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MaderaMan

Faire des analyses pour le bois à usage alimentaires ?

Bonjour,

Je m'interroge sur la pertinence de faire des analyse périodiques (annuelles ?) lorsque l'on réalise des produits en bois, destiné au contact alimentaire.

J'ai demandé un devis pour une analyse "large" sur la présence de pesticides et métaux lourds dans le bois ~400€ l'analyse pour une myriades de produits et je m'interroge sur l’intérêt dans le cas d'une démarche "pro" avec un fournisseur unique possédant sa propre forêt :

  • il semblerait que, des limites réglementaires n'existent que pour seulement quelques "contaminants" (mercure, PCP...)
  • j'ai contacté 2 labos spécialisés, les 2 m'indiquent qu'ils n'ont jamais eu ce genre de demande et qu'il sont incapables de fournir une interprétation des chiffres...
  • j'ai interrogé un tonnelier fournisseur, il me semble, pour de grands crus, il m'a aimablement répondu qu'il se fournissait en chêne de la meilleure qualité au sein d'une forêt domaniale exempte de toute pollution (selon lui / de réputation) et de ce fait qu'il ne faisait aucune analyse, car il avait confiance en l'ONF
  • dans quelle mesure peut-on considéré qu’analyser un arbre d'une forêt donnera un indice relativement fiable le niveau de pollution ou non de cette forêt et donc des autres arbres, du bois fournis par cette même scierie ?

Selon qu'est-ce qui vous paraîtrait une pratique responsable tout en restant économiquement viable ?

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Kentaro
( Modifié )

Très franchement, j'ai bien peur que la démarche soit assez vaine...

Pour avoir des arbres dénués de toute pollution, il faudrait qu'ils poussent sur une colline ou montagne sans aucun épandage alentour, avec une nappe phréatique non polluée, de l'eau de pluie totalement pure, et une atmosphère idem... Ce n'est malheureusement plus le cas nulle part...

Les truc bio et autres, c'est malheureusement illusoire... Certes, c'est un peu moins merdique que le reste, mais de toute façon, c'est l'ensemble de l'écosystème qui est pollué et foutu...

Il est difficile de faire croire qu'en achetant seulement certains produits étiquetés "non pollués", on va pouvoir se prémunir du désastre et qu'on va sauver la planète.

C'est foutu, c'est trop tard.

Ou alors, c'est du marketing de bas étage a l'attention d'une certaine population qui se donne bonne conscience...

Faire croire qu'on va pouvoir continuer comme avant en passant entre les gouttes en ne consommant que des machins certifiés "purs", ou en triant nos déchets, c'est de la rigolade. C'est comme les ultra riches qui se construisent des abris atomiques...

Le seul truc qui pourrait marcher, c'est de s'arrêter TOUS de vivre comme on le fait depuis une centaine d'année (consommation à outrance, énergie à gogo, plastiques, voitures, exploitation des sols et des eaux, etc), et dans quelques centaines d'années, on peut espérer que la nature aura plus ou moins dilué les pollutions actuelles, ce qui n'est même pas certain... Mais pour cela, il faut un changement radical de paradigme sociétal et économique...

Faire croire qu'on va continuer comme avant, en changeant seulement quelques boulons, c'est de l'escroquerie politique.

P... Dumont et Tazieff nous avaient pourtant prévenus il y a 50 ans. Qu'est-ce que nos générations ont foutu ?

PS. Quant au tonnelier et ses bois "purs", c'est la aussi de la belle escroquerie, quand on pense aux merdes que l'on ajoute allègrement dans tous les vins, même et surtout les plus grands crus.

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Malijaï
( Modifié )
Je suis d'accord

Ah! QUE ÇA FAIT DU BIEN DE LIRE ÇA!

MaderaMan
( Modifié )

Ah, pourquoi ?

Malijaï

MaderaMan Juste parce que je suis 100% d'accord et que peu de gens osent dire ça aussi clairement. C'est un discours qu'on entend que trop rarement à mon goût. Mais bon c'est hors de propos ici.

MaderaMan

J'entends ton raisonnement.
J'ai aussi cette impression sur la dilution omniprésente de la pollution, même si j'ai une vision probablement plus optimiste, si un effort global est fourni.

Je pense effectivement que c'est pour cette raison que les labo ne veulent pas interpréter les résultats, il est très probable que tous ou presque les polluants notoires soient présents, dans des proportions variables.

Peut être que la solution "de sécurité et de simplicité" serait de demander seulement une analyse des polluants pour lequel il y a des limites réglementaires ?

J'ai posé la question à un seul artisan (tonnelier) faisant des objets en bois alimentaire. Je suis quand même intrigué qu'un pro faisant des objets ou un liquide alimentaire va macérer dedans ne cherche pas à couvrir sa responsabilité, si par malheur son bois était fortement contaminé et des consommateurs gravement intoxiqués...

Flaab

Pour commencer on peut saluer la démarche de MaderaMan. Si les fabricants à grande échelle avaient (eu) les même préoccupations on n'en serait peut-être pas là.
Ensuite, effectivement Kentaro, il ne reste plus grand chose de sain.

Ca me fait penser à un courrier de la mairie nous informant qu'ils retiraient plusieurs polluants des analyses d'eau potable. Non pas que ces polluants soient inoffensifs mais simplement parce sinon ils ne pourraient plus distribuer l'eau...

Kentaro
( Modifié )

Bon, allez, comme d'aucuns et d'aucunes ont bien voulu apprécier mon laïus, je complète par un programme de gouvernement, qu'on pourrait mettre en place suite à la prochaine dissolution...

Programme mondial d'urgence afin d'assurer la survie :

1- Réduction drastique de la population mondiale: La Terre n'est pas faite pour porter 9 milliards d'humains, d'autant plus que sur les 9 milliards actuels, seuls 1,5 sont responsables de la merde actuelle. Quand tous les autres auront eux aussi une bagnole et un lave vaisselle, c'est même pas la peine d'y penser...

En 1800, on était environ 800 millions. C'est un bon chiffre de départ.

Si on arrête de faire des enfants, en 50 ou 80 ans, on arrive vite à ce chiffre.  En 100 ans, il n'y a plus personne.
En France, cela veut dire 6 millions, sachant qu'il faudra tenir compte des 3 ou 5 millions d'Africains et Asiatiques qu'il faudra bien accueillir vu que ce sera invivable chez eux.
A noter qu'il faudra peut-être nous aussi prévoir de migrer, si l'arrêt du Gulf Stream provoque une période glacière...

2- Arrêt de la course au profit de la part de quelques escrocs égoïstes qui exploitent sans vergogne les ressources, pétrole, minerais, etc, qui exploitent le travail des autres, et qui créent de toute pièce des besoins inutiles chez les pauvres gens, de manière à vendre leur camelote. En d'autres termes, on abolit le capitalisme, la propriété privée, les marchés financiers, et l'exploitation de l'homme par l'homme.

3- Interdiction absolue de poursuivre les recherches sur le Golem et autres marionnettes.

4- Abandon des villes et des banlieues qui seront devenues invivables (plus d'eau, trop chaud, déplacements trop longs); Retour aux campagnes; On fait comme les Mayas qui ont abandonné leurs villes après une sécheresse de 14 ans ou comme les Lyonnais, en 300 ou 400, qui ont dû abandonner leur ville haute, car ils ne pouvaient plus entretenir les aqueducs...

5- Développement des cultures vivrières, artisanat, chasse et cueillette, pour une vie en autarcie dans les villages et les hameaux. Les Africains et Asiatiques qui nous aurons rejoint nous apprendrons.

6- On garde précieusement une base de données avec toutes les connaissances accumulées depuis 200 ans, en espérant qu'on saura un jour en tirer un mode de développement raisonnable et non destructeur, en ne reprenant pas le paradigme qu'on peut maîtriser la nature, mais en développant le "vivre avec".

Avec tout ça, on peut espérer que dans 2 ou 300 ans, Bonne Mère Nature aura digéré nos conneries.

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cocoM

Je salue la démarche mais... pour moi c'est se tirer une balle dans le pied.
Les analyse vont te couter cher, là où les autres fabricants/vendeurs ne se donnent pas cette peine ; il faudra répercuter cette dépense sur tes produits et pas garanti que les acheteurs ne fasse une différence entre toi qui a payé une analyse et celui qui se fourni en bois "local récolté dans la forêt du coin qu'elle est pas polluée parce que ça fait 100 ans qu'on la laisse tranquille et que franchement si quelqu'un avait balancé des métaux lourds dedans ça se verrait" surtout s'il cause bien.
En plus de ça tu prendrais le risque de devenir pionnier dans ces analyses... ce qui veut dire avoir des faux positifs et des faux négatifs ; et par conséquent rejeter du bois parfaitement utilisable (que ton fournisseur ne voudra probablement pas rembourser), et utiliser du bois qui lui ne l'est pas.

Et pour finir, une petite réflexion sur les analyses de polluants : même si la démarche qualité est à saluer, il faut garder en tête plusieurs choses : on ne cherche que ce que l'on connait ; et certaines substances/dosages sont considérés comme non toxique jusqu'à preuve du contraire. On nous a vendu pendant des années des contenants alimentaires avec des PFAS avant de se rendre compte que c'était pas top ; avant ça on transportait l'eau potable dans des tuyaux en plomb... La dangerosité n'est parfois découverte qu'à travers l'épidémiologie, qui implique qu'un grand nombre de personnes aient été exposées. Et puis bien sur on ne prend jamais en compte les effets cocktail : si tu rajoutes un peu de sucre en poudre dans ton pudding à l'arsenic aucune étude ne te dira si ça annule ou augmente ses effets.

Pour moi si tu veux un bon compromis tu peux déjà :
-t'assurer que le scieur ne traîte pas ses bois au xylophène
-lui demander la fiche de sécurité du lubrifiant utilisé pour sa lame de scie
-lui demander si le bois provient d'une forêt gérée en monoculture/en fûtaie jardinée/en taillis sous fûtaie... Et la taille de la forêt. Plus la forêt sera grande plus les sources de pollution seront éloignées et diluées (c'est plus compliqué que ça mais statistiquement...) et une forêt qui garde un couvert permanent (fûtaie jardinée ou taillis sous fûtaie) ne sera pas traîtée aux pesticides lors de la plantation alors que la monoculture en coupe rase le sera.

Au delà de ça, difficile de faire plus sans t'ajouter des démarches/coûts qui ne seront pas viables.

MaderaMan
( Modifié )

Merci cocoM

  • J'ai effectivement pensé à prendre du suif naturel, mais j'ai oublié le lubrifiant de la scierie.
  • La scierie est disposée à me fournir une attestation indiquant que le bois est non traité
  • effectivement, il faut que je me documente un peu sur la forêt et les forets en général. Les questions de sylviculture que tu évoques dépasse mes compétences actuelles, je vais essayer d’améliorer mes connaissances.
cocoM

Tu peux chercher les écrits et conférences de Ernst Zücker pour des infos plutôt intéressantes sur le sujet. Il a une vision que je trouve assez équilibrée entre la vision d'écologue pure et l'exploitation humaine...

Pour les histoires de fûtaie jardinée etc... le principe (fortement résumé) est assez simple. Tu vas placer ta forêt sur deux gradients :
-gradient de diversité avec d'un côté une monoculture (une seule essence) et de l'autre une forêt avec plusieurs centaines d'espèces ligneuses.
-gradient de "maturité" avec d'un côté des arbres qui ont tous été plantés en même temps et de l'autre des arbres centenaires qui côtoient des jeunes pousses.
En fonction de là où tu es situé sur chacun des gradients, ta forêt sera plus ou moins autonome.
Sur une monoculture avec tous les arbres plantés en même temps, tu vas avoir une grande sensibilité aux ravageurs, un sol dont certains éléments sont absents et une forte pression sur un certain type de nutriments... conséquence il faut traiter les jeunes aux pesticides et leur donner de l'engrais pour les aider à s'implanter.
Sur une forêt primaire (qui est à l'opposé sur les deux gradients) la diversité d'âge et d'essences fait que le sol est en abondance de tous les nutriments, que les ravageurs restent peu actifs car ils devraient faire beaucoup de distance pour trouver à nouveau un milieu propice, et en plus comme les arbres en place ont beaucoup plus de nutriments et d'interactions avec champignons et autres ils résistent mieux. Donc aucun traitement.
Entre ces deux extrêmes, il y a différentes formes de sylviculture utilisées par l'homme pour tirer le meilleur des deux mondes : la possibilité d'utiliser des grosses machines pour exploiter le bois sans se casser le dos, tout en ayant une forêt autonome et productive. Malheureusement les sylviculteurs européens (ou du moins les français) sont comme tous les agriculteurs : ils ont investi dans des grosses machines adaptées à la monoculture et ne peuvent plus faire machine arrière tant que la finance gouverne le monde.

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