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La sécurité électrique dans l'atelier

La sécurité électrique dans l'atelier
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Petit quiz : combien y a-t-il de tubes ICTA qui arrivent dans cette boite ?

J'ai remarqué que certains boiseux se sentaient en difficulté devant la chose électrique. Voici un petit pas à pas qui donne des clés sur l'aspect sécurité de l'installation électrique dans l'atelier.

Je précise tout de suite que je parle des ateliers amateurs, situés dans des locaux d'habitation (garage, grange...). La norme NF C15-100 est très riche mais je ne connais que ce qui concerne les installations domestiques. Pour les professionnels cela peut être très différent.

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Comment savoir si votre installation électrique est aux normes ?

C'est facile : elle ne l'est pas !

(sauf si vous venez d'entrer dans une maison neuve, et encore...)

Ceci dit, entre une installation pas tout à fait aux normes mais qui ne vous tuera pas, et une installation qui ne demande qu'à brûler votre maison, il y a quelques différences, et le but de ce pas à pas est de vous permettre de savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.

Pour ceux qui envisagent de refaire leur installation électrique et qui se sentent de taille à le faire eux-mêmes, il y a l'excellent pas à pas de Mig :

et je ne saurais trop recommander les deux bouquins édités par l'association Promotelec (surtout le rouge sur les installations neuves) :


Dans le présent pas à pas, j'en reste à ce que vous pouvez faire pour comprendre comment ça marche et diagnostiquer votre installation sans rien démonter.

Un mot sur la norme...

Mais oui au fait : "aux normes", "pas aux normes"... aux normes de quoi ? Quelles normes ?

Bonne question, surtout qu'en électricité, il y en a pléthore ! Celle qui nous intéresse s'appelle NF C15-100 et a pour but de :

  • Protéger les personnes du risque électrique,
  • Protéger les personnes du risque de brûlure,
  • Limiter le risque d'incendie,
  • Faire fonctionner l'installation correctement.

Et franchement, de vous à moi, je la trouve très bien faite cette norme : il n'y a rien d'excessif. Plus on la respecte, et plus on risque de ressortir de son atelier en bonne santé !

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Anatomie d'un tableau électrique

L'installation électrique commence généralement dehors, par les "fusibles EDF". On ne les voit pas, ils sont en principe inaccessibles et plombés, dans un coffret en limite de propriété quand on est alimenté en souterrain.

Bien sûr, il ne faut pas y toucher ! Déjà parce qu'on n'a pas le droit, et aussi parce qu'ils sont toujours sous tension.

Quand on est alimenté en aérien, les fusibles peuvent se trouver à l'intérieur, sur notre tableau électrique. Ici, c'est le petit coffret noir en haut à droite, il est également plombé.

Sur la photo ci-dessus, tout est regroupé. Dans l'ordre de passage de l'électricité :

1) Les fusibles EDF (en haut à droite, donc),
2) Le compteur (ici, un Linky de son inimitable couleur vert moche),
3) Juste au-dessous, le disjoncteur principal (ou "disjoncteur EDF"),
4) Ici, deux petits tableaux électriques, un très vieux et un récent.

Sur la photo ci-dessous, les fusibles étaient dehors, et à l'intérieur il y a le compteur + le disjoncteur principal, et un peu plus loin, le tableau.

La limite de responsabilité est dessinée par un trait rouge : au-dessus, c'est EDF (enfin, entre EDF, ENEDIS et autres, je m'y perds un peu, alors je parle en anciens francs...). Au-dessous du trait, c'est vous.

C'est pour cela qu'on n'est pas censés pouvoir refuser le linky, mais nous y reviendrons.

Ensuite, parlons du tableau :

Constitué essentiellement d'interrupteurs différentiels et de disjoncteurs :

Pour les plus anciens, il y a encore des fusibles (comme le très vieux de la 3ème photo tout au-dessus, ou les assez vieux comme sur la photo de droite ci-dessous). Je ne parle volontairement pas des tableaux qui datent du Moyen Âge, qu'on ne trouve plus que dans certaines boucheries...

Il peut aussi y avoir des éléments supplémentaires, comme ici : un télérupteur (le petit module tout à droite de la première photo) ou un contacteur (jour/nuit...), ou sur la seconde photo : un délesteur EJP.

Télérupteurs, contacteurs, délesteurs, sont des matériels qui fonctionnent de la même manière : il y a une bobine qui fait basculer des contacts quand on l'alimente. Pour les reconnaître, il y a toujours écrit "A1 et A2", qui sont les broches d'alimentation de la bobine (vous pouvez le voir en cliquant sur les photos).

On peut aussi trouver des parafoudres (ci-dessous à droite) ou un bornier (le grand machin à gauche) :

Un transfo, par exemple pour alimenter un portier ou un système d'alarme :

Ou du matériel exotique : prise de courant, horloge pour une pompe de piscine ou un arrosage automatique, lampe de secours sur batterie... Celle-ci s'allume en cas de coupure de courant, vous pouvez la débrocher et éclairer ce que vous voulez avec ! (pour les gens qui ne savent pas quoi faire de leur argent...)

Nous allons ensuite voir plus en détail les disjoncteurs et les interrupteurs différentiels, ce qui vous permettra de savoir si ce que vous avez chez vous est adapté.

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Le disjoncteur divisionnaire

"Disjoncteur divisionnaire", nous parlons bien de ceci :

Le disjoncteur sert à protéger l'installation contre les surintensités, qui peuvent être des surcharges ou des courts-circuits. Quel est le risque ? C'est l'intensité qui fait chauffer les fils et les matériels. Pour une intensité normale, la chaleur s'évacue naturellement, mais en cas de surintensité, ça chauffe anormalement jusqu'à brûler.

Protection contre les surcharges

La surcharge, c'est quand on branche trop de trucs ensemble sur la même prise. Pour détecter une surcharge, le disjoncteur contient un bilame. Deux lamelles métalliques soudées ensemble, mais de deux métaux différents qui se dilatent différemment. Plus l'intensité qui passe dedans est importante, plus le bilame se tord, jusqu'à actionner le déclencheur.

On se doute que :

  • le bilame a une certaine inertie thermique (il lui faut le temps de se déformer avec la chaleur),
  • plus l'intensité est forte, plus vite il va se tordre,
  • mais au-delà d'une certaine intensité, il ne pourra pas aller plus vite que la musique.

Tout cela se représente sur une courbe, dont voici un exemple (fictif) :

La durée se lit de bas en haut et l'intensité de gauche à droite. Dans cet exemple, si l'on met une intensité de 2 ampères, ça déclenchera au bout de 1 minute.

Sur les disjoncteurs divisionnaires, il y a en fait deux courbes. Nonon, pas la courbe "C" et la courbe "D", ça on le verra plus tard, ça ne s'applique pas au déclencheur thermique.

Voici une vraie courbe de disjoncteur :

Il y a donc 3 zones :

  • à gauche de la courbe verte, ça ne doit pas déclencher,
  • à droite de la courbe rouge, ça doit avoir déclenché de manière sûre,
  • entre les deux, c'est quand il veut.

Remarque : l'intensité n'est pas indiquée en clair, elle est notée en fonction de In, l'intensité nominale.

Pour les disjoncteurs de toutes les marques, le haut de la courbe de gauche est calé à 1,13 x In et celle de droite à 1,45 x In. Cela signifie que pour un disjoncteur 10A :

  • si l'on reste au-dessous de 1,13 x 10 = 11,3A, il ne doit jamais déclencher,
  • si l'on dépasse 1,45 x 10 = 14,5A, il doit déclencher de manière sûre avant 1h.

Ensuite, si l'intensité est plus forte, c'est plus rapide. Par exemple sur ce même diagramme, on voit que pour un disjoncteur de 10A, si l'on met 20A, il n'a pas le droit de déclencher avant 10s, et ensuite il peut déclencher quand il veut. En tout état de cause, à 120s il devra avoir déclenché.

Nous voyons aussi qu'en gros, en moins d'une seconde il ne se passe pas grand chose (le bilame peut difficilement aller plus vite). C'est pourquoi les disjoncteurs divisionnaires sont également équipés d'un déclencheur électromagnétique.

Protection contre les courts-circuits

Nous avons vu que la protection thermique agissait sur les surcharges, et que le choix de l'avoir conçue avec un bilame est pertinent : si l'on surcharge un petit peu, notre installation ne va pas trop chauffer, mais il ne faudra pas la laisser trop longtemps (c'est le haut de la courbe). Si la surcharge est importante, ça risque de chauffer pas mal, il faut couper plus rapidement (bas de la courbe).

Mais un court-circuit, ce n'est pas la même limonade ! Ce n'est plus "quelques ampères de trop", cela peut être quelques centaines voire quelques milliers d'ampères, c'est énorme ! Et si on ne coupe pas le courant instantanément, la surchauffe est immédiate. Dans le meilleur des cas un fil va fondre et le courant ne passera plus (votre câble fait fusible), dans le pire des cas, il aura eu le temps de mettre le feu à l'isolant, qui mettra le feu autour de lui. Et si vous n'êtes pas là pour vous en rendre compte, c'est le drame...

C'est pour cela que les disjoncteurs divisionnaires sont équipés d'une petite bobine (c'est-à-dire un électroaimant) par laquelle passe le courant. En cas de court-circuit l'électroaimant s'active, repousse le déclencheur qui coupe le courant. Avantage : c'est très rapide ! De l'ordre de 10 ms, le temps d'ouvrir le contact.

Voici un exemple de disjoncteur "courbe C", où l'on voit la zone du haut (déclencheur thermique) et celle du bas (déclencheur électromagnétique).

Comme on peut le voir, le déclencheur électromagnétique agit entre 5 et 10 x In. C'est le même principe que pour le thermique :

  • au-dessous de 5 x In, il ne doit pas déclencher,
  • au-dessus de 10 x In, il doit déclencher de manière sûre,
  • entre les deux, c'est la zone d'incertitude : certains déclencheront, d'autres pas. Mais en tout état de cause, même ceux qui ne déclenchent pas finiront quand même par activer leur protection thermique au bout de 4s maximum.

L'avantage de cette protection est qu'elle est hyper efficace, parfois même trop... lorsqu'on démarre un gros moteur par exemple, et que l'intensité de démarrage est importante pendant les premiers tours. D'où les disjoncteurs de courbe D (qui agissent entre 10 et 20 x In) plus tolérants pendant les premières secondes.

Notez qu'il existe aussi des disjoncteurs de courbe B (3 à 5 x In, donc moins tolérants mais plus protecteurs).

Sur ce diagramme, on voit clairement que la "courbe" (B, C, D) n'a de sens que pour le déclencheur électromagnétique. La courbe du déclencheur thermique est la même quoi qu'il en soit.

Comment lire un disjoncteur ?

Avant tout, une bonne photo valant mieux qu'un long discours...

En haut à gauche, C16 (facile !) : 16A, courbe C.

En bas à gauche, encore facile : 230V alternatif, il n'y a pas de piège.

À droite, le schéma de l'appareil. On voit que la phase et le neutre sont reliés mécaniquement donc ils seront coupés ensemble. Pour autant le neutre n'est pas protégé. C'est uniquement la phase qui est protégée, par un petit zigouigoui en forme de créneau et de demi-cercle. Le créneau, c'est la protection thermique, le demi-cercle, la protection électromagnétique.

Reste le chiffre 3000. De quoi s'agit-il ?

Le pouvoir de coupure

Nous avons dit qu'en cas de court-circuit, l'intensité pouvait monter à plusieurs centaines, voire milliers d'ampères. Combien exactement ? Cela dépend de beaucoup de paramètres, et en particulier de la longueur et de la section des fils qui alimentent l'appareil en court-circuit (en général, plus c'est long, plus c'est bon !). Et aussi, en amont de l'installation, la "force" du réseau. Si vous êtes dans un patelin paumé au fin fond de... hum... quelle région on va tourmenter cette fois ? la Corrèze profonde, tiens, et en bout de ligne à 1 km du poste de transformation, vos court-circuits seront "légers". Si vous êtes à côté d'un poste source et que le transfo BT qui vous alimente est juste devant chez vous, les court-circuits vont être furieux !

Le pouvoir de coupure d'un disjoncteur, c'est le nombre d'ampères qu'il peut accepter, ici, 3000A. Il existe des modèles 4500A, des 6000A...

Voilà une caractéristique qu'on ne regarde jamais quand on achète un disjoncteur, et pourtant en fonction de sa situation, il peut être opportun de choisir un modèle plus fort.

Voici quelques détails supplémentaires tirés de la doc Legrand :

Et si vous voulez savoir ce qu'il y a à l'intérieur d'un si petit module, voici une photo tirée du guide Hager (cliquez pour le voir en plus grand).

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L'interrupteur différentiel

Nous avons vu que le disjoncteur protège l’installation. L’interrupteur différentiel, lui, protège les personnes. En effet nous ne sommes pas à l’abri d’un contact direct avec un conducteur sous tension (avec un câble abîmé par exemple) ou d’un contact indirect si un conducteur touche la carcasse métallique de votre machine par exemple.

Bon… je crois qu’il est temps de « cadrer » mon discours. Tout ce que j’énonce reste très théorique, surtout qu’à la maison, de nos jours, les matériels sont bien plus sûrs qu’il y a 50 ans. Pour s’électrocuter ou mettre le feu à une maison, il faut un peu le faire exprès, non ? Surtout que je suis sûr que vous n’êtes jamais mort par électrocution et que votre maison n’a jamais brûlé. Or, franchement, qui n’a jamais eu un court-circuit chez lui ? Cela arrive régulièrement et quelle est la gêne : ça fait « sauter les plombs ».

Et puis des fois les « plombs » sautent sans trop qu’on sache pourquoi. Nous sommes donc habitués, depuis des décennies, à avoir une installation qui :

  • fonctionne bien la majeure partie du temps,
  • fait sauter les plombs de temps en temps.

Court-jus, défaut d’isolement, ampoule qui claque, orage, coupure de « secteur », défaut intempestif… plaf on n’a plus de courant. On attend ou on ré-enclenche un truc, paf ça remarche. Qui imaginerait mourir en touchant son lave-vaisselle ou cramer sa salle à manger parce qu’une ampoule vient de claquer ? Personne évidemment parce qu’aujourd’hui le seul péril de l’installation électrique, c’est que : « ça saute ».

Et qu’est-ce qui « saute » ? Les disjoncteurs et les interrupteurs différentiels justement. On ne les remerciera jamais assez : s’il n’y avait pas cela, on serait « à l’os » ! Ce serait une hécatombe dans votre entourage et votre maison ne tiendrait pas plus d’un mois avant de finir en cendres. Ce fait est devenu inimaginable tellement nous sommes habitués à la quiétude et à la sécurité.

L’interrupteur différentiel tient votre vie entre ses mains… le saviez-vous ?

En voici un. Le terme générique est « DDR » pour Dispositif Différentiel à courant Résiduel.

Comment le reconnaître ? C’est facile : 1) c’est écrit dessus (vous pouvez cliquer sur l'image pour zoomer si besoin), et 2) Il y a toujours un bouton de test, avec une petite mention du genre « à tester tous les mois » – ce que personne ne fait – ou « test frequently » (pour nous déculpabiliser, la notion de « fréquemment » étant assez élastique !).

On peut également y voir l’intensité maximale (ici, 40A) et la sensibilité (ici, 30 mA).

Que fait-il ? Il mesure en permanence le courant qui part dans la phase, et le courant qui revient dans le neutre. Il fait la différence (d’où son titre « différentiel ») et s’il y a un écart (de plus de 30 mA), il considère que du courant est parti ailleurs que dans le circuit. Peut-être dans votre petit corps douillet… et il disjoncte oups ! il coupe le courant.

Excusez l’abus de langage mais soyons précis : un disjoncteur disjoncte, un interrupteur interrompt.

La différence, c’est le pouvoir de coupure, et le type de protection : un disjoncteur va s’ouvrir en cas de surcharge ou de court-circuit, mais pas un interrupteur. Tant que les courants entre phase et neutre sont équilibrés, il restera enclenché.

C’est pour cela que :

  • Sur le tableau électrique, il y a des DDR et des DJ, pas seulement l’un ou l’autre,
  • Il faut protéger les DDR des surintensités !

Protéger l’interrupteur différentiel

NB : ce chapitre est surtout une affaire d’électricien, vous pouvez allègrement le passer, cela ne nuit pas.

Protéger les DDR des courts-circuits, ils le sont de fait par les disjoncteurs : dès qu’un court-circuit surgit, le disjoncteur déclenche et il n’y a plus de court-circuit, le tour est joué. Par contre, les surcharges, c’est différent…

Nous avons vu que les bilames étaient calés 1,13 fois l’intensité nominale, soit 11,3A pour un DJ 10A, et 18A pour un DJ 16A. Imaginons qu’un interrupteur différentiel protège 6 circuits avec DJ 16A et 2 avec DJ 10A. En pratique, le courant maximum possible est 6x18 + 2x11,3. Allez soyez chou, faites-moi le calcul de tête !

Je vous aide : 6x3 = 18, fois 6, c’est pareil que 6x6=36, fois 3, on ne va pas être loin de 100A (mais je m’aide des unités : le 6 de 36, fois 3 = 18, le résultat exact se termine par un 8, donc 108 A. J’ai juste ?) Plus 11,3 fois deux là c’est facile : 22,6. On a vu que l’autre résultat partiel finissait par un 8 et celui-ci par un 2, c’est cool, ça va faire un compte rond, donc on va enlever la virgule, et 108 + 22 = 130, vous voyez qu’il n’y avait pas besoin d’un smartphone pour calculer cela !

NB : on a tous un immense respect pour un type qui a des équipements électroportatifs et qui fait pourtant tous ses usinages à la main, alors s’infliger un smartphone et rater une belle occasion de profiter de son cerveau, quel dommage !

Sur notre interrupteur différentiel, l’intensité maximale qui pourrait réellement passer sans qu’aucun disjoncteur ne déclenche est donc de 130A, c’est beaucoup. Celui de la photo accepte 40A max, et on trouve dans le commerce des 63A… on est loin du compte !

Mais si votre abonnement EDF est de 9kVA, le disjoncteur principal sautera à 45A, bien avant les 130 théoriquement possibles.

De plus, ce n’est pas souvent qu’on tire le maximum possible de tous nos points d’alimentation, il y a de la marge et on n’a pas 6 aspirateurs de 4 KW à brancher simultanément… C’est pourquoi la norme NF C15-100 impose de protéger les interrupteurs différentiels de deux manières différentes, au choix :

  • « par l’amont » : si en amont du DDR nous avons un disjoncteur d’intensité nominale inférieure ou égale,
  • « par l’aval » : si en aval du DDR l’intensité nominale de tous les disjoncteurs, divisée par deux, est inférieure au DDR.

Dans l’exemple ci-dessus (allez soyez chou !) 16 x 4 + 2 x 10, le tout divisé par 2 ?
=64+20=84, /2 = 42, c’est un poil derrière la limite puisque mon DDR accepte 40A. Chez moi je le ferais, chez des clients non.

Attention, cette règle de la division par deux ne vaut pas pour le chauffage ni les chauffe-eaux électriques. Pour ces appareils, on considère qu'ils peuvent réellement s'allumer tous en même temps (alors que sur des prises ou des lumières, c'est rare qu'on le fasse). Donc pour tout ce qui chauffe, c’est l’intensité nominale du disjoncteur, ni plus ni moins.

La sensibilité des interrupteurs différentiels

Dans votre maison vous devez avoir deux types de protection différentielles : le disjoncteur « EDF », 500 mA, et des petits interrupteurs différentiels 30 mA.

500 mA, ça ne protège pas grand-chose, 30 mA, ça vous sauve la vie car à cette dose, le courant n’est pas nocif.

Aujourd’hui la norme est très simple et très facile à retenir : tous les disjoncteurs de votre tableau électrique doivent être alimentés par un DDR 30 mA, quoi qu’ils alimentent : prises de courant, éclairage, machine… tout !

Fonctionnement

Nous l’avons vu, le DDR mesure la différence de courant entre phase et neutre, et s’il y a un déséquilibre, c’est que du courant est parti ailleurs. Mais où ? N’oublions pas ce qu’est un courant ! Un courant d’air, ce n’est pas de l’air, c’est le fait qu’il circule. Pareil dans la mer, les courants sont des déplacements de masses d’eau, ce n’est pas l’eau elle-même. Si j’isole 1 m3 d’eau de mer dans une caisse, il n’y a plus de courant dans cette caisse. Eh bien pour le courant électrique : c’est itou !

Le courant électrique est un déplacement d’électrons. Votre corps humain en contient des milliards en permanence, qui partent dans tous les sens dans un cafouillage inorganisé. Mais ce qui vous tue, c’est le fait de les faire circuler tous ensemble de manière ordonnée. Ne dites pas cela à vos enfants !
-- Range ta chambre !
-- Tu veux me tuer ou quoi ?

Et pour qu’ils circulent, c’est comme le courant d’une rivière, il faut qu’il y ait un point haut et un point bas. C’est ce dénivelé qu’on appelle « différence de potentiel » ou « tension », et le point le plus bas est : la terre !

C’est pour cela que les oiseaux peuvent toucher des câbles 400 kV sans mourir : il n’y a pas de courant qui les traverse. Par contre s’ils touchaient à la fois le câble et la terre, ils ne feraient pas long feu.

Protection contre les contacts directs

Revenons à vous (c’est de votre vie qu’on parle, quand même !). Il faut vous protéger des contacts directs. Votre lampadaire est branché de l’autre coté de la porte, votre gamin ferme la porte et abîme le câble. Le lampadaire fonctionne mais si l’on regarde le câble de près, on voit le cuivre. Sans faire gaffe vous touchez le cuivre, votre doigt est au potentiel 230V et vos pieds au potentiel 0V.

Votre corps (qui est comme la terre : un mauvais conducteur, mais conducteur quand même), fait passer un courant entre votre main et votre pied, ce n’est pas très agréable, et ce courant prendra le chemin le plus court ou le plus facile, chemin qui a peut-être le mauvais goût de passer par le cœur… Heureusement, le DDR voit une différence d’intensité entre le courant qui part et celui qui revient (il en manque un peu) et déclenche « instantanément ». En 10ms votre cœur n’a pas eu le temps d’entrer en fibrillation, et votre chair n’a pas eu le temps de brûler, vous êtes sauvé !

NB : excusez cette image complètement inutile, mais il fallait que je sépare les deux blocs de texte sinon ça faisait planter L'Air du Bois !

Protection contre les contacts indirects

Plus sournois : le défaut d’isolement ! Un élément interne sous tension vient toucher la carcasse de votre machine à laver ou de votre machine à bois (c'est l'image présentée ci-dessus, que je n'ai quand même pas prise au hasard, hein !). Vous arrivez avec votre planche, confiant, vous la posez sur la table d’entrée de votre machine (le bois est isolant, pour l’instant il ne se passe rien), d’une main vous vous apprêtez à démarrer la machine tandis que de l’autre main – non gantée – vous touchez la table métallique et là, qu’est-ce qui se passe ?

Réponse : rien ! Pourquoi le DDR attendrait-il que le courant passe par vous pour déclencher ? Il y a longtemps qu’il a coupé le courant, dès que le contact s’est fait entre une pièce sous tension et la carcasse, du courant est passé vers la terre (via la prise de terre) et a fait sauter l’interrupteur différentiel. Vous tournez le bouton, la machine ne démarre pas, merde qu’est-ce qu’il se passe encore ?, le DDR est déclenché, vous le ré-enclenchez et il re-saute instantanément… c’est parti pour la galère, voilà une journée qui commence mal !

Bin… moi je dirais plutôt qu’elle commence bien non ? …vous avez déjà oublié ?

Qui imaginerait mourir en touchant son lave vaisselle ou cramer sa salle à manger parce qu’une ampoule vient de claquer ? Personne évidemment parce qu’aujourd’hui le seul péril de l’installation électrique, c’est que : « ça saute ».

On ne les remerciera jamais assez : s’il n’y avait pas cela, on serait « à l’os » ! Ce serait un carnage dans votre entourage et votre maison ne tiendrait pas plus d’un mois avant de finir en cendres. Ce fait est devenu inimaginable tellement nous sommes habitués à la quiétude et à la sécurité.

Mais pour que ça marche comme ça, il faut que la carcasse (on dit « la masse ») de votre appareil soit reliée correctement à la terre. Ça, c’est primordial, nous y reviendrons (et je ne vais pas vous lâcher avec ça, faites-moi confiance !).

Types de protection différentielle

Je vais passer rapidement ce point, mais sachez que pour mesurer une différence de courant alternatif entre deux conducteurs, c’est très facile : on les entoure d’une bobine très fine (un tore). Mais ça ne marche pas avec du courant continu. Pour cela, il faut des moyens plus subtils et de l’électronique. Pourquoi parler de courants continus alors que vous êtes alimentés en alternatif : parce que certains appareils en produisent sans qu’on le sache : les plaques à induction, les chargeurs de voitures électriques, les variateurs de vitesse des lave-linge et… le régulateur de vitesse de votre super défonceuse ou de votre scie plongeante !

Du coup pour ces appareils il est recommandé d’avoir des DDR plus élaborés. Voici les différents symboles qu'on peut voir sur les DDR :

En résumé :

  • Type AC = DDR commun pour tous les appareils sauf ceux indiqués ci-dessous,
  • Type A = pour les plaques à induction, lave-linges, voitures électriques et appareils à régulateur de vitesse,
  • Type F ou HPI = pour l’informatique et les congélateurs (protection renforcée pour éviter les déclenchements intempestifs),
  • Il existe aussi un type B = la totale, le nec plus ultra, le beau gosse du tableau électrique, la star du cagibi, qui vous protège des voleurs, de la pluie, des ennuis administratifs, des voisins pénibles… mais ne rêvez pas, il est trop cher pour vous.

Marquage

Voici deux Dispositifs Différentiels Résiduels légèrement différents. Que nous apprennent leurs marquages ? Cherchez bien tous les indices !

Celui de droite nous dit que :

  • c’est un interrupteur différentiel (facile, c’est marqué en clair en bas à gauche),
  • de sensibilité 30 mA (facile, c’est écrit en clair en haut à droite – 0,03A, c’est pareil que 30 mA, hein !),
  • son intensité nominale est de 40A (facile, c’est écrit en clair en haut),
  • c’est un type AC (cf. le petit symbole « ~ » en haut),
  • il est conçu pour du 230 alternatif (cf. en bas à gauche),
  • son intensité maximale est de 630A (eh oui, je savais bien qu’à 42 A il ne cramerait pas, il y a un peu de marge quand même !)
  • et le petit schéma montre que les deux contacts, phase et neutre, seront coupés ensemble par le tore et un petit relais, et il montre même comment est élaboré le système de test : avec un bouton et une petite résistance. C’est donc un test « en grandeur réelle », qui génère un vrai défaut d’isolement pour contrôler que l’ensemble fonctionne. Tout cela sur 1 cm², la classe, non ?

Celui de gauche nous dit que… c’est un disjoncteur différentiel (c’est écrit en clair), et non un interrupteur différentiel. Pourtant je vous ai tartiné une page pour vous expliquer qu’on parlait d’interrupteurs et non de disjoncteurs. Hé, je n’ai pas dit que ça n’existait pas !

Soyons clairs : les deux types d’appareils existent, et c’est pour cela que le terme générique est « dispositif ». On trouve le plus souvent des interrupteurs différentiels, mais il est possible de s’équiper en disjoncteurs différentiels. L’un des avantages est que ces derniers n’ont pas besoin d’être protégés ni en amont ni en aval, puisqu’ils se protègent tout seuls.

Cela dit, même s’il n’était pas écrit en clair qu’il s’agissait d’un disjoncteur et non d’un interrupteur, il y avait plusieurs indices qui le montraient… retournez voir la photo et cherchez bien !

  • en haut il y a écrit « C16 ». S’il a une courbe C, c’est qu’il a une protection électromagnétique,
  • sur le schéma, on voit les deux petits zigouigouis (le demi-carré de la protection thermique et le demi-rond de la protection magnétique, qui sont bien absents sur l’interrupteur),
  • en bas il y a le pouvoir de coupure : 3000A, à comparer aux 630A de l’interrupteur, ça donne une idée (et on comprend que l’interrupteur ne résisterait pas tout seul à un court-circuit, d'où la nécessité de le protéger par l'amont ou par l'aval).

Enfin sur les deux modèles on voit une petite fenêtre dans laquelle une lamelle rouge nous indiquera si la protection différentielle s’est activée, elle restera vide si on l’a éteint manuellement ou par surintensité pour le disjoncteur. Selon les marques et les modèles, il n’y a pas forcément d’indicateur de ce genre.

Conclusion

  • Vous devez avoir des dispositifs différentiels de sensibilité 30 mA sur tous vos départs électriques,
  • Si votre électricien a bien fait son boulot, il a choisi le bon type en fonction de ce qui est alimenté (AC, A, F) et surtout le bon calibre en fonction des puissances.

Mais ! Même si votre électricien a bien fait son boulot, nous ne parlons pas d’un atelier pro mais de votre garage, donc il ne pouvait pas deviner que vous étiez un boiseux équipé de super matériel avec régulateurs de vitesse. Il est donc probable que le garage soit protégé par un DDR de type AC, ce qui n’est pas génial. Un type A serait plus protecteur.

  • Vous ne vous préoccupez jamais de vos interrupteurs différentiels (bah oui, c’est des machins dans le tableau électrique, on ne va pas en faire un fromage non plus) sauf quand il y en a un qui saute, et là vous le maudissez et vous le remettez en service. Vous n’appuyez jamais sur le bouton test ce qui est preuve d’une certaine ingratitude pour un machin qui vous sauve la vie, je dis ça pis je dis rien, hein !

(Et sur ce coup-là, je ne suis pas meilleur que vous, mais cela ne vous excuse pas !)

Allez je vous propose un truc : une fois par an, entre Noël et Nouvel An, on fait tous l’essai de nos DDR. Vous verrez, vous serez fiers de vous ! Tellement fiers que vous voudrez le dire au monde entier, alors le premier qui dégaine met une « Annonce » dans L’Air du Bois pour prévenir les autres !

Seul inconvénient, il faudra remettre l’horloge du micro-ondes à l’heure, mais c’est bien au-dessous du prix d’une vie, la vôtre ou celle d’un proche, non ? Et ne vous inquiétez pas je vous le rappellerai !

NB : celui de la première photo (pourtant, il a l’air bien, non ?), je l’avais dans mon stock et un jour je l’ai installé en rénovant un tableau électrique. La manette était super dure, mais au bout de quelques manœuvres il fonctionnait bien. Une fois remis sous tension j’ai essayé le bouton test : rien ! Et j’ai fait un défaut d’isolement d’une autre manière : rien non plus. Bon pour la poubelle ! Comme quoi, un appareil en défaut, ça n’arrive pas que chez les autres.

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La prise de terre, les liaisons équipotentielles

C'est quoi le plus important sur une prise de courant ? Hein, hein ? C'est le petit bitos qui dépasse !
Ah, je vous avais dit que je ne vous lâcherais pas avec ça, je vous plains !

Mais à quoi est-il relié, et comment savoir s'il est efficace ?

Il est relié à un fil de terre (jaune / vert) qui arrive au connecteur de terre du tableau électrique, et celui-ci est relié à un conducteur installé sous votre maison, en "fond de fouille" (lorsque les fondations ont été coulées) ou relié à des piquets enfoncés dans la terre.

Pourquoi cela : parce que la terre de la planète Terre est comme vous, un mauvais conducteur (de courant), et que c'est cela qui va permettre de fixer le "potentiel zéro". Pour refaire l'analogie avec la rivière, peu importe l'altitude de la rivière, ce qui compte, c'est le dénivelé. Mais par convention on fixe l'altitude 0m au niveau de la mer. Pour l'électricité, peu importe le potentiel, ce qui compte c'est la tension qui est une différence de potentiel. Et par convention on fixe le potentiel de la terre à 0V. Mais ce n'est pas qu'une convention ! Pour que le potentiel de la terre soit réellement à zéro, on y connecte le Neutre au niveau du poste de transformation.

Regardez à nouveau le schéma "inutile" du chapitre précédent (j'ai bien fait de le choisir finalement !). Tiens je le remets ici, ce sera plus simple.

On y voit une installation avec un défaut d'isolement (c'est l'éclair dans le rectangle), et un courant de défaut (Id, qui suit les flèches). Comme c'est un courant, par définition il circule et pour cela il fait une boucle (de la phase vers le neutre).

Analogie avec la rivière : vous pensez qu'elle coule d'un point haut à un point bas sans faire de boucle ? Erreur ! Arrivée à la mer l'eau s'évapore et vient former des nuages qui pleuvent sur les montagnes et affluent dans la rivière. Là aussi ça tourne en rond comme l'électricité.

Donc ici, le courant part de la phase de notre transformateur et va vers la maison puis la machine via des fils. Il y a un défaut d'isolement, qui relie la phase à la masse du matériel. Il faut que le courant rejoigne le neutre du transfo. Comment fait-il ? Il s'écoule via le fil vert/jaune jusqu'au point "Ra" (prise de terre de la maison). Pour terminer la boucle, il doit rejoindre "Rb" (prise de terre du poste de transformation, reliée au Neutre) et il le fait par la terre. Le courant de défaut va donc parcourir les quelques centaines de mètres entre votre maison et le poste, via la terre ! Et c'est ainsi qu'il sera détecté et que l'interrupteur différentiel va couper le courant.

Donc, pour protéger votre vie, votre interrupteur différentiel a besoin d'une installation qui réunit les conditions suivantes :
1) La carcasse du matériel est reliée au "bitos qui dépasse",
2) Ledit bitos est relié à la prise de terre de la maison,
3) La prise de terre est bien reliée à la terre (la vraie terre, hein, je parle de votre jardin !),
4) La terre est suffisamment conductrice pour laisser passer du courant (il faut donc que sa résistance au passage du courant ne soit pas trop forte),
5) le Neutre du poste de transformation est bien relié à la terre.

Si l'une de ces conditions n'est pas satisfaite, vous êtes en danger. Comment savoir ?

Test pratique de la condition n°1

Pour être sûr que la masse de votre machine est bien reliée à la prise de terre, un simple multimètre en mode "test de continuité" ou "ohmmètre" est suffisant. Débranchez votre machine et touchez la carcasse avec une pointe de touche, et la prise de terre avec l'autre.

Vous remarquerez que sur le touret à meuler la valeur n'est pas fameuse (en principe il devrait y avoir 0,00), mais le courant passe, c'est le principal.

Ce test m'assure donc que le courant de défaut ira bien de la machine vers la prise.

Test pratique des conditions n°2 et 3

Pour être sûr que derrière le bitos qui dépasse, il y a bien un fil qui va jusqu'à la terre, il faut un appareil particulier. Celui-ci s'appelle "VT35" et coûte 20 euros en GSB. Pourquoi s'en priver ?

Il suffit de le brancher, et si les 3 lampes s'allument, c'est bon !

S'il n'y a qu'une lampe ou deux qui s'allument (ou si les 3 restent éteintes), c'est qu'il y a un souci, qu'on peut lire sur la légende reportée sur l'appareil.

L'appareil teste notamment la position de la phase et du neutre sur la prise (par convention la phase est à droite). Si c'est inversé, l'appareil n'allume qu'une seule lampe et vous ne pourrez pas savoir si la terre est bien connectée. Solution 1 : démonter la prise et inverser les fils (je vous le déconseille, car cela n'a aucun intérêt du point de vue électrique, c'est juste une convention inutile !). Solution 2 : utiliser une rallonge qui inverse la position (celle que j'utilise pour cela est parfaite : comme les prises de terre sont "tête bêche", si ça ne marche pas avec l'une je teste avec l'autre).

Test pratique des conditions n°4 et 5

Jusqu'ici, nous savons que la carcasse de notre machine est bien reliée jusqu'à la terre de notre jardin. Il faut encore que le courant puisse circuler jusqu'au neutre du poste de transformation, ce qui nécessite que la résistance de terre soit suffisamment faible, et que le neutre soit bien relié à la terre dans le poste. Deux conditions qu'on ne maîtrise pas.

Pour faire le test, il suffit de faire un défaut d'isolement et de constater que l'interrupteur différentiel saute ! Pour cela vous avez 3 possibilités :

a) Appuyer sur le bouton "test" de l'interrupteur différentiel 👍
b) Utiliser le testeur du VT35 👍👍
c) faire un défaut d'isolement bourrin avec un fil ou une lampe témoin ⚡

La méthode (a) est très simple, et à faire une fois par an selon la norme NF-CAra.

La méthode (b) permet en plus de contrôler le calibrage de votre interrupteur différentiel : vous sélectionnez la valeur de défaut la plus faible (5mA) et vous appuyez sur le bouton : ça ne doit pas déclencher. Vous tournez le sélecteur sur 10 mA et vous testez, ça ne doit pas déclencher. Puis 15, 20, 25... jusqu'à ce que cela déclenche. S'il n'a pas déclenché pas à 30mA ou avant, c'est qu'il y a un souci !

La méthode (c) est bourrine mais sans risque si vous savez ce que vous faites (mais je ne la décris pas, si vous ne voyez pas de quoi je parle, ce n'est pas pour vous !). Elle a le mérite de tester les conditions 2 à 5 d'un coup, et par conséquent, de tester les conditions 2 et 3 même si vous ne disposez pas d'un appareil comme le VT35.

Petite optimisation pour le test de la condition n°1

Pour ceux qui ont plusieurs machines, branchées directement sur un coffret ou par une prise mal placée (inaccessible). Vous pouvez mettre une pointe de touche sur une partie métallique d'une machine, et l'autre pointe de touche sur une autre machine. Si l'ohmmètre indique que le courant passe, c'est que les masses des deux machines sont bien reliées au réseau électrique. Cette méthode vous permet de tester deux machines à la fois sans les débrancher.

Les liaisons équipotentielles (LEP)

Vous venez de tester toutes vos machines, toutes vos prises et tous vos interrupteurs différentiels, tout marche à la perfection, vous êtes super contents ! Ce serait vraiment dommage de vous électrocuter bêtement en touchant un tuyau en cuivre ou un chambranle de porte, non ?

Car oui, imaginez que pour une raison quelconque il y ait un conducteur qui touche un tuyau d'eau. Instantanément tous les tuyaux de la maison se mettent au potentiel 230V et pourtant rien ne "disjoncte". Fier de votre installation vous touchez d'une main la table d'une machine, qui est super bien reliée à la terre (donc au potentiel zéro), et de l'autre main, vous touchez le tuyau à 230V...

Vous allez me dire : "c'est pas grave, l'interrupteur différentiel va sauter et en 10 millisecondes mon coeur n'aura pas le temps de se mettre en fibrillation et ma chair n'aura pas le temps de brûler". Oui c'est vrai (vous avez bien appris votre leçon, bravo !). Mais le top, ce serait quand même que le DDR saute dès que le défaut surgit, avant que vous ne touchiez le tuyau.

Pour cela il y a la... devinez quoi ? (allez, c'est facile, c'est le titre du chapitre, faites un effort, quoi !)

La liaison équipotentielle, c'est pour mettre tout ce qui est métallique dans votre maison au même potentiel, celui de la terre. C'est valable pour tout ce qui fait "réseau" et qui est métallique. Les tuyaux en cuivre, bien sûr, mais aussi une charpente métallique de grange ou de hangar par exemple.

Sur la photo ci-dessus, le plombélectricien s'est fait plaisir, il a relié tous les tuyaux par des petits ponts en cuivre. Et surtout, il les a reliés à la terre, c'est ça le plus important : on le devine ci-dessous entre le 4ème et le 5ème tuyau.

Donc si votre atelier est dans un hangar métallique, vérifiez que celui-ci est bien relié à la terre. Et attention au piège ! Il doit être relié à la même terre que vos prises, sinon ça ne sert à rien !

La terre est un mauvais conducteur. Donc si vos prises sont reliées à la terre de la maison mais que le hangar a sa propre terre, il est tout à fait possible que celles-ci soient à des potentiels différents. Et dans ce cas, même s'il n'y a pas de défaut au niveau d'une machine, vous touchez la machine avec une main et le hangar avec l'autre, et couic vous prenez le jus !

Conclusion, si votre atelier est dans un hangar et que celui-ci a sa propre terre, il faut relier par un fil de section suffisante la terre du hangar et celle des prises.

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L'appareillage

Nous avons vu que l’interrupteur différentiel était là pour protéger les personnes des contacts directs et indirects. Nous voilà rassurés mais… Tiens je serais curieux de faire un sondage, pour savoir :

  • combien ont au moins un DDR sur leur installation,
  • combien ont des DDR sur l’ensemble de l’installation,
  • combien ont des DDR sur l’ensemble de l’installation sauf le garage,
  • combien n’en n’ont pas du tout,
  • combien en ont sur toute l’installation avec au moins un type A là où il faut…

D’autre part, nous avons vu qu’il était plus pertinent que le DDR saute avant qu’on ne touche l’appareil en défaut (c’est bien plus sûr), mais le top serait qu’on ne puisse même pas toucher l’appareil en défaut car là, il n’y aurait plus aucun risque.Vous avez sans doute déjà vu un marquage « Classe II » avec un double carré et des appareils estampillés IP55, IP65, IP44, IP2X, IP3X… faisons un peu le tri.

La classe du matériel

Je ne le dirai jamais assez : votre matériel doit être correctement relié à la terre ! (je vous avais prévenu que je ne vous lâcherais pas avec ça). L’électricité nuit gravement à la santé ! Bon, je ne vais pas insister comme un bourrin mais j'ajoute juste que : Le coup de jus, c’est mal, la terre, c’est bien ! (nous essayerons de trouver d’autres slogans tout aussi subtils avant la fin du pas à pas).

Et pourtant, il y a deux types de prises : celles avec la terre, et celles sans terre.

Et il ne vous a pas échappé que dans votre atelier, il y a beaucoup plus de matériel sans connecteur de terre… et c’est tant mieux !

Voici les trois classes de matériel et leur symbole :

Et c’est tout simple : les matériels de classe I doivent être reliés à la terre, afin que leur masse métallique ne puisse pas vous électrocuter.

Les matériels de classe II ne doivent pas être reliés à la terre, et pour cause ils ne peuvent pas, leur prise n’est pas faite pour. Ils sont intrinsèquement sûrs, parce que leur carcasse est en plastique, ou qu’ils ont une double enveloppe.

NB : je ne parle pas des matériels de classe III, c’est la « très basse tension de sécurité » alimentés avec un transformateur spécifique ; cela relève du domaine professionnel, peut-être aussi des éclairages de piscines par exemple.

Et donc, au cas où vous ne le sauriez pas, il faut relier vos matériels de classe I à la terre ! En général le symbole du double carré est indiqué sur les matériels de classe II, mais rien n’est indiqué sur ceux de classe I. Ne vous faites pas de nœud au cerveau : dès que la prise a un connecteur de terre, c’est du classe I et il faut…?

(le connecter à la terre, oui, vous avez bien retenu !)

Bon là vous commencez à me trouver lourd mais… si votre atelier est comme le mien, il y a aussi quelques vieilles prises sans le petit bitos qui dépasse ! Eh bien si vous les utilisez quand même, n’y branchez que des matériels de classe II et on restera bon amis !

L’indice de protection IP

Il s’agit d’une norme internationale qui définit la protection contre les corps solides et liquides. Le premier chiffre indique le niveau de protection contre les corps solides (doigts, outils, poussières), et le second contre les liquides. Plus le chiffre est élevé, mieux c’est protégé. S’il n’y a pas de protection, ce n’est pas zéro mais X.

Exemples :

  • IP1X : protection contre les corps solides > 50 mm (le poing), aucune protection contre les liquides.
  • IP2X : protection contre les solides > 12,5mm (normalement on ne peut pas y mettre un doigt),
  • IP3X : là c’est 2,5mm, on ne peut pas y glisser un tournevis (ou alors c’est un très fin),
  • IP4X : 1mm,
  • IP5 et 6 X, c’est la protection contre la poussière.

Pour les liquides :

  • IPX1 : protection contre les gouttes d’eau qui tombent verticalement,
  • IPX2 : gouttes d’eau avec un angle de 15° max,
  • IPX3 : angle de 60° max,
  • Etc (ça va jusqu’à 9 : immersion totale dans des conditions invraisemblables, en passant par la protection contre les jets haute pression).

Pour les détails je vous renvoie vers la norme, vous la trouvez très facilement sur Wikipedia par exemple.

Cas pratique : si vous voulez du matériel qui ne s’encrasse pas dans votre atelier avec les poussières de MDF, il vous faut du IP5X. Si c’est une prise sur un mur, avec un tuyau d’eau froide qui passe au-dessus, il se peut que l’hiver vous ayez un peu de condensation qui goutte sur la prise => IP51 est suffisant. Dans les faitsvous ne trouverez peut-être que des prises IP55. Qui peut le plus peut le moins, bien sûr.

Autre cas pratique : une prise sur le mur extérieur de votre garage, pour brancher votre aspirateur ou nettoyeur haute pression. C’est dehors, les poussières ne vous dérangent guère mais il faut se prémunir de la pluie et des projections d’eau (je pars quand même du principe que vous n’allez pas vous acharner avec votre nettoyeur en direct sur la prise) : IP34 est suffisant.

NB : je n’en parle pas ici mais il existe aussi un indice de protection contre les chocs mécaniques (indice IK) qui indique avec quelle force on peut taper dessus avec un marteau. Cet indice est utile pour le matériel accessible au public, engins, etc.

Les principes de protection physique de l’appareillage

Petite synthèse :

  • Classe I + DDR = protection « électrique » contre les contacts directs et indirects,
  • Indice IP = protection « physique » contre les contacts directs,
  • Classe II = protection « physique » contre les contacts indirects.

Mais il y a un principe général que vous pouvez contrôler facilement : entre le conducteur et vous, il doit y avoir au moins 2 barrières. Par exemple pour un câble, il y a le conducteur en cuivre, un isolant autour du conducteur, et un autre isolant qui « gaine » les fils. C’est également le cas du fil de lampe de chevet ci-dessous :

Par contre, le fil du milieu n’a qu’un isolant autour du conducteur, il a donc davantage de risque d’être blessé et d’offrir du 230V à l’air libre. Il peut encore être utilisé pour des courants faibles (HIFI, portier 12V…) mais pas pour du 230V.

Autre principe de base : les appareils dans lesquels les conducteurs sont visibles (boîtes de dérivation…) ne doivent pas pouvoir être ouverts sans outil. L’idée est qu’on ne puisse pas avoir de contact direct par inadvertance… Bien sûr, encore faut-il que les boîtes de dérivation soient fermées !

Allez, séance photo et petit jeu « cherchez l’erreur » (c’est très facile vous allez voir !). Ce qui est bien est que je n’ai pas eu besoin d’aller chercher loin pour ces photos, j’avais à peu près tout ce qu’il fallait dans ma grange… d’où l’expression « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » !

Une rallonge qui alimente une rallonge qui alimente un matériel, et vu la prise noire, c’est un gros matériel de classe I (mon aspirateur à copeaux de 1500W). Ce n’est pas top, mieux vaudrait l’alimenter en direct sur une prise (c’est prévu, je vous jure !), mais ce n’est pas gravissime non plus. 1500W ça fait moins de 10A. Ce qu’il ne faudrait pas, c’est brancher sur la même prise la calibreuse à rouleau qui fait également 1500W, parce que là cela commencerait à faire beaucoup.

Notons d’autre part que les rallonges sont fabriquées en Chine et que la qualité chinoise est très variable. On trouve le meilleur comme le pire, donc on peut tomber sur une rallonge qui marche mais qui est fragile. Un truc simple à faire : après 10 minutes d’utilisation de l’aspirateur, toucher les différentes prises. Si on se brûle, ou si c’est plus chaud que le reste, mieux vaut utiliser une autre rallonge !

Enfin les rallonges au sol provoquent un risque de se prendre les pieds dedans, moins il y en a, mieux c’est.

Voici deux prises qui ne sont pas aux normes. Celle de droite n’a pas d’obturateurs, et celle de gauche a deux défauts : pas de terre (maintenant c’est devenu obligatoire), et pas de « puits » (la surface est affleurante). Il y a une photo un peu plus bas qui montre en quoi une telle prise peut provoquer un danger.

NB : attention à la portée de la norme. Quand un matériel ne respecte pas la norme, cela ne vous interdit pas de l’avoir et de l’utiliser. Ce qui est interdit, c’est de l’installer dans une installation neuve. Pour autant, plus on se rapproche de la norme et mieux on est protégé. Du coup quand je dis « c’est interdit », « il faut », « on doit »… c’est un abus de langage : je devrais plutôt dire « la norme impose », sachant qu’elle n’est pas obligatoire sur les installations existantes.

Les douilles en laiton sont « autorisées » (enfin, « respectent la norme ») si elles sont reliées à la terre. De nos jours, toutes les canalisations (tubes, gaines, goulottes…) doivent contenir un conducteur de terre, même pour l’éclairage).

Là évidemment c’est « presque » parfait ! Il manque juste le couvercle de la boîte !

Ici pas de souci, c’est un câble qui « a le droit » d’être à l’air libre, et qu’on peut aussi faire passer dans un tube si on veut. Pour la traversée du mur il n’est pas protégé, mais je ne pense pas que cela soit nécessaire, il y a bien les deux barrières.

Ici c’est limite, parce qu’il y a des simples fils dans cette canalisation. Le scotch peut être enlevé sans outil et la gaine souple pourra être déboitée à la main, donc techniquement, ça ne respecte pas la norme. Si je fais cela à l’épreuve du CAP électricien j’aurai une sale note, et si je le fais chez un client, j’espère bien qu’il me dira « vous vous foutez de moi ou quoi ? ». Donc cela aurait mérité une petite boîte de dérivation pour faire la jonction, mais pour mon garage, j’assume.

Là c’est presque parfait ! Un arrêt d’urgence qui en met plein la vue (il est beau, non ?) et un crochet fort chou !

Il y a deux choses à améliorer : la prise qui n’a pas d’obturateurs, donc si je mets deux tournevis dans deux trous, il y aura 400V entre les deux… Je ne vois pas pourquoi je ferais cela, mais rien ne l’empêche. Pour mémoire, le 400V, c’est la mort immédiate ou dans le meilleur des cas une brûlure grave et irréversible dans le membre qui a touché les tournevis.

L’autre point d’amélioration, c’est que l’arrêt d’urgence est situé au niveau de la prise, ce qui n’est pas très utile. Il serait mieux sur la machine.

Par contre ma grande fierté, c’est le crochet, vous avez vu ?

Grâce au crochet, c'est hyper pratique de débrancher la prise. Et je le fais très souvent : chaque fois que je mets les pattes dans les courroies de la Lurem. Il n’y pas de « oui bin je vois pas pourquoi le moteur démarrerait », de « bah toute façon j’ai appuyé sur l’arrêt d’urgence, ça craint pu rien » ou tout ce que vous voulez : quand c’est débranché, c'est débranché. Il y a une chose dont je suis certain, c'est qu'il peut y avoir n’importe quel défaut, le courant ne passera pas.

Oui c’est un peu fouillis mais… vous voyez quelque chose à redire ?

Là c’est perfecto ! La prise est affleurante mais c’est la nouvelle mode : quand on met une prise elle s’enfonce, donc ça respecte la norme.

Là par contre je me suis fait plaisir en mettant une vieille douille en laiton et une vieille ampoule, mais la douille n’est pas reliée à la terre.

Ici rien à redire, si ?

Si : c’est un vieux modèle de boîte dont le couvercle peut être enlevé à la main. Plus aux normes.

Alors là c’est le pompon, le chouchou de mon installation électrique, l’épouvantail de l’électricien moderne, un cumul d’à peu près tout ce qu’il ne faut pas faire mais c'est tellement mignon ! Sur 7 matériels, 6 ne sont pas aux normes, c’est un quasi carton plein !

  • L’interrupteur a une base porcelaine et un habillage métallique (pas à la terre bien sûr) : c’est mal !
  • La lampe témoin est sur une douille laiton non reliée à la terre : pas bien !
  • La vieille prise de garage IP-rien-du-tout reliée à l’interrupteur : pas bien !
  • la prise en porcelaine reliée à la lampe témoin qui n’a évidemment pas d’obturateurs, et pas de puits : pas bien !
  • La prise du bas à gauche a une terre et un puits (quand c’est bien il faut le dire !) mais pas d’obturateur,
  • Celle du milieu : BIEN !
  • Celle de droite : pas bien et si vous voyiez ce qui est branché dessus, vous craindriez le pire !

Vous avez raison, et voilà ce qui peut se passer avec une prise sans puits :

Là, les fiches sont accessibles, et on peut s’y prendre d’une autre manière : brancher la prise à moitié (une fiche dans un trou et l’autre complètement à côté de la prise). À noter que la vieille fiche noire n’est pas aux normes non plus puisqu’on peut la démonter à la main (il suffit de tirer dessus).

Et pour couronner le tout, voyons un peu à quoi elle est raccordée :

Un fil qui n’a pas de gaine extérieure et qui alimente un groupe de prises en porcelaine de mon grand-père sur lequel je mets tous mes chargeurs. Ces prises ne sont même pas IP2X car les parties conductrices sont vraiment proches du bord, donc je pense qu’un doigt peut les atteindre (je n’ai pas essayé !).

Mais revenons à des choses plus raisonnables. Que pensez-vous de ceci ?

Globalement c’est pas mal, hein, n’exagérons rien, mais il y a deux petits défauts.

  • Sous le boîtier du bas, il manque un cache (on peut donc y passer le doigt),
  • Le câble du haut est sorti de sa gaine, on aperçoit les fils apparents.

Bon alors là faisons un point d’arrêt. Quand j’ai pris toutes ces photos je me suis dit « je vais leur montrer que je ne suis pas complètement parfait, cela fera de moi quelqu’un d’humain, accessible, humble, modeste, bref, que des qualités. ». Mais faire 10 pages de théorie sur la sécurité électrique dans l’atelier pour en arriver là, ça méritait quand même de montrer un peu l’exemple, donc après avoir trouvé plusieurs bonnes raisons de reporter la réparation de ce câble (qui est dans cet état depuis plusieurs années, je sais, je compte bien le réparer d'ailleurs, je vous jure, mais aujourd’hui je n’ai pas le temps), eh bien figurez-vous que je l’ai fait !

Et alors là je suis tellement fier d’avoir fait cette réparation que j’ai voulu le raconter au monde entier, ce qui fait l’objet du chapitre suivant !

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Cas pratique n°1 : comment réparer un câble abîmé ?

Vous êtes boiseux, pas électriciens (sauf certains), mais quand même un peu bricoleur, non ? Ce serait dommage de jeter un équipement qui fonctionne juste parce que son câble est défectueux. Si vous ne maîtrisez vraiment pas du tout ou si vous ne vous sentez pas de faire la réparation vous-même, faites-vous aider par un copain ou un voisin, ce n’est pas si compliqué.

Nous partons donc d'un câble un peu arraché, que nous avons débranché et noué. Ça c'est un truc des gens du monde du spectacle : quand un câble est défectueux (faux contact, câble qui « crachotte »), ils n’ont pas le temps de le réparer le jour du spectacle donc ils en utilisent un autre, mais ils font un nœud pour signifier « ne pas utiliser ».

Dans mon cas, il s’agit du câble d’origine qui est serti dans la fiche, donc à l’évidence il faut que je coupe le fil au niveau de la fiche et que j'en rebranche une nouvelle, rien de bien compliqué…

Mais si l’on y regarde de plus près, on voit que les conducteurs sont à nu !

À ce moment précis de l'aventure, on se rappelle de l’âge du compresseur et de ses artères (20 ans), ce que confirme l’état global de l’isolant…

Donc on se dit qu’il est peut-être temps de remplacer complètement le câble, et pas juste de le réparer (il a bien vécu, il a droit à une retraite bien méritée). L’opération sera un poil plus compliquée, mais si l’on regarde le presse étoupe du câble au niveau du compresseur, il n’y a plus vraiment de doute : il faut tout remplacer.

Voici le boitier ouvert (1 vis à enlever, jusque là, tout le monde peut y arriver !)

Les vis de contact sont inaccessibles avec un tournevis normal, mais avec un embout de perceuse, une paire de pinces et un peu d’idée… n’a-t-on pas dit qu’il fallait être "un peu bricoleur" ?

Là encore vu le tableau, on se dit qu’on a eu raison de vouloir tout changer !

Après il n’y a pas de piège, on branche le nouveau câble. Perso j’ai pris une habitude qui dans le cas présent est encore plus pertinente (puisqu’il faut serrer les vis sans tournevis…), c’est après serrage, de prendre une pince et de tirer chaque fil. Pas comme une brute mais avec « franchise », comme une bonne poignée de mains. S’il tient, c’est bon. S’il bouge ou s’il s’arrache, à refaire.

C’est quand même mieux comme ça, non ?

Et voilà, affaire réglée ! Le compresseur démarre au poil, c’est qu'à l'intérieur j’ai bien tout branché.

Et qu’est-ce que j’ai oublié ?

?

Alors là si vous ne voyez pas vous allez me le recopier 20 fois, bande de mécréants ! Je ne l’ai pas assez dit ? Je me fâche tout rouge, hein !

Il y a trois fils à brancher, vous savez compter jusqu'à 3 ! J'ai la preuve que la phase et le neutre sont bien branchés puisque le compresseur démarre, ça fait 2. Et la terre, il n'y a qu'un moyen de savoir si j'ai fait du bon boulot : tester la continuité jusqu'à la fiche.

Ah là là ! Ne me refaites pas le coup, hein !

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Les 6 exigences de sécurité

Parlons un peu le "juridique" !

Il ne faut pas confondre les textes réglementaires (la loi), et les textes normatifs (les normes, conventions, règles de l'art). Dans le domaine électrique, il y a toutefois quelques subtilités...

La norme Afnor NF C15-100 définit les règles de l'art, qui doivent être mises en œuvre pour un logement neuf (sinon vous ne pourrez pas avoir votre branchement définitif, et c'est le consuel qui fait le contrôle).

Mais ensuite, aucun texte n'oblige à suivre l'évolution des normes ni même de faire la maintenance sur son installation. C'est pour cela qu'on trouve des installations :

  • usées (comme mon câble de compresseur),
  • inadaptées (avec des vieilles prises téléphoniques plus vraiment utiles, et rien pour connecter une télé moderne),
  • insuffisantes (2 prises par chambre et 3 dans le salon / salle à manger, ce qui obligera à mettre des rallonges et prises multiples partout...)

Par contre aujourd'hui, la loi impose de faire un diagnostic électrique obligatoire (DEO) pour revendre un logement, ou le mettre en location si l'installation a plus de 15 ans. L'association Promotelec conseille de faire un DEO tous les 15 ans, même si l'on n'y est pas obligé.

Et nous arrivons à ce fameux diagnostic, qui définit six exigences minimales de sécurité.

1) Présence d'un disjoncteur général facilement accessible.

Pour nos ateliers, deux cas possibles :

  • L'atelier est sis dans le garage attenant à la maison, avec une porte de communication. Dans ce cas, le "disjoncteur EDF" de la maison convient.

  • L'atelier est dans une grange non attenante ou un garage sans porte de communication (il faut passer par dehors). Dans ce cas vous devez avoir un organe de coupure dans l'atelier. Si vous avez un départ de feu, vous devez pouvoir couper le courant rapidement et sans réfléchir. Bien sûr, l'appareil de coupure (disjoncteur général, sectionneur, interrupteur différentiel...) doit être facilement accessible, pas dans un cagibi encombré ou derrière un fagot de planches !

2) Présence d'au moins 1 DDR à l'origine de l'installation

Vous savez maintenant à quoi cela sert, et vous savez que si vos appareils ne sont pas correctement reliés à la terre, le DDR ne sert à rien !

3) Présence d'un disjoncteur sur chaque circuit

Et ils précisent "adapté à la section des conducteurs". Pour mémoire, c'est cela qui protège l'installation des court-circuits et des surcharges, donc d'un éventuel incendie. Au cas où vous auriez des doutes sur la pertinence de cette exigence, il y a encore 50000 incendie d'origine électrique en France chaque année... chez des gens qui n'imaginaient pas une seconde que cela puisse arriver chez eux !

4) Présence d'une liaison équipotentielle dans les salles d'eau

Certains ont leur atelier dans leur salle à manger ou sur leur balcon. Si certains ont leur atelier dans la salle de bain, ils sont concernés ! Les autres, vous pouvez oublier.

5) Absence de tout risque de contact direct sur l'appareillage

Toutes les conneries que vous avez vu dans mon atelier, il ne faut pas les faire. Voir la liste non-exhaustive ci-dessous.

6) Les conducteurs doivent être protégés par des tubes, gaines, moulures ou plinthes en matière isolante

Le but est d'éviter leur dégradation.

Bonus : petite liste des vieilleries interdites

  • Les vieux tableaux avec fusibles en porcelaine, de protection < IP2X
  • Coffrets métalliques non reliés à la terre
  • Douilles en laiton non reliées à la terre
  • Douilles avec alimentation bilatérale (il y avait cela chez mes grands-parents !)
  • Interrupteurs métalliques ou rotatifs, interrupteurs en porcelaine
  • Prises avec plaques métalliques, prises ou interrupteurs avec fusible incorporé
  • Prises affleurantes (sans puits)
  • Anciennes prises triphasées dont l'écartement des phases est de 20mm (on peut y brancher une fiche 230V mais l'appareil recevra du 400V !)
  • Prises étrangères (notamment allemandes, avec des conducteurs de terre incompatibles avec les fiches françaises)
  • fils isolés avec du textile, fils torsadés
  • fils souples sans gaine
  • tubes métalliques
  • épissures, soudures
  • dominos ou équivalent porcelaine non intégrés dans une boite
  • disjoncteur EDF qui alimente une prise en direct
  • fils isolés mais pas protégés par une gaine, un tube, une plinthe ou une goulotte (seule exception : l'éclairage au plafond ou en applique)
  • fil vert / jaune utilisé pour phase ou neutre
  • appareillage d'intérieur (prise, interrupteur...) placé à l'extérieur
  • appareils mal fixés (genre prise arrachée du mur)
    NB : la norme actuelle exclut les prises maintenues par des griffes, mais elles restent tolérées sur les installations existantes, du moment qu'elles sont bien fixées.

Retrouvez un chapitre complet sur le sujet dans le bouquin Promotelec violet.

Dernière recommandation : quand la borne de terre n'est pas bien reliée à la terre (par exemple, parce que les piquets de terre se sont oxydés et désintégrés avec le temps). Une vieille habitude de vieux électriciens était de relier la borne de terre au circuit d'eau ! Objectivement, ça marche pas mal. Mais évidemment, en cas de défaut d'isolement, il faut espérer que le circuit d'eau soit bien relié à la vraie terre (du jardin) parce que sinon, tous les tuyaux seront à 230V. Bien sûr, cette pratique est strictement interdite !

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Les entrailles du tableau électrique

Pour ceux qui osent ouvrir leur tableau électrique, et toucher "avec les yeux"...

Voici quelques caractéristiques d'un "bon tableau" :

  • Contrairement aux apparence et malgré le fouillis de fils électriques, c'est supposé être IP2X, donc même si vous fermez les yeux et que vous mettez votre main dedans, vous n'êtes pas censés vous électrocuter. Voilà voilà... enfin moi je n'essaie pas, hein !

  • Donc pas de fil dénudé apparent,

  • Les peignes d'alimentation des disjoncteurs sont isolés,

  • Les interrupteurs différentiels inversés (alimentation par le bas) sont repérés pour éviter les erreurs (voir plus bas),

  • Les disjoncteurs coupent la phase et le neutre,

  • C'est propre, pas d'odeur de chaud ni de trace noire nulle part.

Celui-ci par exemple, quoique un peu vieillot, n'est pas si mal. Un poil chargé, avec des vieux fusibles, des fils qui passent devant le rail, ce n'est pas joli joli mais les conditions ci-dessus sont respectées. Et puis celui-là, c'est moi qui l'ai fait il y a 25 ans alors je n'accepte aucune critique !

Pour info, voici un DDR alimenté par le bas. D'habitude, l'alimentation est en haut et la sortie en bas. Là c'est l'inverse, ce qui permet d'alimenter directement les peignes.

L'inconvénient est le risque d'erreur (quand il est déclenché, le bas est encore sous tension). D'où la plaquette jaune.

Maintenant, voyons quelques contrexemples :

Ici, c'est un vieux tableau avec des fusibles qui ne coupent que la phase, tous les neutres sont regroupés sur une barrette commune. Pas bien !

NB : dans la norme C15-100 actuelle je n'ai pas vu de contrindication à mettre des fusibles, mais franchement de nos jours, ça ne se fait plus.

Là nous voyons un tableau qui a été refait par un pied nickelé. J'espère qu'il s'agit d'un amateur parce que si c'est un pro, j'ose le dire : ce serait la honte de la profession ! Il a pourtant mis des disjoncteurs récents qui coupent la phase et le neutre, mais il n'a branché que la phase et laissé les neutres sur la barrette commune. Nullissime !

En plus, le transfo du portier ou de la sonnette n'est pas fixé, et bien sûr, aucune protection différentielle. Pas bien !

Continuons :

Alors celui-ci est original, pour moi c'est un ovni !

Des porte-fusibles à cartouche des années 70, donc un très vieux tableau (le contacteur du chauffe-eau en haut à droite date probablement de la même époque). Époque où l'on regroupait tous les neutres sur la barrette du bas, mais là non : ils sont accouplés à la phase par un autre porte-fusible dans lequel - j'ai vérifié - il y a un fusible du même calibre que pour la phase.

À noter la présence d'un interrupteur différentiel des années 2000, donc il a été amélioré plus récemment. Les fusibles sur les neutres sont-ils d'origine ? Ce serait bizarre, surtout qu'à l'époque il existait des espèces de porte-fusibles avec une entretoise pour le neutre (qui n'a pas besoin d'être protégé), donc cela fait probablement partie de la rénovation. Mais comment le propriétaire a-t-il fait pour trouver des porte-fusibles identiques aux autres 30 ans après ? Mystère.

En tout cas les neutres peuvent être coupés avec la phase si on veut déconnecter un circuit pour travailler dessus : c'est bien !

Est-il pertinent de mettre un fusible sur la phase et un autre du même calibre sur le neutre ? En cas de surintensité, l'un va claquer avant l'autre (ou les deux en même temps). Dans tous les cas le circuit est protégé, donc en première analyse, je pense que cela ne nuit pas.

Enfin la présence d'un interrupteur différentiel 30 mA protège les personnes des défauts d'isolement. Donc on peut dire que malgré l'aspect vieillot, malgré l'intention peu louable d'avoir rénové un tableau en faisant des économies de bouts de chandelles, sur les 6 exigences minimales, deux au moins sont respectées. Check.

Ce que l'histoire ne dit pas, c'est que quand on appuie sur le bouton TEST, il met 20 secondes pour déclencher : pas check du tout ! S'il met 20s à déclencher pendant qu'on se fait électrocuter par un appareil en défaut, on a 20 fois le temps de mourir...

Là, les barrettes d'alimentation ne sont pas isolées : n'y mettez pas le petit doigt ! En plus c'est du triphasé, allez donc faire un court-circuit entre phases (400V) en laissant déraper un tournevis pas isolé... le flash est redoutable !

Ben là, on dirait bien que quelque chose a coulé quelque part, et pas qu'une fois. Un goutte à goutte sans doute, et vu la couleur, ça a chauffé...

Ici, on dirait bien qu'un disjoncteur ou une connexion a cramé, non ? C'est d'ailleurs le même tableau que le précédent (mais ça a cramé cette année, alors que la coulure précédente date de plusieurs années... comme quoi il n'y a peut-être pas de lien).

Et pour finir, refermons les tableaux électriques et revenons à nos équipements domestiques. Ici, la prise de ma pompe de piscine :

Vous allez me dire : "ouh là là, c'est pas bien" et vous avez raison, mais comme je suis bon élève, regardez la nouvelle prise toute neuve :

Aha ! Et IP54 en plus, la classe non ?

Bon, j'avoue, j'ai fait une toute petite omission... J'ai oublié de dire que quand je l'ai changée, elle était bien cramée, un peu comme le tableau ci-dessus. Je n'ai pas retrouvé la photo, mais elle faisait peur ! Le pire c'est que l'année précédente j'avais vu qu'un trou de la prise était un peu noir et plus large que l'autre, mais je m'étais dit que ça avait dû chauffer un jour (mais que maintenant c'était fini). Un an plous tard, c'était cramé. Là je me suis dit que j'étais vraiment couillon d'avoir attendu avant de la changer.

Je précise que je ne suis pas allé chercher toutes ces photos sur internet pour vous faire peur ! Il y a les deux photos de Gliron et toutes les autres viennent de chez moi ou de ma famille. Comme quoi parfois il n'y a pas besoin d'aller chercher bien loin...

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La sécurité incendie

Petit quiz pour savoir si vous avez bien lu ce qui précède : quels sont les équipements qui nous protègent du risque incendie ?

1) Le disjoncteur principal
2) Les interrupteurs différentiels
3) Les petits disjoncteurs divisionnaires
4) Toute la chaîne de mise à la terre
5) Les DAAF
6) Les DPDA

(oui je triche, je n'ai pas encore parlé des points 5 et 6)

Indice : la somme des réponses justes fait 15 !

  • Le disjoncteur principal : oui ! S'il y a un départ de feu, je coupe tout d'un geste.
  • Les interrupteurs différentiels : non ! Ils protègent les personnes, pas le matériel.
  • Les disjoncteurs divisionnaires : oui ! Ils coupent en cas de surintensité qui fait chauffer / brûler.
  • La mise à la terre : non ! C'est pour protéger les personnes.
  • Les DAAF (Détecteurs Autonomes Avertisseurs de Fumée) : oui ! Ça gueule en cas de départ de feu pour vous prévenir.
  • Les DPDA : oui ! Parlons-en.

DPDA : Dispositif Pour la détection des Défauts d'Arc

Également appelé AFDD (Arc Fault Detection Device) ou AFCI (Arc Fault Circuit Interrupter) ou tout simplement "détecteur d'arc".

Un arc électrique, c'est une étincelle permanente qui fait gzz-gzz-gzz et qui brûle ce qui l'entoure. Plutôt qu'une longue explication, voici trois images tirée du site suivant et qui expliquent très bien les causes des arcs électriques et le principe de détection.

Le détecteur d'arc est un petit appareil qui est accolé à un disjoncteur divisionnaire, et qui contient une carte électronique qui surveille en permanence la forme d'onde du courant. En cas de suspicion de défaut d'arc : couic ça coupe !

Soyons clairs : ça coûte un bras (de l'ordre de 300 à 400 euros) et pour bien faire, il en faudrait un par disjoncteur divisionnaire... on oublie ! En effet, même le prix d'un seul est probablement supérieur au prix des fils électriques supposés risqués. Donc si j'ai des doutes sur mon installation je changerai plutôt les fils que d'acheter ce type d'appareil.

Toutefois, si cela existe, cela pourrait bien être utile dans des cas particuliers (en attendant la rénovation d'une vieille installation douteuse par exemple, ou pour protéger une installation complexe qui demanderait des travaux pharaoniques pour tout remplacer...). À garder dans un coin de sa tête.

Les extincteurs

La question de la lutte contre l'incendie et en particulier des extincteurs a déjà été abordée dans d'autres pas à pas, donc je ne fais qu'un petit rappel.

Les extincteurs à eau

Valables pour pratiquement tous les types d'incendie (sauf les feux d'hydrocarbures). Très bien dans l'atelier. Peu de risque vis à vis de l'électricité, et comme vous êtes malin, si c'est votre installation électrique qui est en feu, vous aurez pris soin de couper le courant avant de venir avec votre extincteur !

Les extincteurs à poudre

Valables pour pratiquement tous les types d'incendie (même tous sans exception je crois). Très bien dans l'atelier mais à éviter parce que la poudre est pire que la poussière de MDF usiné à la défonceuse sans aspirateur, et elle est hyper corrosive. Après utilisation vous serez bon pour remplacer tous vos moteurs.

Les extincteurs à CO2

Chouchous des locaux électriques industriels, ce n'est pas une bonne idée d'avoir cela à la maison. Il faut savoir les utiliser et ne sont efficaces que dans des conditions bien particulières.

Les diffuseurs de mousse

Oui alors ça, si vous avez une raffinerie de pétrole artisanale dans votre garage, OK. Mais si c'est un atelier de menuiserie, non ! Prenez un extincteur à eau.

Le tuyau d'arrosage

C'est mon avis, hein, mais je le partage et suis d'accord avec moi : c'est suffisant !

Franchement : qui parmi nous fait systématiquement le test de ses interrupteurs différentiels au moins une fois par an ? Oui je sais, vous avez promis de le faire, mais pour l'instant la réponse est : personne ! Donc y a-t-il la moindre chance pour que vous fassiez faire (par un professionnel que vous allez devoir payer avec vos sous) la maintenance annuelle de votre extincteur ? Non, aucune. Dans le monde professionnel, oui, à la maison, non. De plus, même le "simple" extincteur à eau, si vous ne l'avez jamais utilisé, vous risquez de ne pas savoir faire. Les pompiers et ceux qui y ont été formés savent qu'il y a quelques précautions à prendre et que l'utilisation d'un extincteur ne s'improvise pas.

Conclusion : en cas de départ de feu, je coupe mon disjoncteur principal, j'éloigne ce qui brûle du reste si c'est possible et j'arrose avec un seau d'eau ou un tuyau d'arrosage.

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Cas pratique n°2 : quelle précaution avant d'utiliser un matériel de récup ?

Cas d'école : je veux faire du "dérouillage" avec une vieille alim de PC récupérée à la déchetterie Ducoin. Ici, une alim AT, qui a l'avantage d'avoir un interrupteur marche / arrêt. Petit rappel pour démarrer les alim ATX, il faut shunter le fil vert avec une masse (un des fils noirs).

Quelle est la première chose à faire avant de brancher l'alim ? (je l'ai dit 20 fois !)

À partir du moment où la prise a un connecteur de terre, on teste la continuité entre ce connecteur et la carcasse métallique.

Voilà, ça m'a pris 1 minute, et maintenant je sais que je peux toucher le boitier métallique sans crainte.

Ensuite, eh... il n'y a plus qu'à ! Et pis voilà, c'est tout, fin de l'histoire !

(je vois déjà certains hurler en se jetant à mes pieds... "Hé, tu ne nous a pas dit comment on fait le dérouillage, ne nous laisse pas sur notre faim")

Bon d'accord, mais vite fait, hein, ce n'est pas l'objet du pas à pas !

  • On trouve un vieux fil (là on a le droit d'utiliser un fil pourri des années 70),
  • On trouve deux pincettes ou l'équivalent,
  • On donne un coup de lime sur la pièce rouillée à l'endroit où l'on fera le contact,
  • On branche la pièce rouillée sur le "-" (fil noir) pour qu'elle ait - de rouille,
  • On branche autre chose (un bout d'inox par exemple) sur le "+" (fil jaune, 12V) pour qu'il attrape + de rouille,
  • On met tout cela dans une caisse pleine d'eau (sans que la pièce à dérouiller ne touche la pièce en inox),
  • Et ensuite, eh bien... on met des lunettes de protection oculaire,
  • On met des gants en plastique,
  • On verse un schlouk de lessive de soude dans l'eau (le schlouk est une unité alsacienne, le cours du schlouk étant de l'ordre de quelques millilitres).

Là, on est prêt à appuyer sur le bouton, un doute nous assaille...

De l'eau, des fils, de l'électricité, de la soude, de la rouille... avant d'appuyer sur le bouton, faisons le point !

  • Si on s'est trompé entre le + et le -, la pièce rouillée risque de rouiller encore plus (mais personne ne mourra).
  • L'eau va être mise sous 12V, donc même si je trempe mes doigts dedans, je n'aurai pas de souci.
  • Le 230V et l'eau, par contre, ça craint. Je mets donc l'alim sur une table, le bac plein d'eau par terre, et un fil d'1 mètre entre les deux. C'est loin, si je renverse le bac, l'eau ne tombera pas sur l'installation électrique, c'est ok.
  • La réaction d'électrolyse va décomposer l'eau en oxygène et hydrogène, mélange potentiellement explosif. Ma grange fait 80 m² et 7m de haut, ça va aller. Dans un garage de 2,20m de haut avec une lampe juste au-dessus, j'aurais hésité. L'idéal serait alors de faire cela dehors sous abri.
  • Les fils 230V sont loin de l'eau, il n'y a rien de combustible autour de mon installation, je mets en route.

Ça fait des bulles au-dessus de la pièce rouillée, c'est l'électrolyse qui démarre, c'est bon signe.

L'opération dure quand même plusieurs heures, et à la fin on passe de ceci à cela :

La pièce est loin d'être nickel (d'ailleurs ici je pense qu'elle est sortie du bain trop tôt), elle est passé de couleur "rouille" à "charbon". Si l'on veut qu'elle redevienne brillante il n'y a pas le choix, il faudra la brosser.

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Synthèse

PUB ! Pour ressortir de votre atelier en aussi bonne santé que vous y êtes entrés, contrôlez votre installation électrique !

Une fois dans votre vie, faites le diagnostic de base

Vérifiez les 6 (enfin, les 5) exigences minimales de sécurité ! Rappel :

  • Tout peut être coupé d'un coup avec le disjoncteur principal facilement accessible de l'atelier,
  • Tout est protégé par un interrupteur différentiel,
  • Tout est protégé par des disjoncteurs,
  • Aucun conducteur sous tension accessible (= pas de matériel vétuste),
  • Tous les fils sont protégés mécaniquement (par un câble, ou un tube, une goulotte...)

(détails ici)

Si elles ne sont pas toutes respectées, au moins sachez à quoi vous en tenir, et si possible prévoyez une voie B :

  • Vous n'avez pas de disjoncteur principal dans votre atelier ? En cas de départ de feu, repérez les interrupteurs différentiels ou les disjoncteurs à couper pour ne pas avoir à chercher ou réfléchir pendant 2h le jour où ça arrive.

  • Vous n'avez pas d'interrupteur différentiel 30 mA ? Il n'y a pas de voie B. Il faut juste espérer qu'un éventuel défaut d'isolement fasse sauter le disjoncteur EDF (500 mA). Vérifiez que les machines métalliques sont bien reliées à la terre.

  • Vous avez des appareils vieillots avec des parties sous tension accessibles ? Vérifiez qu'il n'y a rien de conducteur dans les environs, ne cumulez pas les écarts ! Si vous avez une vieille prise au ras d'une table sur laquelle il y a une boite pleine de tourillons, ça va. Si c'est une boite pleine de clous et que vous la renversez... Et méfiance de la paille de fer, ça s'allume avec du 4,5V !

Une fois par an, faites un petit contrôle de l'état des matériels

1) Appuyez sur le bouton test de vos interrupteurs différentiels,
2) Contrôlez que vos machines de classe I sont bien reliées à la terre,
3) Vérifiez l'état de vos câbles !

Si un câble est abîmé, un peu sorti de la prise, isolant blessé ou qui craquelle, il faut le changer. Souvent on peut attendre (des mois, des années... tant que ça marche encore !) mais quoi qu'il arrive un jour on le changera. Autant le faire maintenant et utiliser le câble neuf pendant le plus longtemps possible, que de le faire après que le vieux câble ait cramé !

Voici encore quelques photos prises chez moi...

Un câble dont l'isolant est blessé, et le rouge, c'est celui de la tondeuse... boursoufflé par endroit (il a dû se prendre quelques coups de lame), réparé mais la réparation n'a pas tenu, blessé avec un fil qui sort, et la prise avait un puits mais qui a cassé. Je pense que j'ai réussi à cumuler à peu près tout ce qu'on pouvait faire comme atrocités à un câble !

Et ici le top du top :

C'est le moteur du portail de chez mes parents :

  • Le câble d'alim (blanc) est blessé à l'entrée dans la boite,
  • La boite est explosée,
  • Le fil de terre s'est détaché...

...et le fin du fin, c'est que dès qu'il pleut l'ensemble du caisson est immergé ! Tout est fait pour que je touche l'héritage le plus vite possible...

Pourquoi ces photos : parce que parfois on ne se rend pas compte des horreurs qu'on héberge ! Avant de faire ce pas à pas je ne pensais pas avoir autant de matériel dans un tel état. L'installation du portail a vite été remise en ordre et j'ai fini par jeter ma rallonge rouge. Mais faites un tour dans votre atelier, vous aurez peut-être, vous aussi, quelques surprises !

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Pour aller plus loin...

Où trouver la norme, la vraie, le texte officiel ?

Bah, franchement on ne peut pas, ou presque ! Il faut s'abonner, ça coûte cher, et de toute façon elle fait des milliers de pages avec beaucoup de texte et peu d'images. Seuls les pros s'y intéressent, et encore ! Monsieur Ducoin, l'électricien, ne l'a pas, il s'est contenté d'acheter...

Les bouquins Promotelec

Les deux livres que j'ai indiqués dans le premier chapitre, qui valent une cinquantaine d'euros chacun, reprennent la norme C15-100 dans le détail, avec texte et images, plus quelques recommandations supplémentaires. Le langage est un peu ardu puisqu'ils reprennent les termes exacts de la norme (par exemple, au lieu de dire "le disjoncteur EDF", ils disent "Appareil Général de Coupure et de Protection", c'est lourd !), et ils commencent par un chapitre sur les schémas de liaison à la terre : ça pique un peu !

Mais pour quelqu'un qui veut se lancer dans un gros projet ou être électricien, c'est le bon document. Pour ceux qui ne veulent pas aller aussi loin, mais qui veulent toutefois être à la page, il existe...

Les notices des fabricants

Eh oui, les fabricants de matériel électrique (Häger, Schneider, Legrand, Debflex - marque française, etc.), déclinent les normes au niveau de leur matériel. Du coup ils proposent une offre intégrée et cohérente pour faire une installation en respectant la norme.

Et comme ils sont sympa, la plupart d'entre eux éditent un petit livret, gratuit, qui reprend les principes de base et les nouveautés. Si vous voulez par exemple refaire vous-même l'installation électrique de votre atelier, c'est largement suffisant.

Quelques liens :

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Hors sujet !

J'avais prévu plusieurs chapitres auxquels j'ai renoncé, parce qu'ils n'entraient finalement pas dans le cadre de la sécurité électrique dans l'atelier. Nous en resterons donc là.

Toutefois, si vous avez besoin d'infos et si je suis capable d'y répondre, je peux faire des compléments en commentaire. En particulier sur :

  • Les installations triphasées
  • Le compteur Linky et les courbes C ou D

Si le sujet des compteurs linky vous intéresse, vous pouvez déjà regarder le commentaire ici : lairdubois.fr/...entaires/246467

Voilà, c'est la fin de ce pas à pas, et pour répondre à la première question, il y avait 13 gaines ICTA !

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Discussions

Ara  a publié le pas à pas "La sécurité électrique dans l'atelier".
il y a 1 mois
Olivier Vernhettes
( Modifié )

Ara
Aucun tube, ce sont des gaines 😉

Ara
( Modifié )

Olivier Vernhettes ah, le déloyal ! 😈

Bon alors je repose la question autrement : Petit quiz : combien y a-t-il d'isolants cintrables transversalement élastiques annelés qui arrivent dans cette boite ?

Olivier Vernhettes

Ara même pas vrai,
j'ai vraiment cru que c'était un piège sournois de ta part 😇
Sinon j'en vois 9
Et bravo pour ton pas à pas qui va sûrement en éclairer plus d'un 😉

DewhitYoussef

Olivier Vernhettes il y en a deux qui arrivent par’derri Et deuxième par dessous, comme trente six seb j’en vois 11, mais potentiellement des doublons...

trente six seb
( Modifié )

J'en vois au moins 11.
C'est le mal, ça me fait penser au Docteur Octopus !

Ara

Pas mal ! Moi ça me fait penser à Brazil...

trente six seb

Ara le Brésil, je voyais ça avec un peu plus de plumes...

Ara

trente six seb tu ne crois pas si bien dire :

Ara

Dis, tu déconnes là... tu as vu le film Brazil, bien sûr !?!

DewhitYoussef

Halala, brazil, ça c’est du film. Tu enchaînes sur 1984, soleil vert, et le monde est différent...

trente six seb

1984 et soleil vert oui
les autres non

DewhitYoussef

trente six seb brazil est ds la même veine. 20 ans + tard, c'était matrix.

Ara
Ara  a publié l'article "Anatomie d'un tableau électrique".
il y a 1 mois
DewhitYoussef
( Modifié )

Je ne parle volontairement pas des tableaux qui datent du Moyen Âge, qu'on ne trouve plus que dans certaines boucheries...

😂😂

trente six seb

(désolé pour la qualité de la photo)

Ara

trente six seb ahhh le compteur bleu !

Ara

Et une petite photo de ton tableau, pour voir ? Promis je ne me moquerai pas !

SebD

tu fais dans la boucherie trente six seb 😅?

trente six seb

Ara : l'ancien ou le nouveau ?

SebD oui =>

SebD

trente six seb effectivement j'ai vu ton atelier ensuite

trente six seb
( Modifié )

ou un contacteur (jour/nuit...)

Ca, pour le coup, ça date du Moyen Age...

Ara

Oups ! Je me suis trahi 😖 (mes enfants prétendent que je vire vieux con... auraient-ils raison ?)
Allez ok : Heures pleines / heures creuses.

Ara

trente six seb ah mais toi aussi tu as des références culturelles de haute volée !

trente six seb

Ils parlent d'Issoudun dans un épisode. Mais je n'arrive pas à retrouver.

Olivier Vernhettes

Ara t'es pas tout seul, ma première maison en 1988 avait aussi un contacteur jour/nuit avec des fusibles porcelaine et des fils toilés sous baguette bois ☇

trente six seb

Olivier Vernhettes j'en ai aussi ^^
Enfin j'en avais mais j'en ai gardé pour la déco.

trente six seb

J'ai trouvé ça : youtube.com/wa...j5Iz4&t=60s

SebD
( Modifié )

Sympa ce pas à pas Ara

Pour ma culture d'informaticien qui monte de l'electrotech indus mais n'a jamais trop mis les mains dans une installation batiment: Y a t'il une différence entre un télérupteur et un relai?

Bon ça me fait penser qu'il faudrait que je prenne le temps de faire un schéma d'installation de boucle de sécu générale dans un atelier (en version réellement aux normes indus et en version le relai à 150€ normé est pas là mais l'essentiel y est) quand je vois certains ARU qui relancent la machine au relâchement...

Ara
( Modifié )

SebD merci !

Je pense que le mot "télérupteur" est dérivé de "interrupteur", donc avec la connotation "installation domestique". Sinon c'est pareil mais les relais sont généralement monostables (et pareil pour les contacteurs), alors que les télérupteurs sont bistables.

Pour ceux qui ne connaissent pas ces termes, monostable signifie qu'il y a un ressort de rappel, et que dans une position il faut l'alimenter en permanence, dans l'autre position il est au repos. Pour un bistable, les deux position "on" et "off" sont au repos, et on n'alimente la bobine qu'une fraction de seconde pour changer d'état.

SebD

OK c'est sur le bistable que j'ai pas tilté. C'est vrai que coller un auto maintien dans une maison ce serait pénible 😅

rapabois
( Modifié )

Super initiative Ara !

La maison qu'on a achetée récemment avait son installation d'origine (1961), à part quelques disjoncteurs différentiels. L'électricien a tout refait de la cave aux combles et Enedis nous a greffé son scanner verdâtre.

Je n'ai pas eu le droit de garder en souvenir le compteur noir Landys & Gyr fabriqué à Montluçon.

Ara
( Modifié )

rapabois merci !

Pour le compteur noir c'est dommage en effet, mais tu n'en n'aurais pas fait grand chose (j'en avais un que j'utilisais parfois et un beau jour il a flashé...).

Tiens, petit quiz n°2 : quelle est la différence entre un compteur noir des années 60 et un compteur bleu des années 60 ?

Indice n°1 : il y a même deux différences... cherchez bien !
Indice n°2 : ce coup-ci Olivier Vernhettes devrait trouver !

Olivier Vernhettes
( Modifié )

Ara C'est vrai je sais je sais, c'est pas la même couleur 😜

Le compteur bleu est l'évolution du compteur noir avec un disque électro-magnétique plus résistant et plus performant.

Ara

Bien vu ! La première différence, c'est la teinte de la peinture (+ le métallisé), et la deuxième différence ??

Olivier Vernhettes
( Modifié )

Ara la technologie utilisée pour bénéficier de plus de puissance

Ara

Hé non !

La première différence, c'est la teinte de la peinture, la seconde, c'est l'âge de la peinture (plus récente) ! Véridique. Et désolé pour le coup bas, Olivier Vernhettes !

Mon père était agent EDF à cette époque, et il était payé à repeindre les compteurs ! Les noirs étaient échangés contre des bleus, repeints et remis dans le circuit.

Olivier Vernhettes

Ara là il y a délit d'initié 😂 sans rancune.
Et officiellement ils étaient sensés être plus sécurisants et performants, belle arnaque.

Ara

Olivier Vernhettes oui mais il faut remettre la chose dans le contexte... Y a-t-il une grosse différence entre l'usage qu'on a de l'électricité aujourd'hui et celui des années 80 ? Pas vraiment : on s'éclaire, on se chauffe, on fait la cuisine, le ménage, on lave du linge on regarde des écrans... En 40 ans il ne s'est pas passé grand chose.

Il y a 1 siècle personne n'avait l'électricité, quelques uns avaient le gaz, et c'est un veilleur qui passait le soir ouvrir le robinet pour alimenter leur maison, et qui repassait plus tard le fermer ! Puis il y a eu l'électricité pour l'éclairage, puis il y a eu la guerre. En 46 tous les petits producteurs ont été nationalisés pour faire une grosse entreprise avec un réseau commun, des normes communes, un tarif commun, etc.

Mon grand-père était électricien. C'était quoi son boulot ? Il réparait des postes de radio et des moulins à café électriques (110V) et il vendait des machines à laver. Et quand il vendait une machine à laver, il fallait installer la prise de courant qui allait avec ! Donc tu vois, en à peine 25 ans on passait de la préhistoire au Moyen-Âge ! Et avec cela le confort... les femmes allaient pouvoir faire autre chose de leur journée que de s'emmerder avec les machines à laver à rouleau et manivelle.

Encore fallait-il "vendre" ce rêve, d'où les publicités qui ont super bien marché pour vendre le "confort bleu", associé au "tarif bleu", encore d'usage aujourd'hui. Des milliers de compteurs bleus neufs ont été installés à des gens qui n'avaient pas l'électricité, et pour les autres, on remplaçait le noir par un bleu.

Jusque là, chaque producteur d'électricité avait son propre tarif et ses propres compteurs (noirs), mais vu que c'était les mêmes, un coup de peinture suffisait à les rendre bleus. Je suppose que certains producteurs avaient des compteurs différents, ceux-là ont dû être jetés.

Olivier Vernhettes

Ara on est bien d'accord,
en fait plutôt que belle arnaque je voulais écrire bel exemple de marketing réussi, brillant début de la publicité.
Aujourd'hui on suit le chemin inverse, de multiples producteurs veulent nous vendre de l'électricité soit disant verte, moins chère que l'opérateur historique, comme si on pouvait dissocier les origines dans les câbles.
On n'est pas sorti de l'auberge. 🤔
En tout cas merci de partager tes connaissances sur le sujet

Ara  a publié l'article "Le disjoncteur divisionnaire".
il y a 1 mois
Ara  a publié l'article "L'interrupteur différentiel".
il y a 1 mois
Ara  a publié l'article "La prise de terre, les liaisons équipotentielles".
il y a 1 mois
trente six seb
( Modifié )

Hello,
Pour le test de la 3), c'est facile, il suffit de mettre un trombone dans la prise de courant.
Mais sans la coulisse sinon ça marche pas.

Blâgàpär, tu as prévu de parler de l'électricité statique ?
Oui, tu as bien vu, je pense au réseau d'aspiration...

Ara
( Modifié )

Argh ! Tu vas encore m'accuser de faire les choses à moitié...
Mais non, je n'ai pas prévu d'en parler pour plusieurs raisons. Déjà, il me semble que Mig en parle dans l'un de ses pas à pas, je ne veux pas faire de redondance.

D'autre part, je n'y connais rien en électricité statique ! Je serais incapable de calculer "combien" il en faut et comment la produire pour arriver à faire exploser un volume d'air avec de la sciure en suspension. Du coup, si c'est pour dire "faisez gaffe les gars, ça peut exploser", qu'est-ce que cela apporterait ? Et puis il me semble que les tuyaux d'aspiration sont anti-statique, donc y a-t-il vraiment un risque ? Perso je ne maîtrise pas.

Enfin le "cadrage" de ce pas à pas, ce n'est pas "comment concevoir votre installation électrique pour être au top" mais "que faut-il vérifier (sans rien ouvrir ni rien démonter), sur votre installation existante (qui n'est de toute façon pas aux normes) pour être quand même en sécurité". L'idée est plutôt de donner les clés pour savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Après, au moins tu sais où tu mets les pieds.

Et du coup, contrairement aux apparences, je veux rester dans du "pratique". Je ne peux pas éluder l'aspect théorique car j'estime qu'il faut comprendre. Faisez gaffe les gars parce que l’électricité c'est dangereux n'a pour moi aucun intérêt, mais faisez gaffe les gars parce que si la table de votre machine est à 230V, et le sol à 0V, le courant qui va vous traverser va passer par votre coeur, ben là on voit l'enjeu... Là le plus gros de la théorie est fait, on va s'orienter vers du concret !

trente six seb

Et puis il me semble que les tuyaux d'aspiration sont anti-statique, donc y a-t-il vraiment un risque ?

Oui mais souvent les réseaux sont faits en pvc avec des éléments de descente des eaux pluviales ou des éléments d'évacuation d'eaux usées.

Et ma question était juste de rester dans le pratique : comment les mettre à la terre (ce qu'on m'a conseillé).

NB : mon réseau est constitué d'un peu tout ce qui est creux et de forme à peu près cylindrique. Il y a notamment du métal et du PVC. Les machines et les aspis sont bien à la terre, eux. (une terre toute neuve, j'ai même participé au test).

Ara
( Modifié )

Franchement, je ne sais pas. Mettre un isolant à la terre n'a pas de sens, et faire passer un fil de cuivre dénudé à l'intérieur de tes canalisations est-il efficace ? Mystère ! L'électricité statique, c'est des électrons qui, comme son nom l'indique, restent où ils sont, donc pourquoi iraient-ils se jeter sur ton fil de cuivre ? Si c'est parce qu'ils sont en surnombre et se repoussent, très bien mais il aura fallu que la majorité reste sur les parois pour repousser les autres. Donc l'efficacité n'est pas totale.

D'autre part, comment utiliser ces électrons pour faire une étincelle ? Il faut créer un champ de quelques milliers de volts, mais comment ?

Enfin quelles sont les conditions requises pour rendre l'atmosphère du sac explosive ? Il y a bien des silos de grains qui ont explosé à Blaye dans les années 90, mais je n'en sais pas plus.

La seule piste que je voie, c'est les archives de l'INRS où tu trouveras peut-être des données sur le sujet.

trente six seb

Bah du coup on va dire, que comme les aspis et machines sont à la terre, ben tout ce qui touche les carcasses de ces appareils est également à la terre. 😉

Mig
( Modifié )

Bonjour à tous
je vous vois très préoccupés par l'électricité statique dans les tubes PVC.Je tiens absolument à vous rassurer concernant les éventuels méfaits d’électricité statique notamment en matière d'ignition des particules de bois.
Si les professionnels sont tenus d'avoir des conduites intégralement en métal pour leur aspiration c’est plus une condition exclusive d’assurance incendie mais également parce qu’il arrive souvent que le rabot, la scie ou la toupie puisse générer des étincelles en attaquant des particules métalliques ou des éléments minéraux inclus dans le bois… ce risque là est bien plus réel et fréquent, même dans nos ateliers amateurs.
Par ailleurs, des thèses de doctorant en ingénierie électrique consultables sur Internet (je ne sais plus où ? ) ont été faites sur le risque d’étincelles liées à l’électricité statique dans les conduites en PVC et il a été maintes fois démontré que la probabilité d’ignition est réduite quasiment à zéro dans une installation d’amateur, d’autant plus qu’un bon dimensionnement des tuyaux ne devrait pas animer le flux d’air à une vitesse supérieure 25 m/s ce qui minimise les frottements générateurs d’électricité statique.
Enfin l’expérience directe de la vraie vie basée sur les relevés statistiques des sinistres incendie sur une quinzaine d’années aux États-Unis montre qu’aucun atelier amateur n'a généré un incendie à partir de l’électricité statique des tuyaux, embrasant les particules de bois aspirées. Cette étude, je ne sais plus quel est son nom, est consultable sur Internet.
Donc, si la peur de transformer votre atelier en barbecue prédomine, même si vous entourez toute conduite d’une spirale en fil de cuivre, cela ne servira strictement à rien, qu’elle soit posée à l’extérieur ou à l’intérieur. Le PVC n’étant pas conducteur, les charges hydrostatiques ne s’évacueront jamais dans le fil de cuivre au-delà d’une distance de quelques millimètres autour de sa surface du cuivre. Si vous décidez de spiraler le fil de cuivre à l’intérieur, attention au risque que celui-ci se décroche et parte dans les pales du ventilateur... ce serait un comble !
Laissez tomber ce principe de mise à la masse des tuyaux PVC c’est un fantasme qui a la vie dure, qui coûte cher en énergie dépensée en prise de tête.

Ceci n’est que mon avis 🌹
Bon copeaux à tous

trente six seb

Mig merci de ta réponse.
Mais, en étant passé pro, ça veut dire qu'il faudrait que je change les tuyaux pour une question d'assurance ?
Pourtant mes tuyaux viennent d'un atelier pro (je l'ai récupérés en achetant un aspirateur).

Ara

trente six seb regarde les conditions générales et particulières de ton contrat, c'est le seul juge de paix.
Mig merci pour ta réponse rassurante, et n'hésite pas à compléter ou corriger si je dis des bêtises...

Mig

Une installation d'aspiration professionnelle doit être en tuyau métallique et non PVC. Si tu restes ainsi et si tu as malheureusement un sinistre incendie, ils sauteront dessus immédiatement. Tout est > Là Pour les tuyaux métalliques > Ici
Enfin, comme je suis médecin, je te recommande très amicalement de vraiment prendre soin de ta santé au travail...par une bonne sécurité.
A+

trente six seb

merci pour les infos Mig
c'est pas compliqué, j'ai un masque à chaque fois que j'utilise les machines. Ce sont de vieux aspirateurs et les filtres sont ceux de l'époque. On verra un peu plus tard le budget pour améliorer ça mais pour l'instant ce n'est pas possible. L'avantage, c'est que la salle des machines est séparée du reste de l'atelier.

Mig
( Modifié )

Une installation d'aspiration professionnelle doit être en tuyau métallique et non PVC. Si tu restes ainsi et si tu as malheureusement un sinistre incendie, ils sauteront dessus immédiatement. Tout est > Là Pour les tuyaux métalliques > Ici Enfin, comme je suis médecin, je vous recommande très amicalement de vraiment prendre soin de votre santé au travail...par une bonne sécurité.

Ara  a publié l'article "L'appareillage".
il y a 27 jours
Gliron
( Modifié )

Whouh! Tous ces trucs tout vétustes et ces prises partout, c'est chez toi? 😮 Et moi qui stresse avec mon installation!
Merci pour l'exposé en tout cas, c'est très parlant, et bien instructif.

Ara

Whouh! Tous ces trucs tout vétustes et ces prises partout, c'est chez toi? 😮

Mais oui ! Ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ? Mais bon, j'ai un peu forcé le trait, le petit tableautin de l'établi est un peu craignos mais à part cela, c'est pas trop mal. Et surtout mon tableau électrique est presque parfait (il ne manque qu'un truc qu'on verra dans un prochain chapitre). Comparé à celui que tu as montré en photo, il y a un monde. D'ailleurs si tu es d'accord, j'aimerais utiliser tes deux photos dans un prochain chapitre...

Gliron

Ara Pas de souci pour les photos! Au contraire, si mes déboires quotidiens peuvent servir à d'autres!

Papachousse
( Modifié )

Quel travail !!!
Merci pour ce partage très intéressant.

Ara
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Ce n'est pas un travail, c'est du plaisir ! 🤩
(et si ça peut servir...)

Charmousse
( Modifié )

on crochet est trop mignon. Je veux le même !

Ara

J'ai mis une annonce sur LBC, je te le vends 50 euros si tu veux !

Patrice77
( Modifié )

Encore ! Super intéressant.

Ara
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Merci ! 🙂

SebD
( Modifié )

Franchement ton arrêt d'urgence je vois bien des raisons pour lesquelles il est pas OK:
-> Mécaniquement je suis pas sur qu'il soit encore aux normes (mouvement enclenché = mouvement qui va à l'enclenchement.
-> Il est directement sur du 380 sans contacteur intermédiaire?
-> Je passe sur l'absence de double canal
-> Je suis même pas sur qu'on nous autorise encore ce visuel pour les ARU (mais je ne connais pas la limite entre la règle et l'usage client -généralisé- dans le domaine)...

Ara

SebD hum... c'est même pire que tu ne crois : c'est un AU bipolaire 10A ! Donc absolument pas fait pour cela.

C'est quoi que tu appelles "double canal" ?

SebD

Ara c'est peut être une déformation de mon activité plus machine et coup de poing d'arrêt d'urgence mais sur un bouton comme celui ci j'ai toujours 2 contacts NC parallèles sur deux boucles qui coupent dès qu'une des boucle lâche (dans l'industrie je passe par une relai de sécu normé mais on peut faire ça avec un relai classique qui prends les deux contacts en série dans sa commande de bobine.

L'idée générale du double canal (obligatoire pour un contrôle apave car directive machine + droit du travail) c'est que si un élément reste collé on aura quand même déclenchement de la sécurité.

Ara

SebD ah oui ok (moi j'appelle cela une redondance ou une "voie B"). Mais de toute façon je compte bien, dès que j'aurai fait mon Rakamachine (TM) avec tableau électrique intégré pour alimenter la Lurem, enlever ce coup de poing et le mettre sur la scie à ruban avec, effectivement, un vrai contacteur tri alimenté selon une logique "à manque tension". Par contre je n'avais pas pensé à mettre les deux contacts du coup de poing en série, c'est une bonne idée !

Ara  a publié l'article "Cas pratique n°1 : comment réparer un câble abîmé ?".
il y a 26 jours
Ara  a publié l'article "Les 6 exigences de sécurité".
il y a 25 jours
benjams
( Modifié )

Oh la la ces prises 3 voies ca me rappelle les anciennes douilles qui avaient des prises sur le corps de la douille 😄

Un drr ça protège en cas de contact avec la phase, indépendamment de la mise a la terre, je me trompe ?

Ara
( Modifié )

benjams oui, ce sont ces douilles avec "alimentation bilatérale" qui sont désormais interdites. De même, il y avait des douilles avec un petit interrupteur rotatif intégré.

Il y a plusieurs questions dans ta question !

Phase, neutre ou les deux ?
Le DDR protège en cas de contact avec la phase parce que le neutre est censé être au même potentiel que la terre. Donc en principe si tu touches un fil bleu il ne t'arrive rien, mais ce n'est pas une science exacte ! Les enfants, ne faites pas cela chez vous !

Déjà parce que le "schéma de liaison à la terre" est en principe "TT" (le neutre du poste est relié à la terre, et ta maison est reliée à ton jardin), donc ton neutre est relié à la terre du poste et non de ton jardin, alors que tes pieds sont reliés à la terre qu'ils touchent. Il peut y avoir une différence entre les deux puisque la terre est mauvaise conductrice, et au delà de 50V, ça commence à être dangereux.

Le DDR a-t-il besoin de la terre pour protéger ?
Bah, oui et non... D'un point de vue pratique tu as raison, d'ailleurs il n'est lui-même pas relié à la terre. Il se contente de regarder la différence entre le courant qui part et le courant qui revient. S'il y a une différence, le courant résiduel est peut-être en train de passer par toi, donc il coupe.

Mais si la machine est reliée à la terre, dès que sa masse touchera un conducteur, le courant passera à la terre et le DDR déclenchera, c'est donc beaucoup plus sécurisant parce que là, le courant n'a pas besoin de passer par toi pour le faire déclencher.

benjams

Oui toucher le fil bleu à ne pas faire partout, surtout dans les pays où tu as du -110v sur le neutre et du +110v sur la phase

Et surtout pas les deux 😅

N'empêche quand on voit les matériels anciens on hallucine des fois...

Ara

Je ne savais pas que cela existait, du +110 / -110... Je ne sais pas comment ils font (mettre le milieu d'un auto-transfo à la terre ?) ni quel est l'intérêt...

benjams

En Belgique il me semble, en gros tu as du 230v/tri, tu as deux phases pour avoir du 230. Je crois qu'il y a un système équivalent au us pour pouvoir utiliser du 230 pour le gros électroménager et 110 pour le reste

Ara

110V ils sont fous ! C'est hyper dangereux... Selon la tension tes muscles réagissent pas de la même manière : le 220V te repousse, tandis que le 110V te contracte et tu restes collé. C'est, paraît-il, une des deux raisons qui ont conduit à passer à 220V dans les années 60 (l'autre étant la possibilité d'avoir plus de puissance sans avoir besoin d'augmenter la section des conducteurs).

benjams
( Modifié )

Sans avoir de source fiable la dessus il me semble que ça n'a rien a voir. Je crois que c'est essentiellement la fréquence qui fait qu'on reste collé en alternatif plus qu'en continu.

En plus ça n'est pas logique, les muscles responsables du fléchissement ou de l'extension ne sont pas les mêmes, donc je pense que c'est plus le trajet de l'électricité qui va décider de tout cela. D'autant que les chocs électriques sont moins violents (mais restent potentiellement mortels en 110v)

Ps: apparemment il y a bien une corrélation entre tension et tétanie et projection. La tétanie serait majoritaire pour des tensions < 1000V et la projection est plus pour > 1000V

Olivier Vernhettes
( Modifié )

Ara un petit rappel pour protéger les prises de l'arrachement.
On ne débranche pas une prise en tirant sur le câble mais en tirant sur la prise.
Ça parait évident mais qu'est-ce que j'ai pu faire la guerre à mes gosse sur le sujet...

Ara

C'est vrai, et ça donne la même chose que sur le câble de mon compresseur. Et pourtant, sur le compresseur non seulement je n'ai jamais tiré sur le fil, mais en plus c'est le genre d'appareil qui reste branché en permanence. Comme quoi juste le temps qui passe fait bien fatiguer le matériel...

Olivier Vernhettes

si il n'y avait que sur le matériel 👴

Ara

Oui mais... tu en connais beaucoup des matériels électriques fabriqués l'année de ta naissance et qui marchent aussi bien que toi ?

Ara  a publié l'article "Les entrailles du tableau électrique".
il y a 19 jours
HoxCa
( Modifié )

Ara merci pour l'ensemble de cet article instructif.

Je suis arrivé ici, parce que m'a curiosité a m'invite a appuyé sur les boutons test dans les tableaux électriques...
Et bien mon vieux Merlin Gerin tétrapolaire multi9 vigi C60 il n'y a plus vraiment de vie a l'intérieur. Donc il va me falloir casser un billet avant l'arrivé de mes machines !

Peut être que l'on pourrait approfondir ces histoires de contacteurs et introduire les solutions existantes au tableau pour la télécommande de l'aspiration ?

Ara
( Modifié )

Merci HoxCa, et mes excuses de t'avoir accusé injustement ! J'ai prétendu que personne ne prenait la peine de tester régulièrement ses interrupteurs différentiels, mais je me doutais bien qu'il y avait quelques exceptions...
(NB : moi je ne le fais jamais, mais promis je commence à Noël !)

Et donc en effet il va falloir casser un billet, sachant que ça se trouve aussi d'occasion. J'ai déjà entendu qu'il fallait éviter parce qu'on ne sait pas s'il peut être en défaut, mais il est assez facile de le contrôler une fois que tu l'as, avec le bouton test et avec un contrôleur type VT35. Le gros tétra Merlin Gerin qu'on voit dans une des premières photos ci-dessus a été trouvé dans une brocante... et il marche très bien !

Concernant la télécommande de l'aspiration, nous avons quelques pas à pas en stock :



Ara  a publié l'article "La sécurité incendie".
il y a 16 jours
cocoM
( Modifié )

merci pour l'ensemble du pas à pas, on se sent un peu moins bête.

Je me permet tout de même une petite intervention concernant les extincteurs :
l'extincteur à eau comme tu le dis ne dois pas être utilisé sur les hydrocarbures ; dommage pour nous, nous avons tous un réservoir d'hydrocarbures dans notre atelier : l'armoire de finitions. Si on y ajoute dans un garatelier le bidon d'essence de la tondeuse, un peu d'huiles diverses, un stock de produits phyto hors d'âge... ça donne un cocktail qui exclue l'extincteur à eau.
De même, l'idée de devoir courir vers mon disjoncteur avant d'éteindre un feu électrique... trop de perte de temps, trop d'éléments rationnels à mettre en place pendant un moment de panique, je préfère avoir un extincteur poudre,CO2 ou une couverture antifeu à porté de bras (d'ailleurs la couverture antifeu c'est le top, parce qu'en plus elle peut servir à éteindre un humain).
Ensuite certes il faut une "formation" pour les utiliser efficacement, mais même mal utilisé ça restera plus efficace qu'un seau d'eau, et surtout plus accessible si comme chez moi il n'y a pas de robinet dans l'atelier.
Quand à la révision annuelle des extincteurs, dès qu'on a une micro-entreprise l'assurance demande le certificat tous les ans, ça aide à y penser ; pour les particuliers on en revient au même constat qu'avec la vérification des inter diff : c'est pas fait ; mais dans le fond il y a plus de probabilité de ne pas réussir à éteindre le feu parce qu'on est absent quand il prend que d'avoir un extincteur défectueux après 5 ans.

Ara

Merci pour ces remarques, cocoM, toutefois il faut évaluer le risque et les causes de départ de feu. Par exemple si tu sors de l'atelier 5 minutes pour, heu, aller chercher un truc chez le voisin, et que quand tu reviens la moitié de l'atelier est en feu, évidemment tu ne vas pas attaquer le feu ni même couper le courant, tu vas te mettre en lieu sûr et appeler les pompiers.

Maintenant tu es dans l'atelier et il y a un départ de feu. Pourquoi ? Le bidon d'essence de la tondeuse qui s'est allumé tout seul ? Non bien sûr. Les départs de feu probables, c'est :

  • une combustion de sciure à cause d'un câble qui surchauffe,
  • une combustion de sciure à cause d'un jet d'étincelles d'une meuleuse (je profite de l'occasion pour rappeler que les étincelles visibles proviennent du carbone de l'acier... donc si tu meules de l'alu, il n'y a pas d'étincelles mais le phénomène est le même, c'est juste invisible donc moins alarmant mais tout aussi dangereux)
  • un moteur d'outil électroportatif qui prend feu
  • un moteur de grosse machine qui prend feu
  • le tableau électrique qui noircit et se consume
  • une poubelle avec des chiffons gras qui prend feu à cause d'une projection chaude ou de paille de fer qui touche une pauvre pile 4,5V

...dans tous les cas, il y a un combustible, de l'air et de la chaleur.

Du coup, là où je ne suis pas d'accord avec toi (mais je ne prétends pas avoir plus raison que toi, l'important est d'en débattre, je te donne mon avis), c'est deux choses.

1) Courir jusqu'au tableau électrique ou courir jusqu'à l'extincteur, pour moi c'est pareil. S'il y a de l'électricité dans l'équation, il faut mettre l'atelier en sécurité avant d'entreprendre quoi que ce soit. S'il n'y a pas d'électricité dans l'équation (ex : meuleuse + poubelle + chiffon gras, tu pose ta meuleuse et tu découvres la poubelle en feu) : alors tu peux attaquer directement avec ton extincteur ou un seau d'eau. Perso je claque un extincteur tous les 3 ans au boulot, donc je suis plus à l'aise avec le seau d'eau ! Et avoir un seau d'eau dans son atelier pour se laver les mains ou nettoyer des trucs, ça ne mange pas de pain !

2) Que les pros m'arrêtent si je me trompe, mais un extincteur à CO2, c'est bon pour une armoire électrique fermée, que nous n'avons pas souvent dans un garage. Si tu balances le CO2 sur un moteur en feu, il s'éteint et se rallume 20s après (car ça n'a pas supprimé la chaleur). Et encore une fois, cela ne s'utilise pas du tout de la même manière qu'un extincteur à eau ou poudre donc si tu n'as pas été formé, tu ne vas rien faire de bon.

Et donc pour en revenir aux hydrocarbures, quelle est la probabilité de mettre le feu à ton bidon d'essence ? Quasi aucune, à moins de meuler comme un bourrin devant le bidon (les enfants, ne faites pas cela chez vous !). Et quelle est la probabilité de mettre le feu au placard à aérosols ? Si la poubelle que tu as allumé tout à l'heure est placée pile en-dessous du placard et que celui-ci commence à être méchamment allumé, il n'y a qu'un chose à faire : t'enfuir avant l'explosion !

Nous remarquons que, concernant le risque de feu d'hydrocarbures dans l'atelier, la seule solution valable, c'est la prévention ! On ne met pas de carburant et de comburant (certains produits de jardin) dans le même placard ; on limite les quantités ; on éloigne tout ce petit monde des circuits électriques et de l'éclairage ; on le met en hauteur ; on range les aérosols quand on n'en n'a plus besoin...

Et pour la couverture anti-feu tu as raison, c'est plutôt fait pour éteindre un humain.

cocoM

Je pense qu'on est globalement sur la même longueur d'onde, avec chacun une configuration particulière d'atelier en tête.
Chez moi, j'ai trois extincteurs poudre (de camping car, achetés 30€ le lot) répartis dans trois coins de l'atelier, donc pas besoin de courir pour en attraper un, il suffit de tendre le bras ; par contre pour l'eau il faut courir 20m, c'est pas grand chose mais tout de même 5 fois plus que la distance maxi d'un extincteur. Pour le tableau c'est pareil : 20m à faire pour aller le couper, si j'ai un moteur qui prend feu je viderais un extincteur poudre dessus avant d'aller couper le contact, car l'aller retour de 20m peut être suffisant pour que l'incendie se propage.

Pour ce qui est de la prévention pour éviter les feux de carburant ou aérosol, on est d'accord c'est la meilleure solution. Mais comme pour le reste, personne n'est parfait : qui osera dire qu'il n'a pas laissé la bombe de WD40 à proximité d'une machine après maintenance, qu'il n'a jamais laissé trainer une bouteille de white spirit sur l'établi plus que de raison ou autre petite imprudence...
Entre ça et l'électricité qui traine partout dans l'atelier, je maintiens que pour moi l'extincteur eau n'a pas sa place. Pour le CO2, le gaz sort à -75° avec la pression, donc il refroidit bien le moteur, moins qu'un poudre certes mais suffisamment pour que le feu ne reparte pas si vite ; par contre il ne sert pas à grand chose sur des braises, car il ne crée pas de barrière durable qui coupe le feu de l'oxygène, et ne refroidit pas en profondeur. La couverture anti feu marche pour les humains, mais aussi pour le feu de poubelle, ou pour limiter le risque de propagation du feu de moteur le temps d'aller couper le contact.

Bref, on parle élec ici, si on veut débattre à n'en plus finir de la sécurité incendie, faudrait qu'un pompier nous fasse un pas à pas...

Midwo
( Modifié )

J'aurais une question au niveau de l'éclairage.

L'ancien propriétaire de notre maison avait installé des néons au plafond de l'atelier, mais ce n'était pas des reglettes étanches: c'était une reglette pour tube néon au prix minimal.

Si on omet que les reglettes étanches ont aussi leurs coques pour protéger le néon d'un coup direct avec un objet long/haut, y a-t-il un risque réel à se contenter de réglettes simples dans un atelier amateur de hauteur 2,5m sous plafond ?

Je ne sais pas quelles circonstances de poussière je pourrais créer pour que cela soit un soucis...
Tout avis là-dessus est le bienvenu :)

Ara

Hello Midwo, je dirais que le plus gros risque est d'accrocher un tube en manipulant une planche, qu'il casse et te tombe dessus, et que tu en aies plein les cheveux et les yeux si tu as le réflexe de lever la tête. Donc les néons avec coque sont salvateurs !

Quant à l'étanchéité aux poussières, je ne sais pas s'il y a un risque mais je pense que ça ne chauffe pas plus qu'une lampe normale. Perso j'en ai chez moi depuis 10 ans, j'ai usiné du MDF, je ne les ai jamais nettoyés, et je dors sur mes deux oreilles !

Midwo

Ara Je n’ai pas décrit que les luminaires étaient entre des solives de 20, pardon.
Même si le risque zéro n’existe pas, faut le vouloir je pense pour taper dedans. Mais je garderai ça en tête et réfléchirai à une solution :)

Je suis rassuré pour les poussières !

Merci beaucoup pour ta réponse ! ✌

Ara  a publié l'article "Cas pratique n°2 : quelle précaution avant d'utiliser un matériel de récup ?".
il y a 11 jours
tarpan

Une question qui m'interroge car j'ignore sa portée et ses implications pratiques : la variabilité du voltage distribué. 🤔

La norme actuelle est à 230V ±10% (donc entre 207-253V selon l'éloignement par rapport au transfo et la qualité de la ligne)
Les spécifications des appareils sont données pour 230V (220V pour les anciens, 220-240V pour ceux qui prévoient large en fonction des exportations)

Chez moi j'ai en permanence 245V, est-ce que :

  • Mes machines à moteur tournent plus vite ?
  • Quid des machines régulées électroniquement ?

  • Mes ampoules éclairent plus ?

  • Mes appareils vieillissent plus vite ?

  • Mes alims/transfo AC/DC fournissent plus du coup ? Par exemple une alim 24V fournirait 25,6V chez moi ?

Bref, y a t'il vraiment des conséquences pratiques réelles ou fantasmées à ces écarts sur le voltage nominal ?

Mig
( Modifié )

Bonjour trapan
245 V au lieu de 220, c’est 11 % de voltage en plus à puissance égale, donc 11 % d’ampérage en moins circulant dans les conducteurs. La plupart des appareils encaissent facilement du 245 V. Ceux qui sont sensibles sont censés avoir une alimentation régulée. À l’inverse si tu avais 11 % de voltage en moins, l’ampérage tiré serait 11 % plus élevé avec une conséquence non négligeable au niveau des bobinages de moteur, des inductances et autres interrupteurs limiteurs de courant au tableau électrique, notamment au niveau du démarrage des moteurs asynchrones ou l’ampérage peut être multiplié par six ou sept. Tu restes donc dans le cas le plus favorable et encore tout à fait tolérable.

tarpan

Je ne comprend pas, tu veux dire que (en exagérant volontairement) si on branchait une machine 220V de 4000W sur une prise en 110V ça fonctionnerait à l'identique mais tirerait 36A ?

Je pensais que l'intensité était conservée et donc la puissance totale consommée augmentée en proportion égale à l'écart de voltage fourni…

SebD

P=UI
si la tension diminue l'intensité augmente.
Dans ton cas d'exemple ça ferait probablement sauter le disjoncteur avant.

tarpan

P=UI implique une conservation de la puissance c'est ça ?

Mig

Yes !👍

Ara

Heu... vous êtes sûrs ?

tarpan

J'ai lu ailleurs qu'au contraire ça entrainait soit-disant une consommation supérieure (en KWh) donc logiquement une puissance instantanée accrue… non ?
Ça doit évidement dépendre de l'appareil : résistance chauffante - moteur - appareil électronique etc.

Ara

Voilà c'est ce que je pense : tout dépend de quel appareil on parle. Le pur résistif, je comprends, le reste (moteurs...) dépasse mon entendement.

Pour du résistif pur (lampe à incandescence par exemple), nous avons 3 relations :

  • P = U x I
  • U = R x I
  • R = rho x L / S

Donc ce qui est constant, c'est la résistance qui dépend du matériau (rho) et de la géométrie (L / S).

À partir de [2], si tu fais varier U avec R constant, ça modifie I => I = U / R. Et quand tu injectes ça dans [1], il vient que P = U² / R. Donc ta lampe de 100W sous 230V, elle va faire 113,5 W sous 245V.

Maintenant pour un moteur je n'y comprends rien. Certains tournent à la même vitesse quelle que soit la tension, d'autres non (par exemple ta perceuse, ton aspirateur...). Si le moteur tourne à la même vitesse quelle que soit la tension, alors il est logique que comme dit Mig l'intensité diminue (et la puissance reste constante, ce qui est logique aussi : elle dépend de la charge appliquée au moteur). Mais cela me dépasse, je suis nul en élec...

SebD

Les moteurs dépendent pas mal du type mais pour le moteur "courant" genre celui collé à votre Kity préférée, que l'on appelle "Moteur Asynchrone". Ces moteurs ont une tension et une vitesse de rotation nominale.
Pour faire varier leur vitesse on fait varier la fréquence de l'alimentation AC (la plupart du temps jusqu'à 50Hz en France). Si tu as un variateur et un moteur en vitesse nominale 3000RPM, ton variateur va envoyer du 25Hz pour le faire tourner à 1500Hz (je schématise).
Si tu augmente la tension dans un moteur tu augmentes la tension dans ses bobinages donc tout ce que tu risques c'est de le griller.

Ara

SebD pourtant une fois j'ai testé le variateur de l'aspirateur, et il me semble bien que ça faisait varier la tension... C'est un truc tout simple (et forcément pas cher) qui ressemble à un transistor (un thyristor ?). Je sais que les thyristors peuvent être utilisés pour hacher la sinusoïde mais ça requiert un peut d'électronique supplémentaire. Ou est-ce que le fait de faire varier la fréquence avec ce truc ferait "mécaniquement" varier la tension que j'ai mesurée ? Là encore c'est bien au-delà de mes connaissances.

SebD

On est pas dans ce cas là sur un variateur type résistance variable? Je ne sais pas de quel type est le moteur d'un aspirateur?

Valentin S

Ara Dès qu'on parle de moteur les réponses dépendent fortement du type de moteur :
Pour schématiser au plus simple :
-Moteur universel (électro-ménager, électro-portatif filaire, etc...) : le couple du moteur varie en fonction du courant I et sa vitesse en fonction de la tension U (en fonction du carré de la tension pour être plus précis U²)
-Moteur asynchrone (nos moteur de machines stationnaires, une pompe à chaleur, etc...) : la vitesse (ou plutôt la fréquence de rotation) dépend de la fréquence d'alimentation (d'où parfois l'utilisation du variateur de fréquence) et du nombre de pôles du stator (en triphasé 50HZ : 3 pôles --> 3000tr/min ; 6 pôles --> 1500tr/min ; 9 pôles --> 1000tr/min etc...). Et le couple varie en fonction de la force du champ magnétique créé par le stator, pour augmenter ce champ magnétique on augmente le nombre de spires de chaque enroulement. Indirectement plus on a de spire et donc de couple, plus on consomme de courant I.

Ce sont les deux moteurs que l'on rencontre le plus fréquemment en dehors de l'électro-portatif sur batterie.

Pour revenir à ton cas de baisse de tension il faut savoir qu'un variateur de fréquence ne fait pas varier que la fréquence, en fait pour le couple du moteur reste quasiment constant il faut que le rapport Tension/Fréquence soit à peu près constant pour conserver un fonctionnement optimal, donc quand tu baisse la fréquence, la tension chute également.

benjams
( Modifié )

Attention, P=UI=cte c'est généralement pas vrai si on sous/sur alimente un moteur, la puissance a sa sortie varie, d'autant qu'on a rarement une charge fixe a la sortie. En général I varie dans le même sens que U. Si on constatait une diminution de I quand U augmente, vous vous doutez bien qu'on aurait du 1000V dans nos réseaux domestiques

La relation qui a laquelle il faut se fier U=R*I (en faisant des calculs plus complexe on peut introduire d'autres charges qui ne sont plus purement resistives (notion d'impédance) et prendre en compte la FEM).

Valentin S j'ai un doute pour augmenter la puissance, a tension d'entrée constante (augmenter I) il fait pas plutôt diminuer le nombre de spires et augmenter la section (moins de spires = moins de FCEM, plus de courrant).

tarpan

benjams
Et donc, concrètement : avec un réseau en 245V, mes moteurs fournissent/consomment(et chauffent) plus de W que s'ils étaient alimentés en 230V ?
Et ceux avec une régulation électronique ?

Ara

tarpan je pense que comme dit Valentin S, ça dépend du type de moteur. Pour ton moulin à soupe la réponse sera oui, mais pour une machine à bois, plutôt non : la puissance consommée dépend beaucoup plus de la charge du moteur. A vide il consomme peu, alors que pendant l'usinage il consomme beaucoup plus. C'est là que la tension a probablement bien moins d'influence, et que par conséquent en cas de tension faible l'intensité augmentera.

Je dis ce que je crois comprendre, à prendre avec des pincettes !

tarpan

Mais à charge équivalente ?

SebD

benjams il y a quand même d'autres raisons en terme de sécurité électrique et de risques d'arcs qui justifient le choix.

Dans les avions il y a justement de hautes tensions pour limiter le courant et ainsi diminuer les sections de fil

benjams

tarpan si ton alimentation est régulée (pour moi régulée veut dire "asservie") ça change tout évidemment. Le but de la regulation etant de s'affranchir des paramètres externes normalement il y a peu d'influence... Globalement on essaie d'avoir U/f = cte pour ne pas cramer les moteurs au basses fréquences.

SebD oui à l'origine on avait déjà du mal, a avoir des isolants suffisamment performants pour du 110V et 230V. Mais ce que je voulais dire c'est qu'en branchant un moteur prevu pour du 230V sur du 1000V il ne faut pas s'attendre a voir une baisse d'intensité. Au contraire il faut plus s'attendre a une intensité multipliée par 3 et un debut d'incendie 😊

Ara çà depend de ton moteur mais en gros, baisser la tension de ton moteur fait que Ton moteur sera juste vu comme "Moins puissant". Après pour certains moteurs tu aura une retroaction positive tant que tu reste dans la zone ou ton moteur ne cale pas: moteur moins puissant -> baisse du regime moteur -> diminution de la FCEM -> augmentation du courant -> stabilisation a un regime plus faible

Ara

tarpan à puissance équivalente, le P de "P = U x I" est fixe, et tu fais varier U, donc ça occasionne que I varie à l'inverse de U.

Mais je me méfie des raisonnements simplistes... un moteur électrique, c'est un machin compliqué !

tarpan

benjams
donc si je déduis bien de ton dernier paragraphe en réponse à Ara : avec 245V sur moteur non régulé électroniquement, I diminue -> stabilisation à un régime plus élevé.
Il est très difficile d'obtenir des infos/réponses tranchées et claires sur ce sujet, la plupart des forums techniques se contre-disent… c'est fou…

Ara

tarpan oui, parce que le moteur électrique est un objet de la vie courante qui est pourtant trèèèès compliqué ! Et de plus il y en a plein de types différents dont les fonctionnements sont différents. Par exemple j'ai appris récemment que certains moteurs pouvaient être alimentés par du courant continu ou alternatif (ce qui me parait impensable, et pourtant...).

Du coup entre les gens qui ont de vraies connaissances, ceux qui affirment sans savoir, ceux qui croient savoir mais qui ne font que répéter ce qu'ils ont pu lire ou entendre, ceux qui comme moi essaient de déduire de leurs maigres connaissances mais qui se plantent parce que "P=UxI" est un peu trop léger pour expliquer le fonctionnement d'un moteur... tu vas lire tout et n'importe quoi sur les forums. Pour bien comprendre je crois qu'il n'y a pas le choix, il faut un vrai prof et des vrais cours !

benjams

tarpan difficile de tirer des généralités, ca depend des caractéristiques de ta charge (la courbe vitesse de rotation/couple). Si je prends une charge a puissance absorbée indépendante du regime, je dirais que oui. Dans la réalité la puissance peut dépendre du regime (C=cte voire C=kN si on entraîne une charge visqueuse par exemple). Pour moi quand U augmente, I augmente aussi parce qu'en plus il y a une part de résistance qui rentre dans l'équation, d'une part puis intuitivement de mon coté il est bien plus courant d'avoir une charge de type C=cte plutôt que P=cte.

En soit utiliser p=u*i n'est pas tout a fait une erreur (encore que, ça oublie le terme resistif), Mais l'erreur est d'ignorer le comportement de la charge et de penser qu'en changeant les paramètres on reste au mêmes régime

Au dela de ca les moteurs assynchrones, synchrones, courrant continu, et universels ne fonctionnent pas exactement pareil (mêmes si ces dernières ce ressemblent). Et encore je ne prend pas en compte les moteurs à reluctances...

Les moteurs, encore un sujet très vaste. J'espère que je suis clair. Mais c'est un sujet avec une epaisse litterature et mieux vaut se fier a sa bibliothèque technique qu'a des gens sur des forums😁

MICHEL06
( Modifié )

Bravo et merci, peut etre un peu trop pointu pour quelqu'un non initié, mais tu as au moins le mérite d alerter de la dangerosité des installations et l utilisation de l'electricité.
si tu continues? rajoutes l'utilisation au quotidien, du style ; utiliser une rallonge sans dérouler le touret, essayer de faire tourner un moteur TRI en mono , ect ...
le petit bricolo vite fait qui tue............
encore merci pour protéger les gens qui menuisent.

Ara

Merci MICHEL06 ! Je vais encore faire un article de synthèse et boucler le sujet, ce qui n'empêche pas de continuer via les discussions, si une question est posée et si je suis capable d'y répondre. Je ne vais pas parler du triphasé parce que ça sort du sujet de la sécurité électrique (je voulais aussi parler du fameux compteur Linky, mais non, c'est hors sujet).

Concernant l'utilisation d'une rallonge enroulée sur un touret, c'est vrai qu'on dit qu'il faut l'éviter parce que cela provoque une induction magnétique (comme les plaques à induction) qui chauffe (comme les plaques à induction). Mais pour que ça chauffe il faut quelque chose de ferreux dans le champ, et il faut de la puissance (donc alimenter un gros moteur et bien tirer dessus). Ça c'est la théorie, donc je suppose que la plupart du temps on ne risque rien, mais que si les (mauvaises) conditions sont réunies, on risque de se brûler en ramassant une pièce métallique à côté du touret, voire de mettre le feu à la sciure. Dans les faits, est-ce que ça arrive ? Je ne sais pas.

Honnêtement, je ne me suis jamais amusé à dérouler complètement un touret et à mettre la rallonge en vrac avant de l'utiliser, surtout que généralement j'utilise le touret quand j'ai besoin d'une grande longueur, donc de fait je le déroule. Mais si tu as des infos ou une expérience malheureuse avec un touret, ça m'intéresse.

Mikeleg

Bonjour,
Si au bout de la rallonge il y a de l'électroportatif utilisé en discontinu elle ne chauffera pas, par contre avec une consommation élevée et continue (radiateur électrique, aspirateur, ...) elle va chauffer par effet d'induction et peut même prendre feu.

tarpan

La rallonge va chauffer par effet Joule (comme tout conducteur), et si elle est enroulée, n'aura pas assez de surface d'échange pour évacuer la chaleur.
En général sur un touret il est indiqué la puissance max tolérée déroulé et celle enroulé (avec un % de marge de sécurité)

L'induction en 240V 50Hz alternatif sans âme magnétique est plus que négligeable dans l'histoire…

Ara  a publié l'article "Synthèse".
il y a 2 jours
Ara  a publié l'article "Pour aller plus loin...".
il y a 2 jours
Ara  a publié l'article "Hors sujet !".
il y a 2 jours
Midwo
( Modifié )

Salut Ara , deux questions qui peuvent peut-être concerner certains qui se font un atelier bien après le reste:

1) y a-t-il une limite électrique de tableau divisionnaires qu’on peut connecter à un tableau principal ? (5 ou bien plus ? comment calculer ?)

2) la norme autorise-t-elle de mettre un tableau divisionnaire après un premier divisionnaire ?
(tableau principal -> tableau div. 1 -> tableau div. 2)

Merci d’avance pour tes lumières :)

Ara

Midwo ouhlà ! Je ne sais pas. Je n'ai pas vu de limitation de ce genre dans le bouquin rouge, mais je n'ai pas étudié le chapitre dédié aux installations communes des immeubles collectifs. Pour du résidentiel "classique", la question ne se pose pas.

Donc je ne peux pas te répondre pour la norme, mais je peux te donner un avis global : il ne faut pas que ta maison brûle. Si tu mets des tableaux en cascade, il faut t'assurer que chacun est alimenté par des fils de section suffisante pour l'intensité globale de tout ce qu'il alimente (circuits + sous-tableaux).

Juste un détail : sur le disjoncteur principal "EDF", tu n'as le droit de brancher qu'un fil par phase. Donc si tu mets deux tableaux en parallèle, il faut un bornier qui alimente chaque tableau, et pas un branchement direct des deux tableaux dessus.

Guillaurent

J'ai pas mal étudié la question et de ce que j'ai compris, les tableau divisionnaires doivent être reliés directement au tableau principal. Tu dois protéger les conducteurs entre les tableaux par un disjoncteur.

La longueur des conducteurs entre tableaux et l'intensité consommée au tableau divisionnaire conditionne la section des conducteurs et l'intensité du disjoncteur de départ.
Pour un atelier bien équipé et éloigné du tableau principal, la section peut vite monter et la facture avec...

MonsieurBella
( Modifié )

Bravo. .. !!!!!

Ara

MonsieurBella merci !

Guillaurent
( Modifié )

Super l'article !

La NF C15-100 ne s'applique pas aux locaux professionnels ? Je parle d'un atelier artisanal, pas d'une usine.

Sur mon tableau d'atelier, les fils rigides sont coudés (comme sur la photo qu'on n'a pas le droit de critiquer) et le technicien qui a contrôlé mon installation m'a dit que c'était pas top car les angles serrés peuvent compromettre les fils.
Un avis là-dessus ?

Ara

Merci !

Apparemment la NF C15-100 s'applique à toute installation BT, donc < 1000V. Donc elle s'applique à ton atelier artisanal, et même à une usine le cas échéant. Par contre mon pas à pas ne concerne que ce que je connais ! Je vais modifier la précaution rhétorique dans l'introduction.

Concernant les fils coudés, c'était la mode à l'époque, ça ne l'est plus maintenant... l'important est de ne pas abîmer les fils lorsqu'on les coude. Par contre ce serait inutile voire contreproductif de les "découder" (tu risques de les abîmer davantage). Cela dit, personnellement je pense qu'il y a plus important à s'occuper que de ça : des câbles abîmés par exemple !

Mikeleg
( Modifié )

Extrait du "guide_NFC_15-100.pdf" (Source : hager.com/fr/n...rmes/nfc-15-100 ) téléchargé sur le site du fabricant de matériel HAGER
"Les principaux domaines concernés par l’amendement 5 de la NF C15-100 :

  • les volumes de sécurité dans les locaux contenant une baignoire ou une douche (salles d’eau)
  • les dispositifs différentiels à haute sensibilité ≤ 30 mA (interrupteurs différentiels)
  • la protection des circuits contre les surintensités
  • l’appareillage (quantitatif par circuits, par pièces, fixation...) - le raccordement des points d’éclairage
  • l’ETEL (Espace Technique Electrique du Logement) intégrant la GTL (Gaine Technique Logement)
  • l’autocontrôle des installations électriques."

Ces dispositions s'appliquent dans le cas de logements-locaux neufs en lors de rénovations importantes.

voir aussi:
fr.wikipedia.o...iki/NF_C_15-100

Ara

Mikeleg oui, ils indiquent les principaux apports de l'amendement 5 de la norme (qui est sorti en 2005), sans remettre en question ce qui existait déjà depuis les amendements précédents.

Dans l'air du temps, aussi, on passe de la RT2012 à la RT2020, ce qui n'a pas de lien direct avec les normes électriques, mais qui est quand même un petit peu intriqué.

Guillaurent
( Modifié )

Je suis assez fier de l'installation électrique que j'ai faite dans l'atelier.

Un peu moins du tableau principal de la maison (je refais toute l'installation électrique).

Ara

Avec une superbe épissure isolant contre isolant sur le fil de terre de l'ancien tableau !
(non je plaisante, ça ressemble plus à un fil de terre accroché dans un coin pour fermer la porte du tableau...)

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