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Cinq Sens du Bois

Restauration "simple" d'une Kity 635

  Ce pas à pas présente un projet en cours de réalisation.

Restauration "simple" d'une Kity 635
+

Après de longs mois de recherche, j'ai finalement mis la main sur une raboteuse dégauchisseuse compacte, qui ferait l'affaire pour finir d'équiper mon garage / atelier d'amateur qui ne dépasse pas les 11m². C'est une Kity 635, avec une largeur de passe de 20cm, et une hauteur de rabotage de 15cm.

Ce pas à pas a pour buts :
1/ de référencer les différents liens qui m'ont permis de connaître et de maitriser mon outil
2/ d'apporter une approche pragmatique, c'est à dire à la fois

  • "simple",
  • "efficace" et
  • "pas trop cher"
    pour remettre sa Kity 635 en marche et qu'elle donne le meilleur d'elle-même.

En effet, en ce qui me concerne je suis parti des contraintes suivantes :

  • Je suis assez peu mécano, et donc assez peu outillé sur le domaine mécanique.
  • Besoin d'avoir une machine qui tourne assez rapidement, mais avec peu de temps libre.
  • En tant qu'amateur, je ne souhaite pas mettre un trop gros budget dans la restauration, sans pour autant délaisser la qualité de l'entretien de mon outil. Bref, minimiser mes coûts.

J'aborderai ici :

  • la documentation, web et PDF
  • La table de support
  • Le démontage et nettoyage de la machine
  • Le dérouillage des rouleaux d'entrainement, de la table de raboteuse et de l'arbre porte fers,
  • le réglage de la table de raboteuse et son fonctionnement
  • le remontage de la machine
  • L'interrupteur
  • Les réglages, ou a minima les liens qui m'ont permis de le faire puisqu'au final, je n'ai fait que suivre certains tutos.
  • les capots d'aspiration : en mode dégau, et en mode rabot.

Disclaimer : je n'aurais pas les bons termes techniques, et j'écrirai probablement des choses fausses ou approximatives. Je compte sur vous pour me reprendre, toute critique constructive est bonne à prendre ! Merci d'avance :) !

Liste des articles

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Avant l'achat, outils et bibliographie

Le web regorge d'informations sur les Kity, et plus particulièrement sur les Kity 635 / 636, c'est à dire les raboteuses et dégauchisseuses.
Il me semble, avec un petit peu de recul suite à son utilisation, qu'elles doivent leur popularité au fait qu'elles soient relativement simples, entièrement réglables, et plutôt de bonne facture.
Leur précision me semble également extrêmement satisfaisante, a minima pour un amateur qui ne souhaite pas concéder à la précision (après tout, pourquoi la précision de l'outil devrait-elle dépendre de son prix ?).
Il faut tout de même savoir que ces machines restent (c'est subjectif) parfois "pénibles" à régler - on peut y passer plusieurs heures. En revanche, en bon néophyte de la mécanique et du métal j'appréhendais beaucoup le démontage et la retape de la machine... Eh bien c'est plutôt relativement simple, en fait.

Avant l'achat, les conseils que j'aurais à apporter pour une Kity 635 sont les suivants :

  • Vérifier la planéité des tables (au moyen d'une règle rectifiée et d'une jauge).
    En effet, ces tables en fonte d'aluminium ont d'origine une excellente planéité, mais le moindre choc peut les déformer sévèrement. Pour celles ou ceux qui ne connaissent pas le procédé, je vous invite à regarder dans la bibliographie ci-dessous la manière dont on mesure la planéité des tables. Mais pour faire court : on pose une règle parfaitement plane sur la table, et on mesure les espaces entre la table et la règle à différents endroits au moyen d'une jauge. Une valeur correcte ne dépasse pas le dixièmes de millimètre, du moins c'est mon avis personnel : n'hésitez pas à me reprendre, je précise que je reste débutant, et cette valeur n'est basée que sur ce que j'ai pu lire à droite et à gauche.
  • La machine doit idéalement être complète
    -> le guide pour créer le chant de référence,

-> la manivelle pour remonter la table de rabotage à la hauteur voulue,

-> les deux courroies (une qui lie le moteur à l'arbre qui porte les fers, et l'autre pour entraîner les deux rouleaux de rabotage qui font avancer la pièce de bois).

-> Il existe également un capot protecteur en mode raboteuse (qu'on voit souvent dénommé "déflecteur de copeaux" sur le web), mais pour avoir scruté pendant plusieurs mois, il n'est pas rare qu'il soit manquant. J'ai pu faire sans en ce qui me concerne, j'expliquerai dans ce pas à pas comment j'ai procédé. Je ne considérai pas cet élément indispensable au départ, en pratique il l'est totalement, non seulement pour collecter les copeaux mais surtout pour que vos mains ne touchent pas l'arbre avec les fers. Ayez donc à l'esprit que s'il n'est pas fourni, il faudra le réaliser.

  • Il y a également le cache des rouages mécaniques, fondamental pour garder tout ce petit monde au propre (et qui me semble difficile à réaliser autrement qu'en tole s'il est manquant, du fait de certains espaces assez étroits et qui demandent une matière fine).
  • Enfin, un aspect qui me semble très important : pour la 635, il existe deux types de fers. Des fers à encoches, très difficiles à trouver (et donc très chers à l'achat !). Dans ce cas l'arbre porteur des fers a cet aspect :

Ou des fers standards, qu'on trouvera facilement dans la vingtaine d'euros partout dans le commerce. Dans ce cas, l'arbre qui porte les fers a l'aspect qui suit (évidemment, je vous recommande donc de privilégier autant que possible cette seconde version, au risque de payer vos fers 100E le jeu, ou de devoir trouver une entreprise capable d'usiner vos fers classiques avec des encoches - à ce sujet, si vous êtes dans cette situation et près de Rennes, il semble qu'Euroc affutage soit potentiellement en mesure de l'effectuer : Euroc affutage contact)

Pour ce qui est de l'outillage, il vous faudra :

  • une règle rectifiée (il faut qu'elle couvre les deux tables à la fois, donc sa taille est à adapter selon la longueur de vos tables car il existe des variantes de 635 qui ont des tables plus longues). Pour référence, il existe une règle Veritas d'1m chez Dictum, mais il en existe d'autres, toujours dans les alentours de 40E environ pour 1m.
  • un ensemble de jauges d'épaisseur
  • des clés plates : de taille 10, 13, et probablement d'autres tailles que j'ai oubliées. (je le note parce que pour ma part je n'en avais pas... 😅 mais j'imagine que tout le monde a ce genre de choses dans son atelier 😁)
  • selon l'état de la machine, un dérouillant. J'ai acheté du Jenolite pour ma part, une version a minima liquide épais, car il faudra probablement en appliquer sur des surfaces verticales.
  • produits ménager type pierre blanche, éponges classiques, essuie tout, torchons...

Pour ce qui est de la "bibliographie" :
Notice officielle d'utilisation et d'entretien
Notice sur le site Kity sur table

Conception et réalisation de la table support de la machine:
Réalisation de kelval sur Metabricoleur
Dimensions du plateau pour la table sur Copain des copeaux

Remise en état de la machine
Restauration de la 635 par J-Max
Remise en état complète par ravi sur Copains des copeaux

Réglages de la machine
Réglages de la machine par J-Max sur Metabricoleur
Réglage de la machine selon le site Kity sur table
Discussion sur lutherie amateur de problèmes de réglage (Kity 636)

Capots d'aspiration
Capot d'aspiration pour la Kity 636 version métal (pour les idées)
Capot d'aspiration en CP pour la 635 sur lescopeauxdogib
Compléments sur les capots d'aspiration en CP sur lescopeauxdogib

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La table de support

Ainsi qu'expliqué dans mon premier article, la bibliographie regorge de tables de support, avec des plans existants et certainement bien plus précis que celui que je mets ici.
Si je me permets d'apporter le miens dans ce pas à pas, c'est uniquement parce qu'il ne me semble pas avoir vu de plan "complet". C'est à dire que j'ai pu trouver certains plans partiel (la table sans le plateau, le plateau sans la table), et pour certains il manquait certaines mesures.

J'ajoute donc le miens ici, au format Sketchup (à voir en bas, dans la partie "Publications associées"). Il se veut le plus simple possible, pour pouvoir être modifié et adapté par chacun (tiroirs, placards, etc). Il comporte la structure qui me semble être la plus minimale possible pour que l'ensemble tienne correctement.
Par ailleurs, le principe de ce pas à pas, c'est à dire de la rénovation de ma Kity, est d'être le plus "direct" possible. D'aller à l'essentiel. Mais aussi d'utiliser un maximum de chutes. J'ai donc pris certaines section de bois qui m'avaient parues un petit peu légère sur le coup pour les montants (50x50), les traverses font 35mm.

En pratique, ca ne me semble pas aussi "instable" que ce que je craignais : pour l'avoir mise en service une petite dizaine de fois à l'heure où j'écris ce pas à pas, ca me semble au final plutôt bien faire le job. J'ai donc laissé ces sections sur le plan, mais n'hésitez pas à prendre plus épais si vous ne le sentez pas.

En fonction de la courroie moteur utilisée (la mienne fait 55cm), il vous faudra "jauger" la position de votre Kity par rapport au moteur, pour d'une part que la courroie soit suffisamment tendue, et d'autre part qu'elle ne frotte sur aucun élément du bâti. En ce qui me concerne, j'ai dû ajouter une surépaisseur comme vous le verrez sur le plan, ainsi que deux rails latéraux qui guident la Kity lorsque je l'installe sur la table.
A noter également, cette taille là est idéale pour moi qui fait 1m73. Si vous êtes plus grand, je vous suggère d'augmenter la taille de vos montants. A l'inverse, si vous avez l'intention de la mettre sur roues, n'oubliez pas d'enlever cette dimension aux pieds de la table dans le plan associé au pas à pas ;).

Pour la réalisation, je me sens obligé d'y mettre un gros "disclaimer". Vous l'avez vu, c'est de la récup, j'ai même tapé dans les morceaux décorés par mes filles :). J'ai fait au plus rapide, mais sans jamais céder à la précision. Les dimensions semblent parfois étranges, certaines traverses débordent d'un montant parce que plus larges, mais bon... Bref, je n'ai pas fait dans l'esthétique, ce n'était pas le but !

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Démontage et nettoyage des rouages mécaniques

Etat initial

Entrons maintenant dans le vif du sujet. La Kity que j'ai reçue, comme c'est souvent le cas sur le marché de l'occasion, a déjà un bon vécu. Elle n'est pas en mauvais état, mais elle est très sale, très encrassée, et aussi rouillée...
Je me rends compte que je n'ai pas pris tant de photos que cela. Mais les voici tout de même, pour donner une idée. Vous voyez ci-dessous les rouages très sales, la table de raboteuse un peu rouillée, des photos du moteur pour vous donner une idée, et enfin les tables de dégauchisseuse, relativement propres.

A nouveau, je tiens à prévenir que je suis débutant, et qu'en conséquence je n'aurais pas le vocabulaire adapté, peut-être que ce que je fais dans cet article n'est pas l'idéal. Ce que je peux dire, au jour d'aujourd'hui où ma Kity tourne depuis quelques jours, c'est que ca fonctionne.

Outils de démontage et nettoyage

Outre quelques outils classiques pour le démontage :

  • clés plates : 10 pour les fers, 13 pour les tables, et des plus grosses dont j'ai oublié les tailles)
  • Quelques embouts de tournevis assez communs type hexagonal, cruciforme ou plat
  • Les clés à douille m'ont pas mal servies aussi, même si je pense que les clés plates peuvent suffire.

Pour ce qui est du nettoyage, je suis allé vers le commun et peu cher, qu'on trouve un peu partout :

  • de la "pierre blanche" pour nettoyer les pièces,
  • des éponges (je ne voulais pas acheter de Scotch Brit, que je trouve hors de prix pour un abrasif... Mais c'est une opinion personnelle) : les éponges classiques avec le côté vert m'a suffit en ce qui me concerne.
  • un chiffon type vieux T-Shirt, l'idéal étant d'en avoir un fin, et un épais
  • un tournevis plat que j'enroule dans mon chiffon,
  • de l'essuie tout,
  • une brosse à dent qui n'a finalement pas été très efficace...

A ces ustensiles bien classiques, j'ai fini par ajouter un dérouillant. Pour l'avoir essayé sur mes pignons et roues crantées, je le déconseille pour ces éléments. En revanche, je le conseille pour les rouleaux d'entraînement de la raboteuse, l'arbre porte fers, et la table de raboteuse. Si besoin, bien sûr. J'avais pris ce produit pour ma part.

Pour ce qui est du démontage, voici comment je vais procéder :
1/ Avant tout : enlèvement des fers (très important pour ne pas vous blesser, vous risquez de vous râper à droite ou à gauche, de devoir un peu forcer sur les écrous de temps à autres, etc). Mettez les dans un coin bien à l'abri, surtout s'ils sont en bon état.
2/ La grande poulie pour transmettre la fonction de raboteuse
3 et 4/ Les pignons avec la chaîne pour les rouleaux entraineurs de la fonction de raboteuse
5/ Enfin, la roue crantée.

Avant de réaliser chacune de ces étapes, je me débrouille pour avoir suffisamment de cartons / contenants afin de ne rien perdre (il y a pas mal d'éléments au final), et de tout regrouper par "composant". Je vous suggère de faire de même, et même de prendre des photos au fur et à mesure afin de ne pas vous perdre au remontage :).

La grande poulie

Pour enlever la grande poulie, j'ai initialement supposé qu'il fallait dévisser cet élément.

En réalité cela se fait à l'arrière, en dévissant ces deux écrous.

Ca commence bien : à l'arrière de la poulie je trouve tout un petit monde à nettoyer !

Je n'ai pas dévisser la partie que je pensais enlever initialement, un bon décrassage aux chiffon, éponge, tournevis plat enroulé dans le chiffon me suffisent à redonner une belle allure à cette poulie !

Je range cette poulie avec les boulons associés dans un carton que je mets à part et hop, je passe à la suite.
Pour continuer, je débraye la chaîne pour l'enlever des pignons, et libérer le levier qui actionne la raboteuse

J'enlève alors le levier qui actionne la raboteuse, afin de le nettoyer proprement.

Je m'attèle au nettoyage principalement en frottant à l'éponge et à la pierre blanche, puis je le mets dans un carton à part, pour ne pas perdre les éléments associés.

Je continue mon démontage en passant au pignon d'entrainement du rouleau de sortie, vous pouvez voir l'avant / après en comparant le pignon gauche et le droit.

Pour le nettoyage, j'ai principalement frotté à l'éponge et pierre blanche, mais aussi un peu "gratté" avec mon tournevis plat et un chiffon enroulé autour, afin de ne pas abîmer les pièces. J'en profite pour bien nettoyer derrière les pignons, notamment en passant le chiffon entre les pièces. J'ai donc préféré ne pas m'essayer au démontage de ces pignons, n'étant pas bien sûr de pouvoir les remettre correctement. En tous cas, ca se fait plutôt très bien pour mon cas.

J'arrive au niveau de la roue crantée : d'emblée je me rends compte qu'il n'y a pas d'autre choix que de la démonter. Il faut commencer par le "coude" tendeur de la chaîne :

Il faut enlever le genre de goupille qui le bloque sur l'arbre, comme sur la photo du dessus, et tout s'enlève facilement. Il reste à enlever l'écrou qui maintient la roue crantée par l'intérieur du bâti.

Sur la roue crantée, on constate qu'il y a un pignon qui est vissé dessus (voir l'image du dessus, avec les 4 vis, j'en ai enlevé une des 4 pour qu'on comprenne bien). Je passe ensuite au nettoyage au tournevis et chiffon, mais aussi éponge et pierre blanche (bien sécher ensuite au chiffon !).

Voici à quoi ressemble le pignon précédent et la roue crantée.

Voilà pour le démontage et le nettoyage des rouages mécaniques, je ne suis pas allé plus loin et il me semble que ca fait plutôt le job : le nettoyage que j'ai effectué ensuite me semble correct, et c'est resté très simple tout en étant assez complet.

Pour le prochain article, j'attaquerai le dérouillage des tables et des rouleaux.
In fine, ce qu'il faut garder en tête c'est de bien ranger chaque composant séparément, avec ses éléments (boulons, goupilles, etc), afin de ne pas se perdre lorsqu'il faudra remonter. Numéroter les cartons est une bonne idée pour procéder dans l'ordre inverse si on souhaite ceinture et bretelle ! :)

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Dérouillage des rouleaux, arbre et table de rabotage

Il me reste à attaquer ce qui me paraît être assez costaud : remettre en état les rouleaux d'entraînement de la raboteuse, ainsi que l'arbre porte fers.
Je commence par décrasser un peu le rouleau entraîneur d'entrée, qui est très sale. J'y vais carrément au tournevis, avant de le repasser avec le chiffon enroulé pour enlever les excès.

Ceux ci sont très rouillés, et même si je ne suis pas certain que la rouille des rouleaux nuise particulièrement à la fonctionnalité de la machine, je souhaite le faire a minima pour repartir d'une base propre, et éviter que la rouille pique plus le métal que ce n'est déjà fait.

Je commence par essayer de démonter la table d'entrée... Eh bien ce n'est pas simple... Je commence par enlever les boulons qui maintiennent la table d'entrée au bâti

Mais en pratique, je ne parviens pas à dévisser la tige de réglage de hauteur de table d'entrée, celle ci en noir car elle maintient elle aussi la table au bâti.

Je me contente très maladroitement de faire en sorte que la table d'entrée soit suffisamment surélevée afin d'accéder au rouleau entraineur de sortie de la raboteuse

Ce n'est bien évidemment pas l'idéal : il vaut mieux pouvoir enlever complètement la table d'entrée en dévissant la tige de réglage de hauteur. Bref, le fait de positionner ma table d'entrée ainsi me suffit pour accéder au rouleau entraîneur et le nettoyer (eh oui, j'ai des petites mains =) ).

Je passe donc à l'application du dérouillant pour nettoyer les rouleaux et arbre, ainsi que les fixations des fers.
Je pars de là :

Et je procède ainsi :

  • Une couche de produit
  • J'attends une bonne dizaine de minutes
  • je frotte avec une éponge (et des gants !!!!)
  • je réapplique du produit et rebelotte.

Une fois que c'est terminé, je prends le temps de nettoyer avec l'éponge et la pierre blanche, et je sèche / essuie le tout.

Après trois couches, j'arrive à cet état (j'ai mis des photos intermédiaire, voir les légendes)

Prochaine article : le réglage de la table de raboteuse !

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Réglage de la table de rabotage

Bien, maintenant que mes pièces détachées sont nettoyées, que le bâti est propre, les tables et rouleaux dérouillés, je souhaite avant tout régler ma table de rabotage.
En effet, en testant la raboteuse avant de tout démonter, j'avais remarqué que le rouleau d'entraînement de sortie ne touchait pas toujours ma pièce de bois, et donc ne l'entraînait pas toujours en sortie.
Ca me paraît plus simple à faire avant de remonter toute la mécanique, simplement parce que ca implique de basculer la machine sur le côté (le réglage se fait par le dessous), et qu'en plus, ca me permettra d'y faire un peu de nettoyage.

Avant toute chose, ici j'ai réglé ma table de rabotage par rapport à la base du bâti. Cela présuppose et ne fonctionne qu'à une condition : que l'arbre porte fer soit parallèle au plan de la base du bâti. En pratique, cela se vérifie en s'assurant que la hauteur de l'arbre porte fer à la base du bâti est rigoureusement la même d'une extrémité et de l'autre de l'arbre.

Pour expliquer comment bien régler la table de raboteuse, il me semble qu'il est plus simple d'expliquer la manière dont elle fonctionne, dont sa montée et sa descente sont entraînées. Voici d'abord un petit schéma rapide :

En gros, la manivelle fait tourner une tige filetée à l'un des 4 coins de la table. Pour que les 4 coins de la table montent et descendent en parfaite synchronisation, il y a des pignons en bas de chaque tige filetée qui sont liés par une chaîne sous le bâti de la Kity. Pour que la chaîne soit tendue correctement, un 5ème pignon est placé, que j'appelle "galet tendeur" car j'ai vu ce terme ailleurs. Il est mobile et sa position est verrouillée par un écrou.

Pour régler la table, ce que je fais consiste à mesurer la hauteur de chaque angle de la table par rapport à la base du bâti. J'avais 3 mêmes mesures, et un angle pour lequel il manquait un petit millimètre. J'ai donc basculé la Kity sur le côté, desserré la chaîne en enlevant le galet tendeur et en ôtant la chaîen du pignon, et fait tourner la tige filetée à laquelle il manquait ce petit millimètre indépendamment des 3 autres. Une fois que la mesure était bonne, j'ai remis la chaîne puis ressérrée.

J'en ai profité pour y passer un petit coup de chiffon (ce n'était pas bien sale).
Prochaine article : le remontage des mécanismes !

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Remontage

Bien, maintenant que la table de raboteuse est réglée, que les différentes pièces de la machine sont propres, il me reste à remonter l'ensemble. Simple.
Avant de commencer, en regardant le bâti, vous constaterez qu'il y a des "marges" laissées volontairement dans l'ancrage de certaines pièces sur le bâti. Cela nous permet de placer les roues crantées au mieux :

Je commence par remonter la grande roue crantée au moyen de son axe. Puisqu'il y a un jeu, il vaut mieux ne pas trop serrer pour l'instant pour permettre de l'ajuster au mieux avec l'ensemble plus tard. Je mets donc l'axe, et je ne serre pas trop l'écrou dans le bâti.

J'installe dans l'ordre :
1/ la roue crantée, puis
2/ la chaîne : je l'installe juste sur les pignons du haut pour le moment, elle reste pendante qu niveau du pignon associé à la roue crantée.
3/ le bras qui permet d'activer la fonction de rabotage, entouré sur la photo ci-dessous

Ensuite, je place le "bras tendeur" de la chaîne comme indiqué sur la photo du dessous : la chaîne passe à droite du pignon.

Ensuite, dans l'ordre :
1/ J'ajuste le ressort du bras tendeur comme indiqué sur la première photo ci-dessous par la flèche - la chaîne n'est pas encore ajustée.
2/ J'ajuste la chaîne sur les deux pignons restants : celui associé à la roue crantée, et celui du bras tendeur.
3/ J'installe la goupille qui maintient le bras tendeur (dernière photo)

Ensuite, vient l'ajout de la grande poulie. Je l'installe sans trop serrer les écrous, le jeu est vertical. Toute la problématique consiste à ajuster la petite roue crantée associée à cette poule, à la grande roue crantée déjà installée (celle dont on n'a pas trop serré l'écrou ;) !).
Je n'ai pas vraiment de recette miracle pour le positionnement. J'ai pris deux photos du positionnement des dents des deux roues ci-dessous. En pratique, je procède ainsi :

  • Je positionne de telle sorte que ça me paraît pas trop mal, je serre de manière à ce que ça ne bouge pas
  • je fait tourner la grande poulie en écoutant le son à la fois du le mouvement de la chaîne et du mouvement des deux roues l'une par rapport à l'autre.
  • une fois que ça me paraît correct, je serre l'écrou dans le bâti en maintenant un tournevis hexagonal de l'autre côté (3ème photo).

Voilà ce que ça donne :

Il ne me reste plus qu'à passer les courroies (zut, j'ai pris une photo avec la courroie de raboteuse mal placée, j'ai essayé de la corriger, la courroie passe sous le petite poulie et pas au dessus, vous comprendrez je pense :)).

Petite vidéo de test pour entendre le tout qui tourne 😉 :
Vidéo du test après remontage
Il me reste à installer ma Kity sur sa table ! Oui je sais, c'est un peu prématuré, avant le réglage des tables, mais je voulais la voir trôner un peu :) !

Prochaine étape : je trouvais les tables, bien que très saines, très "rèches", ou du moins peu glissantes...
J'ai donc décidé d'effectuer un petit ponçage, très léger. Je n'ai pas pris de photos donc ce sera un article très sommaire !

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Poncage des tables de dégauchisseuse

J'ai hésité à écrire cette section, pour deux raisons :

  • mon but est d'abord d'aller à l'essentiel, et cette étape me paraît assez optionnelle. Donc à voir selon votre cas.
  • En parcourant ma bibliographie (voir les liens du dessus), vous y verrez une méthode ou deux pour avoir des tables bien plus lisses et glissantes que les miennes. Disons que ma manière de faire n'est peut-être pas le top du top, soyez donc prévenus :).

Alors pourquoi ne pas avoir suivi les autres méthodes qui sont référencées au début de ce pas à pas ? Simplement parce qu'elles nécessitaient un polissage métal, produit dont je n'ai jamais eu l'utilité et qui coûte tout de même une vingtaine d'euros. Disons simplement que je ne souhaitais pas investir dans ce type de produit.

J'ai donc tout de même tenté le coup. Les tables sont effectivement bien rêches d'origine, même si leur aspect est vraiment très bon :

Ce que j'ai fait, c'est donc commencer à poncer à l'orbitale en montant en grains :
80 > 150 > 240 > 400 > 800 > 2000 > 4000
Je n'ai surtout pas appuyé, mais j'ai constamment déplacé la ponceuse, en restant très attentif dans mes mouvements pour passer autant de fois à tous les endroits de la table. J'ai fait des 'Z', ça m'a l'air d'avoir été plutôt probant.
Pour terminer, j'ai dépoussiéré les tables pour enlever les résidus, et fini avec une simple cire de bougie pour protéger et améliorer légèrement la glisse.

En pratique, je ne suis pas certain que la cire soit le plus efficace. poncer les tables était une bonne idée je crois, ma jauge d'épaisseur est restée constante sur les gaps (j'aborderai ce sujet dans la partie réglage). Mais la cire n'a pas tant que ca amélioré la glisse. Attention, je ne dis pas que c'est moins bien qu'avant, au contraire, mais disons que je pense qu'il y a de meilleures méthodes que la mienne, moyennant peut-être un peu de paraffine ou de spray dédié. Lorsque le film de cire aura disparu, j'essaierai peut-être le savon de Marseille, à voir...

Quoiqu'il en soit, voici le rendu :

Le reflet c'est ma dalle LED, ce n'est pas un miroir mais c'est pas mal.
Prochaine étape : l'interrupteur, ou le réglage de mes tables, à voir :).

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L'interrupteur

Pour que ma rabot dégau soit utilisable, il manque encore plusieurs éléments absolument nécessaires à sa sécurité. Je pense au capot protecteur lors de l'utilisation de la machine en mode raboteuse, mais aussi à un interrupteur accessible.
En tant que bon novice, il se trouve que je le suis encore plus pour ce tout ce qui touche à l'électricité. Me voilà donc à commander un interrupteur bouton poussoir pour ma machine (on en trouve un peu partout sur le net), et vient le moment de le raccorder.

Fil rouge sur le bouton rouge, fil... Ah... Pas de bouton rouge !
Avec l'interrupteur, il n'y a pas de notice fournie, juste un petit schéma avec des nomenclatures que je ne maitrise absolument pas : mon interrupteur est un interrupteur à bobine et a, au dos, 5 bornes identifiées par A1, 14, 24, 13, et 23.
Hors de question pour moi de vous faire un tuto sur comment fonctionne ce schmilblick. Je pense avoir bien compris, mais je me garderai bien de vous donner des conseils ou faire une pseudo explication foireuse de ce que j'ai retenu. J'indique juste ce dont je suis certain d'avoir compris, puisque c'est comme cela qu'il fonctionne, à savoir que ce que permet un interrupteur à bobine, c'est une protection de la machine contre les surcharges et sous tensions éventuelles, mais surtout, lorsqu'une coupure de courant intervient, de ne pas rétablir l'alimentation une fois le courant revenu. Il faudra réenclencher l'interrupteur "marche".

A défaut d'explications plus complètes, je vais aller droit au but et expliquer mes branchements de la manière la plus simple possible.

Voici le matériel que j'ai utilisé :

  • des cables gainés avec une fiche au bout pour l'alimenter sur une prise de courant (pour ma part, j'avais une vieille multiprise inutilisable, j'ai récupéré la partie avec le cable qui se branchait au secteur).
  • Du fil électrique
  • un connecteur type wago ou simple domino (pour la terre)
  • Un fer à souder
  • de quoi bricoler une petite boite qui sera plus ou moins étanche à la poussière
    De plus, je ne veux pas toucher au cable de mon moteur, j'ajoute donc dans le matériel une simple prise de courant.

Voici grosso modo le schéma de ce que j'ai fait :

En fait tout est là... L'interrupteur se situe au milieu, je l'ai solidarisé avec ma prise de courant au dos dans une boîte (plus ou moins) hermétique, dans laquelle j'ai simplement soudé mes cables directement sur les bornes. Le moteur se branche directement à l'arrière de la boîte, et un trou sur le côté de la boîte permet d'amener le cable qui va se brancher sur une prise classique.

Rien de bien sorcier :) !

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  Ce pas à pas présente un projet en cours de réalisation.

Publications associées


Discussions

Cinq Sens du Bois  a publié le pas à pas "Restauration "simple" d'une Kity 635".
il y a 1 mois
Pendloup
( Modifié )

Bonjour,

Sur la mienne j'ai des fers simples, sans encoches. Je ne vois pas le pb.

Cinq Sens du Bois

Bonjour Pendloup,
Sur la mienne également, je signale juste qu'il existe deux versions de l'arbre des fers, l'un qui accepte des fers à encoches, l'autre, comme toi et moi, qui prend des fers simples ;).

Pendloup

Ok . Je ne connaissais cette version d'arbre à encoche

Cinq Sens du Bois  a publié l'article "La table de support".
il y a 1 mois
Pendloup
( Modifié )

Bonjour,

Tu pourrais prévoir du rangement dans ce meuble . C'est ce que j'ai fait pour le mien. J'y range tous les accessoires de la machine, les lames et courroies de rechange, et la doc.
Mais peut-être que c'est déjà planifié . Bien pensé le système de déplacement de la machine. J'en ai fait un sur le même principe pour ma scie Kity

Cinq Sens du Bois
( Modifié )

Bonjour Pendloup,
Oui c'est prévu en effet, mais merci tout de même pour la suggestion, parce qu'elle est bonne ;). L'idée est que dans ce pas à pas, je m' "abstrais" autant que possible des particularités de mon projet pour que, si quelqu'un hésite à se lancer sur une Kity, avec ce tuto il puisse voir assez facilement où il va, mais surtout adapter les choses à ses besoins (dont la table de support) :).

Cinq Sens du Bois  a publié l'article "Démontage et nettoyage des rouages mécaniques".
il y a 1 mois
Cinq Sens du Bois  a publié l'article "Dérouillage des rouleaux, arbre et table de rabotage".
il y a 1 mois
DewhitYoussef
( Modifié )

Elle a fière allure une fois nettoyée. Bravo pour ce petit reportage bien documenté, pas grave si tu n’as pas tjrs les bons termes, tu as le bon feeling, c’est l’essentiel!!

Cinq Sens du Bois

Merci beaucoup, j'espère juste qu'il servira à d'autres futurs acquéreurs de cette jolie machine 😉 !

Pendloup

Elle est tombée entre de bonnes mains cette Kity. C'est une nouvelle jeunesse que tu lui donnes. Bravo.

Cinq Sens du Bois

Merci Pendloup, c'est super sympa :)

ogib
( Modifié )

super article ! j'ai fait de même sur ma 635 il y a qq années en m'inspirant de l'article de Ravi. et je vois que tu as trouvé les plans des capots sur mon blog !👍

Cinq Sens du Bois

Eh oui ! Content de voir que tu passes par ici... Mais tu vas voir que j'ai un peu baclé le boulot des capots en ce qui me concerne 🙄 !
Mais bon, tant qu'ils font le taff... Moi ca me va :)

ogib

c'est çà, l'important c'est surtout l'apparence des meubles !

Cinq Sens du Bois  a publié l'article "Réglage de la table de rabotage".
il y a 1 mois
Cinq Sens du Bois  a publié l'article "Remontage".
il y a 1 mois
Thom38
( Modifié )

Une petite question: n'aurais-tu pas dû régler ta table de rabotage par rapport à l'arbre plutôt que par rapport au bâti?
Le plus important c'est le parallélisme de la table et de l'arbre si tu veux raboter à épaisseur constante sur toute la largeur de la table?

Cinq Sens du Bois

Tu as raison ! Je vais ajouter le fait que cela présuppose que l'arbre est parallèle au plan de base du bâti, car c'est une condition nécessaire pour pouvoir faire le réglage de cette manière.

Cinq Sens du Bois

J'ai ajouté la précision, merci beaucoup Thom38 !

Thom38

De rien, j'ai été confronté au problème quand j'ai remis ma Lurem en état. La référence pour les tables de rabot et dégau, c'est l'arbre 😇

grit

Tout à fait d'accord :
1 régler la table d'entrée par rapport à l'arbre
2 régler la table de sortie par rapport à celle d'entrée avec la règle de contrôle et les cales. Attention car avec les tables en alu, le centre est souvent creusé... Les fers sont du coup inréglables.

Cinq Sens du Bois  a publié l'article "Poncage des tables de dégauchisseuse".
il y a 1 mois
Pendloup
( Modifié )

Bonjour,

Je commente à propos de la cire. Je n'ai pas de retour d'expérience sur cette technique de glisse. Pour ma part , j'utilise un produit de glisse de tables d'usinage pro. C'est en bombe et indispensable. En effet , le passage des bois sur la table diminue constamment le coefficient de glisse. Le phénomène est important surtout sur la table de rabotage, ce qui provoque des pbs .Il est d’ailleurs recommandé dans la doc de cette kity de mettre du produit sur les tables souvent. J'avoue que je n'aurais jamais pensé de mettre de la cire. Mais peut-être que ça fonctionne. Je suis curieux de savoir.

Cinq Sens du Bois

Merci pour ton retour Pendloup ! C'est l'une des raisons pour lesquelle j'ai hésité à mettre cet article : je ne suis pas du tout sûr de moi.
J'ai lu différentes choses : produits en bombe comme tu l'indiques, paraffine, cire, savon, polish... Je ne suis malheureusement pas du tout connaisseur du domaine. J'ai mis de la cire parce que j'ai l'habitude d'en mettre sur mes coulisses de tiroirs en bois, et que ca fonctionne très bien (je l'ai fait pour le bureau de ma fille et je suis surpris que ca coulisse aussi bien pour être honnête !). Je me suis dit que d'une part, ca protégerait les tables (humidité), et d'autre part ca n'aurait pas d'impact sur le bois.
Mais c'est basé sur mon expérience de novice, donc tout retour d'expérience est bon à prendre et je les ajouterai dans le pas à pas :). Tout comme ton retour à toi, merci encore !

Cinq Sens du Bois  a publié l'article "L'interrupteur".
il y a 15 jours
Redoak
( Modifié )

Bonjour,
Concernant le schéma de câblage de l'interrupteur, est-ce le schéma auquel tu penses que tu présentes ou l'as-tu testé effectivement?

Cinq Sens du Bois

Bonjour Redoak, c'est celui que j'ai mis en place sur ma machine :).

Redoak

OK Merci

Pendloup

Bonjour,
ça s'appelle un interrupteur à manque de tension. Le principe est effectivement qu'il faut faire une action (soulever la plaque) pour réamorcer. La bobine agit , je pense , comme un relais. Elle doit isoler le bouton du circuit du moteur.

Une méthode fais-maison consiste à enfermer un interrupteur adapté dans une boite avec un volet comme celui du tien.

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