Ce pas à pas présente un projet en cours de réalisation.
Je vous montre comment je fabrique mon tour à bois. Et j'espère qu'il sera presque aussi bien qu'un tour en fonte :)
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Fabrication de la poupée fixe
C’est le début qu’il ne faut pas rater : Il s’agit de faire une boîte stable / un carter pour tenir la broche.
Coté matériel : Du contreplaqué de bois dur (j’ai du hêtre en 22mm et un truc exotique encore plus dense en 15mm) pour faire les deux côté du carter critique dans lesquels seront les logements de roulement et la fixation au banc. Le reste de la boîte est aussi en panneau stable (ici du latté peuplier/Oukoumé suffira, je collerai un champ en hêtre sur la zone de contact avec le banc.).
La broche longue était difficile à trouver car je voulais quelque chose de plus long que les broches pour mini-tour d’établi. Contrairement à la fonte le bois, moins dur, doit être soumis à moins de contraintes, donc une boîte grosse est bénéfique.
Des roulements coniques sont un choix classique pour un tour : ils ont l’avantage de prendre très bien les fortes charges axiales et latérales. Aussi l’assemblage en serrant la broche permet d’éliminer totalement les jeux.
Quelques croquis de ce que je compte faire :
Je me lance donc en créant les logements de roulement à la défonceuse avec gabarit + bague de copiage. Je prends soin de vérifier que les logements sont bien alignés en positionnant le gabarit soigneusement. Les logements sont environ centré, mais surtout rigoureusement à la même distance d'un bord de référence par retournement du gabarit.
Nota : un scotch sur la bague de copiage peut permettre de réaliser un logement un poil plus petit : il faut que les roulements soient ajustés très serré dans le logement.
Je colle l'épaisseur de contreplaqué additionnelle.
Du fond dur est appliqué avant l'insertion de la bague de roulement.
Pour isoler le roulement de la poussière, je prévois un trou de 26mm laissant passer la broche qui fait 25mm.
Avant d’assembler le carter il faut encore réaliser les poulies qui seront sur la broche, puis j’ajouterai deux tiges fileté pour la fixation au banc, et enfin on pourra assembler le carter.
Ce n’est pas les premières poulies poly-V que je fais et je trouve que le médium (600kg/m2) est un bon matériau. Le contreplaqué plus résistant fonctionne aussi mais il est plus difficile d’obtenir des gorges bien régulières. Le massif est probablement le pire choix, bien que pour un petit diamètre on s’en sort. J’ai aussi eu d’excellent résultat avec un truc plus dense que du médium et d’aspect similaire (du HDF ? du HPL ? du stratifié ? bref, je ne sais pas ce que c’était).
Ici je décide de réaliser un disque dont le rôle est double : servir de poulie provisoire pour tourner les autres poulies, et faire le maintient en rotation autour de la broche grâce à une vis pressante.
Des disques en médium sont percé à 25mm, cet alésage est enduit de fond dur et chanfreiner pour coulisser correctement sur la broche (sans jeu et sans éclater). Puis tout les disques sont collé ensemble avec la broche (parrafinée) pour aligner. Reste à usiner les poulies :
Puis à façonner les gorges adéquates à la courroie. Les étapes 3, 4, 5, 4bis et 5bis en image (cliquez sur l'image) :
Maintenant que cela est fait la boîte est collée avec des feuillures. Une fois la colle sèche j’ajouterai des chevilles coniques un peu partout pour me donner bonne conscience.
Un peu de peinture.
Il reste à protéger les roulements côté extérieur pour éviter qu’ils prennent la poussière. Réaliser une chicane permet de protéger sans avoir de chose qui frotte. Je m’essaie au repoussage pour donner la forme au flasque, c’est d’ailleurs le premier truc que je tourne sur le tour ^^. La nuance d’aluminium ne semble pas prendre le recuit, en tout cas je n’ai pas réussi à le recuire… Donc il y a de l’élasticité mais il suffira que je modifie légèrement le mandrin (en repoussage le mandrin est le nom de la forme en bois sur laquelle on repousse la tôle de métal) pour avoir mes côtes. Le peu que je sais sur le sujet du repoussage est sur la chaîne de James Thurman.
Une photo avant montage de la broche dans le carter et application de la graisse haute pression dans les roulements (jusqu'à présent je tournais avec un peu d'huile).
Nota : J'ai été gourmand sur la dimension de la plus grosse poulie, aussi je dois creuser un peu dans le carter (visible sur photo ci-dessus). Cela rend l'insertion des poulies plus délicates :
- il faut passer par la fenêtre coupée dans le flanc du carter (ça ne passe pas par en dessous)
- Le bloc de poulie cogne contre ces creux quand on insère la broche sans précaution.
Bref, je ne conseille pas forcément.
La construction faite il faut aligner la poupée avec le banc, c’est-à-dire s’assurer que l’axe de la broche est parallèle au banc. Le banc, dans mon cas mon établi, possède un écart dans le plateau qui est susceptible de changer avec l’hygrométrie, donc tout est conçu pour prendre appui sur une face de référence, c’est par rapport à elle qu’on aligne.
Je monte un long bout de bois (80cm) sur un plateau de tournage et repère le centre (cette méthode). On ajuste les zones de contact du carter avec le banc.
Et voilà qui termine la construction de la poupée fixe !
Motorisation, banjo et premiers accessoires
Motorisation
J'ai à ma disposition un moteur asynchrone triphasé de 900W tournant à 1435RPM ainsi qu'un variateur de fréquence (VFD) dimensionné pour 1,5kW, il alimente en temps normal mon petit combiné.
Je profite de la proximité de ma presse pour avoir un système de maintien en tension rudimentaire mais efficace : La presse desserrée on place la courroie sur les poulies souhaitées, on pousse d'une main sur le moteur pour mettre en tension et de l'autre on ferme la presse.
Les dimensions des poulies sont choisies afin de couvrir un maximum de plage de fonctionnement sachant que mon variateur se règle entre 0 et 65Hz. J’ajoute une étiquette qui donne la vitesse de rotation de la broche en fonction de la fréquence de mon variateur.
Nota : En cas de mauvaise utilisation je préfère que ça soit le moteur qui cale plutôt qu'autre chose se produise (un tour en bois à des limites). Si on veut diminuer la puissance destructrice du moteur on peut utiliser le variateur à une fréquence faible (en dessous de 20Hz mon moteur ralenti assez facilement), ou encore branché le moteur en « Y » plutôt qu’en « Delta » avec une tension de 220V.
Le Banjo support-outil
Les tours commerciaux ont un banjo avec un système ingénieux d'excentrique qui permet un positionnement d'une main. Ici ça sera plus simple mais nécessitant deux mains : une poignée à serrer par en dessous.
Quant au serrage de la tige (25mm) du porte outil, il se glisse entre deux mors en bois puis pressé par un étrier. J’aimerai un trou plus profond que ce que ma mèche me permet alors je perce les deux mors non collés puis prolonge à la main le trou et enfin colle les mors avec le porte-outil en place pour l’alignement.
Je fais plusieurs modifications au cours des premiers usages :
-Je change l'étrier qui était trop encombrant et j'affine la silhouette.
-Les montagnes de copeaux ne rendent pas la manœuvre plus simple alors j'ajoute un couvercle de protection
-Le porte-outil descendant un peu en cours d'usage, je tente de mettre de la craie sur la surface de contact, ça change pas grand chose : faut surtout bien serrer !
-La manœuvre du banjo est plus aisé si la vis qui traverse le banc est noyée dans un cylindre légèrement plus petit que l'écart dans le banc. Ainsi la vis ne se met pas de travers.
Des idées d'évolutions, notamment pour tourner en l'air:
-Mettre le porte-outil à gauche (plus près du travail) plutôt que centré sur le banjo. Ce serait peut-être intéressant pour tourner les plus gros diamètre, mais on perd en rigidité le reste du temps.
-Affiner encore, notamment au niveau du bridage du porte-outil. Peut-être garder la même idée mais tourner l'étrier de 45° afin qu'il n'entrave plus à gauche.
Accessoires
- Très vite on constate qu'un blocage de la broche est indispensable, je me procure une clé plate de 35mm qui bute avantageusement contre le banc et la bloque.
- De même je me procure un cône d'emmanchement pour utiliser un mandrin de perçage sur le tour. Je choisi le moins cher, je me doute qu'il a probablement défectueux. Je rattrape le coup comme je peux.
- Pour manipuler la broche c'est commode d'avoir un petit volant plutôt qu'un simple écrou.
Dans le commerce ce volant serait verrouiller par une vis pressante, pour l'instant je n'ai rien mis mais l'option frein-filet sera plus simple...
- Pour serrer par en dessous (le banjo) une poignée tournée. C'est facile à manipuler à l'aveugle, peu encombrant mais fatigue la main.
La poupée mobile
Je fabrique la poupée mobile avec une vis M33 identique au filetage de la broche du tour, pas le plus simple mais ça aura des avantages :
-lors de la fabrication, assurer l'alignement
-lors de l'utilisation, cette vis accepte les accessoires de tournage (plateau, mandrin...). Par exemple on peut tirer parti de ça pour usiner des filets d'un pas de 3,5mm. De même un transfert sur un bloc martyre sans perte de concentricité semble possible... Je testerai tout ça plus tard.
Je commence par fabriquer un taraud avec cette tige filetée car à l’inverse des tarauds du commerce le taraudage ainsi obtenu n’a pas de jeu avec la vis, ce qui pour un matériau compressible comme le bois est plutôt bénéfique.
A plusieurs reprises j'aurai usage d'un trou de 33mm, pour cela j'utilise une mèche classique de 35mm puis cale sur la circonférence du trou 1mm de plastoc (une cartouche de mastic fonctionne.).
Je taraude les deux montants en hêtre. Sur l’un je fends une extrémité et ajoute un serrage dans deux buts : donner la possibilité d’un blocage et faire une éventuellement reprise de jeu. Les trous avant taraudage sont percés à 29mm, j'utilise un mèche forstner de 30 que je réduis sur un touret.
Puis toute l’astuce consiste à fabriquer la contre-pointe en relation avec la broche pour assurer l’alignement. Chaque collage entre montant taraudé et le piétement et réalisé « en place » pour respecter les différentes contraintes géométriques.
On fait une manivelle :
Maintenant que tout est aligné reste à usiner la vis M33 pour y faire un cône morse n°2 et un trou traversant (pour chasser les emmanchements).
J'essaie de prendre toutes les précautions pour avoir un trou le plus droit possible : huile pour la coupe, pas forcer, débourrer après l'avance d'un pas de vis ou deux, j'usine la vis alternativement tourner d'un demi tour afin qu'un éventuel désalignement des poupées soient contrebalancés, la vis dépasse toujours de la même distance du montant afin de contrebalancé une vis en banane... J'aurais probablement dû être plus soigneux sur le centrage initial.
Le perçage est imparfait, je procède à l'alésage du cône en vérifiant régulièrement la concentricité. Cette vérification se fait avec l'emmanchement de perçage qui tient une tige droite (je vérifie au préalable que cet ensemble tourne droit sur la poupée fixe). J'alterne repérage de problème de concentricité, alésage (de bourrin) et limage (de galérien).
Fort d'une poupée fixe je me lance dans une première fabrication :
Ça fait plaisir :D
A propos d'auto-construction
Budget
Si l’on achète toutes les pièces pour fabriquer sa machine on dépense plus que le coût d’une machine similaire neuve. En essayant de récupérer un maximum de choses on réduit le coût et également l’empreinte environnemental. Malheureusement cela est à mettre en balance avec le manque d’ergonomie/fonctionnalité obtenu et le temps de travail fourni. Il s’agit donc d’un compromis, chacun jugera quel est le bon.
Ici je m'en sors pour moins de 200€. C'est bien mais quand on voit qu'un mini-tour d'établi fait bien le taf' pour pas beaucoup plus cher est-ce économiquement intéressant?
Deux semaines pour cette construction. Est-ce du travail ou du plaisir?
Inspiration
L’auto-construction de machine-outil était la norme à une certaine période. Il était normal de fabriquer sa machine déjà parce qu’il était impossible d’en acheter, puis plus tard pour tout un tas de raisons : économies, orgueil, loisir, autonomie... Voici quelques images de tours aperçus sur leboncoin avec plus ou moins d’auto-construction.
Certains sont installés sur des bancs larges et solides,
celui-ci prévoit un banc et un écart tellement grand que la pièce travaillée peut descendre en dessous du banc. Renforcé par des diagonales pour plus de stabilité.
Et puis parfois le banc à été perdu.
Certains ont un dispositif à clef pour faire différents filetages, une indexation... Certains sont à pédale...
Il y a le joli et le crade.
EDIT septembre 2026 : J'ai croisé d'autres spécimens, je vous les mets quand même :
Au delà des petites annonces il y a aussi l'Histoire. Roubo bien sûr, et aussi cette version datant de 1805 qui combine déjà un tour sur un établi de menuisier.
Et puis je me dois de mentionner la version de Matthias Wandel : woodgears.ca/lathe/index.html
Enfin il y a plusieurs tours maisons ici sur l'Air du Bois :
Mes versions précédentes
Ce tour n'est pas le premier que je me bricole.
La première version "à la perceuse" (quand je commençais le bricolage). Je n'ai pas de photo mais voici un croquis. J'ai seulement retrouvé la pointe d'entrainement et un mandrin à bague.
Le mandrin d’une perceuse est conçu pour reprendre des charges axiales mais pas latérales, or on a les deux quand on tourne. Pour reprendre les charges latérales on passe un axe (tige filetée) par un roulement à bille. La contre-pointe est une tige filetée affûtée en pointe traversant un bout de bois fixé à l’établi. J'avais même trouvé un très gros roulement et fait un plateau de tournage large permettant de tourner en l'air (voir boîte à sel ci-dessus).
Les défauts : Ils sont nombreux mais le plus gros c'est le moteur bruyant, trop rapide, peu puissant et surtout mal adapté qui finira par griller (interrupteur HS).
La seconde version : J'ai retrouvé une poupée fixe en fonte qui appartenais à mon arrière grand-père (il bouchait des flacons à l'émeri). Après avoir ajouté des poulies et ajusté les paliers en bronze j'ai pu m'en servir.
Malheureusement le mode de fixation se faisait par un cône au dimension obsolète ou un taraudage en M14. Si ce n'est la motorisation/poupée fixe pas grand chose à changer par rapport à ma première version, on aligne toujours les éléments à l’œil avec des serre-joints. Un peu lent mais ça fonctionne.
J'ai pu faire mes premiers bols et puis mes couvercles de boîtes à sel sont devenus centrés!
Si vous avez l'occasion de récupérer une vielle poupée fixe il ne reste pas grand chose à faire pour avoir un tour. Il paraît qu'on tournait déjà durant l'ancienne Egypte : ce n'est pas si compliqué :)
Fabriquer ses outils
Lorsqu'on se fabrique un tour, on a souvent envie de se faire ses propres outils.
Le profil de yove est rempli de très beaux exemples d'outil de tournage fait maison. Je pense que je me ferai aussi une gouge dans un barreau d'acier rapide (HSS) chiné un jour...
Pour ma part, voici mes quelques outils maison qui fonctionnent pas trop mal. La limitation principale étant la moindre qualité d'acier employé.
Les trois derniers outils de cette photo ont été fait à partir d'une ancienne lame de scie circulaire Kity voilée dite en "acier suédois" de 1.6mm d’épaisseur. De ce que j'ai compris un acier au chrome est mieux que du simple acier carbone mais moins bien que de l'acier HSS.
Pour me faire des racloirs bien rigides il faut une barre épaisse que je coupe dans une chute d'acier doux s235 de 10mm (merci le gentil constructeur mécanique qui me l'a donné). Je coupe aussi la lame de scie pour faire les morceaux adapté à mes futures outils :
Pour faire le tronquoir, il ne reste qu'à faire un emmanchement.
Pour les racloirs, Une brasure tendre relie les deux pièces d'acier. J'ai utilisé ce que j'avais : des produits contenant du plomb, ce qui est stupidement toxique. J'ai chauffé avec un gros désherbeur thermique, réussi à ne pas colorer le métal et j'espère ne pas avoir recuit quoique ce soit. Lorsque je l’affûte au touret je fais attention de ne pas trop chauffer, pour l'instant je n'ai rien décollé.
Le plus petit racloir possède le bord gauche arrondi en dessous pour se manipuler de biais afin de travailler en cisaillement. Le plus gros s'utilise à plat uniquement, il est d'avantage adapter pour les fonds des plats avec son tranchant au grand rayon de courbure.
Quelques réalisations
Dans cette partie j'utilise le tour maintenant construit pour différentes réalisations pour me (et vous) prouver qu'il est capable.
Des bols et assiettes sans mandrin
Quand on a pas de mandrin, il n'est pas facile de remonter une pièce qui soit toujours centrée. Pour tourner des bols on peut alors se débrouiller pour ne pas avoir à retourner la pièce, ou alors retourner la pièce sur un Jam Chuck...
Voici une autre méthode qui exploite la conception de ma poupée mobile.
1 - Je tourne l'extérieur, termine le pied de l'assiette comme je souhaite, applique la finition. Ensuite le but est de coller l'assiette avec de la colle fusible parfaitement centrée sur un plateau à visser.
Le plateau à visser est conçu pour se fixer sur le filetage M33 de la broche, dans mon cas il peut aussi se fixer aussi sur ma contre pointe. Alternativement sur un tour du commerce on peut utiliser un adaptateur M33 - CM2, ou peut-être trouver une astuce pour garder centrer le plateau sur un cône?
2 - Je chauffe la colle sur le plateau monté sur la contre-pointe jusqu’à la fusion de la colle, mais je ne chauffe pas l'assiette. Ainsi le décollage se produira à l'interface assiette-colle sans laisser de résidu, et le colle restera sur le plateau.
Ensuite je presse le plateau sur l'assiette en utilisant le tour comme un serre-joint.
3 - Le plateau est mis sur la broche du tour, on creuse l'assiette avec un peu de précaution, ponçage et finition.
4 - Pour décoller l'assiette, je verse un peu d'alcool à brûler sur le joint de colle pour le fragiliser et en tapant un peu autour de l'assiette j'ai toujours réussit à décoller sans problème. Un coin en bois qui ne marque pas pourrait aussi être pratique? La colle qui reste sur le plateau peut de nouveau être fondue pour la prochaine fois.
Les limitations de cette technique :
- Il faut que l'alignement de la contre poupée sur le tour soit bon.
- Si cet alignement n'est pas parfait le défaut est davantage visible sur un bol haut qu'une assiette plus plate.
- La colle fusible n'est pas super costaud donc il faut prendre des précautions (creuser avec la contre pointe en place n'est pas bien pratique, surtout pour les bols)
- La colle fusible c'est quand même costaud donc on sue à chaque fois pour récupérer notre pièce entière.
Une sphère
Je voulais essayer de tourner une belle sphère avec le minimum d'équipement. Je crois que la bonne méthode est celle exposée par exemple ici :
How to Woodturn a Sphere
Cette méthode requière une coupelle côté poupée fixe (facile à faire sur un plateau à visser) et une coupelle côté poupée mobile qui se monte sur le roulement à bille de la contre pointe. Ça marche bien :D
Un très grand saladier
Pour me prouver que je peux tourner un diamètre de 50cm je me suis lancé dans un grand saladier en suivants les étapes de cette vidéo : Joe Kramer demonstrates a bowl from a board. L'ébauche après collage est bien équilibrée, ça se tourne sans aucun souci. J'ai dû être un peu créatif pour tourner le fond du bol, il me manque un support d'outil supplémentaire extra-long et mon banjo est trop encombrant pour être performant sur un diamètre aussi gros.
Du bois vert
Jusqu'à maintenant je ne tourne que du bois sec et peux procéder par collage. Malheureusement pour du bois mouillé je crois qu'un mandrin facilite beaucoup. Je me résous à acheter un mandrin Vevor d'occasion, piètre qualité mais seulement 40€. Une branche fraîchement élaguée de marronnier (bois légèrement toxique.) me donnera mes premiers bols ovales après séchage.
Fileteur-Fileteuse
1 - Introduction
De tout temps on a voulu faire des filetages grâce à nos tours à bois. On trouve aujourd'hui dans le commerce des dispositifs ingénieux pour usiner les filetages des boites tournées en bois. Ces fileteuses coûtent presque aussi cher qu'un tour et c'est bien moins rigolo que de s'en bricoler une soi-même. Des exemples de bricolage ICI et LÀ avec la vidéo...
La machine de rogervuillermoz est aussi bien jolie (site) :
Et celle de Woodfrog est visible en vidéo ici.
Dans mon cas je pense que ma poupée mobile n'est pas loin de pouvoir faire cela avec le minimum d'ajout, il me faudra juste :
-Une fraise à fileter
-De quoi maintenir une défonceuse au bon endroit
J'ai fait ces deux boites pour vérifier que ça marche, l'une avec le fil perpendiculaire à l'axe, et l'autre avec le fil parallèle :)
2 - La fraise à fileter.
Pas simple de trouver dans le commerce ce qu'il faut pour rentrer dans ma défonceuse et assez gros pour fileter un pas de 3.5mm... J'ai trouvé ceci et cela. Et puis j'ai vu une page de la revue du tournage sur bois n°26. Alors je fabrique une fraise rudimentaire à une seule dent. La fabrication et l’affûtage est ainsi plus simple. Notez qu'une fraise faite maison peut être dangereuse : tournez pas trop vite (je tourne à 12000tr/min), ne passez pas la tête dans "la ligne de tir", portez les EPI...
Note : Remplacer mon tranchant en acier au carbone par de l'acier HSS et brasé à l'argent serai plus orthodoxe que ma version.
3 - Le montage et l'utilisation
J'ai déjà un petit montage qui permet de maintenir une défonceuse avec un collier standard de 43mm. Il me suffit de le poser sur une petite table d'une dimension telle que l'axe de la défonceuse et l'axe du tour soient à la même hauteur. Le montage est bien rigide et un premier test sur du tilleul donne un bon résultat, même dans l'écorce!
Un dernier petit problème : Le mandrin est vissé sur la contre pointe jusqu'à ce que le bout de la vis bute contre les mécanismes à l'intérieur du mandrin. Il y un risque de l'abîmer, de contrarier le mouvement des mors et surtout le mandrin n'est pas bien coaxial :( Pour bien faire il faut que la face arrière du mandrin, qui sert de référence, appuie contre un épaulement sur la vis. Un bel écrou M33 pourrait peut-être aller mais je décide de réaliser cet pièce :
Je réalise enfin mon premier usinage de boite et couvercle.
Une courte vidéo du premier passage ici.
Quelques points techniques supplémentaires :
Note importante sur le sens d'usinage : sur mes exemples la défonceuse travaille "en avalant" pour un meilleur résultat sur le bois de fil (plutôt fragile). J'ai aussi eu des bons résultats en travaillant "en opposition". En particulier sur du bois de travers (plutôt solide) il me semble inutile de prendre le risque de travailler en avalant. Il faut bien réfléchir à quel côté placer la défonceuse, et aussi à quel côté placer l'équerre pour avancer dans la bonne direction.
4 - Alternatives
D'autres techniques permettent de fileter le couvercle d'une boîte.
- Traditionnellement ça se fait à la main. Cherchez Thread Chasing pour des démonstrations. Il faut une paire d'outil spécialisé, de la pratique, l'essence de bois qui va bien, un tour qui tourne lentement et de la zénitude.
- Il existe des inserts filetés qu'il suffit de coller.
- Une fermeture en quart de tour est faisable sans matériel trop spécifique.
Ce pas à pas présente un projet en cours de réalisation.

Discussions
Excellent!!!
Super et bravo
Comment faire une machine de précision avec 3 bout de bois... J'adorrre!
Avec un peu de malchance j'écrirai sur tous les problèmes que j'ai eu dans quelques mois. ^^
Génial la collection du Bon Coin!
Bravo et bon courage, j'avoue m'être personnellement laissé prendre aux sirènes du commerce ; mes tours ont tous été achetés, souvent d'occasion, avec une montée en gamme progressive, histoire de rendre la facture moins douloureuse. je me contente de me fabriquer certains outils. Sinon je comprends parfaitement et j'admire le travail.

Excellent et bravo !
Super intéressant et bravo pour tous les détails et la précision du propos.
Bel article. Intéressant.
Et alors, est ce qu'il vaut mieux passer du temps à apprendre à tailler des filets à la main de la manière traditionnelle, ou bien passer du temps à construire un emachine pour tailler des filets ensuite avec cette machine ?
Je ne sais pas trop. Ce qui est certain c’est que passer du temps sur un truc qu’on aime c’est souvent une bonne chose :D
Je n’ai pas énormément d’expérience à la main. Je sais que le filetage devient de plus en plus délicat à mesure qu’on le creuse, l’outil prend de plus en plus de bois, et ça m’est arrivé plusieurs fois d’avoir un filetage magnifique, d’y mettre un dernier petit coup et puis tout éclate ;’(
On apprécie davantage les machines lorsqu’on sait l’effort que c’est de devoir faire sans.