Bonjour, je voudrai vous parler d'une machine que je viens d'acquérir, tellement je suis bluffé par la qualité de la construction, et la simplicité enfantine d'usage. Une Guilliet cku, en 510 de large. Je n'ai pas trouvé de date précise de fabrication, mais je pense qu'elle date des années 60. J'ai eu l'occasion d'utiliser de tout, de la vieille dégau début 20ème aux plus modernes avec base mécano soudée (là je suis... très critique vis à vis de ces machines....). Celle ci, c'est franchement au dessus de tout ce que j'ai pu utiliser. C'est un ancien charpentier de marine que me l'a vendue.
Pour commencer, chassis en fonte. Rien d'extraordinaire jusque là. Oui, mais le chassis vient jusqu'au deux tiers de chaque table, qui mesurent chacune 1m25. D'un point de vue stabilité des tables, c'est super. En plus, intégré au chassis, on a 4 tétons de guidage latéraux de table qu'on voit sur cette photo. C'est juste impossible mettre les tables de travers. Ca peut s'user, mais c'est pas bien compliqué à remettre en ordre. La machine à dans la soixantaine, ce n'est pas du tout usé.
Autre intérêt de ce chassis, le levage. Une sangle de levage de chaque côté sous les supports de table et on ne force sur rien du tout. Levage pour aller la chercher, 1h de route, levage pour la descendre : les tables sont toujours parfaitement coplanaires.
Le système de réglage des tables est basé sur un berceau "parallélogramme", avec deux pivots pour chaque berceau, qui sont eux reliés au chassis. Une vis de réglage fin pour la table de sortie, un levier à bride pour régler rapidement la table d'entrée (de 0 à 10 mm). Pour la table d'entrée, le réglage est aidé d'un ressort, qui rend la manoeuvre possible sans aucune force.
On voit également sous le berceau de table une molette. Il y en a une deuxième plus loin, facilement accessible. Ces deux molettes servent uniquement à plaquer les tables sur le berceau, qui sont sur quatre appuis. Si on veut démonter les tables, on dévisse les molettes, et on enlève les tables, basta.
S'il y un problème de parallélisme entre les tables (ce qui n'est pas le cas actuellement) c'est facile à corriger avec des cales. Comparé au réglages des vielles mémères sur glissière à queue d'aronde, c'est le jour et la nuit.
Et du coup, en dévissant ces molettes... En 1 minute chrono, on a tiré les tables pour avoir accès à l'arbre. Un 2 fers, suffisant pour une avance manuelle. Et comme c'est moi qui affûte : 2 fois moins de temps à s'en occuper.
Et comme il y a une butée sur chaque table, réglable et en appui sur le berceau, pour les remettre en position, on repousse, on resserre les molettes et on n'en cause plus.
En ce qui concerne l'accès moteur, simplissime également. le capot de protection s'enlève avec une unique vis... Un système sur berceau à pivot, facilement réglable, adaptable pour n'importe quel moteur. Si on veut mettre un moteur mono, c'est très facile.
Niveau sécurité, il n'y a rien. De mon côté, ce n'est pas grave, je ne mets pas de protecteur d'arbre. Mais la simplicité de la machine fait qu'il est très aisé d'installer un protecteur maison ou de type suvamatic par exemple.
Pour l'aspiration, idem, les copeaux sont rejetés vers l'arrière de la machine, il est facile de concevoir un collecteur efficace de copeaux intégré dans le chassis. Ca va être mon premier boulot sur cette machine !
Ah, par contre, elle pèse, quelque chose de bien.
Bref, une machine qui m'a convaincu, à tous les points de vue !
Discussions
Bonjour,
Y'a la petite soeur à l'atelier, en 42cm et 3 fers.
Et je confirme : c'est un plaisir de travailler avec!
Je n'ai jamais réussi, par contre, à régler quoi que ce soit avec la molette de la table de sortie. Sur ma machine achetée d'occasion, la molette est grippée/impossible à bouger. Et l'arbre n'est plus tout à fait parfaitement cylindrique, ce qui oblige à régler fer par fer avec la table de sortie... mais rien d'infaisable, et ensuite, comme vous dites, une rolls :)
Bons copeaux !
Laurence
Bonjour, ah oui si cette molette est coincée, on perd un peu en confort d'usage. Je n'ai pas regardé en détail la vis de cette molette, mais je pense que la vis est munie de contres écrous pour éviter les desserrages intempestifs avec les vibrations, qui engendrerait un mouvement de la table de sortie (et je n'ai pas vu de vis ou de bride de blocage pour la table de sortie). Ceux ci sur la votre sont peut être beaucoup trop serrés entre eux, ce qui rend la molette impossible à manipuler. En tout cas, cette vis de réglage est très précise, et tout de même assez raide à manipuler. Il faut peut être regarder aussi au niveau des pivots du berceau. Il y a des écrous en laiton à chaque bout de pivot, c'est un diamètre prévu pour y visser un graisseur. Un coup de graisse sur les pivots n'y ferait aussi pas de mal pour faciliter le réglage du berceau. Sur ce genre de machine, tout se remet en ordre assez simplement ! On voit sur cette photo un trou de graissage en bas à droite :
on imagine le cout carbonne entre autre, a la fabrication, bref on en refera plus, c'est bien de continuer a les utiliser (et a les sécuriser)
Bonjour, en effet la fonderie en général est extrêmement carbonée. Mais, quand on voit une machine de ce genre, on peut aisément estimer la durée de vie à plus de deux cent ans, avec quelques entretiens tout à fait mineurs (roulements, changement de courroie, éventuellement d'un moteur). Et même après tout ça, le recyclage est simple : un matériau général primaire facile à refondre, la fonte.
Quand on regarde les machines de maintenant, bourrée d'électronique avec des matériaux qui viennent des 4 coins de la planète, de plastiques, d'alliages quasi impossibles à recycler correctement, avec des durées de vie de l'ordre de la dizaine d'année, je me demande laquelle des deux a le pire bilan carbone sur l'entièreté de sa durée de vie. A mon avis, le vieux tas de fonte surdimensionné est plus vertueux. C'est d'ailleurs en partie pour cette raison que ces grandes marques de machines à bois se sont effondrées, à faire du durable, sur plusieurs générations. Et je trouve triste qu'on ne fasse plus ce genre de machines, simples, précises, fiables, robustes et faciles à réparer.
La sécurité, c'est un débat. Je ne suis pas un ayatollah en ce qui me concerne. Je pense qu'avant de tout carterer, la sécurité commence par la connaissance parfaite de la machine qu'on utilise, et avoir pleinement conscience de son danger. Il y a ensuite l'affûtage, qui doit être systématiquement frais. On peut parler aussi des angles d'attaques, de dépouille et de bec. Il y a le geste. Le bois qu'on passe sur la machine, et dans quel sens. Les vitesses de rotation. Quel acier, acier allié, carbure, outils monobloc, à fer rapporté ? Tous ces paramètres influent sur la manière de travailler sur telles ou telles machines. Et quand ces connaissances on ne les a pas ? C'est bien là que l'on fait n'importe quoi et que l'on se blesse. Franchement, maintenant, qui regarde tout ça avant de monter un outils sur une toupie par exemple ? Qui vérifie sur son abaque qu'il n'est pas dans une vitesse de rotation dangereuse vis à vis du diamètre ? Qui fait sonner sa lame de scie circulaire avant de la monter pour vérifier qu'elle n'a pas de crique ? On n'est plus beaucoup. Et c'est par ce manque de connaissance que la plupart des accidents arrivent. C'est d'ailleurs bien pour ça que tous les carters de protection se sont multipliés, par faute de qualification des opérateurs en premier lieu. Attention, je n'ai pas dit qu'il n'en fallait pas. Je dis juste qu'à vouloir éviter à tout prix l'accident avec des protections partout ne résoudra pas le problème. AU contraire, on se sent trop en confiance, même si on ne connaît absolument rien à la machine qu'on utilise. Et ça, c'est pas bon du tout.
Plus spécifiquement à la dégauchisseuse, faire du travail de qualité, avec des grosses pièces, potentiellement longues et lourdes, je trouve ça plus dangereux qu'autre chose de se contorsionner autour et au dessus du pont protecteur. La pression de travail sur la pièce ne peut pas être constante avec un pont et les mains bougent beaucoup trop en ce qui me concerne. Alors après, je suis expérimenté sur les machines à bois. Si ça peut rassurer les autres d'en mettre, qu'ils en mettent. Mais n'oublions qu'en plus du geste, il y a une grosse théorie prérequise pour n'importe quelle utilisation de machine outils. Ce ne sont pas visseuses.
Et bien j'ai la version 42cm en 2 fers à l'atelier. Effectivement, pratique, simple, ultra robuste.
Je la date de 1955 en ce qui me concerne. Comme LLamouroux il est très compliqué de régler la table de sortie. Pour information, quand tu baisses la molette vers le bas, cela remonte la table au niveau du fer.
Je l'ai fait équiper d'un protecteur par J2F Solutions vu qu'ils sont proches de mon atelier.
Récemment j'ai dû faire l'acquisition d'accessoires pour le réglage des fers car l'outil d'origine a bougé (après 80 ans !)
Ah, le petit bémol sur les copeaux. Un collecteur c'est bien, mais les 2 fers génèrent des copeaux très longs sur les grandes largeurs, surtout sur le hêtre, et ceux-ci ne passent pas dans une aspiration 100mm.
Bonjour, c'est tout à fait vrai cette histoire de copeaux très longs (enfin ça dépend de l'épaisseur de passe, à un certain stade ils se brisent). Mais comme je vais être en 150 sur la dégau et la raboteuse, cela ira.