Bonjour à tous,
Déjà, un grand merci pour ce merveilleux forum que j'ai commencé à explorer ; il m'apporte déjà quelques réponses précieuses.
Je suis tout nouveau ici et je suis déjà passé par la case présentation donc pour faire court, je suis taillandier dans la Vienne (86) et je me spécialise dans les outils de forme pour le bois : gouges, burins en V, couteaux croches, racloirs, affiloirs, etc.
Pour mes manches, je travaille habituellement le frêne et le hêtre, mais j'aimerais aujourd'hui diversifier mes gammes. J'ai un impératif strict : je ne souhaite utiliser que du bois local présentant une excellente résistance aux chocs et une forte résilience, ce qui limite forcément les candidats.
L'idéal serait de travailler le cormier, mais comme vous vous en doutez, la ressource est difficile à trouver en volume. En revanche, mon scieur local me propose de l'alisier en quantité, ainsi que du cornouiller. Il a aussi du charme et du buis en stock, mais le coût de revient m'obligerait à les réserver à des commandes spécifiques. Ne connaissant pas encore bien ces essences d'un point de vue technique spécifique à mon métier, je sollicite vos lumières.
L'alisier me semble visuellement très intéressant pour marquer une différence esthétique, mais je m'interroge sur sa capacité réelle à encaisser la frappe répétée par rapport au cormier ou au frêne. Même si mes outils ne sont pas des ébauchoirs, ils seront frappés un très grand nombre de fois dans leur vie — moins fort, certes, mais beaucoup plus souvent.
J'ai glissé une photo de mes gouges afin que vous puissiez voir l'emmanchement et les contraintes physiques au niveau de la virole.
Est-ce que certains d'entre vous ont un retour d'expérience sur la tenue mécanique de l'alisier ou simplement des conseils ? Auriez-vous d'autres idées d'essences locales qui pourraient répondre à ce cahier des charges physique ?
Sinon, et si cela est possible, je reviendrai sûrement vers vous pour des questions plus techniques sur l'outillage en lui-même. N'hésitez pas non plus à me contacter pour en parler ; l'échange est essentiel dans ma pratique et vos retours d'expériences m'aideront grandement à avancer.
Merci d'avance pour vos partages.
5 réponses
L'alisiser fait partie de la grande famille des sorbiers ; comme le cormier.
Ceci dit, le chêne liège fait partie de la famille des chênes mais sera difficilement comparable aux autres...
J'en ai utilisé pour des pilons de mortier avec un résultat supérieur au frêne que j'utilise couramment (les grains de poivre même très durs ne marquent pas) ; ceci dit pour un manche je préfère le toucher du frêne dont le grain plus grossier me donne l'impression d'un outil qui glisse moins dans la main.
Pour le buis, j'adore le rendu visuel de ce bois mais le problème de bois lisse est encore plus grand ; sauf à le poncer au gros grain pour qu'il accroche ; ou à faire un manche à facettes.
Le poirier déjà cité ; ou le prunier purgé d'aubier donnent de bons résultats (ceci dit les manches que j'ai pu fabriqué n'ont jamais été sur des bédanes ou autres outils que l'on frappe comme des brutes). J'utilise le robinier pour les outils de jardin susceptibles de trainer dans la boue et si on débite les carrelets au coin (ou départoire si on a) plutôt qu'à la scie ça tient plutôt bien.
Le cornouiller je n'ai jamais eu l'occasion d'essayer, mais mon grand père ne jurait que par lui (pour des outils type serpe, hachette, manche de fourche...)
Charme c'est ce qu'il y a d'origine sur mes ciseaux, rien à signaler c'est un bon candidat.
Je n'ai pas d'avis sur l'alisier, que je ne connais pas.
Prendre des bois durs est une bonne chose, si en plus ces bois se fendent difficilement c'est encore mieux.
Je suis passé au chêne vert pour les manches de ciseaux, essence que j'apprécie beaucoup, bien dense et peu fissible.
Je n'ai toutefois pas encore assez de recul dans le temps (et pas mis assez de coups de maillet dessus !!), pour dire si c'est vraiment mieux qu'une autre essence.
J'ai fait quelques essais de géométrie dans le pas à pas suivant, dans lequel on trouve également un recensement des essences utilisées par le passé par quelques outilleurs connus:
bonjour
j ai une autre vue que beaucoup de pro qui utilise des outils emmanchés , l outil doit être le prolongement de ma main et m aider dans mon travail
donc il faut qu'il soit adapté a ma main
si je gante du 9 je ne prend pas des gant du 7
et il n'y a pas de manche passe partout
j ai travaillé pour des tireurs sportif en adaptant la crosse a leur main , idem pur des chasseurs
tous les bois dur homogène peuvent faire des manches
il y a un problème de virole ou d' outil pour taper dessus
et chaque outil a un usage diffèrent
bonne réflexion
un amoureux des outils et qui lui s' en sert
Étienne desthuilliers maitre menuisier qui tout petit a commencé a emmancher ses outils les fers venant du Tallandier ou récupérer
Bonjour,
L'alisier est de la famille du cormier, mais il est plus tendre. Il se rapproche du poirier en dureté. Par contre la fibre est très homogène et c'est peu fendif. J'ai quelques manches de ciseau faits avec, ils supportent très bien les coups de maillet lors de bûchages.
Sinon, le buis c'est la rolls. Le charme est un très bon candidat également.
Dans tous les cas, en ce qui me concerne, pour les outils que je frappe, je préfère choisir des bois ronceux, avec fil noueux. Ils encaissent mieux les chocs que le bois de fil, plus susceptibles de fendre.
) donc je privilégie les bois pouvant surtout accepter de très très nombreux coups, mais pas forcément moins de coups puissant. 