Bonsoir à tous! Je vous propose ce soir une nouvelle question à caractère philosophique:
Que pensez vous de l'utilisation des outils à main et de la transmission de la culture du métier dans les différents parcours de formation permettant d accéder à un titre professionnel d'un quelconque métier du bois?
Réponse A: ces aspects ne sont clairement pas assez enseignés alors qu'ils sont d'une importance capitale!
Réponse B: on est bon, c est bien comme c'est actuellement !
Réponse C: la réponse C 
Réponse D: pour avancer nul besoin de ces choses là, on doit vivre avec son temps le passé ne sert à rien
Réponse E: votre propre réponse si vous estimez qu aucune de ces affirmations ne suffit à décrire votre pensée ou qu elles sont trop radicales (franchement ce serait vachement surprenant
)
Surtout si le sujet vous intéresse, n hésitez pas à développer, ça sera probablement extrêmement intéressant!
5 réponses
Alors clairement réponse E pour moi, c'est à dire un mix de tout ce bazar !
Je m'explique :
Les outils à main sont lents et inaptes à une production professionnelle si uniquement utilisés, c'est à dire sans machine aucune…
Par contre, rien ne les remplace pour appréhender le "sens du bois" : son fil, sa dureté, etc… J'appelle ça le "sens de la matière" et c'est valable jusqu'en mécanique ! Ça doit, selon moi, faire partie d'un apprentissage digne de ce nom.
Donc on ne peut concevoir d'apprentissage correct et complet sans outils à main. Ce sont eux qui nous donneront les pistes nécessaires au bon usage des machines : ne pas dégauchir à contre-fil, anticiper les éclats d'une sortie de lame sur une scie sous table, ou d'une fraise en bois de bout…
De plus, il convient souvent, et c'est plus rapide, de mettre un petit coup de rabot à main sur une pièce à ajuster finement, un petit coup de scie sur un tenon trop long. On ne peut donc se passer totalement des outils à main !
Et on acquiert aussi au passage la notion d'affûtage, qui est primordiale également sur les machines ! La meilleure rabo-dégau sortira de la "daube" avec des fers rincés !
Voilà ma version des choses, après je ne suis pas du tout professionnel, juste un amateur cherchant à être de plus en plus "éclairé"…
On parle toujours de la vitesse de la lumière, mais qu'est-ce qu'elle met comme temps à nous arriver !
Ben, en fait, ça dépend...
Dans les formations de cap menuisier, agenceurs, etc, quel est
le % qui se retrouvent vendeurs au rayon bois des bricotrucs,
% qui se retrouvent dans une usine au cul d'une machine 10 axes qu'ils doivent nourir, et éventuellement, sur laquelle ils doivent actionner un bouton,
% qui rejoignent un artisan "multitache" traditionnel ?
% qui se mettent à leur compte comme artisan?
Sachant que les deux premiers cas ne nécessitent pas de cap menuisier, mais qu'on fait comme si, car c'est une méthode de sélection comme une autre...
J'ai le cul entre deux chaise entre A et B... Tout dépend de ce que l'on attend de l'école.
Si on pense que l'école doit former des ouvrier efficaces et rentables ; alors réponse B. Il existe des filières d'élite pour apprendre à travailler aux outils à main car ce sont des compétences nécessaires pour entretenir les pièces patrimoniales ; mais le gros des apprentis va pratiquer une semaine histoire de avant de passer aux machines qui représenteront le très très gros de son travail en entreprise.
Si on pense que l'école doit accompagner des humains capables de mobiliser leurs sens pour créer du beau et du sensible ; alors on est très loin du compte. Sans toucher la matière, sans se plonger dans un ouvrage en n'étant pas coupé de ses sens par l'ensemble des équipements de protection indispensables lorsqu'on travaille aux machines ; l'ouvrier n'est qu'un rouage de l'industrie. En faisant appel à ses cinq sens, il peut mettre dans chaque objet une part de lui meme. Certains arrivent à développer cette sensibilité après coup en ayant une formation orientée machines... Je pense que dans l'autre sens ce serait plus efficace.
Au delà de la question philosophique, je pense que plus d'outils à main en formation seraient une bonne chose meme en termes de productivité. Il existe de nombreux cas où sortir un rabot manuel, une scie ou autre gouge permet d'aller plus vite que de monter un outil et pointer une toupie.
Bien évidemment cela dépend de l'équipement dans l'atelier, du rangement, et pour chaque exemple où Pierre dira qu'il va plus vite à la main, Paul réussira à lui donner tors. Et je ne suis pas convaincu que 24h de formation à l'école en plus soient suffisantes pour changer la donne.
Bonjour
Je prends régulièrement en stage des élèves de cap ébénisterie. Je fais le triste constat que l'enseignement du travail aux outils à main est presque inexistant. Le dernier que j'ai eut, en deuxième année, n'avait vu que les queues d’aronde.
C'est pourtant pour moi essentiel de maîtriser ces outils pour notre métier. Pour la restauration, savoir refaire un tenon, une mortaise, enture... à la main est indispensable et souvent bien plus rapide que de régler une machine pour une seule pièce. Sur chantier c'est également vrai, on doit souvent ajuster au rabot, râpe, ciseaux...
Difficile d'être à l'aise avec ces outils sans une pratique régulière.
Après je n'ai l'expérience que d'une section dans une école, même si depuis des années et plusieurs professeurs le constat reste le même. J'espère que ça n'est partout pareil
