Une charpente tout en chêne et châtaignier pour la structure principale, équarris à la hache avec du bois provenant de forêts à moins de 20km de notre atelier. Le reste (chevron et liteaux) sont en douglas provenant d'une scierie locale. La surface au sol est d'environ 4m50 par 6m50.
L'ensemble est couvert avec de la petite tuile de réemploi, que nous avons patiemment trié. Le portail est accroché à la structure et à la maison attenante par des ferrures fabriquées par un forgeron du coin.
Plusieurs pièces ont été sciées de long en fonction des bois trouvés, ce qui donne aussi une belle symétrie des courbes. Pour scier de long, nous avons tout d'abord monté les pièces de bois déjà équarries sur un grand tréteau de 2m de haut. Ensuite, un des deux compères était en haut, l'autre en bas, le cran (une grande scie de long) pouvait débiter la pièce en deux sous l'action des deux paires de bras.
Le bardage et les barreaux ont été fendus dans du châtaignier.
L'ensemble du bâtiment a été levé à la chèvre et au mouflage (désolé je n'ai pas de photos). Nous avons trouvé pour le faitage un arbre assez droit faisant toute la longueur du bâtiment, et taillé un petit sous faitage puisque la section de faitage était assez faible.
Taillé et levé avec Martin Dagallier ("Turlututu charpente pointue") et notre apprentie Fanette.

Discussions
Vraiment sympa ! Beau boulot bravo
Biautifoulle!! Avec de vraies tuiles bourguignonnes anciennes... Cela devient rare...
Et tout cela sur des blocs de pierre, sans les effroyables tiges métalliques qui l'on voit partout...
Très beau travail. Avez-vous participé à la reconstruction de Notre Dame?
Du neuf avec le charme de l'ancien! Bravo
Magnifique!!
Quel travail !! C’est superbe !!
Petite question technique : comment sont assemblés entrait et sablière ? La prévention de la torsion de la sablière dans le temps est elle assurée uniquement par les liens ou est-ce que le caractère equari de la sablière la protège de toute déformation en torsion ?
Pour les fondations comment avez vous procédé ? Et comment sont reliés les pieds des poteaux avec les appui en pierre ?
Merci pour vos réponses
Merci beaucoup ! Les entraits et sablières sont toutes deux assemblées aux poteaux grâce à un bossage, le poteau à deux tenons en têtes un peu comme la technique anglaise. Sinon les bois ont normalement été sélectionnés pour qu'il n'y ait pas de fil tors (pas très sympa à équarrir et plus de déformations dans le temps).
Sinon les appuis en pierre sont liés à la fondation par un petit lit de mortier, et l'ensemble est posé sur les dés. Pour certaines structures où il y a plus de prise au vent, nous mettons une tige filetée qui relie le poteau et le dé en pierre (les deux sont percés). Merci pour vos questions techniques.
Merci beaucoup d’avoir pris le temps de cette réponse détaillée ! Vos réalisations sont une sorte de graal pour moi. Bravo !
Bonjour ! Votre travail est absolument magnifique, bravo à toute la team !
Je dois réaliser une petite charpente du même style et je me pose des questions pour les fondations.
Je réfléchis à faire des fondations en pieux de robignier, j'ai entendu d'un professionnel que c'était utilisé pour des fondations de maison en écoconstruction, est-ce quelqu'un.e en pense quelque chose ?
Pour relier les pieux aux poteaux je pensais à une tige filetée de 14 enfoncée dans le pieu et le poteau, mais j'ai peur que la prise au vent puisse arracher la structure à ses fondations !
Cordialement,
yassa
Merci beaucoup !
Ce qui est ancré dans le sol, ce sont des fondations en béton. Il est possible d'en réaliser aussi en pierre et chaux, ce sont les fondations cyclopéennes, technique très ancienne déjà utilisée par les romains. Je crois que les massifs en béton font en gros 50cm par 50cm, mais cela dépend de la capacité portante de votre sol.
Ensuite, ce qui est au dessus du sol, qui fait l'interface entre le poteau bois et la fondation c'est un petit dé en pierre. Il est relié à la fondation par un petit lit de mortier.
Pour cette structure, comme la prise au vent est faible et que le bâtiment est très lourd, nous avons simplement posé l'ensemble sur les dès de pierre. Mais cela dépend de pleins de paramètres (ouverture ou non de la structure, poids de la couverture et de la structure en elle même, région et exposition...).
Sinon, pour certains chantier, nous relions aussi le poteau avec le dé avec une tige filetée, c'est une bonne solution.
Pour les pieux en acacia, j'ai peu d'expérience là dedans, mais je dirais que c'est plus dur à mettre en œuvre que de simples fondations (on trouve aussi moins de professionnels qui les réalisent), et c'est plutôt un système constructif adapté aux zones très humides. Le pieu est plus durable s'il reste le plus possible immergé, car c'est l'alternance entre de l'humide et du sec qui permet aux champignons et autre xylophages de s'installer (si le bois est complètement sec ou complètement immergé, le champignon a priori aura plus de mal à s'installer).
J'ai un hangar en bois, d'une centaine d'année, 5m x 6 m, toit en tuiles. Les montants sont simplement posés sur des dés en béton. Ils n'ont jamais bougé.
Les temples japonais sont simplement posés sur des dès en pierre, depuis parfois 1000 ans. Même avec les typhons, ils ne s'envolent pas... Bien évidemment, tout dépend du poids...