft.
  • Ton Instagram est très bien, les photos sont pros.
  • Ton site internet est parfait, très classe.

Tu n'as pas l'air d'avoir de problèmes techniques.

Par contre, le nerf de la guerre, c'est le marketing et le commercial.

Le site internet et instagram, c'est bien, mais c'est surtout un "book". Cela n'est pas fait pour attirer le chaland.

Tu as un avantage, tu es dans une zone riche, Toulouse, le spatial, l'aéronautique. Y a du fric. Et les gens qui vont acheter tes beaux meubles artisanaux, ce sont des gens qui ont du fric.

Il faut donc entrer dans le réseau, noyauter, te faire connaitre chez les CSP++ de la région.

  • Réseaux du genre Lyons club, Rotary et autres,
  • Clubs d'entrepreneurs,

  • Et surtout, exploiter à fond le réseau dont tu as la chance de faire partie, les ingénieurs du spatial et aéronautique qui globalement ont du fric. Noyauter les réunions d'anciens, les clubs techniques, les fablab (où s'amusent les ingénieurs du coin), faire une news letter que tu envoies très régulièrement à tous les ingénieurs et autres à Toulouse et la région et aux anciens de ton école.

  • Ratisser sur Linkedin tous les types qui bossent dans le spatial et l'aéronautique, fait copain avec tout ce beau monde, publie régulièrement. Ces gens rêvent tous secrétement de faire ce que tu as fait. En te commandant un truc, ils auront l'impression de faire le grand saut par procuration...

  • Raconter ton histoire dans les journaux locaux. Ils en sont friands.

  • Mettre très régulièrement des flyers dans les beaux quartiers de Toulouse et de la région.

  • Relancer, relancer, relancer...

  • Et enfin, accepter de faire aussi autre chose que du meuble, faire des étagères, armoires, des dressing, etc... Faire aussi les petits travaux que les autres ne veulent pas faire...

Pour cela, il faudra aussi passer le cap menuisier, pour les assurances, mais techniquement, cela ne devrait pas être un probleme.

  • Enfin de enfin, accepter de prendre du temps... Tout cela demande du temps avant que la sauce prenne.

Et pour cela, il faut avoir des arrières, notamment un "bred winner" qui assure le quotidien, et surtout de surtout, en acceptant de vivre "très très frugalement"...

MatthieuP

Merci pour cette réponse. Tes commentaires sur mon site et mes réalisations me vont droit au coeur.
La teneur de tes conseils ne me surprend pas du tout venant de toi. Je pense qu'ils sont très pertinents.
Pour moi ces pistes arrivent trop tard mais j'espèrent qu'elles pourront aider celles et ceux qui veulent se lancer.

Kentaro

MatthieuP Ne mets pas tout cela de coté. Laisse le dans un coin de ton cerveau. Tu n'as pas fait tout cela en vain.
Peut etre un jour ou l'autre auras tu envie de recommencer. Laisse tout cela murir, prends ton temps, prépare toi.
Continue de faire des choses, de les montrer, sur les réseaux sociaux. Construit toi les réseaux dont je parlais, rencontre du monde, dans tous les domaines. Tous les gens que tu croises, conserve leurs coordonnées, fais une base de données de tous ces gens. Tu pourras l'utiliser le jour venu. Fais toi connaitre. Rencontre et discute avec des menuisiers et ébénistes locaux, histoire de comprendre le marché, les besoins. Bref, reste en état de veille... Cela vaudrait meme le coup d'aller raconter ton histoire aux journaux (en gommant les cotés: "personne n'est venu me voir"...).

MatthieuP

Kentaro merci ! oui je crois qu'une petite graine a été plantée, peut être qu'un jour elle donnera des fruits, je sais qu'un jour je retravaillerai le bois. Pas tout de suite car je n'ai ni le temps ni le lieu pour le faire mais un jour qui sait. Je viendrai vous raconter tout ça.
En attendant je continuerai à venir ici m'enrichir des créations et expériences partagées ici.

TBWoodwork

Je te souhaite de tout cœur de réitérer un jour avec succès, sincèrement !
Tu auras mûri et tu sauras éviter les écueils qui ont entravé ta première tentative.

TBWoodwork
( Modifié )

Merci de ce témoignage, c'est clair et honnête !
Je voudrais revenir sur le passage où tu t'es retrouvé à payer pour publier dans un magazine afin que ça serve à tous ceux qui liront : on ne paye pas, on ne paye jamais pour publier !!! J'ai publié deux articles dans le magazine Bois+, ce sont EUX qui m'ont payé ! C'est comme si tu avais donné un meuble à un client pour qu'il te fasse de la pub…😟

Kentaro
( Modifié )

TBWoodwork Le monde étant ce qu'il est, payer pour un article dans un magazine n'est pas une idiotie, et peu faire du sens.
C'est comme acheter une page dans le meme magazine pour se faire de la pub.

Certes, il faut bien en comprendre l'intérêt, quelle sont les lecteurs, est ce que cela correspond à ma cible, etc, etc.

Par exemple, l'article dans Maison et Jardin sur Matthieu n'a pas été inutile. Certes, il n'a pas généré directement de clients, mais il a pu l'intégrer dans sa communication, sur Instagram, sur son site, et cela fait une référence. Les gens se disent, "ah, tient, il a même un article dans ce magasine, c'est quelqu'un de sérieux..."

Donc, cela peut valoir le coup.

De même, donner un meuble à un client qui pourra être un ambassadeur, cela peut faire du sens. La encore, il faut que cela soit quelqu'un qui a un réseau, qui connait du monde, qui est prêt à faire les recommandations, mais la encore, cela peut s'envisager...

Si le magazine Bois+ t'a payé pour un article, c'est qu'ils en avaient besoin. C'est la loi de l'offre et de la demande. Mais dans l'affaire, les lecteurs de Bois+ sont seulement des bricoleurs, pas des acheteurs potentiels.

MatthieuP

TBWoodwork je serais effectivement un peu plus nuancé dans ma réponse. Je ne suis pas naïf, je ne m'attendais pas à ce que mon téléphone sonne toutes les 5 minutes après la publication. On a fait ça entre adultes consentants. 2000 euros c'est très cher mais je pouvais me le permettre. Comme le dit Kentaro peut-être que ça me légitimais vis à vis de mes clients mais surtout vis à vis de moi même. J'avais besoin de ça pour pouvoir me dire que j'étais vraiment pro parce qu'on parlait de moi. Et puis la presse est à bout de souffle. Les magazines font faillite les uns après les autres. A ma manière j'ai relancé un peu l'économie. J'ai parlé à une vraie journaliste qui a ensuite écrit l'article. Bref ce n'était pas efficace pour ma stratégie de développement mais je ne regrette pas. Je conserve le magazine chez moi et plus tard je le montrerai à ma fille.

TBWoodwork
( Modifié )

Peut-on savoir le nom du magazine en question ? Je veux bien que la presse papier soit moribonde à part les "grands titres", mais je ne conçois pas de payer pour être publié, surtout qu'il s'agit d'un simple "reportage" sur une activité telle que l'ébénisterie. Il semblerait que le magazine en question t'ait flatté (on adore, c'est magnifique, blabla…), puis t'ait promis des retombées fructueuses, ce qui n'a pas été le cas du tout…
Vendre un encart publicitaire dans une publication est tout autre chose, et ça peut être valable si le magazine est bien diffusé.
J'ai connu ce milieux quand je bossais dans le matériel de musique… Chaque magazine ne manquait pas de nous appeler chaque mois pour savoir quelle "surface" publicitaire nous retenions (double page, une page, demi-page, quart de page, tout est possible…) et attendait également l'envoi de matériel pour "test"…
Evidemment, chaque test était trèèèès positif puisque nous achetions pas mal de pages de pub, de plus, le journaliste chargé du test "oubliait" souvent de rendre le matos !!!
Mais la boîte a coulé faute de trésorerie, le téléphone est soudain devenu muet ! Nos "bons amis" auraient-ils perdu le numéro ?
Attention, je ne te critique pas personnellement, pas du tout, je stigmatise surtout les rapaces de la "mauvaise presse" prêts à tout pour gratter du fric sans scrupule aucun !

Kentaro
( Modifié )

TBWoodwork Comme tout le monde, la presse ne vit pas d'air pur et d'eau fraiche... On peut le regretter, mais c'est comme ça, et cela a toujours été comme cela.... Les revenus de la presse, ce sont un tout petit peu la vente des magazines, et pour beaucoup la pub. Cette pub prend diverses formes, encarts pub ou publi-reportages plus ou moins maquillés. Et ce n'est pas seulement "la mauvaise presse"... Ils font tous comme cela... On peut trouver cela scandaleux et vouloir tout faire sauter, mais c'est un autre débat...

MatthieuP

TBWoodwork Le magazine en question c'était Maisons et Jardins. Je comprends ta position mais pour moi ça a été très clair que c'était du publi reportage et que donc c'était payant. Oui ils ont flatté mon égo, ils l'ont bien fait, je ne regrette pas. Quelques mois plus tard le magazine AD m'a contacté, là c'est un autre niveau. Ils me proposaient un quart de page (j'ai oublié le tarif exact mais sur un quart de page on ne dit pas grand chose) ou une pleine page à 5600 euros HT. Bon là je n'ai pas trop réfléchi. Mais mon égo était bien flatté qu'on m'appelle et là c'était gratuit. Je crois que c'est le jeu. On cautionne ou pas mais les règles sont claires.
Je n'ai pas du tout pris ton message comme une critique mais même si ça avait été le cas je suis prêt à tout entendre. Ma démarche était pavée de bonnes intentions mais n'a pas été exempte de défauts donc de critiques potentielles.

BernardVilla
( Modifié )

Bonjour,
ton récit me bouleverse un peu; j'ai été artisan dans le bâtiment pendant 15 ans .
Tout le monde me disait, vas y, vas y, on t'aidera ....j'y suis allé, personne ne m'a jamais aidé et quand j'ai connu mes premières difficultés financières plus personne ne me connaissait et je ne reconnaissais plus mes amis .
J'ai connu des moments très durs moralement mais je me suis toujours remis debout, sans aide . J'ai quand même tenu 15 ans ; je ne recommencerais pas dans les mêmes conditions si c'était à refaire ; mais je ne regrette rien ; j'ai toujours assumé .
J'ai connu des gens formidables, des clients, simples ou très riches qui m'ont fait confiance pour leurs travaux ; c'est uniquement par ces clients que j'ai pu avoir d'autres clients .
Mais finalement le "système" m'a rattrapé, à bout de souffle financièrement et j'ai arrêté sans trop laisser de plume .
Encore une fois je ne regrette rien, j'ai tellement appris sur tout et surtout sur les autres ...!

Alors je te dis, ne sois pas frustré, je comprends, tu as une famille, c'est elle qui compte et elle devrait être ta plus belle entreprise .

La vie est dure et les rêves deviennent très rarement réalité, surtout dans notre beau pays avec toutes ses contraintes administratives et fiscales ; mais il y a beaucoup de chemins pour réaliser UN JOUR ses rêves .

MatthieuP

merci pour ce témoignage. C'est vrai que dans ces situations on reconnait ses vrais amis. Les miens sont peu nombreux à m'avoir commandé des meubles, même si eux au moins ne m'avaient pas fait miroité monts et merveilles.Je ne suis pas du tout frustré, bien au contraire je l'aurais été de ne pas avoir tenté l'aventure. Ma santé mentale est bien meilleure maintenant qu'avant ma reconversion.
Et tu as raison, l'arrivée de ma fille m'a fait prendre un peu plus conscience si besoin était de là où mettre mes priorités. Pour mon prochain boulot j'ai demandé à travailler à 80% pour passer du temps en famille et je serai bien plus attentif à conserver un équilibre pro / perso.

Amons
( Modifié )

😥 tu vas nous manquer à l’atelier !

Et je continue… de rêver… quelques temps…

MatthieuP

C'est gentil ça. Vous allez me manquer aussi mais je pense que je continuerai à venir vous voir de temps en temps pour vérifier que vous ne faites pas trop de bêtises en mon absence 😝

AvecUnBoutDeBois
( Modifié )

Merci pour ce partage.
C'est bien que tu rettiennes le positif de cette expérience et qu'elle t'ai redonné confiance.

MatthieuP

Avec plaisir. Oui je crois qu'elle m'aura apporté beaucoup de positif, malgré ce relatif échec.

Ara
( Modifié )

Merci pour ce témoignage très touchant, et je te souhaite beaucoup de plaisir pour la suite.

MatthieuP

Merci Ara. Pour l'instant j'ai du mal à croire que vais prendre du plaisir dans mon prochain poste mais qui sait ? il y aura peut être une bonne surprise à la clé !

IsabelleH
( Modifié )

Merci beaucoup pour ce témoignage

MatthieuP

J'ai pris plaisir à partager cette expérience

Arnus
( Modifié )

C'est peut être le récit d'une reconversion "retardée" tout simplement plutôt que "ratée"
Ton témoignage raisonne beaucoup avec mon histoire. J'ai été très ému en te lisant. Et je trouve ton travail très abouti pour un "jeune" ébéniste.
Bravo.

MatthieuP

C'est une bonne remarque. Je crois qu'au fond une petite part en moi espère que ce projet reprendra vie sous une forme ou sous une autre. Peut être quand j'aurai moins de contraintes financières. Merci pour ta dernière phrase, les guillemets étaient importants autour du "jeune" 😉

marcnazarian
( Modifié )

Merci pour ton témoignage.

MatthieuP

Avec plaisir, j'étais content de partager cette expérience

GuBragh
( Modifié )

Merci du fond du cœur pour ce témoignage. Ça m'a beaucoup touché, encore plus du fait que je suis assez déçu de ce que je fais et l'idée d'une reconversion me trotte dans la tête. Je n'ai jamais osé me lancer, et pourtant les idées me tourmentent depuis une vingtaine d'années... Enfin, peut-être que les années a avoir troqué ma casquette d'architecte pour une vie de marin sur un voilier, d'aquarelliste et de constructeur amateur de petits bateaux en bois compte pour une reconversion ? En tout cas je t'ai lu avec beaucoup d'émotion, je trouve comme Kentaro que ce que tu fais est super chouette et, peut-être, le "raté" pourra a son tour se reconvertir en "rebondissement" ? Qui sait... Bonne chance, encore merci, et continue à travailler sur de bouts de bois, ça fait du bien au moral.

MatthieuP

Merci pour cette réponse et ces commentaires sur mon travail ! Rassure toi moi aussi j'étais toujours déçu de ce que je faisais. J'ai parfois aussi un peu ce syndrome "touche à tout, envie de tout essayer" mais j'essaie de me canaliser un peu. J'essaierai de continuer à travailler le bois de temps en temps même si à moyen terme je risque d'avoir moins de temps pour ça.

Milano
( Modifié )

Honnêtement si j'avais les capacités de faire les mêmes choses je serais déjà très content.
Les meubles sont beaux ton insta est propre. Faut juste pas abandonné, le bouche a oreille peut marché mais cest5long a se créer u e clientèle.

MatthieuP

Merci Milano. Il faut se méfier de cette impression que les autres font mieux. Faire des photos pour présenter ses créations c'est aussi savoir cacher les immanquables défauts. Et puis vouloir faire bien c'était souvent chronophage pour moi et c'est difficile je pense d'être rentable quand on n'est pas très efficace...

Moxalain
( Modifié )

Bonjour.
Évidemment ton histoire me touche parce qu'elle ressemble à la mienne (mais je suis à présent à la retraite, loin derrière cette expérience).
Donc je voulais te donner 2 choses :
-1- Mon soutien intellectuel, le souhait que tout s'arrange 😉
-2- A la lecture il me manque une chose "le désir".
Je ne sens pas dans ton projet "le désir" de devenir ébéniste ou autre chose.
Juste de quitter l'environnement burn-out.
Le bonheur, n'est pas un endroit mais un état (désolé du côté Psy-Magasine mais j'ai tellement cherché ailleurs au lieu de bâtir un "ici").
Donc ...
Tu aimes quoi ? Où prends tu du plaisir ? Si tu n'avais pas besoin d'argent, tu ferais quoi de tes journées ?
Une fois les réponses, c'est la moitié du chemin.
On peut aussi accepter un travail alimentaire et avoir une passion qui ne rapporte rien à côté.
La reconnaissance et la créativité semblent être important dans ton travail d'ingénieur.
Ne les désire plus et reporte les dans ton activité-passion non rémunérée.
C'est parfois bon d'être schizophrène.
Je vais bien depuis qu'on se soigne (humour à la Desproges).

MatthieuP

Merci pour cette longue réponse. Je vais méditer ces quelques conseils et essayer de trouver la réponse à toutes ces questions. Je crois que j'ai encore besoin d'un peu de travail pour savoir ce que je veux vraiment faire. J'ai des idées mais pas vraiment de certitudes. C'est mon tempérament de beaucoup douter. En tout cas cette expérience de quelques années aura été très bénéfique pour m'aider à mener cette réflexion, j'en suis certain.

LIROKO
( Modifié )

Matthieu
je suis assez d’accord avec Moxalain, sur le constat. Il te reste maintenant un savoir-faire et si tu as encore du désir pour cette activité, tu peux continuer tes réalisations, et peut-être entreprendre une petite entreprise en parallèle de ton activité professionnelle et alimentaire !
Ce qui sera important c’est le plaisir que tu retireras de tes réalisations.
Bon chemin et joyeuse vie
Patrick

MatthieuP

Merci pour cette réponse. Oui je pense que le travail du bois continuera à faire partie de ma vie d'ici quelques temps. Sous quelle forme précisément je ne sais pas encore mais j'espère que c'est comme le vélo et que ça ne s'oublie pas trop.
Merci pour les encouragements.
Matthieu

Moxalain
( Modifié )

Suite ...
PsyMag de retour 😜

-1- L'adolescent (rien de péjoratif) sait définir ce qu'il ne veut pas.
L'adulte quitte ce stade le jour où il sait définir ce qu'il veut.Bulshit !!!
Je suis un adolescent retraité heureux. 💪
J'ai appris à me débarrasser des gens qui voyaient un frein dans ce comportement d'imbécile heureux. Ce qui nous amène au point 2

-2- Le doute. Comme la solitude (*), y en a deux :
2a Le doute constructif. Aurais-je pu faire mieux ? Ma créativité d'adolescent (point 1) est-elle un frein (certainement pas). C'est le doute du mieux faire 👍. Le doute positif.
2b Le doute cancéreux, rongeur : Je ne devrais peut être pas. Ce n'est pas le moment. Je n'y arrivera pas de toute façon. Suis un mauvais qui voudrait être un bon. Ce doute la est un boulet à chaque membre 👎. Le doute négatif.

Ceux qui ne doutent pas sont ancrés et ne bougent pas plus loin que la longueur de la chaine qui les relie à l'immobilité.

(*)La solitude subie 👎 et la désirée 👍

PS. Si je peux me permettre (cette phrase est idiote puisque je vais me le permettre) ce livre parmi plein :
Libre, heurueux et imparfait de Christophe André.

Bercail atelier

Merci pour ce témoignage important et touchant !

Je me reconnais dans certains de tes propos. Il serait d'ailleurs temps que je passe en pro sur ce site Haha
Pour l'instant, de mon côté le bouche à oreille fait son boulot mais jusqu'à quand...

Vu ton travail, j'y vois un manque de chance et surtout un réseau qui s'est pas assez activé. C'est dommage mais j'ai l'impression que ton histoire avec le bois et la création n'est pas terminé. J'espère que tu auras les moyens de continuer à produire en parallèle de ton activité salariée.

Bon courage, ton parcours force le respect.

PopoR
( Modifié )

Salut,
Merci pour ce temoignage poignant. Je ne peux que m'identifier à ton parcours (exingénieur, à mon compte depuis un an après un CAP). Je suis d'accord avec tout le monde, ton travail est très sympa c'est bien dommage que tu n'ai pas encore trouver à en vivre, si c'est ça que tu souhaites.

Je voulais te partager un point qui me permets de travailler un peu depuis que je suis lancé : ne pas être trop restrictif sur les chantiers au début. Je comprends ce que tu dis sur le mélaminé et l'envie de travailler du massif, je pense qu'on a tous une part de nous qui cultive ce sohuhait. Mais faire un peu d'agencement sur mesure, avec du mélaminé parfois, un peu de cuisine,avec du mélaminé souvent ou du panneau plus largement, ça permet de bosser, de se payer ou de payer des outils, de se faire connaitre et plus tard proposer de chouettes objets. J'ai la sensation qu'il est très compliqué de vivre uniquement de mobilier en massif. Alors que proposer le reste (cuisine/caissons d'agencement), même les foyers un peu plus modestes (hors CSP+) peuvent parfois se le permettre et en on besoin. Ca paye l'espace de travail pour faire de temps en temps des objets moins ordinaires.

Bon courage pour la suite, continue à nous abreuver de tes ouvrages !

Bercail atelier

Bien d'accord avec toi c'est ce point!
Surtout que même dans les projets en panneaux, y a toujours moyen de mettre du massif (alésages, fioritures, poignées..)

TBWoodwork

Tout à fait d'accord avec PopoR aussi !
J'ai eu l'occasion de rencontrer Steven Leprizé, un ébéniste talentueux et à son compte (ARCA Ebénisterie, je vous engage à aller voir son site !).
Il est issu de l'Ecole Boulle et il fabrique des choses absolument remarquables, mais… il m'a avoué faire aussi beaucoup d'agencement pour tenir la boîte en bonne forme financière, il n'y a pas d'autre solution…

Matthieud

Salut Matthieu.
Merci de mettre ici par écrit (et bien écrit) les difficultés qui peuvent attendre ceux qui se lancent à leur compte. J'ai eu pas mal d élèves en reconversion avec un parcours similaire au tien qui, broyés par un système du toutfrictoutfric on fini par choisir un métier en apparence plus modeste pour finalement y découvrir tout un monde de technicité et comprendre que lier la main à l'esprit et bien plus difficile et enrichissant que ce qui en a longtemps été dit.
Personnellement j'ai mis beaucoup de temps à m'installer car je voulais avoir un maximum d expérience. Pour le moment ça marche bien, mais rien ne garantit que ça durera. Une chose à souligner c est aussi l'importance du réseau et du soutien mutuel avec les autres professionnels.
Sans faire de parallèle avec le monde du cinéma et ses promotions canapés, je trouve que la chance joue énormément. Être au bon endroit au bon moment ça change tout.

Merci de ton témoignage poignant et agréable à lire!

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