Bonjour,
On vient de retrouver au fond d'une cave le seul exemplaire du bureau Oeuf de Jean Royère, daté des années 50. C'est un design tout à fait spécial, caractéristique de Royère. Il avait fait toute une collection, avec les fauteuils, un buffet, etc.
Le bureau est évalué entre 30 et 50 000 zeuros.
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Ze problem, c'est qu'il est très abîmé...
Ce serait intéressant de discuter des différentes approches pour sa restauration. Tout enlever, et faire un nouveau placage tout neuf, comme pour le buffet ? Mais dans ce cas, a t'on encore un "meuble original" ? Ou essayer de conserver au maximum le placage existant ? mais dans ce cas, comment "boucher" les trous et comment nettoyer le placage?
En me relisant, je me dis qu'il vaut sans doute mieux le préciser, c'est une interrogation "théorique". Ce n'est pas moi qui ai trouvé le meuble...
Mis à jour4 réponses
Salut à tous.t.es,
Ah, la restauration, on risque de s'empailler sur qui a raison et qui pense avoir plus raison...
Un restaurateur fera forcément selon son éthique et ses compétences...
Il fera aussi en fonction de ce qu'attend le donneur d'ordre : en effet, entre un antiquaire, qui cherche à maximiser sa marge, et un conservateur de musée, qui n'a pas franchement la même vision des choses, bien des possibilités existent.
Techniquement, beaucoup de choses sont possibles, suivant le budget disponible:
la dépose puis la repose du placage après intervention sur le bâti, la reprise du film de colle (à condition qu'il s'agisse bien d'une colle réversible telle la colle à chaud comme le précise normandie), pour cela, un grillage fin faisant résistance+ un transformateur spécifique et un gros savoir-faire...
Des greffes, pour le bâti et/ou pour le placage, des mastics de remplissage et/ou de finition, si l'on considère qu'une restauration "invisible" n'est pas nécessaire, et que la "lecture" de l'objet ainsi que sa stabilisation sont prioritaires... (Eh oui, les cicatrices d'un objet sont aussi des témoignages de son vécu, et dignes d'être conservées, d'un point de vue historique).
Que dire de plus sans un diagnostic précis des pathologies du meuble ?
Ah si, rien de définitif sur cette terre, même pas la vanité... Alors un vulgaire meuble...
À suivre.
Jean
bonjour
suivant la valeur que l' on attache a un meuble on accepte de faire la restauration
on utilise au maximum les matériaux du meuble on retrouve le même placage ou on va le chercher sur un autre meuble de la même époque on garde le maximum
c est difficile de faire une belle restauration bien plus que de le faire neuf j ai restaurer beaucoup de meuble pour moi même car je suis plus que très exigent sur la façon de restaurer
l' ébéniste de service
Avec un tel prix d'estimation, il vaut mieux confier la pièce à un restaurateur de métier qui saura faire le bon choix et prendre la bonne orientation. Restauré, il aura toujours une valeur certes moindre et encore tout cela dépend de l'offre et de la demande. Les meubles vieux de plusieurs centaines d'années subissent parfois une restauration mais il garde tout leur attrait. Il vaut mieux un meuble restauré qu'une épave!!!

Bonjour Kentaro
En général en restauration le principe est de conserver le maximum de pièces d'origine, donc faire un placage tout neuf même si il a été apposé à la colle à chaud, ce serait presque toujours proscrit.
Si on souhaitait tout changer cela s appellerait plutôt alors de la "rénovation" (remise à neuf).
Franchement c est pour ça que la restauration c est pas trop mon truc sur le mobilier quand il est classé. Il faut plastifier le bois au paraloid plutôt que de remplacer, maquiller plutôt que de changer... C est pas mon truc.
Matthieud Je croyais que la restauration, cela se faisait avec les techniques de l'époque, avec des techniques le moins invasives possibles et toujours réversibles... on met vraiment de la résine dessus ? et on peut l'enlever ? on sait ce que cela devient dans 100 ou 200 ans ?
Kentaro je ne pense pas la résine au oubliettes c'est pas der la restauration c'est du bricolage la restauration est un art il faut comprendre et preserver.
executionbois Entièrement d'accord. Mais Matthieud parle de Paraloid...
Pour en avoir fait pas mal, je peux dire que c'est plus compliqué que ça en a l'air notamment car lorsqu'on intervient sur des éléments classés, on n'est pas les seuls décisionnaires. Souvent, il faut monter tout un dossier et chaque pièce changée doit être méticuleusement indiquée pour que les décideurs (souvent la direction régionale des affaires culturelles parfois à l'architecte) puissent... décider ...si l'on doit ou non changer la pièce. très souvent, ces décideurs ont une approche de conservation maximale, ce qui emmène parfois -même quand la pièce est totalement vermoulue- a souhaiter plutôt la renforcer avec de la résine qu'à la refaire à l'identique même si cela est fait avec les techniques et moyens de l'époque. Je pense qu'on pourrait tout à fait faire une question philosophique sur ce sujet, car personnellement je n'adhère pas trop à ces méthodes de restauration, mais parfois on a tout simplement pas le choix.
Pour les décideurs, il y a énormément de paramètres qui rentrent en compte, par exemple souvent, ils préfèrent que la restauration par changement de pièces soit plutôt visible, peut-être afin que nos lointains descendants sachent qu'un travail tel a été fait, et qu'ils n'utilisent pas ses pièces pour dater la pièce d'origine par exemple par dendochronologie...
Je pense qu'il y a aussi assez souvent la crainte que le travail ne soit pas refait dans les règles, à mon avis c'est arrivé assez souvent que nous-même artisan prétendions faire du travail dans les règles de l'art, puis au final un refouillé de moulure disparaît, une sculpture devient plus simple et cetera et cetera tout ça pour une question de coût car ne l'oublions pas la plupart des ouvrages restaurés le sont sur appel d'offre..
Matthieud Sachant que sur les cathédrales, y a pas une pierre qui date de la construction initiale...
Je n'irais quand même pas jusqu'à dire "pas une pierre". Mais il suffit d'observer le cas de la taille de pierre pour constater que ce serait utopiste de penser qu'on travaille aujourd'hui avec les méthodes de l'époque. Les pierres sont taillées au diamant puis vieillies à la boucharde, seules les parties inaccessibles aux machines sont faites à la main. Je ne suis pas spécialiste en taille de pierre, mais, là aussi je sais qu'il est majoritairement préconisé la préservation tant que cela ne nuit pas à la solidité du bâtiment. Par exemple, sur la flèche Saint-Michel ici, un minimum de pierres a été changé, et toutes celles qui ont pu être conservés l'ont été. Mais ce n'est pas vraiment comparable avec le bois. Puisque le bois peut être renforcé avec de la résine -malheureusement ou heureusement ça dépend comment on se positionne.-