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trente six seb

Ordonnancement des chantiers, prévoir ses délais et s'organiser : astuces et conseils ?

Bonsoir tout le monde,

On a déjà abordé la difficulté d'estimer son temps de travail afin de faire des devis cohérents, rentables et compétitifs. C'était ici :

Par contre, quand il y a plusieurs commandes, quels sont les points à avoir en tête pour arriver à gérer les différents chantiers, s'organiser au mieux et estimer des délais ?

En effet, c'est pas parce qu'un ouvrage va nécessiter 8 heures de boulot qu'il sera fait dans la journée, ni qu'un ouvrage de 60* heures sera fait en une semaine.

La meilleure réponse me semble être l'expérience... mais, ça impossible de l'avoir en commençant.

J'ai toutefois quelques pistes :

  • regrouper des chantiers similaires
  • alterner le travail sur massif (qui demande des poses) et sur panneaux
  • profiter d'un gros chantier pour traiter des petits au fur et et à mesure des usinages
  • surveiller la météo (pour la pose)

Mais je suis curieux de lire vos avis, vos trucs et astuces et les conseils que vous pouvez prodiguer au jeune padawan que je suis.

La bizatous (avec la distanciation)

Seb

  • la question ne porte pas sur le volume horaire de travail quotidien ou hebdomadaire mais sur la proportion de travail que l'on peut consacrer à 1 chantier sur un temps donné.
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7 réponses

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racmterrof

L'ultracrepidarianisme est sournois.

trente six seb

J'ai encore appris un mot.

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cocoM

C'est un point qui est compliqué, il y a toujours un imprévu qui vient gripper le planning tout beau tout propre qu'on avait prévu, et à la fin on se rend compte qu'on a étalé le chantier bien plus que ce qu'on aurait voulu :
_aléa météo : il faisait trop froid pendant une bonne partie de l'hiver pour faire des collages, j'avais bêtement calé un chantier avec du lamellé collé dans tous les sens sur cette période là, les 12h de boulot sur les lamellés collés ont été étalés sur 4 semaines...
_aléa fournisseur : sur une pose d'escalier, la rampe inox devait être livrée le vendredi, je bloque toutes les autres tâches pour faire ma pose ce jour là, quand le livreur arrive il manque les pieds de poteau... E.T. rentre maison et s'arrache les cheveux pour trouver un trou dans son emploi du temps.
_aléa machine : début de confinement, dans le doute de l'époque je mets tous mes chantiers en stand by, j'en profite pour faire de la mécanique... avec les délais de livraison des pièces, quand on a eu le droit de reprendre, j'avais toutes mes machines à poil et des roulements coincés dans un centre de distribution.
_aléa devis/SAV/client qui doutent : en plein chantier, un coup de fil pour un SAV ; pour une demande de devis super intéressant à côté duquel je ne veux pas passer ; d'un client dont le chantier est en cours et qui après avoir signé le devis se demande si finalement il ne va pas en profiter pour refaire des travaux en plus, mais du coup veut décaler la livraison, ce qui ne m'arrange pas parce qu'avec mon atelier de 50m² je ne vais pas pouvoir le stocker pendant 3 mois sauf à tout mettre en garde chez mes parent...

On peut y ajouter des imprévus spécifiques à chacun : perso je continue à faire une journée de salariat par semaine en parallèle de la micro ; mais selon les congés des collègues, la journée peut devenir 2 voir 4 jours dans la semaine.

Ma recette perso : avant de finaliser un devis, je demande toujours au client quelle est son échéance maximale. Je vérifie rapidement mon agenda et en fonction de ça je mets sur le devis la date de livraison la plus tardive possible.
Une fois le devis signé, je fais ressortir les éléments clés du chantier dont je sais qu'il vont m'obliger à faire des demi journées : collage de panneaux, placage, lamellé, finitions... pour chacun de ces actions je compte une journée de travail. Puis je regarde combien d'heures il me reste sur les autres éléments du chantier, je rajoute une marge de 20%, et je convertis ça en journées de 5h utiles. Je fais mon total, et je regarde combien de semaines de 5 jours ça me donne.
Je note sur un tableau en rouge la date butoire de démarrage du chantier pour que la date de livraison soit respectée en fonction de ce résultat, en rajoutant sur certains chantiers 2 ou 3 semaines de stabilisation pour le bois.
Je m'organise pour n'avoir qu'un "gros" chantier en cours, et sur le temps "libre" malgré le SAV les devis et l'administratif, je fais de la créations à vendre sur les marchés ou en boutique (tournage d'art, boites...) des projets perso, ou des petits chantiers (recoller un pied de table, refaire une finition, une paire de trétaux...).
Le fait de compter des journées (5h) et des semaines (25h) bien en deçà de ce que je peux réellement faire (jusqu'à 60h utiles d'atelier en été) me donne une marge supplémentaire qui me permet de jouer sur mon rythme de travail pour encaisser les imprévus ; me libérer du temps perso pour un WE prolongé ; caler un petit chantier sympa en dernière minute... Par contre j'ai fais le choix de refuser pour des raisons de délai des gros chantiers dès ma première année ou d'imposer des délais de plus de 8 mois, alors même qu'ils auraient été humainement réalisables plus vite. Je sais que c'est un risque à prendre, mais je l'accepte car en contrepartie j'arrive à avoir une grande flexibilité dans mon emploi du temps. Et au final la plupart des clients me disent préférer qu'on annonce un délais de 8 mois et être livrés 2 mois en avance plutôt que l'inverse.

trente six seb

Merci cocoM
C'est très intéressant tout ça. C'est plutôt précis et ça me semble concret et utilisable.
C'est sûr qu'il y a toujours des aléas et on ne peut pas tout prévoir. Après je ne cherche pas non plus à tout planifier à la seconde. Sinon autant rester salarié avec un chef au dessus.
Et puis, je suis plutôt dans le même état d'esprit que toi : définir des dates assez loin et essayer de faire plus tôt.

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Kentaro
( Modifié )

De mes vies antérieures, j'ai gardé certains automatismes, la volonté d'optimiser, de clarifier, de "scheduler", de maîtriser le temps...

Alors, de temps en temps, je me prends une grosse montée d'adrénaline, j'ai besoin de tout mettre en ordre dans ma tête, cela me donne l'impression de maîtriser les choses.

Je fais donc de beaux tableaux excel, avec, pour chaque commande, la planification des "tasks", jour par jour, en imbriquant tous les projets en commande. Avec des couleurs, vert, orange, rouge...

Pour couronner le tout, je matche avec une prévision de trésorerie, entrées/sorties. Avec des courbes de trésorerie qui montent, qui montent... Cela ressemble au cours des actions d' Elon Musk!

C'est absolument génial. Cela ressemble au Débarquement en Normandie, avec plein de petites drapeaux... J'ai enfin la tête bien claire, propre, nette.

Chaque soir, je me fais un "Executive Committee", je regarde le tableau. C'est beau!

Bien évidemment, CELA NE MARCHE JAMAIS... 😛

En fait, je passe mon temps à tout décaler ... C'est un planning "très glissant"...

Alors, je retourne à mon bordel...

En fait de en fait, sur 6 mois, il faut rajouter 50% à 80% par rapport aux estimations du planning initial...

Personnellement, 70h par semaine, j'en ai toujours été incapable... ou alors, ce sont 40h à vraiment bosser, et 30h à glander... Il y a des semaines ultra-intensives, et d'autres où c'est pas possible, il ne se passe rien, c'est comme ça...

Faut penser à sa santé. Aux belles choses de la vie. C'est un marathon, pas une course de vitesse en permanence. Et c'est un métier dangereux. Les machines ne pardonnent pas.

IL est possible aussi qu'ayant passé une bonne partie de ma vie le cul dans un fauteuil à faire semblant de bosser devant un écran ou en réunions, je n'ai pas l'entraînement physique. Je n'ai pas commencé à 15 ans...

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trente six seb

En fait de en fait, sur 6 mois, il faut rajouter 50% à 80% par rapport aux estimations du planning initial...

Super, c'est vraiment ce genre d'infos que je recherche. Merci.
Evidemment, il faut le personnaliser, il y a tellement de paramètres qui font varier ça. Mais en n'ayant pas de base sur ce point, tu m'en fournis quelques unes.

Je ne pensais pas aller si loin dans la planification mais là, j'ai besoin de m'organiser, ne serait ce que pour donner un délai approximatif au client et prévoir les approvisionnements.

Au niveau du temps de travail, nous ne sommes pas tous égaux. En vrai, je suis très au delà des 70 heures. Il faut dire que je compte le temps sur l'ADB comme tu temps de formation aussi. ^^ (ce qui est en grande partie vrai en fait).

Et puis, comme je disais dans mon ancienne vie de petit chef : il ne faut pas confondre 8 heures au travail et 8 heures de travail !!

DewhitYoussef

Kentaro oui, mais tu en as connaissance. Et tu sais que la méthode optimisation à outrance a sa limite et tu connais les résultats qu’elle peut produire. Tu as donc un point de comparaison pour évaluer ton mode de fonctionnement et te dire qu’au final, il est pas si mal. Mais sans cette « comparaison », c’est pas forcément évident de se dire qu’on fait bien.
Et sans réunir l’executive committee, s’appuyer un peu sur ces outils pour démarrer, ça peut aider à y voir plus clair. C’est comme la feuille de débit, on s’appuie dessus pour apprendre, on peut s’en passer sur des choses habituelles et elle est très utile sur des projets plus conséquents.

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DewhitYoussef

Ta question me fait penser à la planification type Gantt et les réflexions que j’ai eu à l’usage de ces outils.
Beaucoup le perçoivent comme LA partition qui doit être jouée alors que l’interet réside en la modélisation de la mécanique d’enchaînement des actions, en intégrant les contraintes propres au site du chantier (utilisation d’un pont roulant, coactivités dans une même zone...).
Il est possible de modeliser le processus du menuisier, du devis à la livraison en passant par les appros et au cœur du truc, le processus de fabrication. C’est pas forcément le temps du gar sur lequel il faut focaliser, mais sur l’occupation des postes goulets d’etranglement de ton atelier (stockages MP, intermédiaires, zone de finition...) pour lesquels tu peux estimer un %d’occupation pour chaque projet (& les traiter comme une ressource).
Selon tes machines, les pointages peuvent être longs, auquel cas
Ça vaut le coup de tout faire d’un coup... ou pas, selon les occupations des autres zones.
Tout ça pour dire qu’il est possible de se faire une idée de l’impact d’un nouveau projet sur ton flux de production en le modélisant et l’intégrant dans ce schéma, et de détecter les surutilisations.
En pointant le réalisé et durées réelles (cette fois ci sur tes phases de travail) tu capitalises une base de connaissance pour tes devis futurs.

Au final je te propose plus un outil qu’une réponse, mais à mon sens ça peut aider.

trente six seb

Merci, c'est sympa. C'est vrai que ça pourrait aider mais je n'ai pas envie d'aller aussi loin. AMHA l'expérience permettra rapidement de combler ce déficit mais il me manque des bases immédiates. Dans un premier temps, je vais raisonner par dates limites en espérant avoir fait le travail avant. Et mon échelle de temps est le mois. Les clients le comprennent, pour l'instant.
Mon pote affûteur me dit que de toutes façons, tous les menuisiers sont en retard. 😁
Mais je suis d'accord sur le principe de LA partition. C'est comme ça qu'on industrialise plein de processus et qu'on déshumanise tout.

DewhitYoussef

A votre bon cœur!
En fait pour moi, c’est à faire au début, pour installer les réflexes et la gymnastique mentale, et éviter certaines fausses routes.
Ensuite c’est comme la feuille de débit, pour certains projets le processus est automatique et finalement c’est superflu.
Mais je trouve que c’est se poser de bonnes bases.

trente six seb

Disons que dans la forme, ça ne sera pas aussi poussé et je n'ai pas besoin d'être très précis. Mais sur le fond c'est exactement ça, oui.

JPA33

+1 et bien formulé. Les nombreuses Expériences de SA Pratique sont certes nécessaires.... mais pour établir un Devis honnête pour le Client (Il faudrait parler biensur du 'Jeu' de la Concurrence ?), et ne pas perdre trop d'argent (Il faut bien vivre ?), je 'préconiserai' la Méthode dite 'américaine' plus souple, plus logique..... c. à d. faire ce que l'on appelle un Déboursé Sec, par Poste de travail, selon l'Ouvrage à créer... selon un Tableau à 3 Colonnes Verticales accolées : Materiaux, Main d'Oeuvres, Matériels, Sous Traitances éventuelles.
Ensuite, Horizontalement, on 'saucissonne' par Tâches à évaluer (le Temps).... et plus c'est compliqué... on fait des 'Tranches fines' !!!
Le fait de travailler 'Par Poste'.... on va pouvoir gérer, ce que j'appelle, les 'Impalpables' (Temps, Pertes Lx, etc).
Le Métré Quantitatif du Poste est relativement facile pour les Mx, plus compliqué pour la M.O. (Revoyer le 'Saucissonnage), facile pour le Matériel (Location ou celui Atelier), facile si S.Tr.
Sur votre Débours, il faut appliquer des Coefficients pour avoir un Prix de vente. Certains sont faciles à connaitre :

  • Sur Mx x F.Généraux x 1.1111 (Si Bénéfice de 10 %)
  • Sur M.O x 1,.... (Selon vos Taxes, voir Comptable... Ou mieux inclure direct aux Taux Horaires) x F.Généraux x 1.11111 (Si Bénéfice de 10%)
  • Ml (Compris Frais A/R) x F.Généraux x 1,11111 (Si même Taux Bénéfice)
    Le Coef. des F.Généraux a appliquer... voyez votre Comptable... à cause de votre Statut ?

Voilà en gros ce que j'ai pratiqué sur 35 ans.
Bien sûr, de 'nombreuses ficelles' sont à connaitre, pour bien finaliser ses Devis.... tout en restant 'crédible' envers le Client.
Le Chiffrage des Postes se feront : A l'Ensemble, à l'Unité, au M.Linéaire,... ou aux 3 Colonnes : Mx, MO et Ml. Si vous voulez jouer plus de transparence, vous pouvez y ajouter la 4ème Colonne S.Tr.... mais, par expériences... vaut mieux éviter (A noyer dans Ml)
J'ai aussi compris, assez rapidement d'ailleurs, que présenter son Devis en 'noyant le poisson' est à éviter !!! (10 lignes de baratin et son prix final...).
Par contre une Présentation du Devis par Poste (Avec les Unités choisies), et bien décrit selon les désiratas du Client est plus Super.... pourquoi ?.... Parce-que certains Clients sont 'tatillons' et vont toujours chercher 'la/votre Faille' !!!... et il faudra y répondre en leur faisant remarquer/voire lire, que vous avez bien prévu ce qu'il vous reproche !... Un/vos Croquis Techniques sont également un plus.

Si ça peu aider...

trente six seb
( Modifié )

Merci JPA33
Ce n'était pas le cœur de ce que je voulais poser comme questions mais ça fait aussi partie de mes interrogations.
Grosso modo, c'est ma façon de travailler :
Je fais les plans ce qui me permet d'avoir des croquis techniques, de valider la faisabilité du projet de faire mes choix de conception.
De là j'en tire ma feuille de débit.
Ensuite, à partir des plans et de la feuille de débit, je fais une analyse de fabrication.
Ce qui me permet de déterminer un volume horaire de travail.
Je n'ai plus qu'à rajouter les autres matériels, la quincaillerie, etc.

Mais l'étape déterminante sera surtout de vérifier que mes temps de fabrication estimés ne sont pas trop déconnants.

JPA33

Re,
C'est déjà pas mal.
"L'Analyse de Fabrication"... c'est ce que j'appelle "La Feuille de labeur".... qui doit comprendre... ce qui doit se faire à l'Atelier... et à la Pose sur Chantier... avec souvent 2 Equipes différentes !... Attention donc aux Temps passés globaux !
Pour être 'sur' d'être dans les clous sur l'Estimation du/des Temps à prévoir.... pensez "au saucissonnage" des Taches comme déjà expliqué.... vous gérerez mieux les pertes de temps.
Une idée que j'appliquais systématiquement dans mes Estimations des Temps, c'est de compter les Heures estimées à 50 mn (Et non 60)..... Ex. vous avez estimé 11 h... et bien vous rajoutez mentalement 110 mn, soit +2 h à 11h = 13 h.

trente six seb

Oui, je saucissone les tâches. Comme dans les processus en fait.
Feuille de labeur... le temer me plairait bien si j'étais salarié, mais là c'est connoté trop négativement pour moi ^^
Merci pour le truc des heures de 50 minutes ! C'est aussi une astuce utile.
Bon à utiliser toutes les astuces de tout le monde, mes tarifs vont doubler : à utiliser avec parcimonie donc et à personnaliser suivant ce qui me va le mieux.

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Ara

Hello Seb,

Je n'ai aucune légitimité mais je risque une réponse théorique en deux points "d'attention" :

  • En théorie des files d'attentes, si tu commences par le chantier le plus rapide, puis etc. jusqu'au plus lent, tu auras optimisé la satisfaction globale en termes de délai d'attente. Tous les clients de tes petits chantiers sont contents, au léger détriment des clients des gros chantiers qui sont de toute façon obligés d'attendre.

  • Le zap coûte cher ! Si tu interrompt un chantier pour te consacrer à un autre et y revenir ensuite, il faut ranger (dans l'atelier et dans ta tête), mettre en route le second chantier, etc, puis recommencer dans l'autre sens. Donc zapper le moins possible, je pense que tu sais cela pour l'avoir déjà vécu.

Ce qu'on peut ajouter à cette seconde réflexion, c'est l'idée de coupler ou rassembler des choses qui peuvent l'être. Perso je ferais si possible plusieurs chantiers en massif, puis plusieurs chantiers en panneaux. Tu risques ainsi d'optimiser dans l'atelier et dans ta tête l'outillage, les gabarits, les méthodes et les tours de main de l'un puis de l'autre sans zapper non plus.

Et par suite, se poserait la question de faire par exemple tout le corroyage de plusieurs chantiers d'un coup... j'imagine que ce n'est pas une si bonne idée mais laissons parler les pros !

trente six seb

Merci de ces commentaires qui apportent des arguments à la discussion. La variable que j'y vois, c'est que tout le monde n'a pas les mêmes méthodes de travail, la même place et la même capacité d'organisation. Gérer plusieurs chantiers de front, c'est zapper (enfin pour moi).

Par exemple, sur mon premier chantier (sur 1 seul chantier donc), je n'ai pas fait tout le corroyage d'un seul coup. En effet, le taux d'humidité de l'atelier m'incitait à bien ressuyer le bois. A chaque fois que je finissais le corroyage des pièces d'un panneau, c'était pour le coller dans la foulée. Et je n'avais pas la capacité de tout coller d'un seul coup. Entre les temps de séchage et les autres tâches, ça m'a pris 2 semaines en tout.

Sur un chantier d'agencement en panneaux, je n'ai pas les mêmes contraintes et je peux aller plus vite. Donc faire un chantier d'agencement en même temps qu'un chantier en massif a du sens pour moi : je m'occupe d chantier d'agencement dans les temps d'attente du chantier massif.

Ara

Oui effectivement, combler les temps morts d'un chantier avec un autre a du sens. Ça complique l'équation ! Je suppose qu'une variable qui peut avoir de l'importance aussi, c'est la capacité de stockage (de panneaux, de bois brut, et de travail en cours).

Bon ben, c'était pour faire avancer le schmilblick, hein !

Olivier Vernhettes

Si je peux me permettre,
encore faut-il avoir les chantiers complémentaires pour pouvoir gérer l'agencement pendant les temps de séchage 🤔

Olivier Vernhettes

Si je peux me permettre,
encore faut-il avoir les chantiers complémentaires pour pouvoir gérer l'agencement pendant les temps de séchage 🤔

trente six seb

Non seulement tu peux évidemment te permettre (😁) mais en plus tu as raison. Ça dépendra évidemment aussi du type d'activité. Dans mon cas (fabrication uniquement -ce sera différent pour quelqu'un qui fait aussi de la pose-), on dirait que ça part pour faire moitié / moitié entre le massif et le panneau. D'où ma réflexion.

Niouniou
( Modifié )

Tu n'as pas bien le choix de commencer plusieurs chantiers à mon sens, car c'est courant (en chantier "bâtiment" avec d'autres corps de métier qui peuvent influencer les délais, les contraintes...) que. Le chantier se décale car untel ou l'autre n'a pas pu passer avant toi, alors que toi, tout est prêt... Zapper entre les chantiers n'est jamais bon en pose, mais c'est pareil, on fait comme on peut, avec les aléas d'approvisionnement, les sav,... Bien prévoir de la marge sur l'approvisionnement (même si le client veut très souvent au plus vite)... La semaine dernière, j'ai reçu un lot de menuiseries bois... Ben il manquait un vantail...

trente six seb

Super, on rentre un peu plus dans le fond de la question (j'ai vraiment dû mal m'exprimer).
Tu prévois combien de marge ? Cette marge, tu la mets avant le chantier, en commandant les approvisionnements plus tôt que nécessaire ? Ou après le chantier en prévoyant du temps en plus pour finir ?
(Sachant que commander plus tôt peut avoir un impact sur la trésorerie)

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Oak
( Modifié )

Bin je crois pas que la recette existe.

Enfin si, si on l'aborde sous le regard du taylorisme, mais si l'on considère que dans nos bateaux il n'y'a qu'un capitaine, et que ce capitaine par chance, on le connaît bien, alors je crois que c'est au cas par cas.

Ce que je veux dire c'est que certains sont très bons sur la vision en 3D, d'autres sont très physiques, ou encore d'autres auront la capacité de tenir dix chantiers de front.

Dans mon cas c'est trois max. Je ne dis pas aux gens comment je travaille parce qu'on me fait souvent remarquer que c'est sans queue ni tête, pourtant j'ai la sensation que cela fonctionne bien et que je suis confortable. Une question de point de vue et avec le temps l'expérience peaufinera.

(Pour exemple la bibliothèque j'ai pas de fiche de débit ni de plan 👀)

Tu cherches des méthodologies de travail chiffrées et établies ?

Ps : je rejoins Étienne, je dirais 70 heures à peu près pour lancer la machine. Mais je me disais il y'a peu que ces 70 heures me coûtaient moins que les 35 heures que je faisais pour un patron.

Mis à jour
trente six seb
( Modifié )

Je comprends ce que tu veux dire. Mais ce n'est pas ma question.

Je reformule :

  • tu as trois chantiers de prévus
  • tu as chiffré ces chantiers et tu penses y passer 60 heures
  • étant donné que tu ne fais pas que bosser sur ces 3 chantiers, comment détermines à partir de quand tu pourras commencer le 4ème chantier ?
    (en supposant que le 4 ème ne commence que quand les 3 autres sont totalement terminés, ce qui est un raccourci évidemment faux).

Autre reformulation :

  • comment fait un pro pour dire "j'ai 6 mois de boulot d'avance"

La problématique, c'est annoncer un délai aux clients qui acceptent ou discutent les devis.

PS : j'ai répondu à Etienne sur le volume horaire, je suis bien d'accord. Je suis à peu près à 08h00 à l'atelier jusqu'à 18 / 19h00 si pas de rdv client. Et le soir, c'est devis pendant 2 heures minimum. Par contre, j'ai une pose assez longue pour manger : 1h30.

Par contre, je suis long sur mes devis car je fais des plans pour tout (dans SU, et je sors les fiches de débit dans OCL). Mais je deviens de moins en moins long. Et SU m'aide à concrétiser les propositions.

Oak

Alors j'ai une question 😁

Je bosse sur quoi d'autre pendant les trois chantiers ?

Et effectivement par pôle, si je doit débiter, coller, approvisionner ou autre, je lève la tête pour anticiper les trois semaines à venir.
Mais dans la réalité comme tu dis, les trois chantiers ne démarrent pas forcément en même temps. Il faut s'arranger pour que ce soit le cas si des tâches se recoupent.

Et pour dire que t'as six mois de boulot, il faut avoir six mois de devis signés..

Après on peut savoir qu'on à six mois de boulot et n'avoir pas encore fait les devis, c'est une autre histoire...

trente six seb

Et pour dire que t'as six mois de boulot, il faut avoir six mois de devis signés..

Ben non, il faut plus de 6 mois pour faire 6 mois de travail d'atelier..., c'est ça ma question en fait. 😁

Si on reprend un exemple, ta bibliothèque, tu as mis combien de temps pour la fabriquer (à supposer que tu comptes les heures sur un chantier donné). Et en parallèle, tu l'as commencée quel jour et terminé quel jour ?
Ce qui m'intéresse, c'est comment déterminer à l'avance, plus ou moins, la différence entre ces 2 calculs.

Oak

trente six seb ok, tu veux donc savoir comment rendre trois chantiers d'un mois faisable en seulement deux mois ? Quels sont les optimisations tayloriennes possible 👀

Allez je troll là, j'en sais rien en réalité, je fonctionne pas comme ça, faut admettre ses limites 😅

Niouniou

Je pense que ce que tu ne maîtrises pas encore. (moi non plus) c'est les heures productives vs heures travaillées... Un collègue le disait, grosso modo, tu es productif un peu plus de 6h par jour...

trente six seb

Niouniou oui, c'est exactement le fond de ma question ! Merci beaucoup ! 🙏 J'affinerai plus tard, mais ça me donne une base.

Je mets un peu la charrue avant les boeufs : mon atelier n'est pas encore pleinement opérationnel. Mais j'ai besoin de planifier les choses. 2 ou 3 chantiers d'avance, je peux gérer dans ma tête mais plus, ça devient compliqué.

Ça revient un peu à d'autres ratios :

  • heures facturées / heures facturables
  • heures facturables / heures travaillées
  • heures facturées / heures travaillées (aïe !)
dependancesbois

Salut Séb,
C'est compliqué comme question car comme dit Oak ça dépend beaucoup de ta façon de travailler et de ta personnalité.
Quand tu bosses (atelier) es tu à fond ou parfois "volage", pour les devis et le temps passé dessus, les plans te viennent t'il facilement ou as tu parfois le syndrome du "plan blanc"...
(Perso je me mets sur les plans que quand j'ai eu le déclic, sinon j'y passe des heures pour rien et j'y perds beaucoup d'énergie !)
Le rapport que tu as aussi avec les clients c'est du temps ...
Ça m'est arrivé de me retrouver à discuter avec le client et de m'apercevoir que ça fait une heure que j'ai rien foutu (mais a côté de ça, c'est cette discussion qui m'aura rapporté un autre client, mais j'aurais peut-être quand même perdu une journée car à cette heure a discuter va m'obliger à revenir une journée supplémentaire.
En ce moment j'ai 5 devis en cours et 3 chantier en cours. Et du perso aussi (même tu très superficiel je viens de prendre une demie journée pour faire une kuksa au lieu d'avancer sur une commande, que je rattrape aujourd'hui tout en étant sur l'air du bois !).
Des devis déjà signé vont changer à cause des appro en bois donc des plans qu'il faut revoir... Donc dur de s'y retrouver !
Ça fait paniquer mais j'ai appris une chose c'est qu'il est nécessaire de s'organiser pour y voir clair tout en sachant comme dit Kentaro que ça ne marchera pas comme ça.
En devenant artisan seul, tous les repères de travail salarié sautent !!!
Pour le prix de mes devis je les estime par rapport à combien je trouve raisonnable de payer pour la demande (je me positionne en client en fait). Après ce que je propose en plus, soit je vois que le client sera partant pour le payer, soit c'est clair que c'est mort et je ne propose pas , soit je le fais sans surcoût parce que j'en ai envie.
Au niveau du temps il faut garder à l'esprit qu'il n'y a pas mort d'homme dans nos métiers et que l'artisanat ça prends du temps et rééduquer les clients habitués au commande "clic".
Je dérape un peu mais je pense que artisan et entrepreneur ne sont pas là même chose.
(Bon courage, mais a certains moments si tu te sens paumé saches qu'on l'est tous !😜)

trente six seb

Je ne fais pas la même différence que toi entre artisan et entrepreneur mais je vois ce que tu veux dire. Ceci dit, je me défini comme artisan. 😉
Il est évident que beaucoup de repères sautent et qu'il faut être à l'aise dans beaucoup de domaines. Il faut même être plutôt bon dans ces domaines si on veut espérer survivre. C'est pour ça que je pose cette question pour essayer de gagner un peu d'expérience en puisant dans celle des autres. Mais la vraie réponse ne viendra que de moi car elle me sera très personnelle.

Au travail, je peux être à fond dedans ou parfois volage, il y a des jours avec et des jours sans. Il y a des jours où ça avance tout seul et des jours où on est bien dérangés. Mais les dérangements ne sont pas forcément néfastes in fine. Et souvent, c'est aussi du travail (la communication, les "relations publiques" par exemple).

Questions plans, je fonce un peu tête baissée dedans.
Ma démarche : regarder sur l'ADB s'il n'y aurait pas déjà un plan approchant ce que je veux faire. Soit je copie, soit je m'en inspire ou vérifie certains points. Sinon, je pars de zéro. Pour l'instant, je n'ai pas de syndrome de plan blanc mais ça m'est arrivé plusieurs fois de réviser les plans car je butais sur des points techniques non anticipés.

Je fais des plans pour tout même si c'est + ou - nécessaire :

  • ça permet d'anticiper les problèmes techniques comme déjà dit
  • ça me forme sur skechup
  • ça me facilite grandement la tâche de l'analyse de fabrication
    (un des menuisiers avec qui j'ai déjà travaillé (et qui donc me connait assez bien) m'a conseillé d'établir au début des analyses de fab bien détaillées. Et à l'usage, je trouve le conseil bien judicieux. Je m'aperçois déjà qu'en fait il n'y a pas non plus 15 000 techniques de conception d'un ouvrage en bois et que de nombreux schémas se répètent.
  • ça m'aide à vendre (je suis souvent étonné du prix de mes devis)
  • ça facilite aussi énormément les discussions avec le client qui ne visualise pas forcément les choses comme nous

La rentabilité est pour moi très importante mais vient au second plan. Ne serait ce que chronologiquement, la rentabilité, c'est ce qui reste à la fin. Pour moi, le plus dur, c'est de commencer un projet, c'est à dire de faire toutes les étapes préliminaires.
Ensuite, le second point essentiel, c'est de mener la fabrication.
Et après on pense rentabilité.
Et sur mes premiers projets, je ne serai pas ou peu rentable car j'ai beaucoup de choses à mettre en place dans l'atelier ou dans mon travail. Par contre, je vais la surveiller et l'analyser, pour corriger le tir le plus vite possible si besoin.

Je me pose beaucoup moins de questions pour les petits projets : je facture à la lurelure comme on dit dans le Berry, c'est à dire au pif à peu près. L'objectif n'est pas de gagner des sous mais de gagner un client, de rendre service à quelqu'un, de me faire connaître voire apprécier. Mais je ne fais pas ça gratuitement non plus. Dans ces cas là, je leur dit qu'ils me payent "ce que vous voulez".

(Bon courage, mais a certains moments si tu te sens paumé saches qu'on l'est tous !😜)

Merci (je sais content sur la communauté bienveillante de l'ADB ! 👍)

dependancesbois

On est bien d'accord sur l'ensemble !
Pour les plans, je n'aime pas spécialement ça mais ils sont vraiment utiles pour chiffrer les matériaux et pour la visualisation du client.
J'ai des devis qui se sont signés grâce aux plans fournis malgré le temps que j'ai mis à faire mon devis par rapport à d'autres collègues.

trente six seb

J'étais dubitatif sur les sketchup, mais clairement, je vois bien que les clients apprécient.
Et je vois ça comme un investissement car ça m'aidera énormément pour l'atelier.
J'ai proposé un claustra avec des lames verticales orientées comme une persienne. Et clairement, c'est sketchup qui a permis de se rendre compte de ce que ça donnait. Ce n'était pas la demande initiale du client mais ça a permis de faire passer un projet plus abouti.

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Quentin Xaillé

J avoue être dans la même position que toi. J ajouterai qu'il faut dégager du temps pour l administratif (comptabilité, devis, recherche des produits chez les fournisseurs, ...etc..), la visite des futurs chantiers avec les prises de côtes,les plans, etc, les projets perso et dans nôtres cas l aménagement de l atelier.....
Dur dur...
Je suis impatient de lire l'avis de tout le monde..

trente six seb
( Modifié )

Oui voilà, c'est à ça que je pensais quand je disais qu'un chantier de 40 heures ne rentre pas dans une semaine... Mais c'était resté dans ma tête, tu as bien fait de préciser 👍

etiennedesthuilliers

bonjour
lorsque j ai repris l entreprise je faisait des semaine de 70 heures plus tard 60 heures mais je ne pense pas qu' en faisant 40 heures par semaine on puisse en étant artisan s' en sortir les premiers années
sauf à avoir de généreux mécènes et avoir une aura qui vous permette de vous vendre à votre valeur
bien amicalement etienne desthuilliers

trente six seb

Bonsoir,

Je suis bien d'accord avec vous, mais ma question ne porte pas sur le volume horaire.
On peut reformuler en disant qu'un chantier de 70 heures ne rentre pas non plus dans une semaine de 70 heures.
A l'heure actuelle, j'avoue ne pas être à 70 heures mais pas loin des 60.

trente six seb

D'ailleurs, etiennedesthuilliers, je reprends un de vos commentaires récents sur le temps de ressuyage. Ce temps n'est évidemment pas du temps de travail. Mais il allonge les délais pour le client.

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