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Manitoba

Reconversion partielle vers le métier de menuisier ou d'ébéniste ?

Bonjour à toutes et à tous,

J'ai 36 ans et suis papa de deux jeunes enfants. Je suis actuellement ingénieur en CDI dans un groupe du CAC40 et j'envisage très sérieusement de me reconvertir dans les métiers du bois.
C'est une réflexion de longue date (depuis le lycée déjà) et j'ai déjà pu rencontrer plusieurs ébénistes et menuisiers, échanger avec eux et même passer une journée à leurs côtés.
Je travaille le bois à titre personnel depuis plusieurs années (petit mobilier, agencement, etc), ai rénové ma maison de A à Z (Électricité, plomberie, placo, parquet, cuisine) et ai une réelle appétence pour la conception assistée par ordinateur (Fusion 360) puis sa réalisation concrète.

Contrairement à beaucoup de messages que j'ai pu lire ici même ou sur d'autres forums, j'aime beaucoup faire des agencements (voire même poser du parquet). J'aime aussi faire des meubles mais un mélange des deux me plairait beaucoup. Ca tombe bien, il y en a un qui semble mieux payer que l'autre.

J'ai rencontré un conseiller CEP pour initier les démarches et déjà échangé avec mon employeur pour avoir une suspension de contrat le temps de la formation.
Une fois diplômé, l'idée serait de conserver mon poste actuel à 60% (je suis déjà à 80% et ça me convient tout à fait) et d'être à mon compte le reste du temps pour assurer une sécurité financière le temps que l'activité soit viable. Je suis d'ailleurs persuadé que des liens très interessants peuvent être faits entre la technologie et le bois.

La formation serait très probablement financée par Transitions Pro Bretagne (sous réserve d'acceptation de l'organisme et de mon employeur) ou par le CPF si j'arrive à obtenir une disponibilité. Je m'y prends tôt car celle-ci débuterait en septembre 2027. D'ici là, j'ai prévu de réaliser des stages supplémentaires pour confirmer mon objectif et voir d'autres façons de travailler.

Seulement voilà, j'hésite entre deux CAP: menuisier fabricant ou ébéniste.
Je préfère très largement travailler le bois massif plutôt que les placages mais j'ai l'impression (peut être à tort) qu'un ébéniste saurait faire plus de choses fines qu'un menuisier. Est-ce le cas ?
Les artisans que j'ai rencontré se présentaient souvent comme des menuisiers ébénistes sans pour autant faire de placage.
Les places dans la formation d'ébénisterie sont beaucoup plus sélectives que celles en menuiserie (en tout cas dans mon coin). Menuisier étant un métier en tension, la formation est plus facilement financée par Transitions Pro. Seul bémol, elle est bien plus éloignée de chez moi et moins compatible avec ma vie de famille.

Merci d'avance de vos réponse et merci pour ce super site de partage (que je dévore depuis longtemps sans jamais avoir pris le temps de créer un compte).

pierref35
( Modifié )

Salut Manitoba

Je suis à peu près dans la même situation que toi (38 ans, un jeune enfant et envie de nouvel horizon pro) et aussi en train d'essayer de faire passer un dossier de financement avec Transition Pro Bretagne, pour aller au greta de rennes
Tu vas faire quelle formation au final ?
J'ai passé le CAP ébéniste en candidat libre l'année dernière et je me disais qu'un cap Menuisier fabricant serait idéal pour compléter mon diplôme.
Si jamais on est dans le même coin on pourrait se rencontrer pour un café ou une bière si ça te dit

Manitoba

Je n'ai pas encore tranché. Le CAP ébéniste me tente bien mais je pense que j'ai plus un profil menuisier fabricant et surtout cette formation me semble plus flexible si on souhaite gagner sa vie.

Je suis en Côtes d'Armor, entre St Brieuc et Morlaix, mais sans problème pour essayer de nous rencontrer si tu es sur Rennes (ou alentours).

Es tu content de ta formation ébéniste ? Que regrettes tu pour avoir envie de suivre celle de menuisier fabricant ?

pierref35

Je l'ai fait en candidat libre donc je n'ai pas suivi de formation en centre. J'aurais adoré, mais l'école était trop loin de chez moi, les finances étaient un peu compliquées et j'étais pas encore admissible pour le PTP. Pour le passer, je me suis formé en faisant des stages (notamment chez Lancelot du bois, que je recommande les yeux fermés) et en faisant des meubles pour ma famille.
Là je me lance avec le CAP menuisier (si mon dossier passe) pour être plus facilement employable derrière et pour prendre des automatismes un peu plus pro qu'en apprenant uniquement en autodidacte

Manitoba

pierref35 Merci pour ton retour et surtout bon courage pour le CAP menuisier. Les dossiers ont l'air incroyablement difficiles à passer.

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10 réponses

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Oak

Salut.

Menuisier ou ébéniste… c’est la qualité du centre de formation et de l’élève qui comptent. Sans oublier la qualité des stages.

Si j’étais dans ta situation, je trouverais la boite de mon coin qui fait ce que je veux faire ou approchant, celle qui fait vraiment ce que je rêve de faire.
Puis j’irai les voir et je leur demanderai «  je fais quoi pour en arriver là ? »

Mon avis réel sur tout ça c’est que rien ne remplace la passion et les heures passées à dévorer les infos et les méthodologies ou que ce soit. Ici, sur le tioube ou dans la vraie vie. Tout est bon à prendre, même les erreurs.
L’école c’est bien gentil mais c’est tout aussi important de savoir sortir de la boite.
On apprends pas tous de la même manière.

Bonne chance.

Manitoba
( Modifié )

Merci de ton retour.
D'ici la rentrée 2027, je vais continuer d'apprendre par moi-même (YT, formations en ligne, etc.) pour faire face à des complexités d'assemblage ou d'usinage et faire des erreurs.
J'ai regardé ce que tu faisais, j'aime beaucoup ton buffet en châtaigner et je trouve très original ton atelier dans un chai.

Oak

Je te remercie.

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Kentaro
( Modifié )

Pour effacer les ambiguités, un "ébéniste", c'est quelqu'un qui travaille les placages... C'est même le fond de son métier... Il travaille des choses en "composites", une âme en bois, en mdf, en composite fibre de verre ou carbone, en n'importe quoi, et il applique des placages dessus, mais aussi toutes sortes de matériaux (métal, etc).

Un ébéniste n'est pas forcément quelqu'un qui fait du massif. D'ailleurs à l'origine, ceux qui travaillaient le massif, c'étaient les "menuisiers"...

Va voir ce que fait normandie lairdubois.fr/@normandie

C'est un VRAI ébéniste...

Ou Julien Hardy: lairdubois.fr/...enhardyebeniste qui travaille sur les jeux de matière.

Un ébéniste, ce n'est PAS quelqu'un qui fait des queues d'arondes dans du massif comme on le croit sur le Tioube.

Alors, certes, les choses, les mots et les matières ont évolués, et les agenceurs utilisent des panneaux "composites" avec des placages dessus, mais il ne savent pas vraiment faire de vrais placages. Donc, mieux vaut ne pas parler de "placages" pour les panneaux "tout faits" qu'utilisent les agenceurs.

Mais la encore, les mots évoluent, et de plus en plus, on parle de "menuisiers ébénistes"... parce que cela fait bien de dire "ébéniste"...

Mon conseil: si tu quittes la "belle vie" du cac40, c'est pour te faire plaisir, alors, fait toi vraiment plaisir. Apprends le métier d'ébéniste. C'est un métier compliqué, très complexe, demandant de la créativité, et de l'imagination.

Et un ébéniste sait de tout manière faire de l'agencement...

A noter qu'il y a actuellement sur le site de Pole Emplois 350 annonces pour des ébénistes. C'est pas mal. Notamment pour les aménagements de luxe, dans les avions et les bateaux.

Autre chose: Fais le bien! Pas une formation à la va vite pour obtenir un cap à la fin de l'année où tu n'auras rien appris. Fais l'Ecole Boule, ou l'école d'Avignon, ou chez les Compagnons. Tu auras alors une vraie formation. Cela coûte un peu cher, mais cela vaut vraiment le coup.

Tu es un privilégié, tu as sans doute un salaire correct, profites en, investis dans une vraie formation, sans chercher à avoir les subventions qu'on donne à tout le monde pour faire semblant...

Mes deux sous...

Mis à jour
Manitoba
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Merci de ta réponse,

Je suis tout à fait d'accord avec ta définition d'ébéniste et celle de menuisier. Je constate, en effet, que les artisans que j'ai rencontré se présentaient plus facilement comme "menuisier ébéniste" bien qu'ils ne travaillent pour beaucoup que du massif.
Mais qui peut le plus peut le moins. Un ébéniste doit pouvoir faire le travail d'un menuisier. L'inverse n'est sans doute pas vrai.

Je sais également que j'ai un salaire et des avantages privilégiés. Je sais aussi qu'il n'est pas simple d'obtenir une place dans une formation quand on est adulte, même si on la paye de sa poche. C'est d'ailleurs impossible dans celles autour de chez moi (100km). Le GRETA me l'a encore dit cette semaine. C'est dommage car j'étais prêt à ne pas percevoir de salaire pendant 9 mois et financer ma formation de ma poche.

L'école Boule fait rêver mais l'investissement personnel est totalement incompatible avec ma vie de famille. Je ne me vois pas abandonner mes enfants pendant X années pour vivre mon rêve, ça serait égoïste de ma part.
J'ai la possibilité (moyennant validation du dossier) de faire un premier pas avec le CAP. Mes risques sont limités et si ça me plait je pourrais poursuivre vers un BP par exemple.

jmulliez

Bonjour,

J'ai fait une reconversion il y a 3 ans.
J'ai passé le cap ébéniste, via une école (art deco création) et suis aujourd'hui salarié d'une boîte d'agencement de luxe.

J'ai trouvé le contenu, les profs et la plupart des élèves bien au dessus du niveau du CAP. Et j'ai été bien préparé au boulot que j'ai trouvé par la suite (en dehors de la taille des ouvrages et du rythme de travail).

Pour autant, je ne me sentirais pas capable de réaliser un escalier tournant ou une fenêtre seul (en terme de connaissances et de techniques).

Dernier point, il y a je crois une différence légale (ou d'assurance ?) entre le CAP ébéniste et celui de menuisier (agenceur ? Fabricant ? Installateur ? Je m'y perd...) : en tant qu'indépendant avec un CAP ébéniste, tu ne peux toucher au bâtiment (faire un trou pour chevillere un ouvrage).
Info à vérifier!

CALCULATE

Bonjour Manitoba
Je viens de lire en gros ce qui te fait vivre et ce que tu souhaites. J'ai vu que comme moi tu touches un peu à tout en bricolage. Tu as un passion qui est le bois, bravo mais pour en vivre ça ne me parait pas aussi évident que ça en a l'air. Heureusement que tu veux garder un certain pourcentage de ton métier actuel.
Je prends 2 exemples.
Le premier est un ancien compagnon qui a travaillé 30 ans au faubourg saint Antoine et qui, juste avant l'effondrement du faubourg, s'est trouvé une place à Conforama, comme installateur de cuisines (une sacrée différence hein !!!). Son avis est intéressant : pour lui le métier d'artisan est extrêmement risqué (tu n'as pas de salaire régulièrement, aucune garantie en cas de maladie.....etc etc) . Dans une entreprise comme Conforama, le travail n'était guère passionnant, le salaire maigre et il fallait "obéir" à la hiérarchie. Hé bien malgré tout cela il préférait nettement le job à Conforama plutôt qu'au faubourg, tout simplement parce qu'il avait son salaire tous les premiers du moi, la mutuelle , le treizième mois......etc
Je passe au deuxième cas que je connais. C'est un menuisier ou ébéniste je ne sais pas, qui fait véritablement des merveilles, des escaliers , des bibliothèques....etc. Tu lui demandes quelque chose il te le fait. Oui mais attention, et il le sait lui même, il est beaucoup beaucoup plus cher que ce que l'on trouve chez Ikea, ou Lapeyre. Donc il n'a pas un salaire tous les mois, pas de couverture maladie (ou une très petite).....etc

Donc je t'ai tout dit, moi j'ai 75 ans et j'ai eu la chance de pouvoir faire ce que je voulais, mais en restant salarié, et aujourd'hui je me rends compte que la passion est une chose mais il faut faire bouillir la marmite.
Je te souhaite tout de même un bon courage

Manitoba

Merci de ton message. Ma femme a été longtemps à son compte, je sais ce qui ça implique et les risques. C'est exactement pour ces raisons que je souhaite conserver mon travail en parallèle: maintien du salaire, des cotisations, de la mutuelle, etc.

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laraboteuse
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Salut Manitoba,
Beaucoup de bonnes choses ont été dites ici, je vais essayer de ne pas trop répéter. Je suis ébéniste, et aujourd'hui je fais un mélange de mobilier sur mesure et d'agencement ; exactement le croisement que tu décris.

Sur le choix CAP menuisier fabricant vs ébéniste, je rejoins plutôt JulesL et Rob1dbois : la base menuiserie te donne un socle plus large et plus exploitable au quotidien. Et le point d'EstOuest sur la décennale n'est pas un détail ; c'est un verrou qui peut te fermer la moitié de ton marché potentiel si tu pars sur le CAP ébéniste seul. Quand tu es à ton compte et que tu veux pouvoir poser un meuble vasque encastré, fabriquer un dressing sous rampant ou intégrer une bibliothèque dans un mur existant, c'est du bâtiment. Sans la bonne qualification, aucun assureur sérieux ne te couvrira.

Là où je veux apporter un truc que personne n'a mentionné, c'est sur la réalité de ton modèle à 40% artisan + 60% ingénieur. Je ne vais pas te décourager, c'est même plutôt malin comme approche. Mais sois lucide sur un point : à 40%, tu ne peux pas faire du mobilier d'art. Pas parce que tu n'en serais pas capable, mais parce que les délais de fabrication d'un meuble ébénisterie pure ; avec placages, finition au tampon, marqueterie — sont incompatibles avec deux jours par semaine. Tes clients ne t'attendront pas trois mois pour une commode.

En revanche, du mobilier massif en bois local, de l'agencement soigné, des cuisines, des bibliothèques ; ça, c'est tout à fait faisable en complément d'activité. Et c'est là que le CAP menuisier fabricant te sera beaucoup plus utile au quotidien.
Dernier point : tu parles de Fusion 360, et c'est un vrai atout. La plupart des artisans de ma génération dessinent encore à la main ou sur SketchUp. Savoir modéliser proprement en 3D avec un outil paramétrique, c'est un avantage commercial énorme face au client — tu peux montrer le rendu, ajuster en direct, et ça inspire confiance. Ne sous-estime pas ce que ton parcours d'ingénieur apporte au métier.

Bons copeaux et bon courage dans ta démarche.

Mis à jour
Manitoba

Merci pour ce super retour !
Ca rejoint ce que je pensais et ce que je veux faire : plus travailler du massif que faire du mobilier d’art pur.
L’interdiction d’intervenir sur le bâtiment me semble également un trop gros point noir pour que je puisse envisager le métier d’ébéniste. Il faut être capable de faire un aménagement.

Merci infiniment

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EstOuest

Oui ce qui est important si tu souhaites te mettre à ton compte, c’est d’avoir le bon diplôme pour pouvoir exercer de façon légal et pouvoir souscrire aux bonnes assurances ( décennale).
Le diplôme de menuisier fabricant te permet de travailler légalement sur la conception fabrication et pose de menuiserie du bâtiment : terrasses, pose de menuiseries, agencement …
Le diplôme d’ébéniste ne te permet pas de travailler légalement dans le bâtiment. Et une société d’assurance sérieuse ne te proposera pas de décennale.

Manitoba

Merci EstOuest, c’est effectivement ce que j’avais fini par comprendre avec vos nombreuses réponses. Je trouve ca tout de même étonnant mais la loi est ainsi faite…

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Clément CLARISSE
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Bonjour Manitoba

Je viens apporter quelques éléments de réflexion par rapport à cette démarche.

J'ai un parcours fort cahotique car, en plus du fait d'être autiste Asperger, j'ai suivi des formations diverses et plus ou moins sérieuses pour essayer d'être plus employable, notamment en considérant le fait que je n'ai toujours pas le permis de conduire (juste le code) alors que j'ai 37 ans et demi...

Pour passer la partie "histoire personnelle", reprenez la lecture à la ligne de caractères "•" (ouais ouais, le mec fait comme dans sa chaine YouTube, il met un timestamp...)

En tant que technicien de maintenance industrielle de formation, qui est un des enseignements techniques les plus variés car on touche pratiquement à tout (le travail du bois étant le seul qui n'y soit pas enseigné dans ce cursus, mais on y travaille l'acier en revanche) c'est ce qui m'a donné la volonté d'élargir mes connaissances, notamment en apprenant l'informatique et... le travail du bois.

"Curieux choix" me direz-vous, mais c'est très logique quand on sait qu'on peut faire dans ces domaines avec de la récupération (au point que j'en ai déduit un raisonnement, fort utile pour trouver ce qu'on veut comme pièces de bois, qui dit "le conditionnement suivra le produit" (par exemple, si on cherche des panneaux de bois, il faut chercher ce qui est grand et fragile, comme des tôles ou des feuilles de plastique))

Pour l'informatique, j'ai déjà fait de TRÈS belles "prises" comme à l'été 2012, où j'ai été récupéré un lot si conséquent que j'ai dû faire 6 allers-retours pour tout ramener et il y avait "à boire et à manger" car c'était aussi bien des boîtiers rackables valant de 40 à 80 balles PIÈCE, que des scannettes code-barres à port sériel, en passant par des imprimantes, jet d'encre et laser, usb et réseau.

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Bon bref, je digrèsse mais je viens au passage intéressant : du fait de récupérer du bois, je pensais, pendant un moment aussi, me mettre également dans le travail du bois, j'ai été jusqu'à m'équiper un peu en achetant notamment une scie sabre et une défonceuse Parkside (matériel que j'ai depuis quelques années et j'ai beau en faire un usage intensif, quand je m'en sers, ça ne vacille pas, seule la fraise à queue d'aronde a un peu ciré à force de tailler dans du résineux, autrement, c'est franchement du bon matos) et jusqu'à il y a peu, je pensais aussi que je pouvais en faire un métier...

On arrive à début février de cette année, suite à une offre que j'ai vu passer sur Aliexpress, je me dis "il serait bien que je passe de mon "bricolage" à un VRAI bureau, avec retour/renvoi"

Commence alors un projet qui devait me prendre quelques jours seulement mais qui va se mettre à durer, s'allonger, me faire douter de sa faisabilité car c'était la première fois que je faisais un tel meuble, sans difficultés particulières d'ailleurs vu que, par exemple, il n'y a que des coupes droites...

Après avoir passé à peine une heure à concevoir rapidement la vue 3D sur FreeCAD, je me suis dit "bah, c'est du gâteau, ça ira vite..." Énorme erreur, j'ai ainsi appris que même si la conception se fait en un rien de temps, la confection peut (et généralement va) toujours prendre plus de temps que prévu...

Ainsi, malgré les imprévus, les changements de dernière minute, les doutes, on arrive au 21 mars dernier, à la fois premier jour du printemps et dernier jour de confection de mon nouveau bureau, je verse presque une larme de joie d'avoir ENFIN fini ce projet qui m'a pris, je trouve, plus de temps que nécessaire, mais pour lequel le résultat compense amplement toutes les épreuves qu'il a fallu traverser pour y arriver...

Alors loin de moi toute idée de dissuader de suivre une vocation, j'avertis simplement qu'il faut éviter de le faire avec légèreté (ce qui semble être le cas ici) car, en ce qui me concerne, si je n'avais pas fait ce meuble, j'aurais continué à croire que je pouvais m'y former (un stage de 2 mois en menuiserie, fait en 2008, ayant manifestement un peu déformé ma perception du métier)

Ceci dit, je vous invite à vous demander "combien de temps, par semaine, passez-vous à travailler le bois ?" car, apprendre un métier, c'est bien, être en mesure de l'exercer, c'est mieux...

Mis à jour
Manitoba

Merci de ton message et des infos sur ton parcours.
J'ai prévu de faire plusieurs stages avant de postuler à la formation, justement pour valider l'intérêt et surtout la pérennité financière du projet. Pour l'instant, je note beaucoup de points à risque mais maintenir mon travail à 60% assurerait aussi un salaire plus que correct.

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Chaluthier

Salut à toustes,

comment te permettre de choisir entre menuisier et ébéniste ?

Peut-être en te suggérant de commencer par les bases, pour affiner ensuite... je te parle ici depuis ma triple casquette, même si j'ai fait le contraire !

En précisant que le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui, et que ta patience sera la bienvenue si tu gardes un poste à 60%...

Ensuite, au vu du nombre de ceux qui souhaitent se reconvertir, conjugué à une conjoncture politico-économique assez flottante (chacun peut rajouter ici le/les qualificatif/s qui lui parle/nt ), je m'interroge sur l'état du marché à venir...

Enfin, yolo comme on dit de nos jours, alors fonce, et ta vie t'appartiendra.

Bons copeaux.

Jean

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Ara

Comme le dit jmulliez, attention aux métiers réglementés ! J'ai passé le CAP Menuisier Installateur, qui me permet de toucher au bâtiment. Si tu n'as pas le droit de toucher au bâtiment, tu te mets à l'écart d'un grand nombre de chantiers, et en l'occurrence de ceux qui sont probablement plus lucratifs.

Concernant la reconversion, je vais faire un peu d'autopromo : j'ai fait une petite conférence sur le sujet à Épinal l'année dernière, ici. C'est sans prétention et on n'y voit pas tout, mais j'ai voulu parler aussi de certains sujets qui ne sont pas abordés à l'école...

Pour en revenir à la formation, rien ne t'empêche de t'inscrire en CAP Menuisier Installateur en candidat libre (vers l'automne 2026), tu poses 3 jours de congé en juin 2027 et tu l'auras sans aucun problème. Et de faire une formation qui t'intéresse en parallèle ou dans un deuxième temps (école d'ébénisterie d'Avignon ou tout ce que tu veux).

NB attention pour le CAP M.I, il faut avoir fait une formation à l'utilisation des échafaudages, à faire avant l'inscription. Si tu bosses dans une boîte du CAC40, soit tu es déjà formé et tu peux demander à ton service interne de formation une attestation, soit tu es le roi de l'anticipation, il te reste 6 mois pour l'avoir !

Manitoba
( Modifié )

Merci pour ton partage et les infos.
Je regarde ta vidéo ce soir !

Manitoba

Merci pour ta vidéo, beaucoup d'humour et très bien vulgarisé sans tabou.

Ara

Encore de l'auto-promo : tu peux regarder mon pas à pas sur ma reconversion (ici), le CAP menuisier installateur étant le premier que j'ai fait en candidat libre, c'est là que j'ai tout découvert (et tout rapporté). Si cela peut t'aider...

Manitoba

Merci beaucoup, je vais lire ça avec attention !

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Rob1dbois

Bonjour, la plupart des éléments de réponse t’on été apportés.
Ce que je pourrais ajouter pour avoir fait le cursus complet en ébénisterie et par la suite quelques diplômes en menuiserie c’est que, en France les formations sont très cloisonnées. Si tu fais un CAP d’ébéniste tu verra les bases dans ce corps de métier uniquement. Pour moi c’est insuffisant pour en faire son métier et c’est meme un peu frustrant de ne pas avoir d’approche de la menuiserie. Selon tes goûts ça peut être moins séduisant la fabrication de fenêtres,de portes et d’escaliers, mais ça demande tout autant de finesse que les travaux d’ébénisterie.
Quant à la réputation des écoles… ce n’est plus aujourd’hui qu’une réputation, j’ai rencontré des élèves qui sortaient de l’école Boulle avec un niveau très moyen…
Ce qui fait la qualité d’un enseignement selon moi c’est l’investissement personnel du professeur, la qualité de l’entreprise dans laquelle on fait son apprentissage et l’investissement et l’ouverture d’esprit de l’élève.

Bonne continuation 😉

Manitoba

Merci beaucoup de ta réponse. J'ai pu discuté avec des personnes qui sont actuellement dans les formations que je vise. Je vais faire des stages avant de m'inscrire pour me faire une vraie idée de chaque métier et me diriger vers celui qui me correspond le plus.

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TenonBon

Hello,

Je suis dans la démarche que tu souhaites faire, j'étais ingénieur puis directeur d'une agence d'un gros groupe avant de tout plaquer pour me lancer dans l'ébénisterie.

Honnêtement si tu as besoin d'un salaire confortable ne cherche même pas à faire de l'ébénisterie. Attention ca ne veut pas dire que tu vas travailler que du panneau en menuiserie, loin de là. Je comprend l'image "noble" que tu te fais du travail du bois, de belle manière mais tu sais si beaucoup d'ébénistes font pas mal d'agencement et de menuiserie ce n'est pas pour rien ...

Personnellement je tends à vivre en autonomie alimentaire, je n'ai pas d'enfant etc donc l'ébénisterie est en passe de devenir un métier passion qui à pour objectif de me rapporter les qques centaines d'euros mensuels dont j'ai besoin (une activité que tu considèrerais à mi temps)

Plein de réussite pour ton projet

Manitoba

Merci pour ton retour.
Je suis actuellement à 80%, je vis confortablement car je n'ai pas beaucoup de dépenses. Mon objectif est plus d'avoir un métier passion à côté de mon emploi d'ingénieur qui me permettrait d'avoir un salaire correct sans prise de risque.

Merci en tout cas et bon courage à toi !

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JulesL

Le message suivant n'engage que mon avis et tu en auras sûrement d'autre, ce n' est en rien une vérité absolue.

La différence entre le menuisier et l'ébéniste est assez flou de nos jours et la frontière n'est pas la même pour un homme de métier où un profane.

Historiquement l'ébénisterie est une facette du métier de menuisier, il s'occupe de plaquer les carcasses fabriquées par le menuisier en meuble.
Le terme menuisier lui est beaucoup plus vaste puisqu'il peut être fabricant d'huisserie, d'escalier, de mobilier...
Ce qui est sûr c'est que le menuisier ne travaillais que le bois massif et savait choisir et tailler ses assemblages en anticipant les mouvements du bois. La ou l'ébéniste s'occupait uniquement du placage.
Aux grandes heures de l'ébénisterie ils se sont mis a fabriquer eux mêmes leurs carcasses avant de les plaquer.

Aujourd'hui pour le profane le terme d'ébéniste sonne souvent mieux (tu le dis toi même l'ébéniste peut faire ce que ne pourra pas le menuisier mais pas inversement) mais la réalité est plus complexe et la différence de formation reside plus dans la façon dont est abordé le métier.

Une formation d'ébéniste sera plus axés sur l'histoire des styles, les techniques de placages, la création.
A contrario une formation de menuiserie apprendra une palette du métier plus large (un peu de placage notamment) et une vision plus productive du métier. (N'oublions pas qu'un grand nombre de secteur de la menuiserie est aujourd'hui en concurrence avec des industriels).

Au milieu de ça est apparu récemment le métier d'agenceurs, qui découle de l'ébénisterie moderne mais qui est aussi appris en formation menuiserie.

Je conseille souvent, de par mon parcours aussi forcément, d'attaquer par une base en menuiserie qui permet de se spécialiser en ébénisterie par la suite. Le chemin me paraît plus évident et plus simple a faire que dans l'autre sens. N'oublions pas qu'il te faudra 10 ans pour commencer a être un bon ouvrier, donc tes 3 ans de formation sont finalement pas très important dans ta carrière c'est ce que tu souhaiteras développé derrière qui le sera.

Menuisier de formation, je passe le plus clair de mes journées à faire des meubles à tiroirs en QA laqués, ou plaqués de tte sorte de matière, mais lorsqu'une porte cintrée ou un escalier courbe arrive je suis apte à le tailler 😉

Manitoba

Merci pour tes explications, c'est plus clair pour moi.
Il est vrai que de nombreux menuisiers que j'ai pu rencontrer se présentent comme des "menuisiers ébénistes" car comme tu dis, ça sonne mieux et c'est plus vendeur.

Bonne continuation à toi.

PS: J'adore ta verrière !

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