L'Air du Bois est une plateforme Open Source de partage collaboratif ouverte à tous les amoureux du travail du bois. (En savoir plus)

Rejoindre l'Air du Bois Se connecter

Eiffel

Fabriquer un chariot de scie à format

Fabriquer un chariot de scie à format
+

Beaucoup d'amateurs Européens rêvent d'avoir une scie à format ou une machine combinée professionnelle avec un grand chariot pour, entre autres, travailler facilement les panneaux… J'en rêve aussi, mais la place m'est comptée et le budget est significatif.

Ce tuto décrit la solution que j'ai choisie pour faire une table coulissante pour ma scie sous table avec des méthodes de menuiserie (plus un peu de découpe et de perçage d'acier qui ne demandent pas trop de précision et peuvent être faits avec de l'électroportatif courant).

J'ai choisi de faire une table d'environ 1,5m de long et avec une course de plus de 1,75m pour des raisons pratiques et mes besoins spécifiques. La précision des coupes une fois la table réglée est très bonne: j'ai moins de 0.1mm d'écart avec la perpendiculaire lors de la découpe de panneaux de mélaminé d'environ un mètre de long (en faisant un peu attention bien sûr).

Les dimensions sont adaptables, et certains détails devront être modifiés pour chaque situation, ma scie sous table (une Ryobi BT3000 d'il y a 20 ans d'origine US) n'étant pas commune dans nos contrées.

Pour une telle réalisation, il vous faudra soit une scie sous table qui puisse déligner avec précision des panneaux de la longueur souhaitée, ou une scie sur rail avec des rails suffisamment longs (ou encore une bonne pratique du rabot pour corriger des découpes imparfaites) et une défonceuse (sous table ou avec un système de butées de guidage de bonne facture) avec une fraise en 'V'.

J'ai aussi posté une présentation de mon atelier ICI avec quelques photos supplémentaires pour les plus curieux d'entre vous

**Mis à jour le 4 juin 2020 (ajout de deux videos et de photos montrant le plateau en configuration scie à format dans la section suivante)*

Liste des articles

Mis à jour

Partager  

Schéma d'ensemble avec nomenclature détaillée

Voici une vue en coupe schématique qui dévoile le principe de base ainsi que bon nombre de détails.

La nomenclature associée (Lien vers Google doc) contient plus de détails sur les dimensions que j'ai retenues et les fournisseurs pour les composants probablement les plus difficiles à trouver.

Les photos ci dessous montrent le produit fini, avec quelques "options" que je ne prévois pas de couvrir ici (mais qui sont mentionnées dans la nomenclature)

Tout d'abord en version 'scie sous table/à l'américaine' :

Quelques images en configuration 'scie à format'...

Enfin voici quelques petites vidéos montrant le chariot en mouvement...

… la table qui glisse toute seule (et tape sur la butée de fin de course!)

Déplacement sur toute la course (178cm) en configuration 'scie à format'

Démonstration du dispositif de freinage pour verrouiller la table dans n'importe quelle position

… et une une petite coupe de 5mm de coté (avec le gabarit dit 'Fritz & Franz mentionné dans la section 'bonus')

Bon visionnage!

Publié Mis à jour

Partager  

Choix techniques et pratiques...

Un peu d'histoire et mon cahier des charges

La scie sous table que j'utilise depuis près de 20 ans (Ryobi BT3000 - voir Site/Forum dédie en Anglais et le FAQ spécifique pour les curieux!) est un mouton à 5 pattes! C'est un modèle semi-portable (34 Kg hors base) d'entrée de gamme (moteur universel, lame de 254mm) construit en aluminium moulé (tables rectifiées et mécanisme interne) avec une carrosserie en tôle d'acier, qui, une fois bien réglé est capable d'être précis en partie grâce à un petit chariot pour les coupes d'onglet et à un guide de délignage de bonne facture (fixations sur deux points à l'avant et sur un point à l'arrière de la scie). En fait, c'est une machine qui était trop en avance sur son temps pour réussir sur un marché dans lequel les clients sont très conservateurs, mais c’est une autre histoire !

Après calibration, son chariot d'origine est basique (table en alu avec patins plastique sur un profilé spécifique en alu) mais marche bien et peut être repositionné très facilement sans dérégler la machine. La course utile est limitée à un peu moins de 60cm ce qui est une contrainte pour faire des meubles. Si la capacité de délignage est bonne (jusqu'au 1,8m avec un rail optionnel ; 0,74m sinon) cette petite scie n'est pas conçue pour le tronçonnage de pièces longues et lourdes (elle est un peu légère pour ca).

Mon atelier est petit mais je souhaitais pouvoir facilement travailler, avec précision, des demi panneaux (1,22m en dimension maxi) voire idéalement des panneaux recoupés jusqu'à 1,7m x 0.9m (ce qui rentre tout juste dans ma voiture, pour tout vous dire!).

Accessoirement, je voulais avoir des butées escamotables et une règle graduée pour le tronçonnage (on y arrive avec un réglet ou un mètre ruban, mais c'est une source d'erreur et d'imprécision)

Bref, bien que je n'écarte pas l'achat d'une bonne scie à format (ou d'une combinée), ma préférence était de garder la scie que j'avais déjà et de lui donner les capacités manquantes… Bien sûr, une solution à faible budget n'était pas pour me déplaire si la précision n'était pas compromise (Je voulais faire au moins aussi bien que ma solution précédente basée sur un table type MFT, avec une butée graduée perpendiculaire à un rail de scie plongeante)

Je ne dispose pas d'outillage pour travailler le métal de manière précise, ce qui élimine certaines solutions potentiellement tentantes (J'ai cependant de quoi couper et percer de la ferraille avec une précision de l'ordre du millimètre : une perceuse, une scie a métaux et une meuleuse, plus ma scie Ryobi pour l'alu!). Je n'ai essayé de solutions du commerce (y compris détourner des accessoires destinés à un autre usage), car les tarifs de ce que j'ai vu étaient dissuasifs.

Recherches...

Avant de passer à l'acte (et le début du Grand Confinement) j'ai passé pas mal de temps à rechercher ce que d'autres avaient fait et à analyser les solutions du commerce (y compris sur les scies à format pro).

On trouve pas mal de solutions DIY basées sur des guides axiaux (pour CNC, etc.), mais la course est très limitée et le budget monte vite, sans parler de l'encombrement. Les solutions crédibles compactes avec une bonne course sont toutes basées soit sur un chariot intermédiaire soit sur des billes dans une cage entre deux chemins de roulement en V. Cette dernière solution est celle qui me plaisait le plus (simplicité et élimination du jeu dans les roulements des axes des roues du chariot). Je n'ai hélas pas pu trouver de solution pour faire un chemin de roulement en V, suffisamment précis, dur et au-delà d'1 mètre de long à prix abordable (une cornière en inox aurait pu faire l'affaire mais la précision n'était pas là dans ce que j'ai vu). Trouver des billes (en Delrin/plastic dur) ou des billes de roulements en acier dur est facile, mais ça ne suffit pas! A contrario, on trouve des ronds d'acier ou d'inox avec des tolérances serrées, en longueurs supérieures à 1 mètre à prix très contenu (en dessous de 10 euros le mètre).

J'ai vu la solution de "diomedea" (Lien), mais il me manquait l'équipement pour travailler l'acier et faire de la soudure. J'ai vu une autre vidéo (Taiwannaise, je crois) similaire, mais il fallait un tour à métaux… Alors que j'étais sur le point d'abandonner l'espoir de trouver quelqu'un qui avait fait ce que je cherchais avec essentiellement des outils ou machines à bois, je suis tombé sur les vidéos d'Ingo's Tipp (Lien Ici). Même sans comprendre l'Allemand ça me semblait une solution à explorer... et comme les composants spécifiques qu'il a utilisé (roulettes pour le chariot et roulements pour que la table ne bascule pas en fin de course) ne coutaient pas grand-chose (moins de 20 euros en tout), j'ai pris le risque de les commander et, dans un premier temps, de valider son concept avec une poutre coulissante aux dimensions que je voulais (gardant la base ajustable et le plateau supérieur pour plus tard, si ça marchait). Comme les premiers essais furent concluants, j'ai persévéré (avec quelques idées supplémentaires pour augmenter la précision).

La solution décrite dans ce pas-à-pas est adaptable à (presque toutes?) les scies semi portables du marché. On peut aussi l'utiliser pour faire un chariot plus long, plus large ou au contraire plus petit. J'ai choisi d'utiliser un plateau supérieur perforé par simplicité, mais on peut aussi copier l'approche des scies à format du commerce (sans que je sois sûr que cela apporte un réel avantage). - Je réfléchis à un 'Outrigger' mais ce n'est pas ma priorité, car je n'ai pas la place pour en bénéficier réellement même si le challenge technique est tentant!

Note: Les photos illustrent un guide de tronçonnage positionné à l'arrière du chariot, mais il peut aussi bien être monté sur l'avant (j'ai un autre guide juste pour cela fait avec une solution alternative dans la section ‘bonus’ qui a presque les même attributs et est plus facile à répliquer).
J’expliquerai pourquoi j’ai -pour le moment- retenu cette configuration par défaut (l'accès à l'interrupteur de la scie étant une considération clé!)

Voilà pour l'histoire et le cahier des charges.

Pourquoi avoir choisi les matériaux et les dimensions indiquées dans la nomenclature?

Bonnes questions (!).

J'ai choisi de réaliser l'essentiel des "composants en bois" en Medium de qualité (Medium Hydro de marque Medite, pour être spécifique), pour des raisons de stabilité dimensionnelle. Un bon contreplaqué pourrait aussi faire l'affaire mais c'est plus cher. On peut aller au-delà de 18mm d'épaisseur mais c'est ce que j'avais sous la main. J'ai utilisé un peu de bois massif (pin sylvestre) car j’en avais aussi sous la main dans la longueur souhaitée et parce que ça me permettait de tester ma raboteuse et ma dégauchisseuse que je venais de régler.

Les barres (ronds) d'acier sont en inox car le surcout était modeste et que ça éliminait le risque de corrosion. C'est aussi beaucoup plus dur, ce qui a été problématique quand j'ai essayé d'y faire des taraudages M4 (j'ai dû utiliser de la colle époxy a la place pour pouvoir avancer en période de confinement et, tout compte fait, ça ne marche pas si mal même si c'est moins élégant.

La longueur de la poutre coulissante (1524mm) a été dictée par le fait que les barres d'inox que j'ai achetées mesuraient 1,5m. Les recouper n'aurait pas eu de sens, et le vendeur n’offrait ces barres qu'en certaines dimensions

En pratique, ma poutre est un petit peu plus longue que les barres d'acier, car les rails n'ont pas besoin d'aller jusqu'au bout... tant que les roues du chariot reposent bien sur les barres d'acier c'est OK !

Concernant la longueur du chariot (qui dépasse tout juste à l'avant et l'arrière des 4 roulettes pour les protéger des chocs en fin de course), plus c'est long, plus le guidage est précis, mais également, plus la course effective de la poutre coulissante est réduite. Il faut aussi penser à l'accès pour le nettoyage/dépoussiérage du dessus de la partie fixe de la poutre (ce qui veut dire ne pas dépasser un peu moins de la moitié de la longueur de la poutre). J'ai retenu une dimension inferieure (650mm) car cela me paraissait un compromis raisonnable, sachant que je pourrais facilement revenir sur ce choix.

La largeur de la poutre est une décision subjective... si c'est trop étroit, le chariot peut basculer de gauche à droite (ce qui peut être un problème sauf si l'on fait reposer le plateau supérieur en partie sur la table de scie). A contrario, une poutre trop large 'coute' en matières premières sans offrir de gros avantage en termes de performance. Mon choix a été dicte par le bois dont je disposais (et pour réduire les chutes peu utiles), mais je visais au moins 200mm de large une fois fini.

La hauteur de la poutre ('son épaisseur') est dictée en partie par la hauteur de ma scie (350mm, de mémoire), l'épaisseur du plateau supérieur et comment la base qui supporte la poutre est conçue. Plus les joues de la poutre supérieure sont hautes, moins il y aura de flexion de la poutre en bout de course, mais il faut aussi s'assurer que l'on a pas d'interférence avec les boulons de réglage de hauteur (Index #34 dans le schéma général). Bien sûr il faut suffisamment de hauteur pour bien maintenir les axes des roulements anti-bascule (#12/#13)

Concernant la base, j'ai retenu des profiles carrés en acier de 45x45 en 3mm d'épaisseur car ça me paraissait être suffisamment rigide sans être surdimensionné et que je pouvais en obtenir assez facilement en période de confinement (2 barres de 3m chacune livrées à domicile en quelques jours pour un tarif raisonnable)

Pour la quincaillerie (Vis TRCC M10, etc.), j'ai utilisé mon jugement et ce que j'avais sous la main!

Publié Mis à jour

Partager  

Conseils pour la réalisation de la table coulissante en bois

La poutre coulissante est la clé de voute de ce projet et l'usinage de certains de ses composants doit être réalisé avec précision pour un bon résultat final. Les menuisiers les plus aguerris peuvent foncer, mais voici quelques conseils focalisés sur les usinages critiques pour ceux que ça intéresse.

Je suggère d'avancer progressivement et de faire des montages à blanc à chaque étape pour valider les résultats, en commençant par la réalisation des pièces #1 et #5 qui sont clés pour la précision du guidage du chariot et pour un bon résultat final.

En pratique, voici comment je recommande de procéder :

Etape 1
Coupez deux morceaux de panneau à une cote légèrement supérieure aux dimensions finales de la pièce #1 (1524x228mm dans mon cas) en s'assurant d'avoir un bord "parfaitement" rectiligne sur chaque morceau - Ca peut se faire à la scie plongeante avec une règle de bonne taille (ou 2 bout-à-bout) ou à la scie sous table - et marquez ce bord comme le bord de référence.

Etape 2
Superposez ces deux pièces et fixez les ensemble en alignant aussi bien que possible les 2 bords de référence (utilisez des vis ou du scotch double face).

Etape 3
Coupez (ensemble) ces deux pièces à la largeur voulue et assurez-vous que cette largeur reste constante sur toute la longueur (le parallélisme des 2 cotés importe plus que d'avoir une mesure exacte). Avant de faire cet usinage, je conseille de vérifier que votre lame de scie est bien perpendiculaire (coupe à 90 degrés), car cela aura une incidence par la suite (étape 8).

Pour vérifier le parallélisme, le plus simple est de procéder par retournement (séparez les deux pièces et superposez le bord le plus près de vous d'une des pièces avec le bord le plus éloigné de l'autre… si les deux pièces sont identiques, la superposition sera parfaite ! Si ce n'était pas le cas, vous pouvez soit les recouper toutes les deux (la cote de 228mm de largeur n'a rien de spécial, et une table un peu moins large sera parfaitement fonctionnelle… si vous n'oubliez pas d'ajuster les dimensions de ce qui suit en conséquence). Vous pouvez également essayer de corriger une erreur éventuelle au rabot si vous en avez l'expérience.

Etape 4
Usinez deux rainures en V de 3 à 4mm de profondeur sur chacune des pièces que vous venez de préparer. La première rainure devra être à 30mm (ou un peu plus) du bord de référence défini précédemment et pourra être faite avec une défonceuse sous table ou une défonceuse avec une butée parallèle. La deuxième rainure doit être à 30mm de l'autre bord. Si l'étape 3 s'est bien passée, vous pouvez garder le même réglage de défonceuse et utiliser l'autre bord des pièces comme référence pour ce nouvel usinage. L'alternative est de changer le réglage de butée pour usiner ces rainures en continuant à s'appuyer sur les bords de référence initiaux

Etape 5
Faites un montage à blanc simplifié en posant deux des rails #9 en sandwich entre les deux planches que vous avez usinées… si tout se passe comme prévu, le 'sandwich' sera bien stable et il sera possible de déplacer la planche du dessus sans difficulté (il y aura des frottements mais vous devriez pouvoir tester les positions extrêmes de la table supérieure. Si ce n'était pas le cas, ça veut dire que vos 4 rails ne seront pas parallèles ou que l'empattement des rails varie entre le dessus et le dessous du chariot de manière significative.

Etape 6
Une fois cette étape franchie, vous pouvez réduire la largeur de la pièce #5 en enlevant 20mm de chaque côté (là encore, ce qui prime c'est de faire des coupes parallèles… sachant qu'une petite déviation peut se rattraper au rabot si nécessaire). C'est aussi un bon moment pour couper les extrémités des pièces #1 et #5 à la longueur finale voulue (en faisant une coupe perpendiculaire aux cotés avec, par exemple, une scie à onglets).

Etape 7
Il est maintenant temps de s'attaquer au chariot #4. Comme c'est une pièce relativement courte et donc plus facile à usiner, je suggère de surdimensionner légèrement la largeur du chariot dans un premier temps (un peu plus de 157mm dans mon cas). On pourra facilement le recouper ensuite si nécessaire ou travailler au rabot en se focalisant sur les extrémités du chariot... Et s’il était trop étroit, il est possible d'ajouter des rondelles métalliques, voire de jouer sur le serrage d'un côté du chariot pour compenser de petites erreurs.

En pratique, je conseille de percer 4 trous de 5mm de diamètre où vous souhaitez monter les roues du chariot (proche des extrémités, mais en faisant en sorte que les roues ne dépassent pas du chariot pour les protéger en cas de choc), puis de les tarauder au diamètre M6 avec un taraud a métal (un modelé bas de gamme, en une seule passe, fera bien l'affaire).

Montez les roues #10 entre 2 rondelles, et vissez deux des vis #11 sur un des côtes du chariot. Selon les dimensions de vos rondelles, vous allez peut-être devoir en insérer d'autres pour que les roues tournent librement une fois l'assemblage serré. Faites de même de l'autre côté, à moins qu'il ne soit alors évident que le chariot est trop large... auquel cas il faudra le retailler.

Procédez par itérations en réduisant la largeur de chariot et/ou en insérant des rondelles d'épaisseur variable sur l'un des côtés du chariot jusqu'à ce qu'il coulisse bien sur deux des rails #9 posés sur la pièce #5, que les roues/poulies soient bien centrées sur les rails et que le chariot ne soit pas 'bancal' (il y a un peu de souplesse dans les roulements, les roulettes en plastique et le contact entre les rails et les roulettes pour rattraper de petites imperfections).

Une fois arrivé à un ajustement satisfaisant, mettez à l'horizontale la pièce #5 et posez le chariot sur deux rails dans les rainures vers le centre de la pièce #5, posez les deux rails restants sur le chariot et enfin ajoutez la pièce #1. Normalement, vous allez découvrir que la pièce 1 glisse très facilement et qu'avec très peu d'effort vous allez arriver en bout de course où tout risque de tomber… Ca peut être le moment de fabriquer les butées #6a, #6b aux deux extrémités de la partie fixe ou les butées #3a et #3b (cette fabrication peut aussi attendre, surtout si vous prévoyez de coller ces pièces et non de les visser)

Etape 8
La dernière étape critique est la réalisation des joues #2a et #2b et leur fixation sur la pièce #1. Les roulements #12 doivent être fixés sur ces pièces et l'on doit pouvoir ajuster leur position sur l'axe vertical afin qu'ils "frôlent" le dessous de la pièce #5 pour empêcher le basculement de la partie supérieure quand elle est en porte-à-faux. Usiner une rainure a la défonceuse pour chaque passage des boulons #13 est la solution que j'ai retenue, mais on peut aussi percer un trou à la perceuse et l'allonger avec un foret. On pourrait aussi envisager de percer avec un foret de diamètre supérieur de plusieurs millimètres au boulon #13 et utiliser une grosse rondelle, mais cela risque de poser problème si, comme moi, vous utilisez des bandes de champ pour améliorer la précision de guidage.

J'ai choisi d'utiliser 5 roulements par joue, mais on peut en mettre un peu moins (3 au strict minimum) ou plus pour repartir encore d'avantage les efforts quand la poutre est en porte-à-faux.

La hauteur des joues n'est pas critique (tant que les joues n'interfèrent pas avec le système de réglage de hauteur de la poutre (#34). Par contre, il faudra veiller à ce que le jeu entre l'intérieur des joues et le dessus de la partie fixe (#5) soit aussi constant que possible sur toute la longueur de la poutre lors de l'assemblage des joues avec la pièce #1. Utiliser des cales bien 'calibrées' lors de cet assemblage est recommandé. Si vous utilisez des vis pour attacher les joues, il sera possible de corriger de petites déviations (avec de la colle, c'est plus risqué, mais c'est aussi une manière valide de fixer les joues sur la pièce #1. Pour ma part, j'ai utilisé un foret à étages avec des vis comformat, et ai fini par tout coller pour maximiser la rigidité de la partie supérieure, mais ce n'est pas obligatoire.

Etape 9
La fabrication des pièces #7a, #7b et #8, ainsi que leur assemblage ne pose pas de problème particulier. Il faut cependant bien s'assurer que le dessus des pièces #7a et #7b soit bien rectiligne car, sinon, cela risque de déformer la pièce #5 et de gêner le bon mouvement du plateau supérieur

Etape 10
Il est maintenant temps d'assembler la poutre coulissante, de fabriquer et d'installer les butées #3a, #3b, #7a et #7b et de fixer de manière permanente les rails de guidage #9 dans leurs rainures.

J'avais prévu de percer et tarauder les rails au filetage M4 tous les 300mm environ, mais mes tarauds n'étaient pas de qualité suffisante pour l'inox… j'ai cassé le taraud de finition au deuxième trou, et le taraud intermédiaire n'a tenu qu'une douzaine de trous. Le taraud d'ébauche a bien tenu, mais ça ne suffit pas pour y insérer des vis. N'ayant pas d'autre solution sous la main en période de confinement, je me suis résolu à coller les rails avec de la colle époxy bi-composants (colle forte avec prise lente), ce qui est, de fait, une alternative valide (Bien faire attention à ne pas faire tourner les rails une fois que la colle a été mise dans les rainures, et à ne mettre ni trop ni pas assez de colle pour assurer une bonne liaison.)

Etape 11
Pour positionner les roulements #12, le plus simple est de mettre la poutre supérieure à l'envers sur un tréteau, de positionner le chariot et, enfin, la partie inférieure de la poutre, puis d'assembler les roulements un à un en enfilant (depuis l'extérieur de la joue) une vis M8 et une grosse rondelle, puis (depuis l'intérieur) une ou deux rondelles, un roulement, une autre rondelle et enfin un écrou M8. Bien qu'il soit possible de pousser les roulements sur ce qui sera -de fait- un chemin de roulement en medium, on peut laisser un faible jeu (de l'ordre de l'épaisseur d'une feuille de papier) avant de serrer la vis qui maintient chaque roulement en position. Cela devrait permettre une meilleure glisse et éviter de petits à-coups quand on déplace le banc de sciage.

Etape 12
A ce stade, je conseille de tester la poutre coulissante (en faisant attention à ce qu'elle ne soit pas en déséquilibre sur son support). Dans mon cas, la poutre glissait très facilement jusqu’aux butées si le support n'était pas parfaitement horizontal (une bonne chose), mais, avec en forçant un peu sur une extrémité de la poutre, on pouvait faire bouger de gauche à droite l'autre extrémité sur 1 ou 2 millimètres, ce qui correspond à une erreur inferieure a 0.1 degrés (Arctan(2/1500)=0.076 degrés). Cela provient du fait que le guidage des roues #10 dans les rails #9 n'est pas parfaitement rigide (jeu de roulement, forme du contact entre les roulettes en C et les rails ronds, et potentiellement d'autres sources de jeu).

Bien que la déviation maximale observée demande un certain effort et que le résultat puisse déjà être acceptable en pratique (je n’ai pas fait le test), j'ai réussi à réduire la déviation maximale de manière significative en insérant des bandes de champ entre les joues de la partie mobile et les côtés de la pièce #5. J'ai commencé par une seule bande de champ sur un côté, ce qui a eu un effet positif, puis j’ai ajouté une seconde bande de champ sur ce même côté pour une bonne glisse bois massif dur sur bois massif dur, avec un résultat encore meilleur tout en conservant une glisse très facile.

J'ai enfin ajouté une troisième bande de champ sur l'autre côté, ce qui a éliminé à toutes fins utiles le jeu latéral que j'ai mentionné mais cela a été au prix d'une augmentation des frottements entre les parties mobiles : par endroit, il y a maintenant un peu plus de résistance qu'ailleurs, mais on peut quand même faire glisser le chariot sur toute sa course au petit doigt, ce qui me convient. Je pense que cela correspond aux limites pratiques de ce projet et je n'ai pas essayé de mettre une quatrième bande de champ car cela ne m'est pas apparu nécessaire et aurait probablement généré des frottements significatifs (les joues peuvent fléchir mais il ne faut pas trop leur en demander... et un frottement sur toute la longueur risquerait d'être un problème)

Comme indiqué ailleurs, une fois le projet terminé, lors de tests dits « des 5 coupes » sur une pièce de mélaminé de plus de 500mm de côté, l'erreur sur l'épaisseur de la 5eme coupe était inferieure à 0.1mm, ce qui est au-delà de mes espoirs initiaux (cela correspond à une déviation inférieure à 0.003 degrés, ou une erreur de moins d'1/10e de millimètre sur une coupe de deux mètres de long)

Publié Mis à jour

Partager  

Realisation de la base/support en tube acier carré

Principes et conception

La base à deux fonctions principales : (1) maintenir rigidement la poutre coulissante et ce qui est sur celle-ci (plateau supérieur et pièce d'ouvrage), et (2) positionner le plateau de niveau avec le dessus de votre scie tout en faisant en sorte qu’il coulisse dans une direction parallèle au plan de coupe.

Il y a de multiples façons de faire cette base. J'ai commencé par un prototype en bois (boite de torsion avec des cales au-dessus pour régler la hauteur au niveau des 4 coins de la partie fixe de la poutre coulissante, le tout reposant sur un petit meuble attaché à la base de ma scie et maintenu en place par des serre joints). Ce genre de prototype permet de tester la fonctionnalité de la table coulissante (avec une précision tout à fait acceptable) et de voir ce qui marche le mieux en termes de position de la table par rapport à la scie (voir plus bas pour ce que j'ai retenu).

La solution consistant en une base métallique faite avec des tubes carrés de profils identiques (45x45mm en 3mm d'épaisseur dans mon cas) est simple à implémenter et fonctionne très bien, c'est pourquoi je la décris ci-dessous. Un de ses avantages est d'être relativement compacte et de donner une bonne accessibilité aux boulons de serrage et de calibration, tout en laissant de la place pour un éventuel 'outrigger' en dessous.

Dans le principe, les deux tubes #32 définissent un plan "horizontal" qui est, en première approximation, parallèle au plan de la table de scie. Les deux tubes #31 reposent sur ce plan horizontal et y sont fixés par 4 boulons M10 (#36). Le perçage des passages de ces boulons dans les tubes #32 est réalisé à un diamètre de 14mm (pour au moins 3 des passages de boulons) de sorte qu'on puisse ajuster en rotation sur l'axe Z la position des tubes #31 et de tout ce qui y est attaché. A noter que ce système ne donne pas une grande latitude pour régler la distance entre la poutre et la scie (sauf à faire plusieurs séries de trous dans les tubes #32 pour avoir plusieurs positions alternatives), mais je pense qu'une position aussi proche que possible de la scie est ce qu'on recherche le plus souvent (faire un prototype permet de valider ce qui marche le mieux et évitera des regrets plus tard).

Les 3 éléments #30 sont attachés rigidement avec des tirefonds au dessous de la partie fixe de la poutre en bois. On pourrait n'avoir que 2 éléments #30 pour réduire le degré d'hyperstatisme, mais cela simplifie marginalement la calibration du chariot et certaines des scies à format haut de gamme que j'ai pu voir ont également 3 éléments, ce qui me parait une piste à garder en tête.

Des écrous sur le filetage qui relie rigidement les éléments #30 aux deux barres #31 permettent de régler l’espacement entre ces pièces et donc la hauteur finale de la table coulissante. En ajustant la position des écrous sur plusieurs des filages, on peut positionner la surface de la table coulissante pour qu'elle devienne parallèle au dessus de la table de scie sans affecter matériellement le parallélisme entre la direction de translation de la table coulissante et le plan de coupe, qui est, lui, défini par les 4 boulons #36. C'est d'autant plus vrai si on ne desserre que quelques boulons à la fois sur le filetage #34a, qu'on fait de petits ajustements et que la distance entre les éléments #30 et #31 est limitée.

Si l'on cherche à maximiser la capacité de coupe de sorte qu'elle se rapproche le plus possible de la course maximale de la table de scie (sachant que la hauteur de la lame aura aussi une influence), il va être nécessaire de privilégier soit l'utilisation façon 'scie à format' (avec l'opérateur sur le coté de la scie et qui pousse la pièce contre un guide situé à l'avant du chariot) soit l'utilisation façon 'scie sous table' (avec l'opérateur dans le plan de sciage et qui pousse vers la lame la pièce d'ouvrage et un guide placé à l'arrière du chariot). J'ai choisi de maximiser la capacité de coupe en mode 'scie à format', tout en gardant une capacité de coupe en utilisation 'scie sous table' de 122cm avec la lame réglée pour des pièces de faible épaisseur comme les panneaux 'standard'. Si je changeais d'avis, je devrais percer d'autres passages pour les vis #36 dans les barres #31 afin de reculer la position des barres #31 et de tout ce qui est monté dessus. Où percer les barres #31 dépend de trop de paramètres spécifiques tels que la forme de la base de chaque scie, sa largeur ou la géométrie du bati scie (l’axe de la lame n’est pas au centre de la ‘boite’ en règle générale) pour que je puisse donner une valeur qui aide.

Voici un plan (vue en élévation) montrant toutes les pièces à usiner pour construire une base en tube d'acier carré comme la mienne. A noter que, par erreur, j'ai coupé la barre #32b à 1050mm de longueur, alors que j'avais prévu qu'elle ait la même taille et les mêmes perçages que la barre #32a. J’aurais bien aimé la refaire mais je n’ai pas acheté assez de tube carré pour cela. En pratique, vu la construction du meuble sur lequel ma scie repose, ce n'est pas gênant. Deplus, aussi par erreur, j’ai élargi à 22mm le trou situé au milieu du dessus de la pièce #31a… ce n’est certainement pas à reproduire, mais j’ai pu utiliser une grande rondelle de forte épaisseur pour contourner le fait que l’écrou juste en dessus ne serait pas maintenu sans ça !

Je suis parti de deux barres de 3 mètres de long pour réaliser cette base. Cette longueur standard permet de minimiser les pertes mais ne donne pas droit à l’erreur si, comme moi, vous coupez une des pièces longues à la mauvaise dimension !

En termes d’outillage, j’ai utilisé une perceuse montée sur un support vertical avec une butée parallèle réglée pour que les perçages soient tous faits au milieu de chaque barre métallique. Ne disposant pas de forets HSS de plus de 10mm de diamètre, j’ai élargi certains trous avec un foret à étages (Ce type d’outil est plus destiné à la tole, mais fonctionne bien également avec des tubes métalliques d’épaisseur contenue comme les tubes carres en 45x45x3mm que j’ai utilisés.

Pour couper les tubes aux dimensions souhaitées, j’ai utilisé une meuleuse d’angle avec un disque à tronçonner. Le décapage des tubes a été fait avec ce même outil et un disque adapté, et j’ai utilisé des limes et de la toile émeri pour ébavurer le tout.
Cet outillage ne permet pas une précision extraordinaire (probablement de l’ordre de +/- 1mm), mais c’est suffisant. En installant progressivement les pièces en place et en reportant la position des perçages déjà faits d’une pièce à l’autre on peut s’assurer que tout va se monter comme prévu.

En pratique, j’ai procédé comme suit :

1- Découpes à la meuleuse de toutes les pièces nécessaires, suivi d’un ébavurage de sécurité

2- Décapage des surfaces extérieures à la meuleuse, pour identifier les faces les plus propres (sans soudure visibles)

3- Marquage et perçage des pièces à 10mm de diamètre, en commençant par la partie basse, et en reportant progressivement la position des trous d’une pièce à l’autre. Quand cela était nécessaire, j’ai ensuite élargi certains perçages au diamètre 14 ou 22mm pour permettre le passage des rondelles, des boulons ou des têtes de vis (les têtes avec empreinte pour clé 6 pans sont parfois utiles pour éviter de devoir élargir certains trous au-delà de 22mm), ainsi que des outils de serrage (douilles longues ou clés allen).

A noter que, pour les vis TRCC il est nécessaire d’élargir les trous entre 12 et 14mm, ce que je n’ai pas indiqué dans la vue en élévation ci-dessus.

4- Ebavurage des perçages (dessus, dessous et à l'intérieur des tubes si accessible), puis peinture avec un bombe de 400g (prévoir au minimum une bombe de cette quantité, car ça disparait très vite!).

5- Assemblage de la base en utilisant des boulons et diverses écrous (ainsi que des rondelles entre chaque tête de vis ou écrou et les faces des tubes métalliques).

A noter que certaines vis et écrous demandent un peu de dexterité et d'astuce pour les installer (Je pense en particulier à la liaison entre les tubes #32 et #31, surtout sur le coté du bati de la scie). Il peut être nécessaire d'utiliser temporairement du ruban adhesif pour maintenir une rondelle, un boulon et l'outil de serrage choisi

Publié Mis à jour

Partager  

Retours sur le plateau supérieur et (certains) accessoires

J'ai choisi de faire le dessus de mon chariot avec un panneau de MDF qui comporte une grille de trous façon 'MFT' en plus du rail type 'T-track' que l’on trouve habituellement sur les tables du commerce. Je ne crois pas avoir vu d'autres scies à format avec cette combinaison qui présente pourtant, selon moi, des avantages. J’ai également opté pour une surface assez large pour augmenter la précision de guidage sans que cela ne prenne trop de place (Mon chariot a une largeur de 460mm et son extrémité est à environ 60mm de la lame de scie, ce qui me permet de couper des pièces mesurant jusqu’à un mètre de large sans nécessiter d’accessoire sur la gauche du chariot).

Une fois que la position du plateau par rapport au plan de coupe de la scie aura été réglée correctement (voir plus bas), et que l’on aura fait en sorte que le chariot se déplace parallèlement au plan de coupe, la grille de trous permet de repositionner facilement, avec précision et une bonne répétabilité, un guide de coupe à 0, 30, 45, 60 et 90 degrés vers l’avant, l’arrière ou des positions intermédiaires sur la table coulissante. La règle graduée et donc les butées sur le guide de tronçonnage n’ont pas besoin d’être réajustées si l’on repositionne le guide de coupe vers l’avant ou l’arrière du plateau #20. On peut aussi enlever temporairement le guide de tronçonnage et retrouver ses réglages lorsque on le réinstallera. On peut même avoir plusieurs guides de coupe selon les besoins et les projets.

Pour les angles intermédiaires, on pourra utiliser une fausse équerre ou un rapporteur digital positionné d’un côté contre le guide de coupe et de l’autre contre 2 butées cylindriques (‘dogs’) placées dans les trous du chariot situés à proximité. Dans ce cas, on maintiendra le guide de coupe en verrouillant sa position avec un boulon en T (ou équivalent) dans la rainure de la table -de fait cela correspond plus ou moins à la solution conventionnelle des scies à format pro (avec des petits avantages d’un côté ou de l’autre, et selon les modèles – certains modèles du commerce offrant un nombre de positions préréglées allant au-delà des 5 que j’ai prévues d’origine). Rien n’interdit bien sûr d’installer une solution plus conventionnelle à la place ou en plus de la grille de trous MFT de la solution décrite ici.

La grille de trous permet aussi d’attacher à la table et de manière très solide toutes sortes d’accessoires en plus des guides de coupe. On pourra y fixer un sabot de délignage ou un ‘outrigger’ sur le côté gauche (la grille de trous permettra d’attacher cet équipement à plusieurs endroits espacés de 96mm, mais pas de manière continue comme s’il y avait une rainure tout au long de la table coulissante. En pratique, je ne suis pas sûr que ce soit un problème, et on peut bien sûr ajouter un profilé en alu sur le côté de la poutre coulissante si cela venait à manquer.

Le profilé alu au centre de la table est compatible avec les serre-joints Bessey pour rails en T (aussi revendus sous une autre couleur par Festool pour leurs rails de scie plongeante). Il est donc possible de s’en servir pour fixer des pièces d’œuvre ou des gabarits sur la table. A noter que je n’avais sous la main qu’un profilé de 122cm de long et que je prévois d’ajouter un autre morceau de profilé pour couvrir toute la longueur de la table si le besoin s’en faisait sentir.

On peut également bien sûr utiliser la rainure de 8.4mm de large au centre du profilé alu pour guider certains accessoires (comme les gabarits dits ‘Fritz & Franz’). On pourrait aussi faire une seconde rainure pour un profilé alu avec une rainure centrale de ¾ de pouces » (~19mm) si on préférait ce type de rail.

Je ne prévois pas de détailler pas-à-pas la réalisation du plateau qui est en MDF Hydro de 18mm, avec une bordure en chêne massif pour protéger les angles et les cotés. La grille de trous a été faite en utilisant un gabarit Parf de première génération (Les trous de 20mm de diamètres sont sur une grille carrée de 96mm de côté, comme il se doit), et j’ai recoupé les bords du plateau de sorte qu’ils soient parallèles aux trous de la grille. La rangée de trous qui n'est pas à 96mm des autres a aussi été réalisée avec le guide Parf mais de manière un peu détournée afin d'avoir des repères pour des coupes à 30 et 60 degrés (il faut utiliser les règles Parf pour tracer un triangle équilatéral et positioner les deux premiers trous, puis en percer ensuite d'autres à 96mm de distance). La rainure dans laquelle repose le profilé en alu pour T-track a été usinée avec une fraise de ¾ de pouces (19.05mm) en utilisant une règle alignée précisément avec la grille de trous. Le profilé est vissé -avec des vis recoupées par la suite- et collé à la colle époxy.

Le type de profilé alu que j’ai utilisé fait 13mm de hauteur ce qui fragilise un peu le plateau, mais comme le plateau repose sur toute la surface du dessus de la poutre mobile et qu’il y est visse en 4 endroits, je ne considère pas que ce soit un problème en pratique (J’aurais pu utiliser un profilé plus fin qui n’aurait alors pas été compatible avec les serre joints pour scie plongeante, ou dimensionner la poutre coulissante et ma base métallique pour un plateau en MDF plus épais -sur toute sa surface ou en partie- pour contourner cette ‘faiblesse’ potentielle… sachant que, d’ expérience, les accessoires pour table MFT ne marchent pas souvent bien avec des tables épaisses de 24mm ou plus)

Un point important à considérer dans la conception du plateau supérieur et/ou les guides de coupe qu’on y monte, est qu’il faut un réglage en rotation sur l’axe vertical. Lors de la description de la base métallique, j’ai expliqué comment j’ai percé à un diamètre supérieur au minimum requis certains passages de vis dans les pièces #32 pour faire en sorte que la poutre coulisse parallèlement au plan de coupe défini par la scie en rotation. J’ai employé la même technique avec les 4 vis TRCC M6 qui fixent le plateau supérieur (#20) au dessus de la poutre coulissante (#1). Sans cela, il est fort probable que la grille de trous et donc aussi que les guides des coupes qui s’y réfèrent ne soient pas parallèle/perpendiculaire au plan de coupe défini par la scie en rotation… On aurait alors, par exemple, un guide de coupe qui se déplacerait bien à un angle fixe avec ce plan, mais qui ne serait pas aux 90 degrés requis ! On devine deux des écrous avec lesquels on fait ces ajustements dans l’image qui montre une butée amovible (sur le côté droit de cette image). Les boulons et leur montage (#23) sont aussi représentés sur le schéma général.

Sur certaines scies à format du commerce, il semble qu’on ne puisse pas ajuster la rainure centrale située sur la table coulissante (les tolérances d’usinage sont peut-être meilleures avec une table coulissante faite toute en alu, mais quand même ! 😉). Le réglage d’alignement du guide de coupe se fait typiquement avec des butées réglables (type écrou/contre écrou par exemple) qui permettent de positionner le guide de coupe avant de le verrouiller en position. Il y a parfois plusieurs butées à régler selon où l’on installe le rail de coupe, ce qu’évite la solution du plateau avec une grille de trous positionnés avec précision (rien n’interdit d’utiliser un système équivalent ou des cales micrométriques si on voulait compenser des variations dimensionnelles volontaires ou non !)

Pour conclure cette section dédiée au plateau supérieur, je crois qu’il est intéressant de traiter brièvement (?) de la question du positionnement du guide de tronçonnage sur une scie à format.
Lorsque l’opérateur est face au chariot, à ‘gauche’ de la lame, il me parait judicieux de positionner le guide de tronçonnage à l’avant du chariot. Cette configuration est relativement sûre en cas de ‘kick-back’ mais il me parait nécessaire de repositionner l’interrupteur de la scie à proximité de l’opérateur. Un interrupteur de sécurité fixé sur la partie mobile du chariot (à la droite de l’opérateur) me semble le plus ergonomique (en pratique, cet interrupteur peut être sur une rallonge électrique sur laquelle la scie sera branchée). Dans cette configuration, un système de presseur qui maintient la pièce d’œuvre plaquée contre le guide de coupe sera utile pour des raisons de sécurité et améliorera la précision de coupe (car il retiendra la pièce à couper contre le guide de coupe)

Lorsque l’opérateur est dans la position habituelle d’une scie sous table ‘de chantier’ (autrement dit ‘à l’américaine’, les dents de la lame tournées vers lui), et qu’il pousse la pièce d’œuvre vers la lame, le risque du au kick back est plus élevé. Cette position a cependant l’avantage d’un meilleur guidage sans utiliser de presseur (la pièce d’œuvre étant prise en sandwich entre les dents de la scie et le guide de coupe qui s’oppose à la force/au couple de sciage), et elle est généralement plus compatible avec la position typique des boutons marche/arrêt des scies sous tables, hors modèles conçus pour une utilisation avec un grand chariot.

Il existe une solution intermédiaire, pas parfaite non plus, qui consiste à mettre la pièce d’œuvre devant le guide de tronçonnage, avec l’opérateur sur le côté de la scie (façon ‘scie a format’). C’est un compromis entre les avantages et inconvénients des deux solutions précédentes.
Personnellement, je n’ai pas encore tranché entre ces 3 solutions (j’aurais un penchant pour la première, mais la configuration de mon atelier et le fait d’avoir une défonceuse sous table à coté de ma scie -comme dans une combinée- ne s’y prêtent pas). Dans un premier temps, et hors séance de sciage intensif, je vais continuer d’utiliser ma scie ‘à l’américaine’. Si je dois couper de grandes pièces de bois, je prévois d’installer temporairement ma scie (son support dispose de roulettes amovibles) dans mon garage et de l’utiliser comme une scie à format avec un interrupteur installé sur une rallonge électrique.

Dans ce cas, j’utiliserai également une autre règle de guidage que celle que j’ai photographiée, car le design des butées amovibles, du profilé alu (qui provient d’un accessoire optionnel pour ma scie Ryobi) et, surtout, la position du ruban de mesure (Starrett SM412WMERL, de classe II et gradué en mm et pouces) ne s’y prêtent pas. Un profilé gradué et des butées telles que celles vendues par benchdogs.co.uk (voir la section 'Bonus' plus bas) pourraient faire l’affaire dans ce cas et offrir une solution clé en main accessible à tous pour fixer un guide et des butées amovibles sur un plateau à trous type MFT. Je viens aussi de commander un guide de tronçonnage Incra que je vais utiliser avec une butée Incra 'quick stop shop' et que je vais fixer sur ma table avec un accessoire vendu par benchdogs.co.uk (une version spécifique de leurs 'fence dogs' pour guides Incra).

PS : les butées amovibles maison sont faites à partir de chutes de chêne (d’où le profil un peu tordu !) dans lequel j’ai percé et taraudé un trou débouchant au diamètre M6 pour visser la partie mobile d’un côté et une vis de réglage micrométrique de l’autre (un tour de vis = 1mm). Les parties métalliques sont issues des parties plates d’une cornière en alu de 3mm que j’ai coupées à la scie sous table (et taraudés sur une extrémité pour un éventuel réglage micrométrique supplémentaire non utilisé jusqu’à présent)

Publié Mis à jour

Partager  

Procédure de calibration

Cette section détaille la calibration initiale du chariot ainsi que les méthodes à suivre pour vérifier et modifier cette calibration, de manière statique et dynamique (en utilisant la méthode dite des 5-coupes)

Réglage de la hauteur du plateau

L'objectif de ce premier réglage est de faire en sorte que le plan défini par la surface du chariot soit parallèle à celui du dessus de votre scie, et qu'il soit, ou bien à la même hauteur/altitude, ou à une hauteur légèrement supérieure. Les deux écoles ont leurs mérites... la première promettant des coupes parfaitement perpendiculaires dans le plan vertical si la lame de scie est parfaitement perpendiculaire au dessus de votre scie, et la seconde promettant une meilleure glisse ainsi qu'un peu de tolérance pour compenser le poids de la pièce d'œuvre et le fait que celui-ci abaisse le chariot d'une quantité variable selon le poids et les dimensions des pièces (on peut faire ce réglage avec un ou des objets lourds sur le plateau pour se rapprocher des conditions d'utilisation). On parle ici d'une petite différence, de l'ordre de quelques dixièmes de millimètres. Partant du principe qu'il vaut mieux être un peu trop au-dessus du plateau fixe de la scie que trop bas (risque de rayures sur la face cachée de la pièce d'œuvre et frottements supplémentaires) et qu'un chariot en bois est probablement plus compliant qu'un modèle en métal de bonne facture, je penche pour un réglage à vide un peu au-dessus du plan de la table de scie. En y regardant de plus près on voit aussi qu'un panneau de medium comme qui recouvre mon chariot n'est pas parfaitement plan , et qu'il faut aussi prendre ça en compte.

Pour le réglage initial, je suggère de se concentrer d’abord sur le centre de la poutre et de desserrer les écrous #34b qui prennent en tenaille les extrémités des pièces #31, pour se focaliser sur les écrous #34b qui enserrent la partie centrale des pièces #31. Les 2 écrous situés au dessus permettent de lever ou de baisser le plateau et de contrôler son inclinaison vers le côté gauche ou droit. En posant une règle (ou le bord d’une grande équerre) qui chevauche la table coulissante de gauche à droite ainsi que la table de sciage, approximativement dans la direction de l’axe de rotation de la lame de scie, on pourra ajuster la position du plateau de sorte que la règle ne touche pas la table de sciage et que l’écart entre la règle et la table de sciage reste constant. Une fois cela fait je suggère de serrer les 2 écrous inférieurs pour ‘verrouiller ce réglage’ et donc de bloquer la position du centre de la pièce #31 par rapport à la table de la scie (on vérifiera bien sûr que, après serrage, le réglage n’a pas été perdu !).

L’étape suivante consiste à ajuster les écrous #34b situés sur le dessus des extrémités des barres #31 pour que la table coulissante soit à la hauteur désirée à l’avant et à l’arrière de la table de sciage, ce que l’on déterminera avec une règle comme précédemment (on peut faire ce réglage visuellement, ou utiliser une jauge d’épaisseur si on doute de son acuité visuelle). Une fois un réglage satisfaisant obtenu, on verrouillera la position du plan du chariot coulissant en serrant les écrous #34b situés en dessous de la pièce #31.

Par la suite, si l’on souhaite faire de petites corrections, il suffira de desserrer un ou plusieurs écrous #34b pour permettre à la table de se déplacer dans la direction voulue, puis de serrer les écrous correspondants situés de l’autre côté des pièces #31. Avec un filetage M10, un tour d’écrou correspond à 1,5mm de déplacement.

Selon vos tolérances d’usinage, et la façon avec laquelle vous avez ébavuré les passages de vis, il se peut que les filetages se coincent sur les côté des pièces #31. Cela complique un peu les choses, mais il est possible d’en venir à bout, parfois, en desserrant le (ou les) écrous(s) #34b qui bloque(nt) les filetages #34a autour des pièces #30. Au pire, il vous faudra élargir certains passages de filetage et/ou mettre un peu de lubrifiant pour que ça ne coince plus !

Vérifications des alignements

Deux vérifications fondamentales doivent être entreprises pour déterminer si des réglages sont nécessaires :

  1. La partie fixe de la poutre doit être parallèle au plan défini par la lame lorsque le chariot coulisse de l'avant vers l'arrière (en d’autres termes, le chariot de se déplacer dans un plan parallèle à celui défini par la lame)
  2. Le guide de coupe, en position pour un tronçonnage à 90 degrés doit être d'équerre avec la lame (les autres positions étant définies par la grille de trous, elles seront correctes si le réglage à 90 degrés l'est pourvu, bien sûr, que votre grille ait été percée avec précision)

La procédure pour ces vérifications et les réglages correspondants sont décrits ci-dessous, cependant il faut se souvenir que l'un dépend de l'autre.

Une fois ces ajustements statiques effectués avec satisfaction, je conseille de les confirmer avec la méthode dite des 5-coupes. Cette méthode permet de déceler des écarts plus faibles, tout en tenant compte du comportement de votre scie en cours de coupe (jeux et déformations diverses, voile de lame) et par conséquent de calibrer le chariot de manière encore plus précise.

Vérification du parallélisme
(La procédure suivante devra être adaptée si vous n’avez pas de guide de coupe ou de butées réglables sur celui-ci ou si vous ne disposez pas exactement des mêmes outils que moi… Les principes utilisés sont facilement transposables à d’autres situations)
1- Préparez la scie comme pour faire une coupe d’onglet, et relevez la lame de votre scie juste un petit peu en dessous de la position maximale (pour éviter une déformation éventuelle lorsqu’elle est coincée contre la butée ou le mécanisme de réglage)
2- Reculez la table coulissante au maximum
3- Inscrivez un repère sur l’une des dents de la lame, et tournez la lame de sorte que le repère se trouve à l’avant de la lame, juste au-dessus de la table de votre scie (voir croix en jaune sur les images ci-dessous - un marquage au feutre suffira en pratique!)
4- Placez une équerre de charpentier contre le côté de la lame (Pour accroitre la précision, il faut que le ‘talon’ de l’équerre soit se plus loin possible de l’axe de la lame) puis faites coulisser la table coulissante jusqu’à ce que votre guide entre en contact avec l’équerre. Ajustez votre butée réglable de sorte que l’extrémité de votre équerre (‘sa pointe’) touche, sans forcer, la butée réglable dans cette position. -- Assurez vous bien que l’équerre est entre les pastilles de carbure sur l’avant et l’arrière de la lame, et qu’elle est ‘bien appuyée’ contre le corps de la lame en la maintenant avec un doigt vers le centre de la lame (il faudra appliquer le même effort, au même endroit dans l’étape 7… car il peut y avoir un jeu de flexion).

5- Après avoir enlevé l’équerre, faites maintenant glisser la table coulissante de l’autre côté de la lame
6- Tournez la lame de sorte que le repère fait à l’étape 3 soit maintenant à l’arrière de la lame, juste au-dessus de la table de scie (ceci pour compenser le voile éventuel de la lame)
7- Placez l’équerre de charpentier contre le côté de la lame en appliquant la même force qu’a l’étape 4 et vérifiez que sa pointe touche toujours, sans forcer, la butée que vous avez réglée précédemment

Si vous avez un écart (en plus ou en moins), cela veut dire que votre table coulissante ne se déplace pas parallèlement au plan de coupe (ou tout au moins son approximation ‘statique’). Vous allez devoir remédier à ce problème en suivant la procédure d'ajustement du décrite ci-dessous avant de vérifier le réglage du guide de coupe (aussi appelé parfois guide d'onglet)

A noter que pour cette vérification, il n’est pas nécessaire d’avoir une équerre parfaite… ce qui importe c’est de conserver la même distance entre le plan de coupe et un point situe sur la table lorsque cette dernière coulisse

Vérification de l’angle du guide de coupe
Le guide de coupe, et donc la grille de trous du plateau, doit être perpendiculaire à la lame lors d’une coupe à 90 degrés. Pour vérifier que c’est bien le cas, il suffit de mettre l’un des côtés d’une équerre de charpentier de bonne qualité (plus facile à dire qu’à trouver !) contre le guide de coupe et l’autre côté contre la lame de scie, et de contrôler qu’il n’y a pas de jour à l’avant comme à l’arrière des branches de l’équerre.

S’il y a un jour, il se peut que la lame soit déformée ou que le guide de coupe ne soit pas d’équerre. Tournez la lame et vérifiez à nouveau. Si l’espace à l’avant ou à l’arrière de la lame est le même que précédemment, il faut aligner le guide de coupe comme indiqué ci-dessous.

Cette vérification est simple à effectuer mais elle repose sur une bonne équerre et n’a pas la précision de la méthode des 5 coupes qui elle ne repose que sur un bon instrument de mesure tel qu’un pied à coulisse ou un micromètre.

Méthode dite des 5 coupes

La méthode dite des 5 coupes est assez connue dans l’univers des boiseux et peut être utilisée avec toutes les scies destinées aux coupes d’onglet pour confirmer que les coupes sont bien d’équerre et mesurer de façon précise une déviation éventuelle. L’idée est de prendre une planche aussi grande que possible (idéalement un rectangle dont les arrêtes sont de l’ordre de la taille de la règle de coupe), et de couper un premier côté avec la scie, puis de positionner ce côté contre le guide de coupe, et de répéter ce processus 4 fois puis, enfin, de couper « une languette » dans la planche le long du côté coupé en premier. Ce faisant, tout erreur angulaire est reproduite 4 fois (lors des coupes #2 à #5, la première coupe ne servant, de fait, qu’à obtenir un premier bord droit pour commencer les mesures dans de bonnes conditions).

On mesure alors la différence de largeur de la languette entre ses deux extrémités (Delta) ainsi que la longueur de la languette (Long). L’erreur angulaire par coupe est alors définie par la formule ‘Arctan(Delta/(Long*4))’.

Ainsi une différence d’un quart de millimètre sur une languette de 500mm de côté correspond à un écart de 0.007 degrés par coupe, ce qui serait difficile à lire même avec une équerre de précision (une équerre au standard DIN 875/2 avec un bras de 500mm qui correspond tout juste à ce niveau de précision, coûte plus de 150 euros sur Amazon et les tarifs grimpent ensuite très vite !)… La table de scie que j’ai construite est capable de plus de précision que cela (mes deux dernières calibrations ont une erreur angulaire inférieure à 0.1mm sur 500mm en suivant la méthode décrite ici).

Pour des résultats fiables, je conseille d’utiliser une planche faite dans un matériau qui ne se déforme pas lors des coupes comme peut le faire le bois massif avec ses tensions internes. Le dessus d’un morceau de mélaminé, même bas de gamme, fera parfaitement l’affaire pourvu que sa surface soit plane – les éventuels éclats sur la face opposée ne seront pas un problème. Il faudra bien sur s’assurer de bien plaquer la planche contre le guide de coupe et enlever les poussières et sciures éventuelles entre le guide de coupe et la planche de test, pour chaque coupe.

Si l’avant de la languette est plus large que l’arrière, cela signifie que la partie du guide de scie qui est la plus proche de la lame de scie est trop en arrière sur la table (ou que la partie la plus éloignée est trop en avant sur la table). Pour compenser ce problème, on devra éloigner l’avant du plateau de la scie, ou rapprocher l’arrière du plateau de la scie, ou encore faire ces deux choses en même temps (ce qui correspond dans tous les cas à une rotation dans le sens anti-horaire de la table ou du guide de coupe, vu de dessus). L’inverse est bien sur vrai si la languette est plus large à l’arrière qu’à l’avant. Ce n’est pas forcément intuitif pour tout le monde, mais, rassurez vous, il n’y a pas d’examen théorique aujourd'hui! Par contre, si vous faites un ajustement du plateau, notez bien dans quel sens vous avez tourné le plateau et si l’écart constaté entre l’avant et l’arrière de la languette diminue ou augmente d’un test des 5 coupes au suivant !

Ajustements des alignements

Comme indiqué dans la section consacrée à la base métallique, le perçage des passages des vis #36 dans la partie fixe de la base (#32) permettent de faire tourner tout ce qui est en dessus dans l’axe vertical. Pour régler le parallélisme de la table coulissante avec le plan de sciage, on desserrera 3 des boulons #36 (et peut être un peu le quatrième qui servira de pivot) puis on déplacera ce qui est dessus dans la direction voulue. Il n’y a pas de vernier pour ce faire et il faudra procéder par tâtonnement (en respectant le fait que les ajustements sont limités par le jeu disponible autour de chacun des boulons #36), sauf à utiliser, par exemple, des cales micrométriques que l’on positionnera entre le bâti de la scie et une partie aussi fixe/rigide que possible de la table coulissante : Avec un peu de trigonométrie et/ou une règle de trois on peut calculer de combien on doit déplacer la table a l’avant ou a l’arrière de la scie. Demandez à un bon lycéen d’essayer de vous expliquer le principe de la règle de trois si nécessaire et à un prof agrégé de ce genre d’établissement pour ce qui est de la trigo… 😉 !
C’est un procédé itératif qui prend un peu de temps (prévoir 3-4 itérations si tout se passe bien et si on ne fait pas d’erreur dans le sens des corrections successives, ce qui arrive facilement), en vérifiant votre progrès avec la méthode décrite précédemment. Une fois un bon réglage obtenu, il suffit de resserrer les boulons #36 et de vérifier que, ce faisant, le réglage reste toujours bon.

Le réglage de la perpendicularité du guide de coupe se fait de manière similaire en agissant sur les boulons #23 et en faisant pivoter le dessus de la table coulissante (#20) dans la direction requise. Là encore, on peut utiliser des cales micrométriques, par exemple entre la tranche du plateau (#21) et le côté adjacent du bâti de la scie), et on vérifiera les progrès avec la méthode des 5 coupes (4 seulement sont nécessaires à ce stage, car on peu ‘repartir’ d’un bord déjà bien établi lors du test précèdent).

Si lors de ces ajustements la latitude de réglage à une extrémité de la table s’avère insuffisante, il est parfois utile d’agir aussi dans la direction opposée à l’autre extrémité de la table (Pousser l’arrière de la table coulissante vers le bâti, et éloigner l’avant de la table par rapport au bâti, par exemple). Si ça ne suffit pas, il est possible d’élargir 3 ou 4 des passages de vis pour permettre plus de mouvement. Dans ce cas on pourra envisager d’utiliser une rondelle métallique de taille supérieure.
L’image ci-dessous montre deux des boulons d’ajustement #23. J’ai choisi de les aligner avec la grille de trous du plateau, mais c’est juste une considération esthétique, Les deux autres boulons d’ajustement #23 sont à l’autre extrémité du plateau supérieur

Vérification et adjustment de la régle graduée du guide de coupe

Publié Mis à jour

Partager  

Bonus

Gabarit Fritz & Franz

Voici un gabarit 'Fritz & Franz' adapté à mon chariot. Il permet, entre autres, de couper de toutes petites pièces avec precision (genre 5x5x30mm, avec moins d'1/10ème d'erreur). Si mes butées étaient moins massives, la dimensions maximale pourrait être réduite bien d'avantage, mais je ne suis pas sûr d'en avoir l'usage aujourd'hui!

Ce type de gabarit dispose souvent d'une poignée plutôt que d'un gros bouton comme ici. Une poignée est bien adaptée en configuration 'scie à format' mais son orientation doit être changée en utilisation 'Scie sous table à l'américaine'... Alors qu'un gros bouton fonctionne dans les deux cas...

Guide de tronçonnage alternatif, en utilisant des accessoires de marque 'Benchdogs.co.uk' (avec lequel je n'ai aucune affiliation)

Dans cette configuration, la lecture des graduations sur les butées amovibles peut se faire du côté opposé à la lame (la règle est alors calibrée en insérant la butée entre l'extremité du guide (implicitement la graduation '0' et la lame... le guide est fixé en position lorsque la lame en rotation (à la main!) frôle tout juste la butée.

On pourrait aussi calibrer la règle avec un cale de 10mm d'épaisseur et convenir que le bout de la règle correspond à une coupe de 10mm, d'un côté ou l'autre des butées amovibles.

Quelle que soit la convention choisie, il faudra s'y tenir pour éviter les erreurs ou l'identifier clairement. La solution idéalle consistant à éliminer le risque d'ambiguité d'interprétation (Le guide de coupe visible sur les autres photos de ce pas-à-pas atteint cet objectif car il n'a que deux endroits où l'on peut facilement lire la position des butées amovibles sur la règle graduée, un juste à côté de la partie amovible en aluminium et l'autre trop éloigné pour prêter à confusion)

Montage de serre-joints type Bessey/Festool

Cette configuration permet d'immobiliser des pèces d'oeuvre dans n'importe quelle position, par exemple pour du délignage ou pour des coupes en biais à des angles élevés (Pieds de table, etc.).

Interrupteur de sécurité

Voici mon dernier bricolage... un interrupteur de sécurité (KEDU KJD17B), destiné à etre monté à l'extremité de la table coulissante (vissé sur la partie mobile de la poutre, en fait). Il sera branché en série entre une prise murale et le cable d'alimentation de la scie en cas d'utilisation facon 'scie à format' (dans ce cas, l'interrupteur d'orgine sera toujours actif, mais restera on position 'On' la pluspart du temps).

Les prises 110V Américaines étant tres compactes, j'ai pu recycler la partie active d'une double prise murale US, ce qui peut être pratique pour commander automatiquement un aspirateur 110V. Avec des prises Européennes (Franco Belges, Allemandes, et surtout Anglaises), il aurait fallu utiliser une boite de dérivation plus grande, mais ca reste une option à considérer.

La table d'origine de my Ryobi BT3000

Enfin, pour info, voici quelques images de la table coulissante qui était livrée d'origine avec ma scie. Elle est fonctionnelle, suffisamment précise, et peut être repositionée tres facilement (sans outil) n'importe-où sur les même rails que le guide de délignage.

Son gros défaut est une course trop faible (moins de 600mm).

Le guide de coupe et ses fixations peuvent être montées sur la nouvelle table à la place des tables en bois que l'on peut deviner sur certaines photos, et je peux continuer à utiliser cette table coulissante, par exemple pour tenonner avec le defonceuse sous table montée de l'autre coté de la lame de scie.

Publié Mis à jour


Discussions

Eiffel a publié le pas à pas "Fabriquer un chariot de scie à format".
il y a 9 mois
Kentaro
( Modifié )

Bricolage très intéressant!

Eiffel

Merci, je crois me souvenir que tu avais fait quelquechose de tres similaire en metal, ce que je ne suis pas equipe pour ;-)

Kentaro
( Modifié )

Eiffel Non, j'ai fait un grand traîneau de coupe en bois. Il marche bien, mais je me dis que faire un chariot comme toi serait peut-être un plus pour les très grands formats...Cela donne à réfléchir...

Eiffel
( Modifié )

Ah pardon! je t'ai confondu avec un certain "diomedea". Toutes mes excuses!

rosbois
( Modifié )

Salut très intéressant ton pas à pas
J'envisage de faire ce chariot sur une scie kity 419 mais la différence entre le chariot et la lams sera plus loin que sur la tienne et j'envisage de recoupé la table au niveau de la première rainure de j'aimerais avoir ton avis merci

Kentaro
( Modifié )

rosbois Si on rajoute sur le plateau mobile une fine plaque (mdf de 4 mm), qui va jusqu'à la lame, au dessus du plateau fixe, on se retrouve avec un plateau mobile à raz de lame, en ne perdant que les 4 mm de hauteur de coupe.

C'est en tout cas ce que je ferais.

Eiffel
( Modifié )

rosbois Je ne suis pas sur de comprendre de quelle rainure tu parles, par contre je suis d'accord avec Kentaro sur la possibilite de faire un chariot raz de lame comme suggere (au moins quand la lame est droite) - j'avais appele ca un 'sur-plateau' dans ma nomenclature.

Il faudra penser aux frottements entre la plaque fine et la table de scie fixe, mais il y a des solutions pour ca (glissebois, cire, voire des inserts/un plaquage en Teflon ou Delrin)

Si la table repose en partie sur le plateau de la scie, il n'y a pas d'inconvenient majeur a avoir une certaine distance entre le chariot et la lame de scie. Ce qui est critique c'est de maintenir le parallelisme entre le plan de coupe (en premiere approximation le plan de la scie... si on ignore le fait que la geometrie de la lame et de son axe de rotation ne sont pas parfaits, surtout lors d'une coupe) et la direction de translation du chariot. On pourrait meme envisager de n'avoir qu'un seul rail mais en avoir 2 (!) donne un peu de marge pour les jeux mecaniques et les tolerances de fabrication.

rosbois

Rainure côté gauche sur la photo

ignis666
( Modifié )

Très bonne idée
il y a ce youtubeur qui a fait qqc de semblable:
youtube.com/wa...F4jmI_3oqFA1btm

Il est ukrainien (si je ne trompe pas) mais il parle anglais.
Par contre, je pense que son montage est pour une scie moins puissante.

Eiffel

Merci, je n'avais pas vu ca!

Eiffel a publié l'article "Choix techniques et pratiques...".
il y a 9 mois
Eiffel a publié l'article "Conseils pour la réalisation de la table coulissante en bois".
il y a 9 mois
rosbois
( Modifié )

Salut je voulais savoir si tu savais si on pouvait trouver du tefflon 5mm je pensais faire le dessus de mon chariot avec et peut-être recouvrir le reste de la table de la scie avec...

Eiffel

Desole, ca ne me dit rien!

ignis666

Bonjour,
Je sais que ça existe car j'ai vu plusieurs machiniste usiner des plaques, voir des barreaux (50mmx50mm) de téflon.

Par-contre, je ne connais pas de site qui en vende.

Peut-être un fournisseur spécialisé en matière 1ère pour l'usinage.
En général il ne font pas que les métaux.

DewhitYoussef
( Modifié )

rosbois pas évident d’en trouver comme ça. Il vaut mieux se rapprocher d’une chaudronnerie qui fait des trémies et autres systèmes de manutention, traitement des solides et poudres.
Pour l’usage que tu veux en faire, une alternative est le hpl, mélaminé il a une bonne glisse, et plus rigide et dur que du Téflon, qui va beaucoup se déformer en 5mm d’epais.
Le hpl parait plus adapté.

Kentaro
( Modifié )

rosbois On trouve des grandes plaques de téflon chez Weber Métaux, à Paris. Attention, c'est cher...

weber-metaux.com/

Sinon, ici:

amazon.fr/dp/B...5771_TE_3p_dp_1

Copeaux And Co
( Modifié )

Un jour ! Ca me tente vraiment pour rendre le sciage plus confortable!bravo pour ta réalisation!

Eiffel

Merci! Il faut reconnaitre que ca rend les choses plus simples, meme si on peut faire du bon travail sans (une scie plongeante, un rail et quelques gabarits, voir un plateau type MFT, marche bien pour couper proprement des panneaux, mais ca demande plus de manips et un chariot est plus polyvalent a mon avis)

Eiffel a publié l'article "Realisation de la base/support en tube acier carré".
il y a 9 mois
Eiffel a publié l'article "Retours sur le plateau supérieur et (certains) accessoires".
il y a 9 mois
Eiffel a publié l'article "Procédure de calibration".
il y a 9 mois
rosbois
( Modifié )

J'ai pris quelques mesures sur ma scie kity 419 et pour arriver à un chariot rasse lame j'aurais un porte-à-faux de 230mm si je recouvre la table actuel
J'ai peur que sa ne soit pas assez résistent avec 4a5mm d'epesseur!!!

Eiffel
( Modifié )

C'est peut-etre l'occasion d'envisager un plateau superieur en metal (l'alu se coupe facilement), ou au moins en panneau de medium haute densite (type Isorel ou mieux)?

Yougs
( Modifié )

Salut,

Vu le niveau d'ingéniosité et surtout d'ingénierie déployée, je trouve qu'on peut difficilement parler de simple "bricolage" ! A la lecture de ta présentation, on sent bien que ce projet a fait l'objet d'une préparation colossale et minutieuse.

En plus d'être redoutablement précise, ton installation a l'air super confortable : ça fait vraiment envie.

Ta machine semble vraiment très intéressante. Tu parles d'une origine "US", tu l'as fait venir d'Outre-Atlantique ? (ta dégau semble également américaine...)

Eiffel

Merci! Pour se lancer dans un tel projet, il vaut mieux reflechir a l'avance et essayer d'anticiper au mieux les difficultes a venir. Ceci dit, dans ce projet il y a aussi pas mal d'improvisation et de choix faits au jour le jour, en particulier car j'ai du faire avec les moyens du bords pendant le confinement. Souvent il est possible de s'inspirer fortement d'autres projets similaires, mais la fabrication d'un chariot de scie n'est pas un sujet populaire.

J'ai achete une partie des mes equipements (Scie, degau, raboteuse, purificateur d'air, etc.) aux Etat-Unis quand j'y habitais. La pluspart m'ont suivi dans le demenagement vers la France (J'ai du laisser ce qui etait trop lourd comme une bonne perceuse sur colonne, helas!). Certains appareils ont pu etre convertis au 220V (degau), mais la pluspart fonctionnent sur un gros transfo de 4 kW et un circuit electrique 110V avec des prises au standard US.

Yougs

Merci pour ta réponse.

Effectivement, c'est beaucoup (beaucoup beaucoup...) moins populaire que les sleds, mais ton pas à pas donne vraiment envie de se remonter les manches.

Tu as déménagé de beaux joujoux. Quand on regarde des vidéos ou articles des magazines US, c'est toujours amusant de voir tous ces outils très communs chez eux et pas chez nous... et vice-versa, bien sûr.

rosbois
( Modifié )

salut je voulais savoir a quoi serre la pièce verte sous le chariot

Eiffel

C'est mon dispositif pour bloquer le chariot dans n'importe quelle position et eviter qu'il ne bouge lorsqu'on pose une piece dessus par exemple.

Certaines scie a format pro ont une option pour ca... d'autres offrent un verrouillage dans une ou deux positions seulement.

En pratique ca fonctionne comme un etrier flottant de frein a disque, avec serrage par excentrique.

Voici une photo qui montre la chose avec un peu plus de details (les bords arrondis permettent au plateau coulissant de ne pas etre bloques par l'etrier et de deplacer celui ci si necessaire quand le frein n'est pas active (releve).

(Au passage il y a deux freins de ce type, selon que l'on utilise la scie en mode 'scie a format' ou 'a l'americaine')

rosbois

Merci pour l'info je sur entrain d'étudier ton pas-pas
Avant de me lancer dans mon futur projet adapté à ma scie kity 419

Eiffel a publié l'article "Bonus".
il y a 9 mois
nicooussiat
( Modifié )

Magnifique réalisation ! je réfléchie à ça depuis déjà bien longtemps mais je crois que vous venez officiellement de me donner assez d'élément pour me lancer !
J'aurais une question, pensez vous qu'il est possible de faire un chariot pour pouvoir y placer des panneaux jusqu'à 250cm de long ? Avec des tubes Inox plus long, peut être plus gros et donc avec roulement qui suivent ? J'aimerais alors pouvoir déligner des plateaux assez imposant, le porte-à-faux me fait un peu peur, si nécessaire je pensais à des pieds sur roulettes.. Egalement, je pensais réutiliser un cadre de baie coulissante en alu pour le chariot, et privilégier un maximum alu et acier pour les structures ayant peur des déformations avec le temps, je suis soumis à l'humidité.. Mais encore une fois risque de poids supérieur ..
Un retour de votre part, beaucoup plus experimenté, m'aiderait à savoir si selon vous c'est trop ambitieux :) !
Merci beaucoup et encore Bravo ! Nicolas

Eiffel

Pour couper des panneaux de 250cm, je presume qu'il faut une course de l'ordre de 270cm, soit environ 1m de plus que ce que j'ai fait.
Ca pourrait peut-etre marcher avec des pieds aux deux extremites de la base (fixe) du chariot (dans mon cas, il y a un porte-a-faux de l'ordre de 30 a 50cm -selon comment on mesure- entre le meuble de sous ma scie et l'extremite de la base du chariot, et je n'ai pas eu besoin de faire ca). Les ronds (pleins) en inox de 10mm que j'ai utilises devraient largement suffire pour ce qui est du poids d'un chariot de 2.5 a 3 metres et de la table superieure, mais il faut s'assurer qu'il reposent sur une base rigide et plane.

Bien sur le chariot intermediaire devra etre plus long (je dirais au moins 1,2m). On pourrait essayer avec plus de 4 roulettes comme celles que j'ai utilisees pour supporter le chariot... ca devrait permettre encore moins de jeu que dans mon approche, et ca devrait supporter un poids plus eleve.

Passer a une construction metallique est peut-etre necessaire, mais ca demande un autre outillage et de trouver des profiles bien rigides en grande longueur, et je ne saurais dire si des chassis de fenetre suffisent (ca me parait assez peu car la rigidite d'une fenetre vient en partie des panneaux de verre a priori).

Dans tous les cas, je suggere de construire par etapes et de valider que ca marche bien avant d'engager plus de depenses, et peut etre faire un prototype en bois pour valider la conception avant de passer a une realisation finale metallique.

Avec du bois et des ronds en acier, le cout d'un prototype devrait etre contenu et ca vaut le coup d'essayer...

Connectez-vous pour ajouter un commentaire.
7 057 vues
27 commentaires

Publications associées

0 collection
0 question
0 plan
0 processus
0 fournisseur
0 école

Licence

Licence Creative Commons
Voir aussi
Table des matières