Bonjour,
Voici une question de charpente.
je viens d'acquérir le guide suivant :
Dans l'introduction sur le calcul des charges (p. 41), il y a ce cas qui décrit la différence à faire lorsqu'on veut dimensionner une poutre sur 3 appuis ou sur 2 appuis :
Dans le cas d'une pièce sur 3 appuis (fig. 4.2), on constate que l'appui central doit supporter 1,25 charge (10/8e de la charge), soit beaucoup plus que les appuis latéraux qui ne supportent chacun que 0,375 charge chacun (3/8e).
Alors que si l'on utilise 2 pièces au lieu d'une seule (fig. 4.3), les charges sont réparties de manière plus équitable : 1 part (8/8e) sur l'appui central, et 1/2 part (4/8e) sur chaque appui latéral.
Dans l'optique de limiter la section (et donc le prix) des éléments porteurs (les appuis), il semble donc plus intéressant de diviser les éléments portés en plusieurs pièces (2 pièces pour 3 appuis) plutôt que d'avoir une grande pièce portée sur plusieurs appuis, car l'élément porteur (appui) pour 1 grande pièce doit pouvoir supporter plus de charge ("1,25") qu'un élément porteur (appui) qui recevraient 2 pièces ("1" charge) : voir l'image d'illustration pour bien comprendre la logique peut-être peu intuitive à la lecture seule.
Cependant cela implique de réfléchir différemment à la fixation des éléments entre eux, notamment en terme de risque d'écartement (longitudinal) ou de glissement (latéral). Je pense particulièrement à l'assemblage éventuel des deux pièces qui sont dans le prolongement l'une de l'autre.
Que ce soit pour une solive de plancher portée par des poutres ou pour une panne portée par des fermes, quels autres éléments de réflexion seraient à prendre en compte pour décider de la stratégie à adopter ?
d'avance merci pour vos éclairages
Florent
5 réponses

Autre chose à prendre en compte:
En effet diviser les éléments portés en plusieurs pièces permet de gagner sur l'élément porteur.
Cependant, la section de l'élément porté pourra être réduite s'il est en une pièce sur trois appuis plutôt qu'en deux pièces (comparer par exemple les tables p.74 et p.78 de ton bouquin).
On gagne d'un côté ce qu'on perd de l'autre, la stratégie optimale dépend de chaque configuration!
Et dans le concret, elle est souvent guidée par les sections que l'on sera en mesure de trouver sans trop de difficulté.
Bonne journée

Je ne suis pas charpentier.
Un bâtiment de cette taille, ça ne s’improvise pas, ça se calcule par un bureau d’étude bois.
Ceci dit, je sais qu’il est nettement plus facile d’obtenir une grande résistance à la compression (pour la reprise de charge) pour un appui qu’une grande résistance à la flexion pour une poutre.
Par ailleurs, le raisonnement sur l’appui central est incomplet : en effet, la divion d’une poutre simple en deux poutres ne change pas le poids total statique à supporter.
L’appui terminal porte une demie poutre alors que l’appui central doit porter la demie poutre de gauche et la demie poutre de droite. Il est donc nécessairement plus costaud que les appuis d’extrémité.
Par ailleurs, l’assemblage de deux poutres au-dessus de l’appui central est plus complexe et coûteux qu’une fixation d’appui simple.
Enfin, la résistance à la flexion de l’ensemble de la poutre est meilleure avec une poutre unique.
Bref, je ne vois pas où l’est l’avantage technique de diviser ses poutres (à part des considérations de disponibilité de certaines longueurs ou de contraintes de mise en place selon les moyens de levage ou de prix).

1- Attention, dans le cas 1, si l'appui central supporte 1,25q, les appuis aux extrémités n'ont à supporter que 0, 375d.
Donc, certes, l'appui central doit être plus "fort", mais on gagne sur les deux autres appuis.
Au final, pas certain que l'un ou l'autre solution soit plus "économique".
2- D'autre part, je suis très intéressé à voir les éléments de démonstration et de calcul permettant d'obtenir ces résultats.