niconathy La zénitude des Japonais, je connais très bien... Cela n'existe pas, c'est du flan. A l'intérieur, c'est plein d'ulcères à l'estomac, ou pire... Tout est dans le paraître, le "tatemae". Mais quand ça sort, cela peut faire très mal...
Ceci étant dit, je trouve son travail absolument superbe.
Et ses videos sont mille fois plus intéressantes que celles de toutes les logorrhées des excités du Tioube, à la recherche d'un quart d'heure de gloire à part cher...
Attention, en regardant à nouveau cette table, je me dis qu'elle est très épurée, mais sans doute pas d'une robustesse à toute épreuve... Je ne monterais pas dessus pour changer une lampe. Toute la rigidité repose sur des assemblages qui doivent être pile poil ajustés. Sinon, au moindre 1/10 de jeu, cela commence à branler (guignotcher, aurait dit ma grand-mère). Et si le bois bouge un peu, cela ne sera plus ajusté... et plus cela branle, plus cela s'use, et plus cela branlera...
Ce design est bon pour une console, mais à mon sens, pas pour une table.
J'aime beaucoup les choses minimalistes, mais en même temps, j'aime bien que cela soit rigide. On peut faire des choses ultrarigides avec pas grand chose, mais il faut bien la concevoir, mettre la matière juste où il faut, trianguler, contreventer au minimum, etc...
oui, je suis d'accord, si c'est très bien fait pile poil, c'est ok.
Mais à vu de nez, cette table là, sur le même principe, me convient mieux:
Les sections sont plus importantes, il y a plus de matière, notamment, la grande barre longitudinale qui relie les pieds, et qui donne toute la rigidité, est bien plus haute. Les épaules du tenon, sur lequel s'appuient les pieds sont donc plus grandes, donc, moins de mouvement possible en cas de jeu.
Mais c'est moins... gracieux...
A mon sens, l faut une vis poussante et une vis tirante.
Sur la photo, on aperçoit les écrous. Un écrou à l'extérieur sur la machoire de gauche en haut, et un à l'intérieur de la machoire de droite en bas.
Comme cela, la vis du haut pousse et presse les deux machoires, la vis du bas les repousse ou en tout cas, fait en sorte qu'elle ne partent en biais.
Mais il y a peut-être plus simple ou plus logique...
Les machoire peuvent ne pas être parallèles (les trous sont 1 mm plus larges que les tiges filetées, ce qui permet de pincer des pièces tarabiscotées.
Mais il n'y a pas d'accroche de la tige filetée sur un trou libre. En bas, à gauche, le trou n'est pas débouchant. La tige pousse sur le bloc de bois.
Oui, je ferais en sorte que le fond camoufle la partie verticale du L de l'équerre. L'étagère, je la ferais en plusieurs parties: une âme au centre, et des plaquages en sandwich au dessous et en dessous. De cette façon, on peut découper l'âme de manière à y insérer la partie horizontale de l'équerre. Bien sur, les cornières, ce ne sont peut être pas les cornières habituelles de GSB. Il faut sans doute des trucs adaptés.
IL y à Kyoto, dans l'ancien Palais de l'Empereur du Japon, un pavillon en bois, dont les lattes des terrasses et parquets ont été conçues spécialement pour grincer, et ainsi réveiller les dormeurs, au cas où un voleur ou un visiteur mal intentionné s'introduirait dans la chambre...
Attention, mes remarques ne s'appliquent pas à toi, mais parce qu'on voit assez souvent ce genre de constructions et que cela m'énerve à chaque fois... Donc, ne le prend pas mal. Désolé si mon style est un peu direct.
Mais tu demandes un conseil. Je te le donne.
Je n'ai jamais dit "t'es pas un pro, c'est nul". J'ai dit que ce genre de construction comme on en voit sur les magasines et sur internet, ne tient pas la route. C'est joli, parce que c'est minimaliste, cela ressemble au trait de crayon d'un enfant, et cela attire l'oeil, mais cela ne peut pas être solide par construction.
Quant aux marchands, dès que cela se vend, il le vendent. Il leur suffit de mettre une étiquette: "ne pas se pendre aux traverses. Ceci est un lit. Les conséquences de toutes autres utilisation que de dormir dedans n'est pas de notre responsabilité", et leur responsabilité est exonérée...
En ce qui concerne le risque, si tu penses que mettre sous le nez de ton gamin un truc qui va inévitablement lui donner envie de s'y pendre, en sachant que cela ne va pas tenir longtemps, pourquoi pas... Mais si tu crois en le fait que ton gamin va t' obéir parce que tu lui a dit de ne pas le faire, ben là, t'es jeune et tu crois encore au genre humain, toi... ;) ;) ;)
Finalement, pour l'assemblage: mi-bois pour les deux traverses en diagonale, et un tourillon au milieu pour faire tenir la traverse horizontale. Cela tiendra ce que cela tiendra... Cela permettra de faire tenir les bouts de bois ensemble, mais en aucun cas, cela résistera au poids d'un enfant qui a décidé de s'amuser un peu.
Sans parler du fait que tout va s'affaisser d'un coté...
Ou alors, consolider avec des équerres en métal.
Sinon, comme Neophyte.
Mais de toute façon, a priori, tu as décidé de le faire, et ce ne sont pas nos avis qui vont te faire changer. Donc, fais-le, et tu verras bien...
Pas la peine de sketchup pour faire les plans d'un établi... ;) Un crayon, une règle et un bout de papier suffisent amplement... Je sais que je suis chiant en disant cela, mais il faut parfois revenir aux réalités, même au XXIème siècle... :)
En fait, c'est quoi un Roubo ? Je croyais que le Roubo, c'était quand le plateau était en deux morceaux, avec un rangement au milieu. Si le plateau est une pièce, ce n'est pas un Roubo. Mais peut-être me trompais-je ? Sinon, qu'est-ce qui caractérise un Roubo ? (à part le fait que le nom a été remis à la mode il y a quelques années par les Ricains sur le Tioube ?)
Je trouve qu'utiliser un plateau de hêtre abouté de GSB pour le plateau est une très bonne idée (je l'ai fait... ;) ), et pour 90 €, ce n'est pas beaucoup plus cher que de prendre du bois brut et de le faire soi-même.
Tu peux aussi coller par dessous le plateau des chevrons, là où tu as besoin d'épaisseur pour utiliser des valets. Et cela rigidifiera encore plus le plateau.
Donc, en fait, un établi Roubo, c'est un établi. Point...
Les Ricains, Schwartzy and co, ont redécouvert Roubo il y a quelques années (on l'avait allègrement oublié), et pour faire "bien" et mettre une note de marketing, ils se sont mis à parler de l'établi à la Roubo... (avec l'accent, svp, prononcer Rlllioubo...), par opposition aux établis Schaker made in US, qui sont plus profonds, ont des tiroirs, et ont plus l'aspect d'une table de travail.
Ce qui fait que maintenant, les petits français qui apprennent tout grâce au Tioube et aux faiseurs d'opinions, parlent de l'établi Roubo...
Alors que c'est un établi, comme nos grand-pères et arrière-grand-pères l'ont toujours connu...
Paradoxes du XXIème siècle... ;)
En fait, Roubo a décrit une table avec 4 gros pieds, un plateau épais, et des traverses en bas. Le truc basique. Mais je crois bien que personne n'a parlé d'établi Roubo en France, sauf certains initiés et collecteurs de vieux bouquins, avant que les Ricains ne mettent le nom à la mode...
J'ai parlé de l'établi Roubo à un vieil ébéniste de grand talent, ami de mon père, il connaissait Roubo de nom, mais n'avait jamais entendu parler de l'établi Roubo. Pour lui, un établi, c'est un établi.
Subarashi... Arigato, Ishitani san!
Ce que j'apprécie surtout, c'est qu'il ne dit rien. C'est tellement rare...
Mais bon, je me demande quand même: cela doit bien lui arriver de rater un truc, un assemblage qui coince, une pièce qui fend, une mortaise faite à l'envers du mauvais coté... Il doit bien de tant en tant s'énerver, gueuler, pousser un beau juron comme les japonais savent si bien faire...