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6LV1

Est-il raisonnable de se "lancer" sans expérience professionnelle?

Bonjour,

Je me doute que cette question fera certainement des émules (ça n'est vraiment pas le but...) ceci dit, j'aimerais exprimer mon point de vue au travers de mon expérience.

J'ai 24 ans et je travaille à mon compte depuis 2 ans comme menuisier en suisse. J'ai eu une formation de menuisier CFC ce qui implique 4 ans de formation en dual (école 1 jour par semaine + des semaines d'atelier à l'école une quinzaine sur 4 ans , le reste en entreprise avec formateur attitré)
Bien entendu, la passion m'a accompagné chaque jour et j'en ais aussi tiré un apprentissage substantiel.

Le fait est que, je me suis lancé et ça "a marché direct" je me suis donc lancé dans des boulots dont je n'avais pas toutes les connaissances à la base.

En résulte: malgré une volonté de "faire bien, dans les règles de l'art" il m'est arrivé de faire de mauvais choix, d'utiliser des matériaux non adapté etc...

En cette fin d'année, je me suis retrouvé à faire des tournées de SAV pour régler certaines choses sur des chantiers. Dans ces cas-là, c'est pour ma pomme mais les clients sont quand même embêtés.

J'observe une tendance non négligeable de personnes désireuses de se lancer et souvent sans beaucoup d'expérience.

Le risque à mon sens est de niveler le métier par le bas en dévalorisant le métier. (nouveaux artisans moins cher mais si nombreux que leurs prix sont bientôt la norme par ex, réputation des artisans globalement impactée par de plus en plus d'inexpérience sur les chantiers.)
Le bon dans tout cela est que ce métier est de plus en plus abordable pour des reconversions et découvertes de passion.

J'observe aussi que pour beaucoup, une reconversion puis une mise à son compte a très bien fonctionné comme en témoignent beaucoup d'entre vous.

  • Finalement, est-ce bien raisonnable de se lancer si tôt? C'est une réflexion que je fait sur ma propre activité en tous les cas.
  • Quels sont les facteurs non pas pour réussir (gagner sa vie, bénéfices, gloire et j'en passe) mais pour être honnête vis à vis des clients et de soi-même ?
6LV1

Afin de faire profiter ceux et celles qui se posent la question comme moi ou qui sont juste curieux, voici les clés qui ressortent de ces discussions:

Se lancer jeune-inexpérimenté permet:

  • Ne pas avoir trop de contraintes et de charges.
  • De profiter de son expérience personnelle et de ne pas attendre sur les autres pour nous l'enseigner dans le cas ou la situation ne le permettrais pas.
  • de se développer au niveau individuel plus qu'en étant salarié lambda, la créativité-expérience- des compétences hors métiers telles que le relationnel par exemple.

Se lancer jeune implique:

  • De bien s'entourer
  • D'analyser ses erreurs et celles des autres, savoir en tirer des conclusions
  • Etre honnête avec soi-même et pratiquer sa profession selon ces capacités réelles. Facturer en adéquation avec cela.
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5 réponses

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Oak

Salut.

Je comprends ton questionnement, car je suis moi-même fraîchement diplômé et installé.

Il le semble qu'il y'a plusieurs points à voir.

Se lancer sans expérience, comme le dit Palissandre , si on est bon je vois pas le soucis.
Qu'un menuisier fraîchement installé ne sache pas tout faire est normal.
Je dirais que toutes les professions ont ce soucis. La disparité des propositions c'est aussi important.

Et là on touche au second point. Ce que l'on dit que l'on vend et ce que l'on vend vraiment.

Je crois que ce qui est INDISPENSABLE, c'est la franchise. L'honnêteté de la proposition.
Je ne vois aucun problème à proposer des prestations de niveau honnête mais pas fou, si le prix est en adéquation et le client au courant.

Je crois qu'il existe dans la tête des artisans, une image de leur métier fantasmé, reposant sur le travail des élites de notre profession.

Je l'assume, je suis menuisier inexpérimenté et à mon compte. Mes clients le savent. Et bien que j'aimerais avoir les mains d' etiennedesthuilliers ou celles de sylvainlefrancomtois , je ne crois pas qu'autre chose que le temps puisse me l'offrir.

Alors il est question de savoir si l'on doit travailler en entreprise un certain temps avant de se lancer en solo.
Probablement que ça aidera techniquement, mais pour le reste, la compta, la relation client, la créativité je crois que cela n'aide pas.

Tirer le métier vers le bas ? Quel métier ? Qui est le menuisier type ?

Je ne me sens pas enfermé dans un cadre qui me fera bosser du melaminé ou faire des cuisines. Suis-je menuisier tout de même ?

Au final je pose plus de ques Que je ne réponds. 😋✌🏻

etiennedesthuilliers
( Modifié )

bonjour
les mains cela peut être utile
mais ce qui est important c 'est la culture , certains diront le savoir
moi je dirai plutôt l aptitude au raisonnement aider par sa propre culture , une énorme mémoire et une grande aptitude à la synthèse
je me suis mis a mon compte en 1968 à 24 ans et j ai repris seul l 'entreprise paternel avec le personnel et sans un sous et je travaille encore aujourd'hui
quoi vous dire qui ne risque rien n'a rien
mais il faut reconnaître qu'il faut continuer à s' instruire et trouver une oreille secourable ou un maître pour vous aider , chose que je n ai jamais eu et qui m' a obligé a me débrouillé seul
bonne chance et bon vent
il y a toujours de la place pour les meilleurs
le sage

6LV1

Merci Etienne, j'en comprends que de savoir analyser ses erreurs et celles des autres est une autre clé de réussite.

dependancesbois
( Modifié )
Je suis d'accord

Je suis totalement d'accord avec Oak (mais c'est pas la première fois!😉)

Je me suis lancé il y a 5 ans quasiment en sorti de diplôme.
pas par envie, au contraire mais juste parce que 39 ans (à l'époque ! 😱), seconde reconversion (plutôt évolution), déjà 5 ans d'intérim en déplacement dans les pattes dans des conditions de travail pas top et des salaires qui allaient avec les conditions de travail et aussi et surtout pas de CDI en vue.
Donc pour répondre à une des questions de façon basique sur le fait de se faire de l'expérience : oui mais encore faut-il pouvoir !!! Des fois pour trouver du travail il ne suffit pas de "traverser la rue" et de plus il faut trouver du travail qui donne une réelle expérience et pas apprendre à faire du mauvais travail dans une mauvaise entreprise.

Ensuite quand on se lance à son compte, il y a une vraie démarche, une vraie envie de faire bien donc une implication dans son métier et une forme de sérieux dans ce qu'on fait. Après l'honnêteté dépendra de chacun (déjà si tu te poses la question c'est plutôt bon signe).

Concernant le nivellement par le bas je n'y crois pas, c'est déjà fait on vit à l'air d'ikéa et conforatrucentoutgenre.
L'époque a changé, on est beaucoup plus nombreux, il n'y a pas de travail pour tout le monde, la consommation n'est plus la même, l'impact du dieu argent est plus que jamais oppressant donc les métiers ont changé aussi. Donc la seule volonté déjà de vouloir faire bien et honnêtement ne peut que remonter le niveau actuel.
Il y a de plus en plus de reconversion c'est pas un hasard.

En ce qui concerne les prix je trouve personnellement que le débat n'a pas lieu d'être ! Libre à chacun de pratiquer les prix qui lui conviennent. Libre à chacun de vivre selon ses propres besoins.
Si je veux pratiquer des petits prix, si je veux faire des "cadeaux", je le fais (et je le fais régulièrement car c'est de cette façon là que je peux essayer certaines choses et évoluer et prendre plaisir à mon travail).
A chacun de mener son activité comme il l'entend, nous sommes tous différents, les clients sont tous différents.
Il y a des contraintes et des charges à payer c'est sur, maintenant à chacun de faire ses propres calculs et d'en tirer ses propres conclusion et d'en faire ses propres tarifs.
Si certains de mes prix sont bas, on va me sauter à la gorge en me disant que je casse les prix du marché ! Hors je bosse seul, donc je ne peux pas faire tous les chantiers, je ne correspondrais pas à tous les clients autant en tant que personne que dans ma prestation que dans ma façon de travailler. Donc je casse les prix du marché de ma prestation uniquement.

Je crois qu'il est bon de se former, mais qu'il faut surtout arrêter la "formatation" d'entreprise.
Quand on se lance on ne sait pas grand chose, du coup on part sur le principe que ça va mal se passer. C'est une démarche qu'on nous a inculqué pour garder une forme de contrôle (par la peur), quand on ne sait pas ce qui va se passer on pourrait aussi se dire que ça va bien se passer.
La période que nous vivons actuellement devrait nous apprendre beaucoup de choses mine de rien sur la logique d'entreprise et tous les "calculs" que l'on fait tout le temps : aucune logique d'entreprise n'a prévu une pandémie ou un confinement !

Je m'égare un peu, mais c'est lié au fait d'oser se lancer ou pas et surtout à certaines formations d'entreprises que j'ai pu faire et qui nous enseignaient comment parler au client pour faire signer le devis (j'appelle ça manipulation), comment calculer mes temps de pause pour être "rentable" (!), qu'il fallait que 80% de mes devis soit validés sinon j'étais pas bon, qu'il ne fallait pas que je tienne compte de certains avantages (faire comme si ils n'existaient pas! hors ils existent!), qu'il faut "absolument" faire des crédits pour des questions d'amortissement comptable et comme ça on dépense pas tout (il y en a un paquet qui s'en mordent les doigts en ce moment qui n'ont plus rien mais quand même un crédit à rembourser !).
On m'a dit de commencer en auto et que si ca se passe bien je pourrais "grandir", hors si ça passe bien pourquoi je ne pourrais pas continuer comme çà ? (ben oui puisque ça se passe bien!).
Maintenant, je bosse comme je veux, avec mes tarifs, de la façon que je veux, avec mes horaires et ça me correspond, et mes clients me correspondent. Je refuse les demandes qui ne me parlent pas et ça me laisse de la place pour des demandes qui me plaisent. (et heureusement que j'en ai refusé ou que certains devis n'ont pas été signés car sinon je n'aurais pas pu réaliser certains chantiers qui était super!)

Bref en résumer, je pense que si on a envie de se lancer, il faut se lancer. Ce qui se passera ensuite ca s'appelle la vie ! et la vie ça se calcule pas !

Oak

dependancesbois effectivement, on récidive !

Je découvre chaque fois plus de corrélations dans nos trajectoires. Tu as le don d'incarner ta pensée et comme le dit 3lGring0 c'est de la motivation pour les jeunes comme moi.

Deux reconversions, des difficultés avec les lieux communs, une nécessité de se projeter dans un projet censé et sensé et surtout une volonté de simplicité pour accéder au fond du propos, le travail du bois.

Du coup bin merci.

dependancesbois

Oak C'est surtout bien de voir des façons de penser similaires, ça fait du bien !

cocoM

j'étais d'accord avec la réponse de Oak , je suis encore plus d'accord avec la tienne.

6LV1
( Modifié )

J'ai bien aimé ta remarque sur le fait qu'on ne peut pas toujours "bien" se former. C'est vrai qu'en regardant ce que j'ai déjà fait en 2 ans, j'ai du mal à m'imaginer le faire dans les menuiseries ou j'ai bossé avant. Je crois que tu as raison.

dependancesbois

6LV1 quand je vois les créations que tu as faites, je ne suis pas sur non plus que tu aurais eu l'occasion de les faire en entreprise. Donc tu t'es pas tromper !

3lGring0
( Modifié )

dependancesbois ton discours c'est de la pure motivation Merci

dependancesbois

3lGring0 alors c'est cool ! 👍

trente six seb
Je suis d'accord

+2 (1 pour Oak et l'autre pour dependancesbois)

Wil
Je suis d'accord

Tout à fait d’accord avec le point de vue de dependancesbois ! J’ai la même vision pour ma petite entreprise, dans laquelle j’exerce seul.

cocoM
( Modifié )

les gens raisonnables ont-ils raison ?.
Et qu'est-ce qu'être raisonnable ? Perso à la fin de ma formation je n'envisageais pas de me mettre à mon compte : avant même d'avoir passé le diplôme (qui se passait en candidat libre 3 mois après la fin de la formation) j'avais déjà 3 boîtes d'intérim qui me proposaient des missions ; dont certaines à priori intéressantes (aménagement de bateaux "de luxe" ; missions en déplacement en Europe avec une entreprise spécialisée dans la réfection patrimoniale...). Financièrement je pouvais direct prétendre à des missions payés 11€ net/heure hors primes, sur des semaines de 42h ; pour moi qui ai toujours vécu avec le SMIC comme plafond et pas comme plancher c'était trop beau.

Au final ces missions "de rêve" n'ont pas duré longtemps car les vacances d'été arrivant, je me suis retrouvé 2 mois à faire des missions "de merde" (35h sur dégau/rabot pour remplacer une machine 4faces qui a cassé, et se faire engueuler parce que sur les +300 planches que j'ai passé dans la journée il y en a 2 rabotées à contre fil et que comme par hasard ce sont les 2 pour lesquelles il n'y a pas le stock de bois pour les refaire... c'est vraiment du taf "de merde")

Par là dessus, mon déménagement se profil, et ho surprise je trouve une location isolée en campagne, avec un garage de 50m² équipé du triphasé, et un proprio hyper ouvert qui lorsque je lui pose la question "et si je veux ouvrir un atelier d'ébénisterie dans le garage ce serait possible ?" me répond : "bin oui, de toute façon c'est chez vous, tant que vous avec une assurance qui vous suit..." Et la cerise sur le gâteau : y'a des travaux à faire dans la maison, si on les fait nous même (avec les matériaux payés par le proprio) on peut avoir 8 mois de loyer gratos. Avec toutes ces "sécurités" financières je décide de dire ciao à la boîte d'intérim, et de me mettre à mon compte pour faire des petits objets à vendre sur les marché.

Maintenant ça fait un an, forcément 2020 pas du tout la bonne année pour démarrer... j'ai dû complètement revoir mes objectifs et abandonner les marchés pour chercher du chantier de menuiserie. Résultat j'ai trouvé des clients qui malgré mon inexpérience assumée m'ont fait confiance pour des chantiers auxquels je n'avais jamais touché : volets à persienne, escalier... Et j'ai également rencontré des artisans installés depuis quelques temps qui me proposent des collaborations intéressantes : agencement de boutique, meuble bois/métal...

Conclusion : en un an, j'ai appris bien plus sur la manière de concrètement vivre de cette activité qu'en un an de formation : comment adapter le plan d'un escalier pour réussir à le transporter et le monter seul ? Comment s'organiser pour faire des "gros" projets dans un petit atelier ? A partir de combien de pièces à faire ça vaut le coût d'investir dans une machine qui nous fait gagner Xmin par mortaise ?
J'aurais eu beau passer 20 ans en salariat, je n'aurais jamais eu l'occasion d'apprendre ça. Or c'est parce que j'ai réussi à trouver des réponses à ces questions précises que mon bilan financier est positif cette année. Pas sur qu'avec un prêt pour une maison et des enfants à élever j'aurais eu l'esprit libre, ni qu'à 45ans j'aurais eu la capacité physique de monter mon escalier tout seul. En démarrant "tôt" je pense que je me suis offert la chance de tomber et d'apprendre de mes erreurs tout en étant suffisamment souple pour me relever.

dependancesbois
trente six seb

Tu aurais fait une "vraie" réponse, je t'aurais plussoyé cocoM

Oak

pareil. c'est des choses réconfortantes qu'on lie là.

trente six seb

Oak oui je me faisais la même réflexion, il est difficile d'avoir des certitudes et même si j'assume mon parcours, ça fait plaisir et ça réchauffe le cœur de lire certains témoignages.

flonflon

Bravo ,tout à fait d'accord avec toi

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trente six seb

La réponse est "non", clairement "non". De mon point de vue, il n'est pas raisonnable de se lancer sans expérience professionnelle. Mais, même si cela n'est pas raisonnable, cela n'empêche pas que ce soit le meilleur choix.

Je suis pile poil dans la situation, fraichement diplômé et le plus récemment installé du site (d'ailleurs en cours d'installation serait plus exact).

Mais, je suis issu d'une reconversion. j'ai choisi ce métier par amour du bois et de la fabrication, de l'artisanat en général. Dans ce créneau, il y a peu voire pas du tout d'emploi salarié dans ma zone géographique. Le plus proche que j'ai trouvé est à 50 km de chez moi, soit 100 km par jour / 500 km par semaine. Au prix du carburant, c'est pas rentable. Si je vais en salarié comme poseur, je progresserai en pose mais pas en fabrication.

Financièrement, même si ce sera certainement dur, j'économise mes 500 km par semaine, la perspective d'une rémunération nette identique devient largement plus plausible.

Mais ça ne suffit pas. Tous ceux qui se sont reconvertis ont eu d'autres expériences et ont une maturité qui peuvent leur être profitables (ou pas, ce n'est pas automatique non plus). Dans la gestion d'une entreprise, j'ai d'autres compétences qui sont également utiles. Ce qui est le cas de beaucoup.

Mais techniquement, il faut arriver à gérer les chantiers. Et là, je suis épaulé par un menuisier expérimenté pour lequel je vais faire un peu de sous-traitance et qui est près à transmettre de son savoir au fur et à mesure des chantiers. C'est lui qui m'a poussé à m'installer. J'ai pas ailleurs de bonnes relations avec l'ancien menuisier du village. Et également avec d'autres menuisiers (rencontrés notamment lors de l'acquisition de mes machines) et des profs du lycée. Et il existe d'autres réseaux. Certaines formations ou stages de certaines sociétés compagnonniques sont ouvertes à tous les gens de métier.

Je pense gérer le minimum : la sécurité sur une machine et la lecture d'un plan. A partir de là; la principale difficulté me semble être de travailler tout en étant rentable. Si je mets 2 fois plus de temps pour sortir un ouvrage, évidemment, je gagnerai 2 fois moins. C'est la principale difficulté à laquelle je travaille (je suis en train de faire des devis).

Techniquement, j'étudierai tous les projets qui me seront présentés mais je refuserai ceux pour lesquels je ne me sentirai pas capable de les mener à terme, sauf aide ponctuelle et appuyée de mes mentors s'ils me disent "vas y , c'est simple, je vais t'aider". C'est la seconde difficulté de mon métier : comment refuser un travail sans se griller commercialement.

Sur le plan des tarifs, je suis parti sur une base dans le marché ou légèrement en dessous : 35 à 40 €uros de l'heure. Impossible de facturer 2 fois plus cher sous prétexte que je travaille 2 fois moins vite. J'ai de la chance dans mon malheur : s'il y a peu ou pas d'emploi salarié, c'est que la concurrence est faible. Du travail, il y en a, je n'ai aucune appréhension sur ce plan. Du coup, je n'ai aucune raison de vouloir casser les prix. Déjà, je vais commencer en franchise de TVA, ce qui procure déjà une réduction au client et peut déjà être un avantage déloyal si on veut. Je ne souhaite pas faire plus.

Mais dévaloriser le métier, ça peut aussi être sur le plan technique bien sûr. Evidemment, je n'ai pas le choix, mon travail doit être irréprochable. Se dire menuisier alors que je n'ai jamais fabriqué d'escalier ? Oui, ça me gène. Et je me sens plus menuisier que Menuisier. (la différence c'est la majuscule). Mais on peut progresser, on peut s'en donner les moyens. Du moins je le crois et j'espère. Les livres et internet ne font pas tout mais malgré tout constituent une source de savoir formidable.

Les ressources d'un site tel que l'ADB et ses nombreux contributeurs sont extrêmement précieuses. En off, je discute pas mal avec des gens plus ou moins expérimentés sur plein de sujets. sylvainlefrancomtois (pour le citer, mais il n'est pas un cas isolé) explique parfois qu'il réalise de véritables coachings.

Evidemment, il faut être conscient que tout cela entrainera une progression plus lente qu'un parcours plus classique. Ce qui me désole, mais j'ai choisi la solution la moins pire.

Désolé pour le pavé mais pour résumer :

  • non ce n'est pas raisonnable de s'installer sans expérience
  • MAIS ça peut malgré tout être une bonne solution
  • chaque cas est particulier, chaque situation présente ses inconvénients et ses avantages
  • chaque artisan a ses qualités et ses défauts
  • à un moment donné, il faut bien prendre sa vie en mains

Et pour résumer ce qu'il faut lire sur l'honnêteté :

  • discuter avec les clients, bien comprendre ce qu'ils veulent, leur expliquer je sais faire, je ne sais pas faire (ou je n'ai pas l'outillage, qui est une façon polie de refuser)
  • refuser ce qu'on ne sent pas (l'instinct n'est pas toujours mauvais conseiller) -soit parce qu'on ne sent pas capable de faire, soit parce qu'une petite voix nous dit que c'est un piège à c**
  • mon histoire est visible ici et je la partagerai sur les réseaux sociaux, je vis dans une zone rurale, les choses se savent. Le but du jeu n'est pas de me dévaloriser en permanence non plus, commercialement, ce serait suicidaire. Donc en étant honnête, ensuite, c'est au client d'avoir confiance ou pas. Et on en peut pas avoir confiance tout le temps en tout le monde. C'est pas grave.

Voilà, je ne sais pas si tu te poses ces questions par rapport à ton expérience, tu as un parcours classique et assez long ou vis à vis des installations précoces (à 46 ans lol) de personnes inexpérimentées mais je trouve que certes tu es jeune mais tes bases devraient être solides et plutôt te mettre en confiance.

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flonflon

Bonjour
J'ai 68 ans et je me suis mis à mon compte à 21 ans. Je travaillais dans ma cuisine, je faisais des planches à découper, des bracelets, des bougeoirs, brefs des petits objets que je vendais dans les boutiques artisanales et sur les marchés d'artisans.Chaque fois que j'avais un problème technique je consultais un menuisier puis plus tard des ébénistes. Peu à peu j'ai appris (mais ce n'est pas la méthode la plus facile) et j'ai fait des meubles,des cuisines ect.Bref je ne regrette rien . Il faut profiter de la jeunesse et de l'absence de charges trop importantes pour se lancer.

6LV1

Voilà une clé pour réussir: bien s'entourer! Merci flonflon

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Palissandre

Je suis pas sur qu'être sans expérience majeure sois un frein certain en une imagination débordante en terme de design, technique, réalisation car leur formation les a tiré vers le haut. Au delà de ça je pense que ces plus facile de se lancer jeunes sans expérience sans trop voir certaines contraintes moi maintenant même si l idée me tente j ai peur, peur de pas arriver à payer mes crédits maison subvenir à mes enfants, peur de pas être à la hauteur de la demande de mes éventuels clients, peur des impayés ect... Je pense que même avec de l expérience on peut se planter en beauté ce qui emmène le métier vers le bas ces le tarif aussi quand un client te demande un placard à 2000€ ben tu fais en conséquence tu lui fais pas un truc à 4000€ pour y laisser des plumes c'est un vaste débat je vais regarder les réponses avec attention

6LV1

Je te comprends. J'avais rien a perdre en sortant de l'armée, juste ma solde à investir...

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Yvon Rolland
( Modifié )

"Est-ce raisonnable ?", que cela en effet ?
Je vais faire une réponse de normand (que je ne suis pourtant pas): ça peut l'être, comme ça peut ne pas l'être.
Déjà, pour franchir le pas d'une installation à son compte, quelques qualités primordiales à mon avis :
Une capacité du futur ou nouveau chef d'entreprise à chercher à apprendre, à comprendre, à s'adapter et à toujours s'améliorer, et cela tous les jours, par tous les moyens possibles, sans cesse ni fin...
Savoir aussi se remettre en question, ne pas hésiter à se comparer ou comparer ses méthodes, manières de faire ou organisation avec celles d'autres, et au besoin en changer, cela dans le but de s'améliorer en permanence, et surtout en le faisant objectivement et sans s'obstiner à se croire le meilleur et infaillible. Ne jamais se construire et s'enfermer dans des certitudes.
Garder les yeux et les oreilles ouvertes, être à l’affût , sentir les tendances... être "aware", comme aurait dit JCVD. Ce qui se traduit, (plus simplement que lui ne l'avait fait) par : savoir, être informé, au courant, conscient, en éveil...
Avec ces qualités de base là, on peut avoir quelques chances de réussir et de durer dans le temps.

J'en ai vu plusieurs, qu'ils soient issus de formations classiques mais aussi d'autres qui venaient d'opérer une reconversion professionnelle, qui avaient ces qualités là, et qui réussissaient (même si ça ne met pas à l'abri d'un échec, les pièges et les embûches auxquelles sera un jour ou l'autre confrontée toute entreprise restant nombreux).
J'en ai aussi vu (toujours issus des mêmes parcours de formation) qui n'avaient pas intégré tout ou partie de ces clés d'état d'esprit, qui vivotaient de leur activité. Mais leurs errements se repéraient bien vite, et le bouche à oreille faisait vite leur réputation, et généralement pas la meilleure. Dans le meilleur des cas, ils en arrivaient à mettre fin à leur activité en s'en sortant tant bien que mal. Mais dans le pire, ils persistaient, s'obstinaient et se voyaient acculés jusqu'à tout perdre... vous imaginez la suite. Dure et cruelle réalité que la sélection naturelle !😰 Mais si ceux là sont tombés bien bas, il ne tireront pas plus le métiers avec eux.

Des cas de figure comme une reprise d'activité ou une succession, si bien accompagnée, peuvent faciliter les choses. Ou alors un domaine d'activité de niche, hyper spécialisé et sans peu de concurrence (mais ils sont rares), peut être un contexte favorable, car ne nécessite pas des compétences larges ou des expériences dans des domaines variés. (Je n'ai pas dit un domaine d'activité "simple", ou standardisable donc permettant des fabrications en séries, car ceux là sont au contraire souvent captés par des industries qui sauront toujours faire beaucoup mieux et à moins cher qu'un artisan).

A contrario, être multi-spécialisé (condition pourtant souvent indispensable, pour trouver suffisamment de travail pour un artisan) c'est se diviser, se disperser et s'exposer avec ses lacunes sur de multiples fronts, cela sans avoir le temps de tous tenter de les combler. Alors le manque d'expérience et d'expériences se fera plus durement ressentir

Je précise pour terminer, et à toutes fins utiles, que pour ma part, je n'ai jamais été à mon compte ! Même s'il m'est arrivé de l'envisager à une époque... avant qu'un de mes anciens patrons ne vienne me chercher pour l'accompagner dans la création d'une nouvelle entreprise. Puis pour prendre la responsabilité de l'atelier et le faire "grandir" et évoluer jusqu'à en arriver à une dizaine de personnes en production..
Puis encore plein de multiples expériences dans des entreprises moyennes ou plus importantes et domaines variés (mais toujours dans le bois, et plus précisément les domaines du meuble, ébénisterie et agencement). Beaucoup et de diverses responsabilités, et cela durant pas mal d'année, qu'il serait trop long de développer ici !
Je n'ai jamais été à mon compte, disais-je, et je ne le serais jamais, vu mon age actuel !😟😂
Mais aujourd'hui, je ne le regrette pas le moins du monde. Toutes ces expériences vécues, toutes ces réalisations, des plus simples à celles de grande ampleur et parfois prestigieuses, souvent difficiles aussi, car aux multiples défis techniques pour ces derniers, mais toujours magnifiques au final, m'ont procuré des satisfactions et une expérience auxquelles je n'aurais jamais eu accès, en créant ma propre entreprise.
Bah, je me rattrape un peu quand même en venant depuis peu ici et de temps en temps pour partager un peu de ce que j'ai accumulé d'expérience, comme je le fais encore aussi en entreprise, d'ailleurs...

Voilà, voilà... je parle, je parle, mais je vois que je n'ai pas apporté de réponse précise, affirmative ou négative à la question posée. Ben je n'en ai pas plus que ce point de vue particulier que je viens d'exposer. Je ne sais pas si ça va réellement contribuer positivement au débat... Espérons alors que ça vous aura fait un petit moment de lecture intéressante 😉

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