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Lars

Zut, ce n’était pas la bonne épaisseur

Zut, ce n’était pas la bonne épaisseur
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A l’atelier, usiner une pièce à la bonne épaisseur commence par une visite du stock. Ensuite, si l’ébauche n’est pas parallèle, il y a par exemple un coup de dégau suivit d’un coup de rabot. Si la pièce finale doit être courte, on commence souvent par des morceaux plus longs, histoire de pouvoir les passer dans la machine, ou de les serrer proprement dans un étau et raboter tranquillement avec un rabot manuel sur une longueur confortable.

Tout ceci est trivial.

En intervention, je ne connais pas beaucoup d’artisans qui ont une rabot-dégau dans la camionnette et toute une collection d’ébauche. Certes, il y a les rabots à main et l’électro-portatif. Et si la pièce requise est petite et qu’un aller-retour entre l’atelier et une zone reculée est disproportionné ?

Il faut alors se débrouiller.

Dans mon véhicule j’ai toujours quelques paires de profilés en Alu de diverses longueurs et une série de serre-joint ainsi qu’une caissette de coins de bois et de cales diverses.

L’exemple ci-dessous est générique et peut s’adapter à différentes situations.

Une application du même principe est courante lorsque les morceaux à usiner « ne passent » ni sur la dégau ni sous la raboteuse.

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Caler, pincer la pièce, régler la hauteur, usiner.

Les profilé Alu font office de mors.
Les cales superposées placées entre les mors définissent le placement en hauteur de la pièce à usiner.
Les cales posées sur les mors définissent une surface de référence sur laquelle viendra glisser la semelle de la défonceuse.
La pièce à usiner est posée sur les cales et les serre-joints sont serrés (parallélisme !)
L’outil de coupe est réglé de manière à ne pas toucher les mors.
En jouant avec les cales - on peut aussi utiliser deux coins de bois de même angle pour faire une cale ajustable - on arrive dans bien des situation à obtenir l’épaisseur souhaitée.

Dans cet exemple, il fallait réduire de 23 mm à 17 mm l’épaisseur d’un tasseau de petite taille.

Publié Mis à jour


Discussions

Lars  a publié le pas à pas "Zut, ce n’était pas la bonne épaisseur".
il y a 1 mois
Ara
( Modifié )

Bien vu. Moi j'ai tendance à faire moins bien (mais rapide et efficace si la précision n'est pas requise) : poser la ponceuse à bande sur le dos (c'est une Bosch 75mm) avec un grain 80 et réduire ma pièce à la louche et à la mano jusqu'à ce qu'elle rentre. Ce n'est pas de l'ébénisterie de haut vol, je reconnais !

Lars

Bonjour et merci. Oui, la ponceuse fait souvent l’affaire, tu as raison. Et la rapidité est un vrai plus. Par contre, si la pièce est petite, on se fait manucure en même temps 😂

mao
( Modifié )

Bonjour, je me demande si outre cette méthode, il y a encore des artisan-e-s qui, plus ou moins habituellement, pour le même objectif, utilisent trusquin, scie ou ciseau, puis rabot (non motorisés)? Merci et bonne journée à tout le monde!

Lars
( Modifié )

Bonjour Mao, la question est légitime. Je n’ai pas de réponse globale. Dans ma pratique, c’est le temps à disposition qui est souvent determinant.

Par contre, certaines situations réclament par exemple de faire le moins de poussières possible. Une coupe à la scie manuelle génère moins de débris que la scie sauteuse, et en sus il y a moins de nuisance sonore.

Idem pour le rabot manuel, que j’aurais peut-être choisi si mes « mors de fortune » avaient été équipés d’une couche de bois martyre.

Ceci nous amène à identifier une boucle de rétro-action « négative ». A force de ne plus (de moins en moins souvent) toucher les outils manuels - par exemple pour des raisons économique - nous perdons de la dextérité et des compétences.

Ce phénomène est généralisé. Je renonce à évoquer ici une liste déprimante.

mao
( Modifié )

Bonjour, merci pour votre réponse!

Pour être franc avec vous, de prime abord j'ai trouvé votre montage impressionnant et quasi-démesuré pour enlever 6 mm sur un tasseau. Ce qui n'enlève rien à son efficacité et sa polyvalence avec le jeu de coins et cales, et j'imagine bien combien il doit vous être pratique et même salutaire des fois. C'est probablement le plus important au final.

J'aimerais rebondir sur ce phénomène de boucle de rétro-action négative que vous identifiez. En tentant une analogie: je dirais qu'aujourd'hui c'est principalement ça le langage en menuiserie: défonceuse, toupie et autres machines, plus ou moins fascinantes, plus ou moins prometteuses, et plus ou moins limitées. Et des fois simplement limitantes même peut-être. C'est aussi ce répertoire technique que, comme beaucoup d'autres, j'ai appris à l'école et en entreprise! Le problème c'est bien que des fois, même en gardant le cap sur l'efficacité et la rapidité, à trop penser "vroum vroum", on s'atrophie et on s'ampute de dextérité et compétences incarnées dans le pas si rudimentaire usage d'un rabot ou d'une scie. Les outils, les techniques, les machines, ne sont pas des choses neutres.

Mais ces outils parfaits, au sens parachevés, requièrent affûtage notamment, et outre le plus ou moins long apprentissage que cela demande, c'est comme l'écrivit Heurtematte, dans un de ses ouvrages, désormais du temps mort, du temps non-rentabilisé pour l'artisan-e, l'ouvrier-e.

Pour conclure et en guise de suggestion aussi: pour une tâche similaire à celle que vous présentez, sur de petites longueurs, peut-être il y a matière à s'inspirer par exemple de certaines boites à cheville. Le rabot est guidé et contraint latéralement, il ne peut qu'aller en avant et en arrière. Le fond sur lequel repose la pièce à ajuster est plan, parallèle ou incliné à la surface ou patine la semelle du rabot. Avec des graduations apposées, et un jeu de serrage, le fond pourrait même être rendu réglable. Je me souviens avoir vu une vidéo de ce principe appliqué au corroyage, de grandes longueurs, pratiqué dans un pays scandinave; le rabot vigoureusement tiré ou poussé, coulissant sur des feuillures... mais ça remonte à loin.

Lars

Bonsoir, merci pour vos précisions et commentaires.

Je partage en grande partie votre point de vue.

Aussi, le rabot qui glisse sur des feuillures est parfaitement adapté à « amincir » un tasseau, je vous l’accorde.

Bonne soirée.

CALCULATE

Bonjour,
Moi je ne suis pas artisan mais un simple bricoleur qui fait pas mal de choses. D'abord ton idée de la défonceuse est quelque chose de fameux, en particulier les deux morceaux de bois que tu poses pour éviter de mordre sur l'alu..bravo;
Maintenant les outils anciens comme le rabot, ben je te dirai que j'utilise la dégau ou la raboteuse parce que le rabot, je sais m'en servir mais de là à avoir une surface bien plane c'est une autre histoire; alors oui j'ai quelques rabots dont un motorisé mais dont je ne me sers pas......que veux tu je ne suis pas allé à l'école pour apprendre à me servir d'un rabot. Je connais un compagnon qui a passé 30 ans au faubourg saint Antoine et qui lui sait se servir d'un rabot non motorisé. Bon j'ai 76 ans il est trop tard pour apprendre.
Merci de ton idée et à plus

Lars

Merci !

dBPs
( Modifié )

Séverine a partagé son gabarit à kumiko


Qui pourrait servir de modèle à une adaptation dimensionnelle pour utiliser un rabot. Et hop plus de nuisances sonores

Lars
( Modifié )

Merci dBPs pour avoir pointé sur le Gabarit présenté par Séverine. A étudier. En effet, si il est possible de travailler en silence, c’est un vrai plus. Et au rabot à main, il y a moins de poussières fines.

dBPs
( Modifié )

Dans la publication de Séverine, et les échanges avec d'autres boisseaux que je prie d'excuser pour ne pas les citer, il y a plus de matière à étudier.

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