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3 réponses
par Lolothai il y a 2 ans
Talbi63

Bonjour,
En climat très humide, le séchage à l'air atteint vite sa limite : l'air ambiant est déjà chargé, donc le bois finit par s'équilibrer avec lui (souvent 16-18 %, voire plus en saison des pluies) et ne descend plus. Pour du Black Siris / bois de rose, deux réflexes :
Bien ressuyer à l'ombre, à l'abri de la pluie, baguettes entre chaque rang et de l'air qui circule (un simple ventilateur change tout).
Pour finir bas (usage intérieur, 10-12 %), un caisson fermé avec un petit déshumidificateur fera le travail que l'air ne peut plus faire chez toi : c'est le plus fiable en zone humide.
Sur ces essences denses, descente très progressive, sinon gerces et collapse. Mieux vaut lent et sain que rapide et fendu.

Talbi63

Bonjour,
Pour se repérer entre les systèmes, le plus simple est de raisonner par « moteur » de séchage.
Air libre (ressuyage) : incontournable en première phase, mais lent (environ 1 an par cm) et on plafonne vers 15-18 %.
Déshumidification (condensation) : caisson fermé + déshu, simple et régulier, parfait pour finir en douceur ; ça consomme de l'électricité.
Sous vide : rapide et peu de défauts, mais matériel cher, plutôt pro ou bois à forte valeur.
Solaire (capteur + ventilation basse température) : bon compromis coût/qualité dès qu'on a du volume et de la place, en gardant une phase air libre au départ.
Le bon choix dépend surtout de tes volumes, de l'essence et de l'humidité de départ. Côté lecture, le « Séchage du bois » du CTBA/FCBA reste la référence. J'avais aussi regroupé des repères pratiques sur le séchage solaire ici si ça t'intéresse : sechoir-solaire.fr . Bon séchage !

Talbi63

Bonjour, je travaille sur des projets de séchage solaire en bâtiment agricole, donc le sujet me parle.

Le retour de BoisTordu s'explique bien : une serre nue capte très bien l'énergie, mais sans régulation c'est un four à midi et un condenseur la nuit. En journée la température grimpe vite, l'hygrométrie s'effondre, la surface des plateaux sèche beaucoup plus vite que le cœur : tensions, fentes, gauchissement. Et la nuit, l'humidité recondense sur la bâche et retombe sur le bois.

Ce qui change tout, ce n'est pas la surface vitrée, c'est la maîtrise de l'air. Si tu pars sur une serre, trois pistes concrètes :

  1. Bâche opaque ou blanchie côté sud (comme le suggère glaude) : tu gardes l'abri et l'air chaud, tu évites le coup de chalumeau direct sur les billes.

  2. Ventilation pilotée plutôt qu'ouverture passive H24 : un extracteur en pignon sur thermostat/hygrostat qui brasse et renouvelle l'air en continu. C'est exactement le principe des séchoirs solaires : de l'air tiède (25-40 °C maxi pour du bois d'œuvre) qui circule en permanence, jamais de la chaleur stagnante.

  3. Empilage soigné : baguettes de 20-25 mm alignées à l'aplomb, charge sur le dessus de la pile, et au moins 50 cm entre le bois et les parois pour que l'air tourne.

Et pour piloter : un humidimètre sur quelques éprouvettes témoin dans la pile. Tant que tu perds de l'humidité régulièrement sans dépasser ~45 °C dans la serre, tu es dans les clous.

En résumé : bonne idée pour l'abri et la trésorerie (moins cher qu'un hangar), à condition d'y ajouter ombrage + ventilation forcée. En version « tout ouvert passif », le retour de BoisTordu est malheureusement la règle.