Ce pas à pas présente un projet en cours de réalisation.
Je rêvais depuis longtemps d’un bureau Louis 15 ou 16, idéalement d’époque mais sinon de style. C’est chose faite, je l’ai acquis aux enchères, sur photo, il y a toujours des surprises !
Je vais donc essayer de lui redonner le lustre qu’il mérite avec bien sûr l’aide des membres de l’ADB.
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État du meuble
À l’arrivée du meuble la première impression c’est qu’il est magnifique et en relativement bon état.
Il faut quand même préciser que la photo qui est celle du site vendeur ne rend pas compte de la réalité qui est moins idyllique !
Le cuir qu’on ne voyais pas sur les photos est impeccable. les bronzes, très sales présentent d’importants restes de dorure au mercure.
Plus étonnant, tous les corroyages ont été réalisés à la main.
La structure est en parfait état, quelques réparations sur le placage, mal réalisées, il manque les clés.
Le vernis en assez bon état sur la moitié du meuble présente des taches et usures sur le reste notamment un des côtés qui devait être au soleil, j’ai l’impression qu’il y a eu des retouches avec des vernis de teintes différentes du premier au cours de la vie du meuble.
Les bronzes
Les bronzes sont très sales et présentent des restes de dorure au mercure qu’il va falloir préserver. D’habitude j’utilise la brosse en cuivre et la laine d’acier 000. Là ni métal ni papier de verre. J’ai fait un essai avec une brosse à dents, détergent, white spirite pour la cire, vinaigre blanc, pour finir pâte à nettoyer le métal sur les parties usées. Le résultat est pas mal, l’or est resté en place, mais c’est risqué et galère.
Dans un premier temps je demande un devis auprès d’une entreprise spécialisée pour redorer les pièces.
5000€, donc on oublie, d’autant que faire neuf c’est pas vraiment ce que je souhaite.
Je décide d’acquérir une cuve à ultrasons, ça me servira pour des tas de choses.
Voilà la bête, il va falloir l’apprivoiser. Après quelques tâtonnements je mets un peu de « Paic citron » et un peu de soude à 60 degrés, ça nettoie bien les parties dorées mais là où le laiton est à nu l’oxydation reste. Je l’enlève à la brosse à dent avec une pâte pour métaux et du vinaigre ménager, c’est pas trop agressif. L’or n’est pas attaqué par l’acide.
Il reste un peu de patine, le résultat est superbe, certaines pièces sont encore presque complètement dorées, ça me convient.
Une fois les pièces nettoyées je les protège avec une préparation de cire microchristalline (20gr/1l de white spirite).
En démontant je constate qu’un des sabots a été remplacé par un modèle ressemblant , sans dorure et avec une ciselure moins qualitative. Même le métal présente des nuances plus grises.
Video
Dernière étape de la dépose des bronzes, les lingotières autour du plateau.
Quinze petits boulons en laiton très compliqués à démonter, accès difficile, j’ai fabriqué un outil pour les enlever.
Voilà, le bureau est tout nu !
Le placage
Le placage est globalement en bon état sauf les chanfreins des pieds où il manque des petites plaquettes.
On compte aussi une dizaine de réparations du placage mal réalisées, d’une autre essence et qui se décollent.
Il me faut trouver un morceau de palissandre et du placage qui ressemble au reste du meuble.
Pour le placage je me suis fourni chez « Placage Bois » en Alsace. Un examen approfondi montre que les plaquettes sur les chanfreins des pieds sont constituées de deux morceaux de placage d’1mm d’épaisseur collés l’un sur l’autre. J’ai trouvé ce qu’il faut sur le BC. (entre nous je me retrouve avec 1 m2. de placage de palissandre)
Les plaquettes sur les chanfreins tombent les unes après les autres. Elles ont déjà été recollées donc elles posent un problème de conception qu’il va falloir résoudre. Elles sonnent creux, il faut tout refaire, pas évident !
Comme toujours on constate plus de dégâts qu’au premier regard. Je déplaque au décapeur toutes les réparations approximatives. Ensuite placage avec de la colle forte au marteau et une cale (une poignée de fenêtre en laiton). Le placage est découpé à la scie à placage, ciseaux, ajusté au papier de verre.
On chauffe le support au décapeur, encollage des deux faces avec de la colle un peu épaisse, on maintient humide sans excès la face extérieure, on prend son temps, on maroufle progressivement en attendant que ça prenne correctement avant d’appuyer plus fermement.
Finition au ciseau, racloir et fer à repasser. Je plaque avant de poncer, c’est plus facile d’enlever les excès de colle.
Pour les plaquettes je commence par recoller correctement à leur place tous les éléments d’origine que j’ai pu récupérer.
Il va me rester environ 50cm de manques. Je commence par coller 2 épaisseurs de placage d’un millimètre provenant de feuilles qui se suivent pour que le résultat semble massif.
Ça me donne un matériau solide et souple, beaucoup moins cassant et qu’on peut déformer au décapeur.
Le vernis
Certainement le plus gros morceau de la restauration. Heureusement j’ai déjà un peu l’habitude du vernis au tampon, je m’inspire aussi des avis des uns et des autres.
Au vu des taches et restes de vernis sur le plateau et même si le bois a pu s’éclaircir, je pense que sur le plateau un vernis d’une teinte prononcée a été utilisé et recouvert d’un vernis pratiquement incolore posé au pinceau sans ponçage préalable, on voit des stries dans les reflets.
Pour l’instant je continue à réfléchir pour bien cerner l’histoire du meuble.
Pour le plateau je procède au ponçage à sec avec un papier grain 180 puis 800, nettoyage à l’alcool. Le résultat est très satisfaisant. Je ne refais pas la préparation.
Pour le côté gauche je ponce l’ensemble et remplace une pièce du placage qui se détache et n’est pas en palissandre.
Ce pas à pas présente un projet en cours de réalisation.

Discussions
beau projet très interessant
le vernis semble effectivement passé au pinceau récemment
le cuir est d'origine ? semble bien neuf avec les marques encore très (trop) nettes
A suivre