A l’atelier, usiner une pièce à la bonne épaisseur commence par une visite du stock. Ensuite, si l’ébauche n’est pas parallèle, il y a par exemple un coup de dégau suivit d’un coup de rabot. Si la pièce finale doit être courte, on commence souvent par des morceaux plus longs, histoire de pouvoir les passer dans la machine, ou de les serrer proprement dans un étau et raboter tranquillement avec un rabot manuel sur une longueur confortable.
Tout ceci est trivial.
En intervention, je ne connais pas beaucoup d’artisans qui ont une rabot-dégau dans la camionnette et toute une collection d’ébauche. Certes, il y a les rabots à main et l’électro-portatif. Et si la pièce requise est petite et qu’un aller-retour entre l’atelier et une zone reculée est disproportionné ?
Il faut alors se débrouiller.
Dans mon véhicule j’ai toujours quelques paires de profilés en Alu de diverses longueurs et une série de serre-joint ainsi qu’une caissette de coins de bois et de cales diverses.
L’exemple ci-dessous est générique et peut s’adapter à différentes situations.
Une application du même principe est courante lorsque les morceaux à usiner « ne passent » ni sur la dégau ni sous la raboteuse.
Caler, pincer la pièce, régler la hauteur, usiner.
Les profilé Alu font office de mors.
Les cales superposées placées entre les mors définissent le placement en hauteur de la pièce à usiner.
Les cales posées sur les mors définissent une surface de référence sur laquelle viendra glisser la semelle de la défonceuse.
La pièce à usiner est posée sur les cales et les serre-joints sont serrés (parallélisme !)
L’outil de coupe est réglé de manière à ne pas toucher les mors.
En jouant avec les cales - on peut aussi utiliser deux coins de bois de même angle pour faire une cale ajustable - on arrive dans bien des situation à obtenir l’épaisseur souhaitée.
Dans cet exemple, il fallait réduire de 23 mm à 17 mm l’épaisseur d’un tasseau de petite taille.

Discussions
Bien vu. Moi j'ai tendance à faire moins bien (mais rapide et efficace si la précision n'est pas requise) : poser la ponceuse à bande sur le dos (c'est une Bosch 75mm) avec un grain 80 et réduire ma pièce à la louche et à la mano jusqu'à ce qu'elle rentre. Ce n'est pas de l'ébénisterie de haut vol, je reconnais !
Bonjour et merci. Oui, la ponceuse fait souvent l’affaire, tu as raison. Et la rapidité est un vrai plus. Par contre, si la pièce est petite, on se fait manucure en même temps
Bonjour, je me demande si outre cette méthode, il y a encore des artisan-e-s qui, plus ou moins habituellement, pour le même objectif, utilisent trusquin, scie ou ciseau, puis rabot (non motorisés)? Merci et bonne journée à tout le monde!
Bonjour Mao, la question est légitime. Je n’ai pas de réponse globale. Dans ma pratique, c’est le temps à disposition qui est souvent determinant.
Par contre, certaines situations réclament par exemple de faire le moins de poussières possible. Une coupe à la scie manuelle génère moins de débris que la scie sauteuse, et en sus il y a moins de nuisance sonore.
Idem pour le rabot manuel, que j’aurais peut-être choisi si mes « mors de fortune » avaient été équipés d’une couche de bois martyre.
Ceci nous amène à identifier une boucle de rétro-action « négative ». A force de ne plus (de moins en moins souvent) toucher les outils manuels - par exemple pour des raisons économique - nous perdons de la dextérité et des compétences.
Ce phénomène est généralisé. Je renonce à évoquer ici une liste déprimante.