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Zeloko

Fabrication d'une cuisine en frêne massif

par Zeloko 

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Fabrication d'une cuisine en frêne massif

Je vous invite à entrer dans l’univers de la cuisine. Non pas pour remporter un concours télévisé et apparaître sur tous les livres de recette, mais pour donner du goût et des couleurs à un subtile mélange de bois, de zinc et d’une pincée de verre.
Vous l’aurez compris, on va parler de portes, placards et autres éléments encastrables pour meubler un espace et lui donner la fonction de cuisine.

Une partie de ce pas à pas à déjà fait l'objet d'une parution dans le numéro 169 du magazine Le Bouvet.

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La conception

Avant toutes choses, il faut procéder par ordre. Une cuisine est un lieu de vie important dans un logis et il ne faut pas la réaliser à la hâte. Et même si bons nombres de choix seront guidés par les contraintes de l’espace, il ne faut pas oublier de faire vivre cet ensemble en lui donnant le caractère qu’il mérite tout en le laissant pleinement fonctionnel.

Contraintes du lieu

Ici, il est question d’installer une cuisine dans un appartement du XIXème. La rénovation de ce lieu doit donc composer avec les éléments d’époque comme les parquets et les boiseries tout en lui donnant une touche plus actuelle.

La pièce qui se destine à accueillir la nouvelle cuisine est le résultat d’une division plus ancienne et n’offre donc qu’un espace plutôt réduit (environ 9m2) qui a la particularité d’être tout en longueur (5m10 x 1m75). Une fenêtre vient éclairer la pièce par une extrémité.

Dans un esprit d’ouverture des espaces, en plus d’être percée d’une entrée, la cloison qui sépare la cuisine de la pièce principale sera ouverte jusqu’à 1m du sol et sur quasiment la moitié de sa longueur. Ce choix est important et va permettre la mise en place du mobilier dans la configuration choisie sans donner d’impression d’écrasement. En effet, il a été choisi de placer sur le grand mur les éléments vitaux de la cuisine (électroménager et évier). Mais de ne pas placer d’élément suspendus. La cloison étant trop frêle pour ça. Cette option offre l'opportunité de grands plans de travail, mais limite plus l’espace de rangement. C’est pourquoi, sur le mur d’en face et ouvert, un ensemble de meubles peu profonds sera fixé pour compléter. L’ouverture offre alors la possibilité de donner au dessus des meubles une fonctionnalité de passe plat, voir même de table haute.

Esthétique et style

Il n’est pas possible de parler d’aménagement sans considérer l’esthétique et le style. Comme dit précédemment, nous sommes ici dans un lieu qui a déjà une histoire. Il n’est donc peut-être pas de bon goût de concevoir trop moderne. Je ne saurais pas nommer le style retenu, mais il n’est pas sans rappeler les meubles de métier du début du siècle avec une pointe de modernité. En effet l’art de la cuisine a ses modes et il est bien rare de vouloir se raccrocher à la mode précédente. L’idée est ici d’avoir un ensemble entièrement en bois massif, mais qui reste avec des tonalités très claires. De plus l’agencement de l’espace ne permettrait pas d’être assombri sans perdre un peu en vie.
Le frêne a donc été choisi tant pour l’esthétique de son veinage que pour sa couleur.

Pour ce qui est des lignes, elles seront épurées. Des arrêtes vives, des panneaux plat et un ensemble de portes et tiroirs ne débordant pas en façade. Les tiroirs, quant à eux, auront la particularité de s’imposer par des proportions qui privilégient la hauteur à la largeur des façades.
De plus, contrairement à ce qui est courant de voir en cuisine, la structure même des meubles fera partie intégrante du décor. Et donc, bien que fixés aux murs, les éléments donneront l’impression d’être traités comme du mobilier amovible. Cet effet sera accentué par des montants qui finissent en pied et l’absence de plainte au bas des meubles.

Le choix du plan de travail est toujours une étape délicate dans une cuisine. Il représente une surface visible importante et fini le choix esthétique de l’ensemble. C’est à ce niveau que sera fait le mariage entre le bois et le métal. En effet, ceux-ci seront recouvert de zinc. Offrant ainsi la résistance à l’eau qu’il faut et rappelant à nouveau le style des meubles de métier. Ils seront complétés par une crédence, en zinc également, d’une hauteur de 50cm.

Organisation et fonctionnalité

Une cuisine, c’est un peu comme un atelier, il faut avant tout réfléchir l’organisation en terme d’usage. Limiter les pas et les gestes est primordiale. Toutefois, il n’y a pas d’organisation parfaite. Disons seulement qu’il est bon d’en trouver une efficace. Dans le cas de ce chantier, nous avons deux lignes de meubles.

La ligne principale

Sur cette ligne le choix a été fait d’organiser les éléments de travail par paire. La présentation linéaire limite les possibilités mais ne retire pas la question. Ainsi, on retrouve la lave-vaisselle proche de l’évier, la plaque de cuisson au dessus du four et le tout à côté de l’évier. Le réfrigérateur-congéateur est quant à lui rejeté en début de ligne, mais proche de l’évier. Sa position n’est pas simplement guidée par l’usage. En effet, c’est le seul élément qui demande une hauteur supérieure à celle du plan de travail. Il ne peut donc pas être mis côté fenêtre de la pièce, sans quoi il masquerait toute la lumière. Par ailleurs, et comme nous sommes dans un appartement dans lequel les hauteurs sous plafond dépassent les 3m, il a été choisi de volontairement le rendre haut (2m40) pour éviter un trop gros espace au plafond.
Cet élément haut sera aussi l’occasion d’intégrer quelques originalités comme un range bouteilles, une série de quinze petits tiroirs à épices et des étagères à livres de cuisine.

La ligne secondaire

La ligne secondaire est quant à elle exempte de tout électroménager. Elle ne comportera donc que des éléments de rangement. Mais elle sera divisée en trois sections. Une première constituée de douze tiroirs, une seconde proposant trois étagères ouvertes pouvant accueillir bouteilles ou corbeilles et enfin une dernière reprenant la fonction de vaisselier à trois portes en deux parties avec avec la partie haute vitrée.
Le plan de travail de cette ligne couvre l’ensemble des meubles et déborde dans la pièce voisine par l’ouverture qui a été percée dans le mur. Cette surface offre à la fois l’usage de passe plat et de haute table occasionnelle.

Une structure par bloc

Cette organisation met en évidence une structure par bloc. Ce format est courant dans une cuisine, mais ici il doit être mixer avec le facteur esthétique. En effet, il serait simple de proposer l’idée de dire qu’un bloc est un meuble et que les meubles se juxtaposent. Mais dans ce cas, on va multiplier inutilement les pieds et gâcher l’enfilade de meubles par une épaisseur disproportionnée des sections allant au sol.
C’est pourquoi, il a été retenu de composer chaque ligne de meubles à bâti fixe (comprenez tout collé) reliés les uns aux autres par des traverses qui formerons les blocs intermédiaires. Ainsi on allège visuellement la structure et on gagne en continuité.

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Travail préparatoire

Refaire le stock

Il va de soit que la première chose à faire pour un tel projet, c'est de refaire le stock de bois.

Etape #1

Faire un petit tour chez son fournisseur.

Dans la cas présent, j'ai opté pour des bois séchés en séchoir. J'ai eu pas mal de déconvenues avec d'autres fournisseurs fonctionnant au séchage à l'air et là je dois dire que je suis satisfait.

Etape #2

Louer un camion assez long pour garder de la longueur (4m).

A noter que sur la photo il n'y a pas que du frêne. Il y a aussi 0,5m3 de hêtre pour le projet suivant.
A noter aussi qu'il n'y a quasiment que des grosses épaisseurs 64mm - 54mm - 45mm. J'avais peur d'avoir trop de pertes avec du 27. C'est assez vrai. Mais les grosses épaisseurs, c'est aussi beaucoup de problèmes :

  • Très lourd à manipuler avant le débit
  • Plus cher (le bois doit rester plus longtemps en séchoir)
  • Plus de travail (il faut refendre)

Donc, oui, j'ai réussi à optimiser comme je voulais. Mais au final je ne suis pas gagnant ...

Etape #3

Ne pas oublier le facteur "fatigue" après avoir décharger le camion pour le rendre.

Pour donner un ordre d'idée, c'est environ 1m3 de frêne qui sera consommé pour ce projet.

Préparer l'organisation du travail

Organiser sont travail pour l'optimiser, c'est valable dans tout type d'action. Mais il faut bien voir que l'ampleur du projet peut vite amener une forme d'asphyxie.

Dans mon cas, il y a beaucoup de problèmes organisationnels qui sont survenue au fur et à mesure.

  • Pas facile de ne pas s'y perdre dans le nombre de pièces.

Solution retenue : Créer une nomenclature sur la modélisation 3D et étiqueter chaque pièce. Ainsi, avec un peu de logique, n'importe quelle pièce en main, je sais où elle va et dans quel sens. Je n'ai pas utilisé les établissements, parce qu'ils ne me semblaient pas répondre aussi précisément à ce besoin. Et c'est peut-être mon côté ingénieur qui ressort ...

  • Pas facile de trouver la place à monter toutes les structures dans l'atelier.

Solution retenue : Et bien pousser ce qui peut l'être. C'est d'ailleurs face à ce genre de problème que j'ai imaginé mes chariots d'atelier. Tout ce qui peut bouger, doit rouler !

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Réalisation d'un bloc type

Tant pour accélérer le processus de production que pour la forme finale, de nombreux éléments se répètent et notamment la structure des meubles, à quelques variation dimensionnelles près.
C’est ce que nous allons voir en détail maintenant par l’exemple du meuble à trois portes et trois tiroirs supportant le plus grand plan de travail.

La structure

La structure en elle même de ce meuble ne présente pas de difficulté majeur. Elle est réalisée en assemblage traditionnel (tenons et mortaises) avec des pieds de 40x40mm de section qui sont reliés par des traverses de 40x30mm de section. L’ensemble étant divisé en trois dans la largeur par des montants de 40x30mm de section qui prennent appuis sur les traverses haute et basse.

Cette division en trois est d’ailleurs pour moi l’occasion de pointer l’un des problèmes que j’ai pu rencontrer. En effet, même si en menuiserie, le plan a toute son importance, il n’en est pas moins important de finir en prenant les côtes sur ce qu’on a réellement fabriquer (pour la fabrication des portes après le bâti par exemple). Sauf que dans mon cas, quelques erreurs d’approximation des épaisseurs au rabotage (de l’ordre du 1/10ème de millimètre) ou de placement des mortaises des montants intermédiaires par la mesure de la porte gauche, puis droite. On rendu une ouverture centrale 1mm plus courte que les deux autres. Ceci n’est pas un vrai problème sur les portes, elles seront ajustées pour être plus plus courte. Mais peut le devenir sur le tiroir qui reporte le même phénomène. En effet, les tiroirs demandent plus d’opérations faites en série dans leur processus de fabrication et donc il est préférable d’éviter les cas spéciaux pour optimiser le temps. Comme quoi, il est important de procéder méthodiquement pour l’ordre de fabrication pour être en mesure de palier à ce genre de problème sans revenir sur un travail déjà fait.

Pendant tout le processus de fabrication, la précision doit être de mise. Ceci d’une part pour un emboîtement parfait des différents éléments mais aussi parce qu’il a été retenu de réaliser les glissières de tiroir tout en bois. Cette technique a l’avantage d’être dans la continuité du style choisi mais demande un maximum de précision pour être opérationnelle. En d’autres termes, que le tiroir glisse à la perfection. Pour mémoire, il faut un jeu suffisant, mais pas trop, au risque de voir le tiroir se coincer en travers. Par soucis d’uniformité des assemblages, les glissières seront assemblées aussi par tenons et mortaises au bâti. Et donc seront mises en place dans le même processus de collage.

L’ensemble de la structure est collé et cloué à la clouteuse pneumatique. C’était le première fois que j’utilisais ce procédé. Mais le résultat s’est révélé très efficace. Le gain de temps sur le collage est tout simplement magique. Il n’est pas indispensable d’attendre la fin du séchage de la colle pour retirer les serres joint. Ce qui est quasiment une obligation pour les assemblages plus complexes comme la meuble portant le réfrigérateur.
Des clous de 25mm sont utilisés quand ils devaient s’insérer dans les traverses et de 32mm dans le cas des pieds.

Les panneaux

Le bâti est rainuré à l’arrière et sur les côtés pour recevoir des panneaux. Ces derniers permettent de fermer le meuble et lui apportent aussi sa rigidité finale. Par soucis d’optimisation du temps, les panneaux cachés sont découpés dans du MDF de 10mm (*A refaire, je prendrais du contreplaqué, plus agréable à regarder et moins lourd*). Alors que les visibles sont en massif de 10mm et réalisés par collage a plat joint de planchettes de frêne. C’est d'ailleurs un bon moyen d’optimiser les chutes de débit des éléments de structure. Bien entendu en continuant de sélectionner les éléments le plus agréables à regarder et de bien les ordonner pour harmoniser les couleurs.
Les panneaux restent flottant dans la structure, mais sont insérés au moment du collage.

Les étagères

Le meuble ayant une ouverture de porte haute de 50cm, il est important de pouvoir diviser l’espace par une étagère.
Il est toujours délicat au moment de la conception de vraiment savoir ce qui constituera le contenu d’un meuble de cuisine et donc déterminer la hauteur des étagères. Restons donc modulaire. L’étagère est communicante pour l’ensemble du meuble, mais tout de même divisée en trois parties pour permettre un réglage de la hauteur à trois positions différentes derrière chaque porte. Cette configuration offre la plus grande diversité d’organisation. Le réglage de la hauteur se fait simplement par un la pose de 4 tourillons de diamètre 6mm par étagère insérés dans le bâti.
Les étagères sont découpées dans du MDF de 19mm. Et une baguette de frêne de 5mm est collée sur le chant visible pour parfaire le visuel. Les chants du médium étant plutôt disgracieux.

Les portes

Les portes présentent un assemblage classique : un cadre rainuré dans lequel vient se placer un panneau. Ici les rainures et les tenons du cadre se limitent à 8mm pour une épaisseur de porte à 22mm. Comme pour le bâti, les panneaux restent flottant.

Ici, pas question de placer des charnières invisibles. Les portes pivoteront sur des paumelles et donc le blocage de la porte fermée est assuré par des aimants. Par soucis de ne pas perdre en largeur d’ouverture, les aimants ne sont pas mis en saillie du montant. Dans le cas présent, j’ai fait le choix d’utiliser des aimants cylindriques de diamètre 8mm et hauteur 8mm (force 2kg) qui sont insérés dans un trou de 8mm sur le chant de la porte et du montant à hauteur de la poignée. Ainsi les aimants ne viennent pas en contact : pas de phénomène de “collage”. Et la butée de la porte est assurée par l’étagère. Bien entendu au moment de l’insertion des aimants, il faut bien respecter les pôles, sinon, plus possible de fermer les portes !

La pose de paumelles sur les portes implique de réaliser une encoche tant sur la porte elle-même que sur le montant qui va la supporter. L’ensemble de ce chantier implique la pose de 31 paumelles. De plus, il est vite disgracieux que ces encoches débordent de la taille de la paumelle. Même si c’est une chose qu’on ne voit que porte ouverte. C’est le détail qui gâche. J’ai donc réaliser une encocheuse, gabarit adapté à ma défonceuse sous table pour pouvoir répéter cette opération 62 fois avec une très grande précision.
Seul l'équerrissage des angles de cette encoche sera réalisé au ciseau.

Les tiroirs

L’étape de fabrication des tiroirs est la plus longue. En effet, même si les fonds sont constitués de MDF de 10mm. Les côtés sont réalisés en massif avec une épaisseur de 22mm pour la façade et 14mm pour les autres.
La fabrication des côtés est à nouveau le moyen d’utiliser les chutes. En effet, ces derniers sont réalisés en aboutant par bouvetage diverses planches de frêne sur une longueur conséquente (environ 1m). L’ordre et l’esthétique étant moins importante pour cette partie semi-cachée. Et de recouper toute la série dans ce panneau artificiellement crée. Cette opération est vraiment gourmande en temps par contre.

L’ensemble est assemblé d’une part par une rainure dans les côtés pour maintenir le fond qui aura été usiné avec une plate bande, et d’autre part par une feuillure pour associer les côtés les uns aux autres. Les côtés étant collés, puis cloués au niveau de chaque feuillure. La tête des clous sera cachée par un mélange de colle et sciure avant le ponçage.
Une rainure large 20mm dans les côtés gauche et droit permet l’insertion du tiroir dans ses glissières.

Des “cales” dans la rainure de coulisse permettent la butée de fermeture, alors que des tourillons sur le chant des côtés font office de butées d’ouverture.

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Détails sur le meuble colonne

Ce meuble est destiné à recevoir le réfrigérateur-congélateur encastrable.

La structure

Ce type d’électroménager a deux portes distinctes. Pour soucis d’esthétique, le modèle choisi a le congélateur en bas et le réfrigérateur (plus grand) en haut. Ceci permet de conserver la continuité de la ligne des traverses sous le plan de travail jusqu’à ce meuble. Toutefois, il n’est pas possible ici de placer une réelle traverse entre les deux portes. L’espace entre ces dernières étant moins important que la hauteur de la traverse. Le choix a donc été fait de fixer une fausse traverse sur la porte du bas. De plus, l’appareil devra être mis sur cale pour que le raccord de porte se fasse au bon niveau.

Un réfrigérateur est a appareil qui demande d’être bien ventilé pour son bon fonctionnement. Ce meuble est donc complètement ouvert sur l’arrière. Mais cette ouverture rend l’ensemble assez “souple”. C’est pourquoi, il a été ajouté la colonne de droite pour le rigidifier.

Toute fois, cette portion a pas mal complexifié l’assemblage et rendu plus délicat le collage par le nombre de tenons à insérer simultanément.

Les tiroirs à épice

Voilà une étape qui n'a pas manqué de prendre du temps à réaliser. Mais pour simplifier la fabrication de la structure supportant les 15 tiroirs à épice, j'ai procédé par enchevêtrement de planchettes.
Le tout étant ensuite uniquement coincé dans l'armature du meuble.

Il y a une case pour chaque tiroir et chacun glisse dedans.

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Détails sur le vaisselier

Qui dit cuisine, dit vaisselle. Et qui dit vaisselle, dit vaisselier. Oui, en fait c’est pas forcément si évidant. Mais un vaisselier, ça fait bien. C’est l’opportunité de mettre en évidence la belle vaisselle qu’on ose pas sortir.

Ce vaisselier est découpé en une partie haute vitrée et une partie basse fermée. La partie basse ne présente rien de plus dans sa fabrication qui n’ait été déjà vu.
En revanche la partie haute trouve sa différence dans le fait qu’elle est moins profonde et que les panneaux de ses portes soient des vitres. Et qui dit vitre, dit “Attention fragile” … ou “Mets pas tes doigts dessus”. Mais c’est un autre problème.

Réalisation des portes vitrées

Ces vitres fragiles peuvent donc casser. Et dans ce cas il faut laisser l’opportunité de les remplacer. La conception des autres portes par emboîtement du panneau dans une rainure au moment du collage ne laisse pas la possibilité du démontage. Il fallait donc procéder autrement ici. Habituellement, ce type d’assemblage se fait en remplaçant la rainure par une feuillure et en clouant une baguette par dessus une fois la vitre insérée. Sauf que cette solution ne m’a pas plu. En effet, il est toujours délicat de déclouer sans abîmer.
J’ai donc opter pour la conservation de la rainure, mais je n’ai collé les tenons que du côté du montant ayant les paumelles. L’autre montant est emboîté de la même façon, mais sans colle et deux vis viennent traverser les tenons. Bien entendu ces vis sont sur la face interne de la porte. Ainsi, le replacement de la vitre est rendu possible, puisque le cadre peut être ouvert.

Réalisation de la corniche

Même si ça reste un élément purement décoratif. La corniche a tout de même tendance à finir l'allure générale du meuble. Dans le cas de cette cuisine, j'ai préféré resté simple. Il y avait assez de boulot ailleurs. Mais même avec des choses simples, on découvre des surprises.
L'idée, c'est donc de mettre de simple lattes raboté à 45°.
Sur le papier, c'est cool. En vrai, il y a quelques détails a prendre en compte.

  • Comment les fixer à la structure ?
  • Comment les fixer entre elles ?

Bref, l'option choisie, c'est de faire une légère feuillure pour que chacune repose sur le dessus du meuble et d'assembler l'ensemble par fausse languette.

Usinage #1 : Coupe à 45 de chaque chant

En prenant soin de laisser 1 ou 2 mm en pointe pour savoir continuer à faire glisser la pièce contre un guide.

Usinage #2 : La feuillure

Là, il faut fabriquer un petit gabarit pour passer à 45° devant la fraise de la toupie. Et comme à l'usinage précédant, on laisse un peut pour pouvoir continuer à glisser sur les joues du guide parallèle. Et puis ça fait plus propre 😉.

Usinage #3 : Les coupes d'onglet

Je réutilise le même gabarit, mais placé sur la scie à format. Ainsi, je combine deux inclinaisons à 45°. Par contre, faut tout retourner pour faire l'autre extrémité.

Usinage #4 : Les rainures de fausse languette

Là, faut à nouveau refaire un gabarit pour passer devant le toupie. Mais incliné à 30° cette fois.

Les cales à visser

Le dernier petit détail, c'est de pouvoir fixer le tout au sommet du meuble. Pour cela, j'ai réaliser des cales en pointe percées pour y insérer les vis de fixation.

L'ultime détail

C'est le genre de petit détail qu'on est content d'avoir fait. Mais qui fait quand même couler quelques petites sueurs. En effet, c'est la coupe à pas rater et à faire sur place ...

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Détails sur le meuble à tiroirs

Voilà sans nul doute la partie qui aura pris le plus grand nombre d'heures de travail.

Et pourtant ce n'est pas la partie de ce chantier qui renferme le plus de difficultés. Mais la réalisation de cet ensemble de 15 tiroirs représente un grand nombre de tâches à répéter.
En même temps, le résultat est au delà de mes espérances. Je trouve même que c'est le meuble le plus emblématique du style de cette cuisine.

La structure

Avec du recul, je constate tout de même que la structure envisagée est dix fois plus robuste qu'il n'est nécessaire. Enfin, il faut quand même voir que l'ensemble structure et tiroirs fait plus de 70kg.

La partie délicate était de correctement aligner les coulisses et que chaque entrée de tiroir fasse exactement la même dimension. En effet, il serait dommage d'imposer un ordre aux tiroirs.

Les tiroirs

Ici, pas de queues d'aronde, mais une feuillure pour assembler les différentes parties.

Le tout renforcé par des clous mis au cloueur pneumatique au moment du collage et masqués par un mélange de colle et sciure.

Je peux vous dire qu'on est heureux quand on commence à voir ça :

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La pose

Il n’est pas possible de terminer ce pas à pas sans laisser quelques mots sur la pose qui a révélé quelques petites surprises.

Mise à niveau

La difficulté de travailler dans un immeuble ancien, c’est qu’il est rare que tout soit plan et d’équerre. A la première visite des lieux, il y avait bien une impression de fléchissement du plancher, mais sans imaginer tant. En fait, après mesure, il a un décalage à l’horizontale de 1cm par mètre. Ce qui est plutôt énorme, puisque que d’un bout à l’autre de la pièce, c’est 5cm d’écart avec lesquels il faut jouer.
Même si la cuisine avait été conçu avec des pieds réglables, il y aurait eu ici une solution à trouver. Ne serait-ce que pour découper correctement la plainte.
Pour résoudre ce problème, deux choix s’offraient à moi. Réaliser tous les pieds des meubles plus long et les couper sur place ou égaliser les longueurs et faire des “cales” sur place.
J’ai retenu la seconde solution. Qui a deux avantages :

  • Tous les meubles peuvent êtres déménager dans un autre lieu qui aurait d’autres contraintes.
  • La coupe de cales donne le droit à l’erreur.

Et les erreurs sont faciles. Une chose simple, par exemple, à laquelle je n’avais pas penser au début. Dans le cas de ce chantier, les meubles reposent sur un parquet. Un parquet, c'a n’a pas la rigidité d’une dalle béton. Ainsi suivant le poids qu’elle doit soutenir, une latte peut fléchir plus ou moins. Ainsi entre ma mesure de niveau et la pose du meuble définitif, il peut y avoir quelques différences.

La prise de niveau a été réalisée en deux temps. En premier lieu, tous les meubles ont été placés au plus proche de leur position définitive. De là, grâce à du ruban adhésif de peintre, la position de chaque pied a été repérée au sol.

Ensuite, la pièce est vidée et à l’aide d’une règle de maçon en aluminium, je mesure la différence au niveau pour chaque pied.
Et pour chacun, je découpe une petite cale.

Le point le plus haut a été pris comme référence. En d’autres termes, il y a au moins deux pieds qui n’ont pas de cales. Pour bien s’assurer que tout est horizontal, il ne faut pas oublier de vérifier dans tous les sens.

De là, on obtient une forêt de cales qu'il n'y a plus qu'à visser sous les pieds de chaque meuble.

A refaire, je garderais un morceau de la pièce de bois qui a servit à chaque bien pour que les cales soient moins visibles en gardant le continuité du fil.

Pose des plans de travail et crédences

Les plans de travail et crédences ont un fini zinc, mais ce se sont que des feuilles de métal de presque 1mm d’épaisseur. La structure de ces derniers doit donc être assurée autrement.
Par soucis de simplicité, j’ai fait le choix de les réaliser en MDF. Le choix peut rester discutable, mais au lieu de les constituer d’une seule épaisseur, j’ai opté pour la superposition de 4 couches de 10mm. Le premier avantage et pas de moindre, c’est la facilité de manipulation des plaques (plus légère). Et la seconde, c’est que cela permet de créer simplement des emboîtements qui vont contribuer à la rigidité de l’ensemble.

Que ce soit pour les plans de travail ou les crédences, le zinc sera donc plié pour faire comme un seconde peau sur le MDF. Le pliage étant ajusté serré, il n’est pas nécessaire de le coller.

Les crédences n’ont pas l'intérêt à être aussi massives que les plans. Se sont donc des structures creuses, d’autant qu’elles doivent recevoir les prises électriques encastrées.
Malgré tout, leur fixation au mur demande réflexion. Il est en effet hors de question de les visser en façade. J’ai donc opté pour un système de fixation par emboîtement qui permettait aussi un montage plus facile.

Fixations murales

Chaque bâti est fixé en deux points au mur par un “T” en bois. Ce “T” permet à la fois de visser au mur et dans le bois du meuble. La longueur de chaque “T” a été découpée sur place en fonction des variations du mur.

A table !

Bon, mais après tout ça, je crois qu'il est l'heure de passer à table.

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niconathy
 

TOUT DANS LE DETAIL!!!!!!
👌

racm terroff

Ité missa est.

gilles
 

Bonsoir Zéloko,
Superbe travail, bien pensé donc bien agencé, très fonctionnelle. Tu peux être fier de ta cuisine incorporée. Bravo
Quelle finition comptes tu lui donner?
Bien amicalement
Gilles

Zeloko
 

Bonsoir Gilles et merci !
J'ai appliqué une finition huilée. Ca fait maintenant presque une année que la cuisine est posée et pour avoir eu l'occasion de la revoir, ça n'a pas bougé. Même le jaunissement inévitable du frêne est resté modéré.

arnouch

Merci pour ce super travail, bien enrichissant.

francaisduboutdumonde

les coulise en bois fonctionne bien est ce que l'aisse du jeu dans les coulisse et en périphérie du tiroir et de ça façade

Zeloko
 

Oui, @francaisduboutdumonde , il y a un jeu un peut partout de 1 mm

francaisduboutdumonde

merçi de ta réponse si rapide

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8 commentaires

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